🔍
×

Accueil
Personnalités
Médias
Lieux
Symboles
Astral
Nature
Lexique
Mémentos
Artistiques
Intellectuelles
Sites
Mouseîons
Sommaires
Bibliographie
Index
Épopée
Gildi
Contact
Dons
Notice
Bouton_Accueil

Les plans supérieurs de l’astrologie
Francis Rolt-Wheeler

Ses liens à la cosmologie et à la cosmographie cabbalistique

Discours prononcé au premier congrès astrologique international à Wiesbaden (Allemagne) en 1931.

I

Dans le courant de la pensée moderne, l’Astrologie occupe une position très bizarre. Elle a eu une renaissance glorieuse, elle se redresse de la position de confusion née de l’opposition inintelligente de ses ennemis et la superstition inintelligente de ses amis. Pourtant, de nos jours, malgré le travail qui se fait par les astrologues de haute valeur dans tous les pays, la science l’Astrologie demeure encore dans une position anomale. II serait intéressant de considérer en quoi consiste exactement cette anomalie, et pourquoi la science académique e moderne n’est pas encore tout à fait prête à lui ouvrir ses portes.

Le premier anachronisme se trouve dans le fait que dans un âge qui est hautement spécialisé, l’Astrologie est générale dans son caractère ;, dans les temps modernes, où tout le monde est féru d’analyse, l’Astrologiue est strictement synthétique. La science moderne méprise l’art et tolère à peine la philosophie, démontrant ainsi un oubli complet de sa propre origine. L’Astrologie maintient l’unité d’une vraie science d’autrefois, elle un art, une science et une philosophie réunis, La mentalité même de nos jours, instruite, mais inintelligente, n’arrive pas à comprendre que l’art, la science et la philosophie, sont interdépendants. Elle peut comprendre un tableau, mais ne veut pas que le peintre l’explique par une théorie des couleurs et encore moins qu’il fasse un sermon sur son sujet, et elle trouve bizarre, alors, que m’Astrologue non seulement lui donne un tableau de son caractère, dans un horoscope, mais lui explique la science par laquelle il est arrivé à ses conclusions et la vérité philosophique qui sont la base de cette science. Bien entendu, il est possible d’apprécier l’Astrologie au niveau de la ♦ mentalité moyenne et malheureusement, ceci se trouve la pratique d’une grande proportion des astrologues commerciaux, mais il faut se rappeler que le développement n’est jamais acquis par l’abaissement du niveau ; l’Astrologie doit rester synthétique encore quelque temps, car le moment pour la spécialisation n’est pas encore venu, et une unité d’action parmi les astrologues est encore une grande nécessité.

La synthèse doit rester comme chose fondamentale. L’Astrologue de nos jours doit être un artiste, car il doit interpréter son horoscope après l’avoir dressé et l’interprétation n’est autre que de l’art ; il doit être un savant pour qu’il puisse montrer les raisons pour les conclusions qu’il tire et il doit posséder le pouvoir d’expliquer ses conclusions avec une clarté et une précision scientifiques pour établir des bases pour des raisonnements scientifiques plus avancés, et pour un art plus parfait ; il doit être aussi un philosophe, autrement son travail ne vaut rien, car la Science académique elle-même insiste qu’elle s’occupe seulement des effets et non des causes et la recherche pour la cause de toute chose est la soif insatiable dans l’âme de l’homme. Il ne faut jamais oublier que chaque science naturelle était basée sur la philosophie et qu’elle l’est encore ; ce serait une erreur historique et une logique fallacieuse d’essayer de baser la philosophie sur la science ; chaque étudiant de la philosophie Grecque le sait parfaitement bien, et il n’est pas nécessaire pour nous d’en montrer l’évidence.

Pour cette raison, il est absolument erroné de négliger les plans supérieurs de l’Astrologie ou même de les laisser entre les mains de quelques érudits seulement. L’Astrologie est une profession et l’Astrologue n’a pas le droit d’ignorer aucun essentiel de son entraînement professionnel, car je répète avec vigueur qu’une connaissance des plans supérieurs de l’Astrologie est une partie nécessaire et obligatoire pour chaque Astrologue qui désire être considéré un Maitre de sa science ou un technicien de son Art. L’Astrologie statistique est nécessaire sur le niveau inférieur ; l’Astrologie psychologique est essentielle dans toute interprétation d’horoscope, et l’Astrologie occulte est nécessaire aussi quand les questions de haute envergure doivent être résolue.

