🔍
Bouton_Accueil

Notes sur le dualisme
Maurice Adam

I

Sous le voile du polythéisme, une même doctrine a été enseignée, au fond des sanctuaires des Religions anciennes, c’est la doctrine de l’Emanation : Il n’y a qu’un seul Dieu, l’Etre infini d’où émane tout ce qui est. La Religion des Hindous, la Kabbale et l’Ecole d’Alexandrie nous ont conservé plus ou moins purement cet ésotérisme.

Une conséquence de cette doctrine, ce n’est pas, comme on l’a dit, l’identité du bien et du mal, mais la négation du mal en tant qu’entité. Le mal n’a pas l’être, ce qui ne veut pas dire que l’homme n’ait une loi à observer.

Cependant, et ce ne fut probablement qu’à un moment donné, la plupart des religions admirent, ou, du moins enseignèrent exotériquement l’existence d’un principe du mal créé par le Dieu unique. Peut-être la conséquence de la doctrine, que le mal n’est pas, satisfaisait moins leur intelligence que la doctrine elle-même, ou peut-être se rendaient-elles compte que certaines vérités mal comprises pouvaient devenir dangereuses.

En admettant l’existence d’un mauvais principe (1) créé par Dieu, avec le mal pour mission, elles évitaient ce danger. D’autre part, elles ne pouvaient attribuer à Dieu la cause du mal : Si Dieu n’est pas infiniment bon, il n’est pas parfait, il n’est pas Dieu. Mais elles crurent vainement disculper Dieu en le faisant créateur d’un principe du mal. La difficulté n’est que reculée et l’erreur est aussi grande : Dieu, est toujours la cause du Mal.

Les Mages Keiomarites, antérieurs à Zoroastre avaient adopté cette doctrine. Zoroastre en vit le côté faible, et, voulant sublimer l’idée du Dieu unique, enseigna que Dieu avait créé le Monde de rien, et que le mal avait pour cause un mauvais principe, coéternel à Dieu dans le passé, mais qui devait un jour être définitivement vaincu et anéanti (2). Mais Zoroastre, en voulant éviter l’erreur de Dieu auteur du mal conduisant à la négation de Dieu, aboutit à la même conclusion par une voie différente : Si Dieu est combattu par une puissance opposée, distincte de lui, coéternelle à lui, qu’il n’a pas créée, c’est que Dieu n’est pas l’absolu, l’infini, la cause de tout ; c’est dire que Dieu n’existe pas.

On a essayé de justifier Zoroastre de Dualisme. Mithra, a-t-on dit, est le médiateur entre le bon et le mauvais principe, et ce prétendu mauvais principe est l’analogue de Siva, le destructeur, ou mieux le transformateur. Zoroastre aurait été ainsi trinitaire et non dualiste. Cette opinion ne semble pas justifiée. Mithra est bien médiateur, mais entre Dieu et l’Univers ; c’est le Démiurge, le premier des Izeds, analogues aux Eons ou aux Anges, et non un troisième principe équilibrant, ramenant le binaire à l’Unité.

D’autres philosophes, enfin, crurent concilier toutes les difficultés en admettant que la matière est coéternelle à Dieu, distincte de lui, et pourvue d’une âme désordonnée, cause du mal dans la création. Ainsi, le Dieu unique n’est plus ici l’auteur du mal, ni immédiatement, ni médiatement. Il n’a plus devant lui une puissance opposée et égale à la sienne. De la matière agitée par son principe irrégulier, il a fait le meilleur des mondes possibles ; il n’a pas créé de rien, ni émané, il n’a été qu’architecte.

Une telle solution, sans aucun doute, n’a jamais été qu’un pis aller. Elle n’est que spécieuse, et ne détruit pas moins que le dualisme radical, l’unité et l’infinité divines. Est-il possible, en effet, de concevoir que l’Infini puisse être limité ? (3).

D’autre part, attribuer l’éternité à la matière distincte de Dieu, c’est lui donner un des attributs de Dieu, et, partant les lui donner tous. On en arrive donc à admettre deux infinis coexistants. Tel est pourtant l’écueil où sont venus échouer tant d’illustres philosophes ou chefs de secte.

D’après Beausobre (4), il faudrait compter Pythagore au nombre de ces philosophes. Il rapporte à ce sujet la citation de Diogène Laërce, où il est dit que Pythagore reconnaissait que l’unité ou la monade est le principe de toutes choses, et que de cette unité il est sorti une dualité, indéterminée, comme une matière qui a servi de sujet à l’unité, qui est la cause. Deux opinions sont en présence : ou cette dualité est la matière, ou c’est l’âme du monde. Beausobre choisit la seconde. Il se refuse à admettre que Pythagore ou un véritable pythagoricien aient pu croire à une autre émanation que celle des intelligences.

