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L’Iconographie emblématique de Jésus-Christ (Le Phénix)
Louis Charbonneau-Lassay

C’est encore vers la mystérieuse et prophétique Egypte qu’il se faut tourner pour chercher la raison de la présence du Phénix dans la série des emblèmes personnels de Jésus-Christ ; non pas qu’il soit prouvé, bien au contraire, que cet emblème soit né dans le bassin du Nil, mais parce que c’est là que fut créée la fable singulière qui lui demeure attachée.

En effet, l’Asie antique, de la Méditeranée à l’Océan Pacifique, a connu le Phénix en même temps que l’Egypte et probablement bien avant elle. Dans l’art assyrien, l’oiseau sacré suit ou devance le souverain que le galop de ses chevaux emporte comme, dans l’art égyptien, le Faucon accompagne le char des pharaons ; et cet oiseau tutélaire des Assyriens ressemble bien plus au Phénix qu’au Faucon.

Le plus ancien art chinois nous montre aussi un Phénix associé souvent à la fleur du nélumbo ou bien à celle du lotus dont il partage ou complète le symbolisme. Enveloppé de ses longues plumes caudales, comme le cœur d’une rose l’est de ses pétales (Fig. I), son image reste, depuis les temps les plus anciens, un talisman vénéré (1).

Disons de suite aussi que, dans l’emblématique ancienne et aussi dans celle du Christianisme, il y a deux phénix : l’oiseau-pbénix, et le palmier-phénix dont les significations se ressemblent, sans se confondre.

I. Le Phénix en Egypte

L’oiseau qui va nous occuper en ce chapitre et que les Grecs ont appelé Phénix, se nommait chez les Egyptiens le Bennou, nom qui reflète une idée de splendeur, et qui paraît s’apparenter, dit l’égyptologue Lefébure, au mot assyrien bânu, lequel signifie « brillant ».

Dans la religion égyptienne, le Bennou, que les hiéroglyphes nous montrent sous l’aspect conventionnel d’un échassier couronné d’une aigrette, se rattachait aux cultes conjugués d’Osiris et de Râ. Il était, nous dit Ph. Virey, « le symbole des apparitions périodiques, des levers du Soleil, c’est dire — notons-le bien tout de suite — qu’il était un emblème des résurrections d’Osiris » (2).

Les images du Bennou sont toutes, d’ordinaire, en rapport avec le soleil, que ce soit au tombeau d’Osiris en Abydos, à Antéopolis ou à Captos et jusqu’à Edfou. A Captos, comme à Antéopolis, te Bennou, pourvu à son poitrail de deux bras humains les tend vers l’étoile Sathis (notre Sirius), dont l’apparition dans le ciel précède le lever du soleil (3).

Bans un texte trouvé dans le coffret funéraire d’ime reine d’Egyple, de la onzième dynastie, Osiris confie au Bennou le secret des choses de l’Eternité. Dans le Rituel des Morts, si intéressant avec ses notions du Purgatoire et de l’Enfer, Osiris dit encore : Je suis le Bennou, ce Grand qui est dans An (Héliopolis) ; je suis la loi de l’existence et des êtres (naissance, mort et résurrection) (4). On trouve très anciennement cet identification d’Osiris et de son oiseau consacré, mais il semble que ce ne soit qu’assez tardivement, dans le dernier millénaire avant notre ère, que, dans le temple d’Héliopolis, le Bennou a été honoré d’une légende propre à lui seul ; il la dût sans doute au sacerdoce héliopolitain jaloux de cacher, sous d’indéchiffrables énigmes, aux sacerdoces memphite et thébain la découverte astronomique qu’il avait faite de la « période sothiaque » et du « cycle circulaire » (5). Il ne vivait jamais, disait ladite légende, qu’un seul bennou sur la terre. Quand il sentait venir sa cinq centième année, il s’envolait, en passant d’abord par l’Arabie, jusqu’en Héliopolis, où les prêtres étaient divinement avertis de son arrivée ; il s’y construisait sur l’autel du temple du Soleil un bûcher fait de précieux aromates d’Arabie que les rayons du soleil embrasaient, et sur lequel il était consumé lui-même ; mais, de ses cendres, naissait aussitôt un petit ver qui se changeait avant la fin du jour en un nouveau bennou, plein de vigueur.

II. Le Phénix chez îles Grecs et les Romains

Pline (6), Plularque (7), et Ausone (8), prétendent qu’Hésiode qui, d’après Hérodote, vivait au temps d’Homère, et que d’autres font contemporain de Salomon, fut le premier à parler, dans les pays classiques, de la légende du Bennou égyptien, qui fut appelé, chez eux, du nom grec de foinix, phénix.