Ceci vous semblera peut-être extrême, essayons de le rendre compréhensible au moyen d’une illustration. Nous pouvons comparer l’Astrologie statistique à l’anatomie et nous savons tous qu’un docteur doit connaître son anatomie parfaitement ; pourtant si ses études ne dépassent pas les dénominations des os d’un squelette, il n’est pas compétent pour traiter un malade. L’Astrologie psychologique peut être comparée à l’étude de la physiologie dans la médecine et c’est par l’étude % des procédés normaux et anormaux dans un organisme vivant qu’un médecin peut nous donner de bons conseils à propos de la maladie ou de la santé dans cet organisme, mais la médecine moderne a bien dépassé l’idée que l’anatomie et la physiologie constituent le summum de tout l’art médical ! Cette science vient de réaliser que la psychiatrie est nécessaire aussi et que l’homme est quelque chose de plus qu’un squelette et quelques procédés physiologiques. Il faut considérer également les procédés de la mentalité et ceci s’attache innérrablement à l’être Astral, à l’âme, d’influence certaine, mais encore incomplètement explorée, et c’est à cette dernière branche que l’Astrologie occulte doit être comparée. Un Astrologue de haute valeur doit être psychiatre et occultiste autant que philosophe, savant et artiste, ou sa préparation est incomplète. La nature de l’enseignement de ces plans supérieurs sera présentée un peu plus tard, et je donnerai quelques exemples, mais il faut y parvenir avec méthode, et précision.

La renaissance de l’Astrologie, — et il me semble que le Premier Congrès International doit être une date historique— surgit à un moment où il n’est plus nécessaire de plier le genou devant les matérialistes désuets. Les grands physicistes modernes : Einstein, de Broglie, Millikan, Eddington et Jeans, pour n’en nommer que cinq noms parmi une vingtaine, nous ont mis dans un âge nouveau et c’est à cet âge nouveau que la nouvelle Astrologie appartient. II serait dommage de présenter l’Astrologie à ce premier Congrès International sous la forme obscurantiste d’un esclave à la tradition, bien que le conservatisme restera toujours comme une base historique et empirique. Elle ne devra pas non plus être présentée à la manière d’une vingtaine d’années passées, comme un ramassis de statistiques. Nous devons comprendre et répandre que la renaissance de l’Astrologie et la nouvelle science de la nouvelle physique ne sont pas dès phénomènes isolés, mais des développements apparentés dans un but unique à suivre.

Le besoin de ces plans supérieurs est très évident, quand on les considère dans leurs rapports à la relativité personnelle. L’Astrologue doit posséder les arguments nécessaires pour expliquer ses prédictions et le faire sur tous les différents plans des significations.

Supposons que dans un horoscope progressé à propos d’un jour indiqué les prédictions soient faites ainsi : « Vous aurez une dispute violente avec votre père aujourd’hui ». Supposons encore que cette prédiction tombe bien et que la dispute ait lieu. Dans un cas, le natif de l’horoscope le regardera comme une coïncidence, un deuxième le regardera comme normal, car il suppose que c’est le devoir de l’astrologue de faire des prophéties ; le troisième sera étonné et le regardera comme de la sorcellerie ; il n’est pas nécessaire d’expliquer votre prédiction, ni à l’un ni à l’autre de ces trois, car ils sont satisfaits pensant avoir trouvé la raison eux-mêmes ; et en supposant qu’il soit nécessaire pour vous d’exposer vos raisons pour ces prédictions, vous pouvez dire « Sur le jour indiqué votre Mars progressé faisait un transit avec le Mi-Ciel radical qui était dans le troisième decan du Bélier et en même temps, il faisait une quadrature avec votre Soleil progressé dans le signe du Lion ».

Tout étudiant astrologique sera satisfait, mais il n’est pas si certain que tout client serait content et l’astrologue sera forcé de donner une explication moins technique et plus détaillée. Immédiatement il trouvera qu’il sera nécessaire de faire entrer en jeu les plans supérieurs de l’Astrologie, et cela peut être très facilement illustré en prenant plusieurs cas.