Si nous jugeons Pythagore par Platon, le maître par l’élève, nous devons nous rallier à l’opinion de Beausobre, et ranger Pythagore parmi les dualistes, car Platon l’est incontestablement.

Il dit dans le Timée de Locres (5) : Dieu donc, voulait que tout fut bon et rien mauvais, autant que cela dépendait de lui ; c’est pourquoi, ayant pris toutes les choses visibles, qui, loin d’être en repos, s’agitaient d’un mouvement sans suite, il les fit passer du désordre à l’ordre, jugeant cet état préférable.

Il s’en faut que l’Ecole d’Alexandrie soit Platonicienne sous ce rapport. Plotin et ses disciples professaient une doctrine si voisine de la Kabbale, dit Franck, (6) que les deux doctrines ont sûrement une commune origine. Le même auteur ajoute qu’il faut faire à Philon une place à part, car il flotte entre l’Unité Kabbalistique et le dualisme de Platon (7).

Basilide Marcion, Bardesanes, Valentin et Manès sont également dualistes. Manès ou Manichée donna son nom à une secte, et manichéisme est devenu le synonyme de dualisme.

Quant à Valentin, on a cherché vainement à le défendre. Il ne pense pas que la matière soit, comme on le lui a fait dire, née de l’Enthymèse, d’Achamot, ce qui en ferait une émanation de Dieu par l’intermédiaire de cet Eon, il lui reconnaît bien au contraire une existence et une éternité distinctes de Dieu, témoin ce fragment de ses œuvres qui nous a été conservé (8).

Il est dit dans ce fragment : Valentin soutenait que le mal ne peut venir de Dieu, parce que Dieu est infiniment bon, et qu’il ne saurait venir du néant, parce que rien ne se fait de rien, mais que, quand il accorderait que quelque chose puisse être fait de rien, il répugnerait toujours aux perfections et à la volonté de Dieu d’avoir crée le Mal. Il poursuit : C’est pourquoi j’estime, qu’il y a une autre substance qui est coexistante à Dieu, qui s’appelle la Matière, et de laquelle les Maux tirent leur origine.

Devons-nous accuser aussi de dualisme la religion de nos pères, la religion celtique ?

Oui, si nous considérons ce qu’on appelle le Néo-druidisme comme étant la fidèle continuation de cette religion. Quels changements ont pu survenir dans la religion des Gaulois en devenant le Néo-druidisme? On ne peut affirmer qu’une chose, c’est que l’élément chrétien en modifia la morale et les rites ; il serait téméraire de dire qu’il en fut de même des dogmes. Ce que nous savons du druidisme par les auteurs latins est peu précis et insuffisant pour nous éclairer. Quant aux monuments mégalithiques, on n’est même pas certain qu’ils soient celtiques, et il nous semble que, jusqu’ici, ils ont été beaucoup plus étudiés par les archéologues que par les philosophes.

Quoi qu’il en soit, le Néo-druidisme croit à l’éternité de la matière distincte de Dieu. Avant que Dieu eut prononcé son nom, dit Henri Martin, qui résume cette doctrine d’après les Barddas, le Ceugant, la circonférence vide, n’était pas absolument vide, et contenait une multitude de particules de lumière, et Dieu était dans chacune de ces particules, comme dans le tout ; il était dans chaque particule comme étant sa vie, et chaque particule était en Dieu et dans la vie de Dieu. Et Dieu fit pleuvoir ces substances vivantes dans l’Abîme, que remplissaient les éléments des ténèbres premières, les substances passives et mortes, et c’est de l’union des substances vivantes et lumineuses avec les substances ténébreuses et mortes que sont nés tous les êtres. Il ne faut donc pas identifier la doctrine des néo-druides avec la Kabbale.

Toutefois, ce n’est plus là le dualisme qui attribue à la matière la cause des maux ; leur matière n’est pas vivante, douée d’une âme désordonnée, comme la matière des Manichéens.