Hérodote qui visita l’Egypte l’année même de la bataille des Thermopyles, en 480 avant Jésus-Christ, nous dit textuellement en ses souvenirs de voyages, assez confus du reste : Partant de l’Arabie, il (le Phénix) porte au temple du Soleil, son père enveloppé dans de la myrrhe et il l’ensevelit dans le temple du Soleil. La chose a lieu ainsi : Il fait un œuf de myrrhe du poids qu’il peut porter, il s’essaie ensuite à le soulever, et, après cet essai, il creuse l’œuf gisant, y place son père, et remplit de myrrhe l’endroit creux où il l’a placé : le poids du père est celui de la matière enlevée. L’ayant disposé de la sorte, il le porte en Egypte au temple du Soleil (9).

On voit que la mémoire d’Hérodote en prenait assez à son aise avec le thème héliopolitain. Pline, en son Histoire Naturelle (0), et Ovide (1) qui écrivait ses Métamorphoses, au temps de la naissance du Seigneur, furent plus exacts.

Pline, qui dit écrire d’après les renseignements du sage et savant Manilius, parle ainsi du Phénix : Personne ne l’a jamais vu manger. Il est consacré au soleil en Arabie, et il vit cinq cents ans ; parvenu à la vieillesse, il construit un nid avec de petites branches de canelle et d’encens, il le remplit de parfums, et il meurt dessus. De ses os et de leur moelle naît un ver qui devient un nouveau phénix. Celui-ci commence par faire au premier de dignes funérailles : il porte le nid entier près de la Panchaië, dans la Ville du Soleil, et le dépose sur l’autel. Ce même Manilius dit que la révolution de la grande année se fait avec le Phénix, et qu’alors reviennent les mêmes marques des saisons et des astres. Ce renouvellement a lieu au milieu du jour où le Soleil entre dans le signe du Bélier.

Un peu plus tard Tacite apportera aussi, en parlant du Phénix, la preuve que, de son temps, le mystère dont les prêtres héliôpolitains avaient enveloppé leur découverte astronomique concernant la « période sothiaque » et le « Cycle circulaire » était dévoilé (2).

Il n’en fallait pas tant sous les plumes de tels auteurs pour que la légende du Phénix, plus ou moins bien exposée, soit connue promptement par tous ceux qui lisaient dans tout le vaste empire romain ; aussi se trouva-t-elle répandue partout quand le symbolisme chrétien en fit l’emblème de la Résurrection et du divin Ressuscité. Nous verrpns plus loin que, dans les premiers siècles chrétiens, les monnaies des empereurs elles-mêmes se chargèrent de porter l’image du phénix de Rome jusqu’au fond des plus lointaines provinces.

III. Le phototype naturel du Phénix

L’épervier. le faucon, le vautour, l’ibis, l’hirondelle que nous rencontrons dans l’art religieux de l’Egypte sont des oiseaux qui naissent et vivent en ce pays ; le phénix ne répond à aucun type réel de la faune égyptienne.

L’égyptologue Em. de Rougé voit dans le phénix « une sorte de héron » (3), et Champollion-Figeac l’appelle « un vanneau pourvu d’aigrettes » (4). Son nom de « bennou », comme il est dit ci-dessus, comporte une idée de couleur éclatante que les Grecs ont interprêté par joinix, « l’empourpré », de foinikès, « couleur pourpre » ; foinix, que l’helléniste Planche traduit par « oiseau de feu » (5).

Aucun échassier ne répond à cette indication .de couleur, pas même le flamant rose auquel certains ont pensé. C’est pourquoi, après avoir considéré plusieurs représentations du Phénix qui se rapprochent de celle de l’obélisqüe du Caire (Fig. III), la plupart des égyptologues se sont ralliés à l’opinion de Cuvier qui voit dans le faisan doré d’Asie le prototype naturel du phénix : Le rôle très considérable de cet oiseau dans les arts emblématiques de l’Asie, de la Chine notamment, autorise cette opinion. En Chine, le Kin-Ky (la poule d’or) et le faisan Foo-woo sont sculptés, brodés, ciselés, peints ou dessinés partout, avec des sens divers toujours favorables. A l’une des variétés, le Foung-uàng s Attachent les idées tes plus fabuleuses, c’est lui qui, dit-on,, 2.527 ans avant notre ère, apparut pour annoncer l’avènement du Fils du Ciel, Chao-ao (6).

Le Chanoine V. Davin a écrit, conformément à ce que je viens de dire de longues et savantes pages qui concluent aussi à la parenté étroite du Phénix fabuleux de l’Egypte et du réel faisan doré (7). Ce dernier oiseau ne fut du reste connu en Rome qu’au temps des premiers empereurs, et ses représentations dans l’art chrétien demeurent très rares ; cependant Dom Leclercq, à qui il convient toujours d’en revenir relativement à l’art primitif du Christianisme, a donné la représentation d’une mosaïque de Fumi ou le coq faisan apparaît à côté de sa femelle (8).