Exemple A) Ce client est un cultivateur, une âme simple qui accepte votre explication concernant Mars et qui suppose simplement que, d’une drôle de façon, une étoile est passée directement au dessus de sa maison, ce jour-là et l’a fait se quereller avec son père. Une théorie qui lui va très bien, car dans ce cas, la faute de la querelle appartient à Mars et non à lui.

Exemple B) Ce client est un ouvrier d’une usine et pas tout à fait si simple, il a même quelque instruction. Sans être versé dans l’Astrologie, il sait que Mars est bien loin et il ne voit pas très bien comment cette planète aurait pu le choisir parmi toutes les personnes de la ville pour lui susciter une querelle avec son père le jour indiqué. Si l’Astrologue ne peut expliquer à ce client la complexité des rythmes astrologiques et leurs rapports avec la naissance, ce deuxième client perdra sa foi dans l’Astrologie au lieu de voir accroître.

Exemple C) Celui-ci est un artisan et encore un plus instruit. II veut bien écouter l’explication de l’Astrologue ayant à faire avec des rythmes de l’Univers, mais il demande quelque chose de plus nette. A lui, il faudra expliquer les procédés ésotériques de l’incarnation, un sujet qui commence à toucher les plans supérieurs, mais sur lequel tout astrologue doit être au courant.

Exemple D) Ce client est un homme d’affaires de caractère logique. Il écoutera soigneusement votre explication du mécanisme esotérique, mais sachant que les effets ne viennent pas sans cause et que la cause doit être mesurée avec 1’événement, il demandera une explication plus détaillée encore et surtout il insistera pour savoir comment ces influences peuvent agir. Pour bien répondre à sa question, l’Astrologue doit avoir une connaissance assez approfondie de l’électro-magnétisme céleste et de la puissance des auras planétaires. La grande proportion d’astrologues de nos jours ne connaissent rien de ces sujets.

Exemple E) Ce client est un ingénieur tout à fait initié aux mystères de l’électricité et aux phénomènes électro-magnétiques et vos explications sur ces sujets ne lui semblent pas très érudites, car il sait bien r % * _ * ’ * • h . j . que l’électro-magnétisme n’est qu’un nom donné à une série de phénomènes et que si on observe un résultat aussi intelligent que le synchronisme de la naissance et du destin, évidemment une intelligence supérieure doit diriger ce phénomène. A ce consultant l’Astrologue doit expliquer la cosmologie occulte. Il faut lui parler des Maîtres des planètes et des esprits planétaires. II faut lui démontrer que l’Astrologie judicaire appliquée à un horoscope n’est que le premier chainon d’une vaste science cosmique dont les rapports entre les rayons Millikan et les tensions des auras planétaires agissant sur les véhicules supérieurs de l’homme n’en sont qu’une petite évidence extérieure.

Exemple F) Celui-ci et un vrai penseur et qui cherche les preuves de toutes questions à leur base. Lui aussi se sera disputé violemment avec son père comme les autres dans la façon prédite, mais les explications qui ont satisfait a, b, c, d, e, ne seront pas suffisantes pour lui. Il demande que cette prédiction soit tracée à la cause primordiale et qu’on établisse tous les liens entre cette cause primordiale jusqu’à 1’effet produit sur lui par le passage d’une planète sur le degré marqué dans la nativité horoscopique qui n’est qu’un des angles de sa carte. Dans ce cas, l’Astrologue doit non seulement avoir tous les arguments nécessaires pour convaincre l’homme d’affaires et le savant, mais il faut qu’il connaisse tous les arguments téléologiques et philosophiques et en toutes probabilités, il sera nécessaire pour l’Astrologue d’être au courant des questions complémentaires comme les « Emanations cabalistiques » ou le « Pistis Sophia des Gnostiques » pour qu’il puisse éclaircir le consultant.

C’est déjà assez loin, mais je ne prends que les cas simples qu’on trouve presque tous les jours. Je ne vous ai pas encore parlé de la Voie symbolique, ni mystique, ni de bien d’autres qu’un Astrologue doit étudier s’il veut vraiment approfondir son sujet.

II

Dans la première partie de cette article, nous avons donné quelques illustrations sur la manière d’interpréter l’horoscope de personnes à différents niveaux de l’intelligence, et spécialement nous avons insisté que l’astrologue doit connaître les bases ésotériques de sa science pour en faire ressortir la philosophie qui en découle.