On a accusé aussi Lacuria de dualisme. Son « non-être », a-t-on dit, c’est la matière. Cet homme de génie, dont on peut dire ce que Huysmans à dit de Hello, que son obscurité tient du prodige, aurait-il édifié sa philosophie, sur une semblable base ? Ne serait-elle qu’une statue d’or à pieds d’argile ? Voyons ce qu’il entend par non-être. D’après lui, Dieu se connaît d’abord par lui-même : connaissance positive, propre à l’entendement divin, il se connaît encore en s’opposant au non-être, en se distinguant : connaissance négative, faculté de l’intelligence divine. Qu’est-ce donc que ce non-être, à qui Dieu s’oppose pour se connaître négativement ? Cette chose qui n’a pas l’être et qui n’est pas l’être, qui suivant le même auteur, n’est cependant pas le néant, puisqu’elle est l’objet de la science, et non de la foi, qui, elle, a l’être pour objet, n’est-ce point la matière ?.. Il ne faut pas s’y tromper, lorsqu’il nous dît que l’Etre infini, l’Etre raisonnable, l’Etre vivant et la matière correspondent aux quatre termes de l’Etre divin dont ils sont une manifestation spéciale, nous pourrions être tentés de reconnaître la Kabbale. En réalité, le quatrième terme, la matière, n’est pas la matière primordiale, pure, mais la matière alors que mélangée à l’Etre, elle a été vivifiée par lui. Au reste, un peu plus loin, Lacuria laisse échapper un aveu qui semble concluant : La matière suspend et limite la manifestation de l’être, qui est unité, vie et lumière. La matière pure ne serait donc pas manifestation de l’être.

D’autre part, alors qu’il étudie les fluides : chaleur, lumière électricité, il distingue ces fluides, qu’il appelle matière positive, de la matière négative. Rien ne peut nous donner une idée de cette matière négative abandonnée à elle-même, que le tohu-bohu de la Genèse, ce chaos primitif, où il n’y avait que dissolution, division, inertie et forme ténébreuse. Mais Dieu, après avoir exprimé ainsi le plus profond de son idée du non-être, créa une autre matière, une matière à son plus haut degré de perfection, exprimant l’être autant que la matière peut l’exprimer, c’est ce qu’il fit lorsqu’il créa la lumière, par laquelle il faut entendre, comme quelques-uns l’ont déjà pensé, les trois grands fluides.

Quelle étrange contradiction ! Après avoir dit que la matière limitait l’être, voici que Lacuria reconnaît qu’elle a été créée par Dieu. C’est du moins ce que semble dire cette phrase : près avoir exprimé ainsi le plus profond de son idée du non-être.

Mais Lacuria a-t-il pu croire que Dieu avait tout d’abord créé une chose mauvaise, où il n’y avait que dissolution, division, inertie et forme ténébreuse, pour la transformer ensuite en œuvre bonne ? Que conclure, sinon qu’en Lacuria le platonicien dualiste et le prêtre catholique se combattent, comme en Philon le platonicien et l’Alexandrin (9).

Il ne faut pas confondre les religions et les philosophies dualistes avec celles qui ont reconnu en Dieu un principe actif et un principe passif, dualité qui est ramenée à l’unité par un troisième principe équilibrant. Ici un Dieu en trois personnes, là deux principes opposés ; d’un côté le Ternaire, de l’autre le Binaire.

À l’examen de certains monuments, on pourrait encore se tromper. Il ne faut pas prendre les symboles de la double polarisation de la force universelle reconnue par toute l’Antiquité, pour les symboles des deux principes. Cette force n’est pas Dieu, mais son instrument.

II

Puisque la matière n’est pas coéternelle à Dieu et distincte de lui, c’est que Dieu en est la cause. Peu importe, pour la question qui nous occupe, qu’elle ait été créée de rien ou émanée. Mais alors quelle est la cause du Mal, si Dieu, infiniment bon, n’a pu le créer, et si d’autre part on ne peut admettre une entité quelconque qui en assumerait la responsabilité ?

On a répondu : le mal est une conséquence de la liberté. Certainement, en nous donnant la liberté, Dieu nous a fait supérieurs à ce que nous serions si nous étions dépourvus de cette faculté. Or la liberté suppose le choix. Le voyageur qui n’a qu’une route praticable devant lui n’est pas libre de ne pas la suivre. Mais cela ne résoud pas le problème, répond-on. Pourquoi Dieu nous a-t-il créés tels que nous pouvons nous tromper si facilement, car faire le mal, c’est se tromper. Autant dire : pourquoi Dieu ne nous a-t-il pas créés parfaits, c’est-à-dire pourquoi Dieu’ n’a-t-il pas fait de nous ses égaux. On tombe dans l’absurde.