IV. Le dogme de la résurrection au début du Christianisme

La vie de l’homme est brève. Souvent elle est en butte aux sévérités imméritées du sort ; souvent aussi aux méchancetés des hommes. Les penseurs et les théologiens de l’ancienne Egypte en conclurent que la Divinité, pour être juste envers l’être humain, se devait de le ressusciter afin que, dans son corps et dans son âme, il soit enfin traité selon les lois imprescriptibles de sa justice supérieure dans une vie où les vicissitudes ne le pourraient atteindre.

Même sans l’apport, plus ou moins imprécis, d’une révélation primitive faite à la race, ils pouvaient raisonner ainsi. Cette foi très réelle dans une restauration de l’être humain après la mort, les Egyptiens l’ont proclamée par les symboles certains du Phénix, de la Grenouille, des Arbres à feuilles caduques et autres, tous emblèmes que la religion chrétienne a cru convenable d’accepter d’eux pour figurer la personne même du Seigneur Jésus-Christ ressuscité. C’est pue, dans son emblématique, tout idéogramme de l’idée de résurrection s’applique, tout d’abord, à celui dont saint Paul a dit qu’ Il est le principe de la vie et le Premier-në d’entre les morts (9).

Ce besoin intellectuel d’une conviction en la résurrection se constate chez les Egyptiens plus anciennement que chez les autres peuples païens, mais il ne resta pas spécial à leur nation : N’est-il pas impressionnant de le voir, aux environs du VII8 siècle avant notre ère, se manifester chez les peuples du bassin de la Méditerranée par l’apparition de dieux mythiques qui tous subissent, jusqu’à la mort, une « passion » plus ou moins caractérisée, pour ressusciter ensuite à la plénitude de la vie ? Ainsi se présentent à la suite d’Osiris, Adonis, Attis, Zagréus, le dieu orphique de Thrace, Sabazios, le dieu solaire de Phrigie (0), Thamouz, le dieu des côtes syriennes, dont les femmes d’Israël pleuraient la mort jusque sur le seuil du tabernacle d’Yahweh (1) etc. N’est-ce point là le « teste Sibylla » de notre actuelle Séquence des Morts, au rite catholique latin ? (2).

Et chez les Hébreux, si nous écoutons d’abord les chantres inspirés de la fugacité humaine : — Toute chair s’en va comme l’herbe qui se flétrit et se dessèche (3). Les mortels s’en vont en poussière ; l’herbe fleurit, le matin passe et la fleur tombe ! (4), — nous entendons aussi, au-dessus de leurs voix, retentir une voix frémissante : C’est Job qui, dans le douloureux désastre de sa chair purulente, se soulève de dessus de son fumier pour crier son espérance : Je sais que mon Rédempteur est vivant et qu’il se lèvera sur la terre ; je sais que, de mon squelette à nouveau revêtu de ma chair et de ma peau, je verrai Dieu ! Je le verrai moi-même ! je sais que mes propres yeux le verront, et dans la certitude de cette attente, mes reins se consument en moi ! (5).

Ailleurs, du reste, David et Isaïe proclament aussi la survie des cadavres dans la pleine vigueur d’une vie nouvelle (6) ; et plus éloquemment encore qu’eux tous. Ezéchiël a su chanter l’extase où, devant ses yeux, les ossements desséchés qui couvraient une pleine immense retrouvèrent subitement à nouveau leur chair vivante et saine, et l’accent de leur voix pour chanter la puissance et la bonté du Dieu d’Israël (7).

Cependant à l’autre bout de l’Europe, au moment de la première diffusion de la doctrine chrétienne, l’esprit païen de Rome était hostile au dogme de la résurrection des corps, et, sous son influence, si les premiers chrétiens acceptèrent, comme une dérogation à toutes les lois générales, la divinité et la résurrection du corps physique du Sauveur, beaucoup parmi eux restèrent hésitants, voire même sceptiques, devant la possibilité de la restauration de leur propre chair détruite par la mort, tout en acceptant, bien entendu, l’idée de la survie certaine de leur être par l’immortalité de leur âme.

Des objections captieuses furent formulées qu’il serait trop long d’exposer ici (8), et elles durèrent longtemps puisqu’elles préoccupèrent saint Jean Chrysostôme (9), saint Grégoire de Tours (0), et même, au XIe siècle, l’évêque Jonas d’Orléans (1).