Tout ceci est en rapport étroit avec la question psychologique récemment mise en valeur par G.M.N. Tyrrell sous le titre générique de « Niveaux de Signification ». Il nous semble utile de toucher un mot, aux étudiants d’Astrologie, pour leur conseiller d’apprendre les caractères purement psychologiques de ces différents niveaux, de les observer chez les autres, et d’acquérir ainsi le pouvoir d’adapter leur propre « niveau de signification », ou, pour employer une expression courante, de « changer de vitesse », avec facilité.

Autrement dit : l’importance d’un fait ne se trouve pas dans le fait lui-même, mais de la façon qu’il est compris par celui qui l’observe. Ainsi une carte astrologique et un stéthoscope sont également des instruments magiques pour un sauvage, des aides à divination pour les profanes, et des outils d’emploi journalier pour l’astrologue et le médecin — les mêmes objets étant conçus sur différents niveaux. L’étudiant d’astrologie doit être en position de monter les différents plans de ses propres connaissances, il doit avoir une compréhension de sa science sur les différents niveaux : exotériques, ésotériques, occultes et cosmiques ; il doit s’accoutumer — pour ainsi dire — à respirer l’air raréfié des hauts plans, c’est-à-dire que pour lui la normale doit présenter une succession d’états de signification et non un seul état.

Ceci nous porte naturellement à nous demander en quoi consiste « la normale » ? La définition la plus facile est de dire que cela n’existe pas ; que la normalité est une frontière qui change toujours ; que ce qui est normal pour les peuples qui vivent à un degré de latitude donné est anormal pour ceux qui demeurent dans une autre région ; que ce qui était normal il y a vingt ans, est absurde aujourd’hui, et que nos conclusions les plus évaluées d’aujourd’hui seront les nonsens de demain. Je vous ai dit que cette définition est excessivement facile, mais elle n’est vraie qu’en apparence car il est faux de dire qu’une base qui se déplace n’est pas une base du tout. Le train rapide qui quitte Paris pour Madrid n’est pas resté pendant une période appréciable dans aucun point de l’Espace, pourtant le rapport entre le train et la Terre n’a pas changé. La Terre ne reste pas deux secondes de suite en rapport aux autres orbes mais elle est stable en sa position dans le système solaire. La normale se déplace aussi vite que le train-express, et la Terre également, mais elle est stable en même temps, et l’Astrologue doit établir des échelons de normalité au cadre qui reste constant, et non à ceux qui changent avec la plus grande rapidité. La mesure de la normale est sur les grandes lignes, non en rapport avec des opinions éphémères.

Prenons deux définitions parfaitement normales et reconnues universellement, dont l’une est faite par un savant et l’autre par un profane. Le savant nous dit :

« La table sur laquelle j’écris en ce moment ne consiste que de vide, elle ne possède aucune substance, c’est seulement un ouragan de forces électriques qui ne contient pas une seule particule de matière ; le papier sur lequel j’écris n’a pas d’existence matérielle non plus, et la seule chose qui empêche qu’il ne tombe à travers cette apparence de table est qu’il est bombardé perpétuellement par des charges électriques venant de dessous ».

Ceci est exact, mais le profane lui répond :

« C’est un nonsens parfait. Erappez violemment cette table avec le poing et vous verrez si c’est du vide ou non ! » Si le savant s’engage à cette expérience, ses contusions lui montreront que le profane avait raison.

Toutefois, si nous poussons cette manière de voir un peu plus loin, nous trouverons que la différence d’opinions entre le savant et le profane, entre le sens éclairé et le bon sens, est beaucoup plus profond qu’il n’en a l’air. II n’est pas du tout vrai que la science ait élevé le bon sens à un degré supérieur, au contraire, elle a dit adieu au bon sens pour toujours, car elle a vu que ce guide n’était qu’un faussaire. La science vient de trouver qu’elle a été horriblement déçue ; toute la structure scientifique de la physique du dix-neuvième siècle, construite avec tant de peine et d’assurance, vient de s’écrouler, la science se trouve dans un monde nouveau et n’a pas encore trouvé un moyen pour expliquer ce qu’elle a vu, ni ce qu’elle voit.