Ainsi, la liberté explique ce qu’on appelle le mal moral : il est causé par la perversité de l’être libre.

Mais, en réalité, le mal n’existe pas. Métaphysiquement, ce qui existe, c’est ce qui a l’être. Tout ce qui a l’être, ou est Dieu, ou vient de Dieu : or le mal ne vient pas de Dieu ; donc il n’a pas l’être. D’autre part, le mot relatif sous-entend l’absolu, sans quoi il n’aurait pas de sens. Or, le mal absolu n’étant pas en Dieu, n’existe pas ; il en résulte que le mal relatif n’existe pas plus que le mal absolu. Donc, ce qui nous semble être le mal est un accident, ou mieux, une apparence.

Le mal moral est une déviation de la volonté, un désordre primitif de la volonté, dit Saint-Martin. Son maître Martinez dit : L’origine du mal n’est venue, d’aucune autre cause que de la mauvaise pensée, suivie de la volonté mauvaise de l’esprit contre les lois divines. Il y a donc des volontés perverses, des volontés qui se trompent. L’homme perverti qui commet une action mauvaise croit qu’il en résultera pour lui un bien. On ne fait pas le mal pour le mal : on a toujours en vue une jouissance que l’on croit être un bien.

L’homme a deux natures, l’une animale, sensible, l’autre intellectuelle et spirituelle. La première le pousse à contenter ses besoins sensibles, à n’aimer que lui, à n’agir que pour lui, à se séparer, en un mot. Son principe supérieur, au contraire, pousse l’homme à se considérer non comme tout, mais comme partie ; il lui apprend, s’il l’écoute, que comme tous les êtres, il tend vers un centre, et qu’il ne doit pas se considérer lui-même comme centre. Autrement dit, le principe inférieur de l’homme lui suggère l’égoïsme, et son principe supérieur l’amour. Obéir à son principe supérieur telle est la loi de l’homme. Le bien, c’est l’accomplissement de la loi, le mal c’est sa violation.

L’homme doit s’aimer lui-même, mais il est pervers dès que cet amour devient exclusif et même prépondérant. Si le but de toutes les actions de l’homme est inévitablement un bien quelconque, l’homme peut se tromper en son désir et sa volonté. L’homme égoïste est un ignorant. Ce qu’on appelle le Mal, c’est l’Ignorance, c’est-à-dire une négation.

Mais, souvent, une action mauvaise retentit sur autrui. Y a-t-il là une injustice ?

Quel est celui qui peut se vanter de ne pas mériter un châtiment, d’être pur ? Or, la punition est un bienfait, elle rétablit l’équilibre détruit (10). Après l’injustice commise, le plus grand mal qui puisse arriver à l’homme, c’est de ne pas en être puni, dit Platon. En réalité, on est toujours puni d’une action mauvaise, comme on est toujours récompensé d’une bonne action.

Et si on demande pourquoi de grands coupables sont heureux, je répondrai : En êtes-vous bien sûr ? Si on demande pourquoi de grands justes souffrent beaucoup, je répondrai : Il n’y a pas d’hommes complètement justes ; n’est-il pas équitable que l’on soit d’autant plus puni que l’on est plus conscient, que l’on est plus évolué ?

Cette réponse, je l’avoue, est insuffisante pour expliquer tous les cas. On peut même dire, d’une façon générale, que les meilleurs sont ceux qui sont les plus éprouvés (11). Qui sont ceux qui sont le plus souffrants ? dit Saint-Martin. Ceux qui ont reçu d’en haut une grande mesure, et qui sont forcés d’attendre ailleurs pour la remplir. Ce sont ceux-là qui seront consolés, car ils ne peuvent manquer de pleurer abondamment.

La souffrance (12) physique ou morale est une épreuve, un moyen de purification, d’ascèse ; et plus un homme souffrira, plus il s’élèvera. Ceux qui ont le plus de souffrance en partage sont donc ceux qui sont jugés dignes de la plus grande récompense.

La souffrance est la cause d’un bien sur un plan supérieur (13). D’ailleurs, intuitivement, l’homme ne recherche-t-il pas la souffrance ? L’amour d’un homme, soit pour un individu, soit pour l’humanité, n’est-il pas une souffrance, et une souffrance désirée, recherchée, voulue ? Sa plus haute expression n’est-elle pas le sacrifice volontaire ? La langue a de bizarres malices ; elle se sert du même mot, affection, pour désigner les diverses formes de l’amour et les maladies.