Et pourtant, les monuments primitifs de l’art chrétien, même de l’art populaire le plus simple, sont caractérisés par une commune idée-mère qu’ils reflètent comme une marque de famille ; c’est une idée d’espérance, de libération et d’immortalité… Et pourtant, les pontifes des premiers siècles répétaient inlassablement aux fidèles que la résurrection de leur propre corps était garantie par celle du Rédempteur dont Isaïe avait dit, selon la forte expression de la Vulgate, qu’il a pour jamais poussé la mort au précipice, praecipitabit mortem in simpiternum (2). Ils leur redisaient avec saint Pierre : Dieu nous a régénérés en la vive espérance par la résurrection de Jésus (3) ; ils leur redisaient surtout le texte formel de saint Paul : Si le Christ n’est pas ressuscité notre prédication est vaine, et vaine aussi votre foi ; et nous, nous sommes de faux témoins à l’égard de Dieu, puisque nous avons témoigné contre la vérité qu’il a ressuscité le Christ, tandis qu’il ne l’aurait pas ressuscité s’il est vrai que les morts ne ressuscitent pas. Car, si les morts ne ressuscitent pas, le Christ n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine et vous êtes encore dans vos péchés, et par conséquent aussi, ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus. Si nous n’avons d’espérance que pour cette vie seulement, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes. Mais, maintenant, le Christ est ressuscité des morts, et il est les prémices de ceux qui se sont endormis ; car, puisque par un homme est venue la mort, par un homme aussi vient la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous seront vivifiés dans le Christ (4).

A ce dogme, si nettement affirmé par la foi nouvelle, il fallait des emblèmes figurés pour parler aux yeux de tous ; les pontifes et les maîtres de l’emblématique naissante choisirent en premier lieu, pour ce glorieux rôle, l’antique Phénix d’Egypte, puis, après lui, tous les autres emblèmes de l’idée de résurrection adoptés chez les peuples anciens de la Gentilité.

V. Le Phénix dans l’Art Chrétien

C’est une tâche assez difficile de déterminer l’importance technique et numérique des emprunts de l’art catacombal à l’art égyptien par le gnosticisme, écrivait, il y a quelques années Dom Henri Leclercq (5). Rien n’est plus vrai ; mais en ce qui concerne le symbolisme, la Gnose n’est pas la seule voie par où les emblèmes égyptiens passèrent pour arriver dans l’art chrétien. Le chanoine Davin dit bien du Phénix que les Gnos-tiques l’ont accepté (6), mais les Chrétiens n’avaient pas besoin de leur exemple, après ce que Pline en avait écrit, pour le faire entrer dans l’emblématique du Seigneur. Il s’imposait. Aussi le Physiologus lui ouvrit-il, dès la première heure, ses pages.

Toujours seul de son espèce sur terre, le Phénix qui renais-sait de ses cendres, sous l’ardeur des rayons du soleil et dans l’embrasement parfumé des aromates, devait être l’un des plus beaux joyaux de la couronne emblématique du Christ. Aussi les Pères des premiers siècles l’ont ils chanté, les uns croyant naïvement les naturalistes de leur temps, les autres, le plus grand nombre, recevant la légende avec de sages réserves, tous tirant de l’oiseau prodigieux le même argument en faveur de la résurrection de la chair, et faisant de lui l’image du divin Ressuscité :

C’est saint Clément, l’un des premiers successeurs de saint Pierre sur le siège de Rome, qui, vers 79, écrit à l’Eglise de Corinthe : Voyez ce prodige paradoxal qui a lieu dans les régions de l’Orient, en Arabie ; il y a un oiseau nommé phénix, unique en son espèce et qui vit cinq cents ans… et le pape raconte la légende à la manière de Pline, d’Ovide et des autres auteurs latins, puis il conclut : Jugerons-nous que c’est une chose grande et étonnante que l’Artisan de l’univers opère la résurrection de tous ceux qui l’ont servi saintement avec la confiance d’une foi courageuse, quand il nous montre, même par un oiseau, la magnificence de sa promesse ? (7).

Les Constitutions Apostoliques, dont la rédaction date du IIIe siècle, mais dont le fond paraît remonter au temps des Apôtres (8), racontent la légende héliopolitaine et concluent : Si donc la résurrection est démontrée par un oiseau sans raison, pourquoi (nos adversaires) nous attaquent-ils quand nous confessons que Celui dont la puissance a amené ce qui n’était pas à être, peut amener de même la dissolution à une empiète réorganisation ? (9).

Tertullien (0), Origène (1), dès les premiers siècles, puis, au IV0 siècle, saint Cyrille de Jérusalem (2), saint Grégoire de Naziance (3), saint Ambroise (4), saint Epiphane (5) et bien d’autres ont écrit dans le même sens.

Comment, ainsi employé par les Docteurs de la foi, le Phénix ne se rencontrerait-il pas dans l’art chrétien ? En fait on l’y trouve fréquemment soit comme emblème du dogme, soit comme image symbolique du Christ. Et dans l’un et l’autre rôle il reste dans l’esprit ancien du bennou égyptien qui figurait les réapparitions du soleil mort dans la nuit, les résurrections d’Osiris, et finalement l’idée d’une revivification de l’être humain détruit par la mort dans la nuit du tombeau.