Whitehead, Eddington et bien d’autres savants nous informent que nous ne pouvons plus mettre notre foi dans des conceptions de l’Espace et du Temps comme bases universelles, nous les trouvons être des mesures relatives, et les regarder comme des absolus n’est qu’une déduction illogique. Il est vrai que je ne peux pas être dans mon corps physique à Madrid et en même moment à Paris, mais il est également vrai que je peux faire ce voyage en Espace et en Temps facilement par la pensée ; dans mon corps, je ne peux retourner à hier, mais en pensée cela ne présente aucune difficulté. Qui peut me dire quelle est l’avenue de l’information la plus importante — du corps ou de la pensée ? En vérité, il nous faut les deux ; et en astrologie, également, il nous faut l’interprétation exotérique et ésotérique.

II me semble utile aussi de toucher un mot sur la faillite de la * valeur du Temps comme guide autre que relativement. II serait absurde de dire que les aiguilles d’une montre sont les facteurs déterminants de l’âme d’un homme, ou même de ses pensées ou ses sentiments, partie dominante dans la vie de tout homme, jamais deux heures n’ont été de la même longueur, suivant la mesure des sentiments de l’homme. Un rêve qui semble durer des siècles ne prend que quelques secondes de temps à la mesure astronomique, et si nous sommes au chevet de la douleur, les heures de la pendule semblent durer au delà de toute conception ordinaire ; Mais le Temps, pour l’homme, est-il vraiment une mesure astronomique ou une mesure mentale ? Jusqu’ici nous avons parlé que des conditions physiques, mais au moment où nous nous approchons des frontières de la connaissance astrale, les frontières astronomiques cessent d’exister, et il ne faut pas perdre de vue que l’homme est grandement dirigé par son corps astral et qu’un astrologue ne doit pas l’ignorer. Donc, le Temps lui-même prend un nouvel aspect, car la mesure cesse d’être astronomique, ayant pris une détermination astrale encore à nous inconnue. L’inexactitude de ces mesures, au moment où nous sortons du cadre astronomique, s’aperçoit très facilement. Pourtant, sur Terre, et dans la vie de tous les jours, ces mesures ne sont pas seulement vraies mais impératives, et la philosophie de l’absolu, ne doit pas nous aveugler pour l’application du relatif.

C’est dans une façon tout à fait particulière que l’astrologue doit posséder une réalisation de l’importance rigoureuse de ces mesures, et, au même temps, par un changement de Niveau de Signification il doit être prêt à se mettre en dehors de ces mesures. Il doit maintenir la précision astronomique, il doit aussi survoler cette conception pour atteindre le plan philosophique. Il doit être le profane qui sait que la table est solide ; et aussi le savant qui comprend que la table n’est qu’un tourbillon de charges électriques. Ainsi sera-t-il possible pour lui de calculer un horoscope, avec un soin détaillée pour les exigences des calculs, et de l’interpréter en s’élevant au dessus des conditions purement terrestres. Il est certain que l’astrologue doit pouvoir calculer au jour exact, même pour les années de l’avenir, mais il faut aussi considérer les mesures plus subtiles des plans supérieurs.

Pour rendre cette idée plus facile à comprendre, parlons d’un horoscope scientifique, qui se borne aux calculs astronomiques ; à l’interprétation astrologique, qui met en force l’application des découvertes astrologiques sorti de l’expérience des âges ; et l’interprétation occulte qui s’occupe de l’ésotérisme de l’horoscope. Il est vrai que l’homme est né dans l’Espace et le Temps, que sa vie physique se trouve dans le cadre de ces deux conceptions et que c’est en rapport avec elles qu’il s’extériorise, mais la source de sa vie et la fin de sa vie dépassent le cadre physique et dépassent les conditions de l’Espace et du Temps, au moins, dans le sens que nous employons ces termes relatifs sur Terre. Nous avons vu que dans le domaine des sentiments on échappe à la tyrannie du Temps, combien encore plus dans le domaine des pouvoirs spirituels ! Ici nous touchons les questions de l’Astrologie Occul te et il sera nécessaire maintenant de considérer cette phase de notre sujet.

III

Sitôt que l’on touche au mot « occulte », et surtout quand on l’applique à une science si clairement délimitée que l’Astrologie, il devient nécessaire de définir en quoi consiste ce caractère occulte, et de quelles sources dérive l’Astrologie Occulte. Nous verrons que le côté « caché » ou « tenu en réserve » — car c’est cela que veut dire le mot « occulte » — est vaguement entrevu par tout astrologue, mais il est trop souvent passé sous silence ou ignoré totalement.