En résumé, ce qui nous semble être le mal, c’est la perversité de l’Etre libre qui se détourne de sa loi qui est l’amour. Cette perversité et d’autres causes qui nous paraissent à tort être dues au hasard sont la cause des souffrances, et ces souffrances sont nécessaires à l’élévation ou plutôt à l’évolution de l’ètre.

Et si Dieu a voulu que l’homme fût libre, il a prévenu les résultats des erreurs de la volonté libre en s’en servant pour le bien. Comme le dit saint Thomas après saint Augustin : Dieu étant souverainement bon, il ne permettrait jamais qu’il y eut quelque chose de mauvais dans ses œuvres, s’il n’avait assez de puissance et de bonté pour tirer le bien du mal même (14).


séparateur

Notes de Maurice Adam

1. L’expression de mauvais principe est absurde, dit Keleph-ben-Nathan, ce qui est principe ne peut être mauvais.

2. Après Zoroastre la secte des Zervaniens, prépondérante, restaura le dogme de l’Emanation.

3. On ne peut pas dire, en effet que l’infini soit limité parce qu’il ne peut pas l’absurde. Dieu ne peut pas que 2 + 2 = 5 ; il ne peut pas être imparfait ; il ne peut pas se nier ; il ne peut pas s’anéantir ; il ne peut nier ; en un mot, il ne peut pas « ne pas être ».

4. Histoire de Manichée et du Manichéisme.

5. Traduction Chauvet.

6. In « La Kabbale ».

7. Nous empruntons à Franck (loc. cit.) les deux citations suivantes qui expriment bien les deux doctrines contradictoires tour à tour soutenues par Philon : 1° Dieu… n’est que le souverain architecte, le Démi-ourgos… Enfin Dieu n’est pas seulement au-dessus, mais complètement, en dehors de la création, car lui qui possède la science et le bonheur in-finis ne peut pas être en rapport avec une substance impure et sans forme comme la matière. (De Sacrificantibus, éd. Mangey).
2° Philon dit : Dieu, en faisant naître les choses, ne les a pas seulement rendues visibles, mais il a produit ce qui auparavant n’existait pas ; il n’est pas seulement l’architecte (le Démiourgos) de l’Univers, il en est aussi le Créateur. (De Somniis).

8. Fragment de Valentin rapporté dans le Dialogue attribué à Origène, contre les Marcionistes, et cité par Beausobre.

9. Moïse aussi, pour quelques-uns, aurait reconnu l’éternité de la matière. Tout en repoussant cette idée, Beausobre reconnaît, avec Tertullien et le P. Petau, que le mot « bara » créa, de la Genèse ne veut pas dire faire quelque chose de rien. (Histoire du Manichéisme). Pour Fabre d’Olivet, ce mot ne veut dire, ni créer de quelque chose, former, ni créer de rien, mais émaner. (Langue hébraïque restituée ; Grammaire p. 106 et 107, et cosmogonie de Moïse, versions littérales, p. 27 et suivantes). Voir aussi J. Weil : Philosophie religieuse de Lévi-ben-Gerson, p. 247, note, où le jeu de ce mot est également discuté. Lévi-ben-Gerson, ou Gersonide, s’écartant en cela de Maïmonide, crut aussi, avec Aristote, à l’éternité d’une matière informe et sans vie. — Sipha Dzeniutha (verset 16). — Deylingus (Obs. Sacræ, p. 14). — Sanchoniaton. — (Vaillant (clef magique)…

10. Omnis afflictio vox Dei ad pœnitentiam, (Khunrath).

11. Quem enim diligit Domiuus corripit (Prov. 3, 12.)

12. Tribulatio est Schola practica et parit cæperentiam. (Khunrath). — Nullum est vitium, quod non peculiarem suum morbum pariat. (id.).

13. Filii Sapientiæ quærunt gaudiumper lachrymas. (Khunrath).

14. Somme Théologique, trad. Drioux, tome I, p. 30.

séparateur

Notes

Maurice Adam, article : « Notes sur le dualisme », publ. in L’Isis moderne, 1 5 (1896-1897), pp. 274-283.

► Afin de suivre la pensée de Maurice Adam, président de l’Ordre celtique, on consultera ses ouvrages : Études celtiques (1900) et La tradition celtique et ses adversaires.

► La revue bimestrielle qui dura une année était éditée par la Librairie de l’art indépendant d’Edmond Bailly et propose des articles de Louis Menard, Jules Bois, Samuel Mathers ou encore Vivekananda.