Souvent, quand il figure le Sauveur, le Phénix oiseau est représenté perché sur le palmier-phénix : C’est ainsi que nous îe voyons, emblème placé près de l’image naturelle, sur un fond de coupe des Catacombes que donne Boldetti ; (6) (Fig. IV), et nous le voyons de même peint dans l’oratoire de Sainte-Félicité (7) (Fig. V) ; îl : apparaît en la même posture sur la mosaïque de Sainte Praxède, à Rome (8).

Martigny fait observer à ce propos que « quand saint Paul est représenté sur quelque monument antique, le phénix sur le palmier est toujours derrière cet apôtre (9) » qui fut le héraut principal du Christ ressuscité. Davin décrit ainsi cette particularité en parlant du fond de coupe précité : « Un palmier s’élance derrière saint Paul ; un phénix nimbé est droit au milieu de ses palmes ; à la naissance de son régime. Le Christ, tourné vers lui, et le montrant avec un ample geste de la main, dit manifestement à Paul, le prédicateur par excellence de la résurrection, ce qu’il disait à Marthe devant le tombeau de Lazare : Je suis la Résurrection et la vie ; je suis le vrai Phénix (0).

Emblème du Christ aussi, quand il apparaît, comme au baptistère de saint-Jean-in-Fonte, à Naples, V° siècle, debout sur le monticule où triomphe d’ordinaire l’Agneau de Dieu (1).

Sur un sceau de plomb du diacre Siricius, d’époque catacombale, le Phénix est accosté de l’inscription : ✚ FENIX (2), que l’on s’accorde à lire Xristos-Phoenix ; sa tête porte un nimbe radié qui rappelle ce que Claudien nous dit de lui : Une gloire de feu ceint sa tête (3) (Fig, VI).

Très souvent le Phénix porte la palme les triomphateurs parce qu’il a vaincu la Mort, ou bien, comme la colombe, il tient le rameau pacifique. C’est le Christ disant aux Chrétiens : Paix à vous (4).

Comme l’Aigle et le Faucon, le Phénix est intimement lié à l’idée du Soleil, de la Lumière, c’est sans doute pourquoi il est fréquemment figuré sur les lampes chrétiennes de l’époque romaine (5) (Fig. VII).

VI. Le Phénix, emblème d’éternité

Par le fait même que, fictivement, le Phénix renaissait de sa propre destruction et se prolongeait ainsi indéfiniment, il a été regardé chez les Chrétiens, de même qu’il l’était avant eux, comme l’un des emblèmes de l’Eternité.

C’est ce qu’il signifie sur les monnaies des empereurs romains non chrétiens : Il apparaît sur une médaille de l’impératrice Faustine avec la légende AETERNITAS (6) et sur une autre, d’Antonin, avec un sens analogue (7). Sur une monnaie d’or de Trajan, le Phénix est dans la main de l’empereur, et on lit auprès : SAEC.AVR. « Siècle d’or » (8), sorte d’aspiration vers un âge d’or éternel. Les monnaies de Constantin présentent cet empereur offrant à Rome personnifiée le globe de la terre que surmonte le Phénix (9) symbole de l’ère nouvelle du Christ (0) ; et nous le retrouvons sur celles de ses successeurs Constance et Constant, en parallèle avec le Labarum du Christ (1).

La superposition de caractère d’emblème du Christ et de celui d’emblème de l’Eternité ne pouvait que plaire à ceux qui reconnaissaient dans le Sauveur ressuscité le Principe et la Fin de tout, le Dieu véritable de l’Eternité.

VII. Le Phénix dans l’emblématique du Moye-Age

Le Moyen-Age garda fidèlement, au sujet du Phénix emblématique l’héritage reçu des siècles précédents.

Les Bestiaires de l’époque romane chantèrent ses louanges. Celui de Guillaume de Normandie, XIIe siècle, rapporte à sa manière, et sans trop d’accrocs, la légende antique d’Héliopolis et conclut ainsi :

« En cest oisel poez entendre
Nostre Seignor, qui vout descendre
Ça jus par nostre sauvement ;
De boenes odors finement
Fut charchié, quand en terre vint,
Por les prisons que enfer tint.
En l’autel de la Croix sacrée
Qui tant est douce et aorée
Fu sacrifié cest oiseaus,
Qui, au tierz jor resort nouveaus.
Mes plusors ne veulent pas crerre
Que la chose fust issi veire
Si ont grand tort, ce m’est avis,
Quand l’oisel qui a non fenix
Se démet et se mortefie,
Et au tierz jor reprent sa vie,
Moult est a creirre plus lezier De Deu.... » (2).