L’Astrologie Occulte se trouve, en partie, dans l’Astrologie Scientifique elle-même, suivant la vieille règle, que le Tout se trouve dans l’Un, que toutes vérités peuvent découler d’une seule, à condition d’être approfondie suffisament. Chaque carte astrologique est basée sur les mouvements apparents et réels des planètes et des luminaires ; quelquefois aussi sur les mouvements apparents des étoiles fixes en rapport aux planètes et à notre Terre ; mais il y a bien peu d’astrologues qui ont essayé de percer la signification de ce mot « mouvement ». Calculer un mouvement et le comprendre, c’est deux. A quoi bon calculer un coup qui vous menace, si vous n’essayez pas de l’esquiver ?

Les planètes se meuvent, mais comment ? Les planètes se meuvent, mais pourquoi ? Les planètes se meuvent, mais en quel rapport direct avec les êtres humains ? Voilà trois questions bien simples, et pourtant, la réponse à chacun plonge directement dans l’enseignement de l’Astrologie Occulte. C’est certainement une question fondamentale à la science des astres de déterminer si les mouvements des planètes sont conditionnés par eux-mêmes ou si les corps célestes obéissent à une direction. Tout dépend de cela. Pourtant les manuels de l’Astronomie et de l’Astrologie, gardent un silence complet sur cette question, et cela parce qu’elle n’appartient pas à l’Astrologie Scientifique, mais à l’Astrologie Occulte. J’affirme que l’astrologue qui se contente des calculs, et qui ne s’occupe pas des causes, n’ira pas bien loin dans sa science. Il est bien facile de rester aveugle aux grandes lois en s’attachant à une exactitude surfaite pour les détails.

Le mouvement en lui-même est la première évidence de la présence de l’Esprit dans la Matière, et le Cabbalisme, le Gnosticisme, et l’Astrologie Occulte proclament le Mouvement comme la première manifestation du grand Non-Manifesté. Où se trouva ce premier mouvement, et quand a-t-il eu lieu ? Ces questions appartiennent au domaine de la Cosmologie Occulte, et comme les études nécessaires pour arriver à cette dernière sont assez ardues, je ne peux ici que donner quelques indications sommaires.

A l’origine de toutes choses se trouve le Mouvement. La Motion est la première manifestation de l’énergie primordiale. Pour ne pas empiéter sur les plans trop hauts, contentons-nous, pour le moment, de nous demander quel était le caractère de ces premiers mouvements dans l’aube du Temps ? Combien de différentes formes ou directions de mouvement sont possibles primordialement ? Dans quel ordre venaient-ils ? Quelle était la Force qui s’exprimait en forces ? Gardant, pour le moment, le côté scientifique, nous voyons que la géométrie et la trigonométrie sphérique, en accord avec la loi physique de la tension sphérique, indiquent nécessairement trois plans gyroscopiques de mouvement dans toute sphère, et ces trois plans de mouvement établiront dans une sphère illimitée, 12 centres d’entrecroisement de forces dont les influences s’interpénétrent. ÏI ne doit pas être nécessaire de parler ici de la loi du trois ou des trinités, ni du quatre ou des croix, car cela est familier à tout étudiant d’occultisme et à chaque astrologue, qui emploie les quadruplicités et les triplicités dans son travail journalier. De même, il est clair qu’il y a un rapport étroit entre cette géométrie de 12 et les douze signes du zodiaque.

Il serait aussi un peu trop long de démontrer que ces trois plans de mouvement, quatre plans de manifestation, huit points de délimitation de superficie d’une sphère, douze centres, etc., sont en rapport avec la Loi de Création de Wronski, avec les Puissances de Nombres de Pythagore, avec les modes musicaux d’Orphée, avec les douze signes du zodiaque, et autres données initiatiques encore. Tout cela appartient à une autre branche de notre sujet, mais il est intéressant d’observer que le conflit des trois tensions correspond très étroitement, en occultisme, avec les qualités ou quadruplicités ; que la base de quatre révèle les plans, et que, si on pense à la sphère y inclus le point au milieu, nous trouvons avec chaque élément de motion, les chiffres 3, 5, 7 et 9, qui sont aussi déterminatifs dans la mathématique initiatique, l’astrologie occulte, et la haute cosmologie. L’étudiant qui a bien saisi les rapports mutuels de ces chiffres, est en position de dire catégoriquement pourquoi le trigone est bienfaisant, la quadrature néfaste, et le quintile magique.