En cet oiseau pouvez entendre
Notre-Seigneur, qui voulut descendre
Jusqu’en terre pour notre salut ;
De bonnes et fines odeurs
Il fut chargé quand vînt sur terre
Pour les captifs que l’enfer tient (sous son joug)
Sur l’autel de la croix sacrée
Qui est si douce et si belle,
Ce divin oiseau fut sacrifié
Qui, au troisième jour, revécut à nouveau.
Mais plusieurs ne veulent pas croire
Qu’il en fut ainsi vraiment ;
Ils ont grand tort, à mon avis.
Quand l’oiseau qui a nom phénix
Se démet et se laisse mourir
Puis, au tiers jours reprend sa vie,
Bien plus il est facile de le croire De Dieu… (2).

Les mystiques du Moyen-Age firent aussi ce rapprochement entre le Phénix antique et Jésus-Christ, que, dans la légende, le premier naît sans passer par les exigences des lois ordinaires de la reproduction. Cest oisel est toz jorz sanz per, dit Guillaume de Normandie, puisqu’il naît des cendres paternelles ; et Guillaume ajoute : Que ne n’est fors un seul ensemble, qu’il n’en naît, qu’il n’en existe jamais qu’un seul à la fois sur la terre.

Ainsi, dirent les symbolistes d’alors, Jésus vient dans ce monde sans paternité terrestre réelle, et jamais la terre n’a porté, parmi les hommes, un homme semblable à lui : il est le Phénix de l’humanité, il est l’Unique, le sans pareil.

Le Bestiaire arménien, publié par le P. Charles Cahier (3), rapporte à peu près comme Guillaume le Normand la légende du Phénix. L’un et l’autre appuient surtout, comme Honorius d’Autun (4), et comme Vincent de Beauvais (5) ), sur ce que l’oiseau emblématique, comme le Christ ressuscitait exactement trois jours après sa mort.

Le Phénix ainsi patronné eut sa place dans le grand art du Moyen-Age : J’en cite ici, comme un des plus beaux exemples, la superbe sculpture des stalles du chœur, en la cathédrale de Poitiers, XIIIe siècle (6) (Fig. XI). Il figurait aussi sur la grande frise des animaux symboliques, en la cathédrale de Strasbourg (7).

Sir John Mandeville, chevalier anglais du XIVe siècle, qui écrivit en français le récit de ses voyages en Orient, raconte, à la manière de Pline, la légende du phénix égyptien. Son récit inspira l’ornemaniste du Livre des Merveilles dont je reproduis ci-contre une miniature (8) qui montre l’oiseau sacré sur l’autel d’Héliopolis (Fig. IX).

Dans l’Hermétisme et dans l’Héraldique de cette même époque, qui se compénétrèrent beaucoup plus qu’on ne le croit généralement, le Phénix fut, dans l’Hermétisme surtout, l’idéogramme « du principe vital, de la continuité de la vie, des éternels recommencements ». En somme c’est toujours l’idée de vie renouvelée, c’est-à-dire de résurrection : le Phénix surgit à nouveau de ses cendres, le Christ sort glorieux de son tombeau, c’est toujours la vie naissant de la Mort, « ex morte vita ».

Le Phénix fut aussi l’emblème de l’Espérance, en tant que sentiment humain, autant que comme vertu théologale ; de l’Espérance la plus assurée, et la plus confiante ; il est alors l’être humain qui aspire vers un espoir élevé : le blason des Tabart, vieille race de magistrats au baillage de Loudun dès le XVa siècle, portait : d’azur au phénix d’or essorant, et regardant un soleil aussi d’or rayonnant et mouvant en chef et à dextre de l’écu ; la dévise était : J’attends mon Soleil (9).

Le Phénix fut aussi l’un des emblèmes de la Pureté de conscience, et parfois, au Moyen-Age, et par extension, l’un, aussi, de la Chasteté.

Un texte hiéroglyphique égyptien de la liturgie funéraire fait dire au défunt, en présence d’Osiris, juge des morts : Je suis pur, je suis pur, je suis pur ! ma pureté est celle du Bennou, le Grand qui est à Suten-Klénen (Héracléopolis) (0).

Il fut, dit E. Van Drivai, l’emblème des esprits purs, exempts des souillures terrestres (1).

Cette antique conception égyptienne traversa les temps, et se retrouve dans les idées du Moyen-Age : D’après Huysmans, l’image du Phénix qui se voit dans les sculptures de la cathédrale de Chartres serait l’attribut de la Chasteté et plus particulièreinent de la Chasteté féminine (2). Une médaille frappée à la fin du XV° siècle, en l’honneur de Julia Astalia porte au revers un Phénix entouré par les flammes des aromates avec, en exergue : Exemplwn unicurn jortitudims et pudicitiae (Fig. X). Et la sœur de saint François de Paule, Marthodilde, portait comme emblème héraldique : D’or, au Phénix sur un bûcher allumé (3).

VIII. Les Antithèses du Phénix

Dans les légendes antiques, comme dans l’emblématique chrétienne, le Phénix est l’oiseau du Soleil, de la beauté, de la pureté, de l’espérance, toutes choses belles, lumineuses, aériennes et sereines ; il devait donc recevoir normalement comme anti-. thèses, dans les arts. emblématiques, les oiseaux de nuit, les ténébreux qui noc-tambulent sournoisement dans le silence de la nature endormie.

La Chouette, que les Chrétiens trouvèrent pourtant en possession d’une ho-, norable réputation puisqu’elle était l’oiseau de Minerve, l’oiseau de la sagesse, la chouette ,dis-je, devint vite pour eux l’opposé du Phénix et l’emblème du démon, le « Prince des Ténèbres ». J’ai déjà cité (4), une amulette des premiers temps chrétiens où la Chouette est ainsi interpellée : Jésus-Christ, le bras de Dieu, t’a liée, et aussi le Sceau de Salomon. Oiseau nocturne ! puisses-tu n’arriver jamais jusqu’à l’âme pure, ni dominer sur elle, qui que tu sois (5). Ici la Chouette ne symbolise pas seulement Satan, mais tous les esprits mauvais : qui que tu sois.

Les symbolistes du Moyen-Age firent aussi symboliser à la chouette la synagogue aveugle que la lumière du Christ éblouit, mais n’éclaire pas.

Avec plus de véhémence encore, l’emblématique chrétienne consacra les Chauves-souris au symbolisme infernal. Une légende mu*lti-séculaire du Poitou nous dépeint Satan descendant sous l’aspect d’une chauve-souris au milieu d’une danse impie, et danseurs et danseuses tombant frappés de mort, les uns après Tes autres, au seul attouchement des ailes infernales qui tourbillonnaient avec eux… (6).

Mais jetons le voile sur ces oiseaux néfastes pour rester sous le lumineux regard du Phénix divin, auteur et principe de notre immortalité.


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Notes de Louis Charbonneau-Lassay

1. Cf G. de C, Vue générale de l’art chinois. in Gazette des Beaux-Arts, 2 P. T. V. 1872 p. 116.

2. Ph Virey. Religion de l’ancienne Egypte, p. 145.

R3. Cf. Chanoine Davin, La Capella Gréca in Revue de l’Art Chrétien, 2e sér. T. X, (1879), p.379

R4. Interprétation de V. Davin, op. cit., p. 384.

R5. Voir également Davin, op. citat, p. 388.

R6. Pline, Hist. Natur. L. VII, c. 48.

7. Plularque, De oraculorum defectu.

R8. Ausone. Eydyll. XVIII,

R9. Hérodote, Euterpe, LXXIII.

R10. Pline, Hist. Natur., Liv. X, 11.

R11. Ovide, Métamorphoses, Liv. XV.

R12. Tacite, Annal., Liv. VI. 28.

R13. Em. de Bougé. Notice des momim. du Louvre, 1860, p. 85.

R14. Champollion-Figeac. L’Egypte ancienne, p. 259.

R15. J. Planche. Diction, grec-français, p. 1198, 3e col.

R16. Voir V. Davin, Rev. de l’Art chrétien, 2e sér. T. X. p. 397-405.

17. Cf. César Cantu. Histoire universelle. T. III, p. 318.

R18. Furni, aujourd’hui Henchir-cl-Msâadin. Cf. Dom Leclercq, Dict. d’archèol. chrêt. T. V, vol. I, col. 1.080.