Jusqu’à ce point, nous n’avons touché que quelques mots sur le Mouvement, pris comme un élément, en lui-même, mais il faut aussi considérer la construction de la matière en toute sa relativité. Le corps physique de l’homme appartenant à la matière, il n’est pas suffisant seulement de l’accepter comme tel, il faut aussi connaître sa formation, son évolution, et même l’évolution de la matière dont il est composé. Il est impossible de traiter ce sujet, en tous ces détails, dans un article comme celui-ci. Il suffira de dire que les planètes matérielles doivent être considérées comme de véritables corps extériorisés, formés par les tourbillons de Mouvement sous les conditions occultes de la conscience cosmique en évolution. Cette phrase semblera certainement obscure à celui qui, n’a pas entrepris quelques études cosmologiques, et aucune analogie exacte est possible.

Toutefois, on peut démontrer comment, le Mouvement par lui-même, rend compacte ce qui ne l’est pas à l’état de repos. Un avion, beaucoup plus lourd que l’air, glissent sur l’air rendu compacte par la vitesse acquise de l’aéroplane, mais à l’état de repos l’air ne peut pas le soutenir.

Il ne faut pas oublier le terme exact « le corps extériorisé d’une planète » car cela indique qu’il y a un Etre Planétaire, antérieur à la formation du corps matériel d’une planète, de même que le Corps Astral et le Double Ethérique de l’Homme sont antérieur et prototypique de son corps physique lui-même. Nous ne parlons pas en termes théologiques, mais en termes de science supérieure.

Le Double Ethérique de la planète, donc, est antérieur à l’aggrégation de la matière de la planète, comme le double ethérique de l’homme est antérieur à l’aggrégation de la matière qui compose son corps, mais la conscience cosmique de la planète se développe avec sa vie planétaire, de même que la conscience personnelle de l’homme se développe avec sa vie humaine. Ici, encore, il est évident que de déterminer le schéma de toute l’évolution de la conscience cosmique, est en dehors des limites de cet article, bien qu’il appartienne à l’Astrologie Occulte. Il nous suffira de dire que c’est par notre connaissance éclairée de l’évolution cosmique par laquelle l’Etre Planétaire de Mars par exemple a développé une force impulsive et l’Etre Planétaire de Saturne un force restrictive, que nous arrivons à comprendre pourquoi il est juste fiable de dire que les planètes possèdent une véritable influence. Si ce n’était pas pour les révélations et les enseignements de l’Astrologie Occulte, nous n’aurions pas le droit de parler des « influences » de planètes, mais seulement de les considérer comme des signaux dans 1e ciel, et même pour cela il faut bien se rappeler que les rythmes universels révèlent leur Grand Compositeur, je ne parle qu’astrologiquement mais il ne faut pas en déduire que la Cosmologie Occulte opère seule ment sur les lignes astrologiques.

Nous avons parlé surtout des planètes, mais les mêmes vérités son applicables aussi aux grands soleils de l’Univers, c’est-à-dire, les étoiles fixes ; et si on désire poursuivre l’étude plus loin, la considération des univers et de leurs relations au Cosmos ne demande l’intervention d’aucun facteur nouveau. Pour cela il suffit de porter les mêmes procédés de la pensée et les mêmes lignes de calculs à une plus haute puissance, De même façon qu’une compréhension des forces planétaires agissant sur un jour déterminé nous suffira pour établir l’horoscope d’une personne, ainsi un horoscope basé sur les « jours » d’un rythme plus vaste, révélera la destinée des nations. Par l’emploi du Zodiaque Précessionnal, dont l’année est de 25,730 années terrestres, les horoscopes des races peuvent être dressés. Les calculs passent encore aux plans plus lointains mais cela dépasse le cadre strictement astrologique.

Dans les paragraphes précédents nous avons touché légèrement sur les liens entre les plans supérieurs de l’Astrologie et la Cosmologie Occulte, convaincu que cette dernière étude est de la plus grande importance pour l’astrologue qui se considère de haute compétence. Une grande partie de cette science cosmologique se trouve dans l’ésotérisme de la tradition Celtique, car les Celtes gardaient soigneusement les vraies traditions Druidiques et leurs connaissances en Astrologie Occulte étaient fort avancées. Pour les Initiés Celtes, la Cosmologie et l’Astrologie ne pouvait pas être séparés, car ils pensaient qu’on ne peut pas bien juger les effets si on ne connaît pas leurs causes.