19. Cf. Saint Paul. Epitr. aux Colossiens, I, 18.

20. Cf. Comte G. d’Alvicla, De quelq. problèmes relatifs aux mystères d’Eleusis III Part. I.

21. Cf. Ezéchiel, Prophétie VIII, 14, 15.

22. Bréviaire romain (office des morts), Dies irae v. I.

23. Isaïe, Prophétie XL, 6.

24. David, Psaume XC, (LXXXIX de la vulgate).

25. Livre de Job, XIX, 25, 26.

26. Ex. Isaïe, Prophétie, XXVI, 19.

27. Ezéchiel, Prophétie, XXVII, 2-14.

28. Voir Dom H. Leclercq. in Dict. d’Archéolog. Chrêt. T. I. vol. 1, verbo Ad Sanctos.

29. St Jean Chrysostome Homel. IV, In Epist. I ad Corinth.

30. St Grégoire de Tours, Histoire des Francs, X, 13.

31. Jonas d’Orléans, De institut laïc. L. III, c. XVI.

32. Isaïe, Prophétie XXV, 8.

33. St Paul Ier Epitre aux Corinthiens, XV, 14-33.

34. St Pierre, Ire Epitre I, 3.

35. Dom H. Leclercq. Manuel d’Archéol. Chrét., T. I, p. 179.

36. V. Davin. Les Antiquit. Chrét. rapportées à la Capella Gréca. Edit. de 1879, P. 92.

37. St Clément de Rome, Epist. ad Corinth. XXIV. 6.

38. Cf Davin, Op. cit. in Rev. art. chrét. 2e sér. T. XI, (1879), p. 70.

39. Constitutions apostoliques Liv. V., c. VII, in Patrolog. grec. T. I, col. 844.

40. Tertullien, De rcsurrectione carnis, XIII.

41. Origène, Contra Celsum, Liv. IV, 98.

42. Saint Cyrille, Catechesio, XVIII, 8.

43. St Grég. de Naziance, Carm. III, ad Virgin.

44. St Ambroise, In Psalm. CXVIII, Exposilio 13Hexamcron L. V., 79-80, etc.

45. St Epipliane, Aucoratus, LXXXIV.

46. Boldetti, Osservazioni sopra i cimeteri. — Roma 1720 — p. 187 — Grimouard de St Laurent, Guide de l’Art Chrétien, T. II, p. 48.

47. Cf. Dictionn. Archéolog. Chrét. T. V, vol. I, col. 1284.

48. Cf. Clampini, Veter. monument. II, T. XVL

49. Martigny. Dictionn. des Antiquit. Chrétiennes. p. 534, 2e col.

50. Davin. op. cit. in Revue de l’Art Chrét. 2e sér. T. XI, 1879, p. 88.

51. Cf. Mrg Barbier de Montault, Note sur « les mosaiques chrétiennes de l’Italie », par Eugène Muntz — in Rev. de l’art chrét., tiré à part, p. 6.

52. Cf. de Rossi, Roma sotter. T. II, p. 314.

53. Claudien. Idylle, de Phoenice, v. 17.

54. Davin, Op. cit. édit. de 1879 p. 540.

55. Cf. R. P. Delattre, Lampes de Carthage, in Rev. de l’Art Chrétien an. 1890. — Dom Leclercq. Dict. Arch. Chrét. fasc. LXXXIV, col. 1.140.

56. Bottari, T. I, p. 107.

57. Zoega. Numism. Aegypt. imper. Tab. XI.

58. Cf. H. de Barthélémy. Numism. ancien, n° 101, p. 10 et pl. III.

59. Dom Banduri Numismat. imper, romanorum, T. II, 217.

60. Davin. Op. cit.

61. Banduri, op. cit. p. 368, 377 et 23.

62. Guillaume de Normandie, Le Bestiaire divin — de Fenice, édit. Hippeau, 1852, p. 216.

63. Ch. Cahier, S. J., in Nouveaux Mélanges archéologiq., 1874, p. 125.

64. Honorius d’Autun Specul. Eccles.De Pascale Dei.

65. Vincent de Beauvais, Specul. mujus. et miroir historial.

66. Cf. voir El. Maillard. Les sculptures de la cathédrale de Poitiers, P. 1. XXXIV et p 139.

67. Cf. Emile Mâle. L’Art religieux du XIIIe siècle en France, p. 58.

68. D’après Magas. Pittoresq. T. XXVII, 1859, p. 341.

69. Leur cachet de correspondance du XVIIe siècle porte iatant mon soleil.

70. Rituel des Morts, ch. 83.

71. Cf. Van Drivai, Grammaire comparée des langues bibliques, 2° Part. XVI.

72. Cf. Huysmans, La Cathédrale, T. II, p. 265.

73. Cf. Vulson de la Colombière, La science héroïque (1669) p. 363 et Pl. n° 72.

74. D’après Dom H. Leclercq. Dictionn. d’Archéol. chrét., T. III, vol. I, col. 1467.

75. L. C.-L. Le Lion, in Regnabit T. X. n°II (avril 1926) p. 377.

76. Cf. Mgr. Barbier de Montault, La Maldanzée, in Bull. Soc. Antiq. de. l’Ouest, ann. 1872. Ier fasc.

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Notes

Louis Charbonneau-Lassay, article : « L’Iconographie emblématique de Jésus-Christ », publ. in Regnabit, revue universelle du sacré-cœur, 8 10 & 11 (Mars & Avril 1929), pp. 199-203 & 263-274.

► Ce texte qui fut écrit à Loudun, fait parti de sa longue série d’articles iconographique sur le Christ et plus particulièrement de son bestiaire métaphorique, tous parus dans Regnabit. Si le sujet vous intéresse, 𝕍 aussi son œuvre majeure : Le Bestiaire du Christ dont la plus grande partie est composée de ces articles (parfois abrégés).

► Cette revue qui fut créée par le Père Félix Anizan sur le thème du Sacré-cœur, était à ses débuts fortement soutenue par le clergé catholique mais des dissensions survinrent entre ceux plus intéréssés par l’approche dévotionelle et ceux - comme Guénon qui était un des rédacteurs - plus penchés sur l’intellectuelle. Lorsque Regnabit cessa sa parution, Louis Charbonneau-Lassay poursuivra ses travaux en prenant la tête de sa propre revue Le Rayonnement intellectuel.