La cosmologie — ou plus exactement la cosmographie La cosmologie — Cabbalistique possède aussi des rapports très étroits avec l’Astrologie Occulte, mais elle suit une ligne entièrement à part de la tradition Celte, et nous traiterons brièvement cette partie de notre sujet dans la suivante et dernier article de cette série.

IV

La différence essentielle entre l’Astrologie Cabbalistique et l’Astrologie scientifique existe dans le fait que les deux se développent en sens inverse. L’Astrologie Scientifique prend sa base dans l’Homme, et, par déduction, elle essaie de trouver toutes les influences cosmiques et divines qui exercent une influence sur lui ; l’Astrologie Cabbalistique commence, par les influences divines et cosmiques, et elle en déduit tout l’Univers, l’Homme inclus, comme une extériorisation de ces influences. Il n’y a qu’une seule présentation de la vraie Astrologie Cabbalistique publiée en français ; c’est la Trilogie « d’Enel » ; Essai d’Astrologie Cabbalistique », Rota ou La Roue Céleste », et Manuel de Cabbale Pratique. Cette œuvre hautement initiatique, contient, 1a vraie Astrologie Cabbalistique, dont l’étude demande une connaissance approfondie du symbolisme, de la Cabbale et de la langue Hébraïque.

On ne peut ici insérer un traité sur l’Astrologie Cabbalistique, mais quelques mots suffiront pour éclaircir la question suffisamment pour indiquer la ligne à suivre. Le Cabbalisme commence avec le postulat de l’Absolu, considère ensuite la sagesse absolue et relative, procède à un établissement des manifestations des principes universels par les 10 Sephiroth, indique les moyens de compréhension par les 32 Voies de la Sagesse et applique ces principes et leurs manifestations par les 50 Portes de la Lumière. Nous pouvons dire que les trois mondes du Cabbalisme conduisent aux trois étages de l’Astrologie : 1.) l’Astrologite Judiciaire, 2.) l’Astrologie Occulte, et 3.) l’Astrologie Spirituelle, ou Mystique. Pour la première partie, il faut rechercher les autorités françaises, pour la deuxième partie ; les autorités russes, et pour la troisième partie, les autorités anglaises. Toutes ces trois écoles et les érudits qui les dirigents déclarent unanimement le principe fondamental que l’Absolu procède par l’ordre et fonctionne par le Verbe. Le lecteur comprendra aisément pourquoi les chiffres et les lettres jouent un si grand rôle dans l’Astrologie Cabbalistique. Parmi les multiples de l’expression Divine, les chiffres et les lettres sont les deux moyens susceptibles de compréhension par l’Homme. C’est l’Arithmétique Initiatique, et l’Alphabet Idéologique et Symbolique.

Il est curieusement difficile de faire comprendre, à une personne ignorante de la philosophie de la Cabbale, comment un chiffre ou une lettre peut actuellement posséder du pouvoir en eux-mêmes ; parfois il est difficile de faire comprendre à celui qui n’a pas encore étudié l’Astrologie Esotérique, comment une planète peut émaner une influence par elle-même. Nous sommes tellement accoutumés à traiter les chiffres comme des signes arbitraires pour les calculs d’affaires, et les lettres pour l’écriture ou la lecture de tous les jours, que leur vrai mystère nous échappe. Nous oublions le mystère du lever du soleil, quand le réveil du matin l’interprète en avis terre-à-terre.

Il ne faut pas perdre de vue que nous ne parlons, ici, que de l’application du Cabbalisme à l’Astrologie, mais en même temps, il faut se rappeler que nous parlons de la Haute Astrologie. Notre système solaire n’est qu’une parcelle de notre Univers ; notre Univers n’est qu’une partie du Cosmos ; et le Cosmos n’est qu’une partie de l’extériorisation de l’Absolu. Répétons, l’Astrologie judiciaire ne dépasse pas les luminaires et les planètes de notre Système Solaire ; l’Astrologie Occulte ne dépasse pas notre Univers ; mais l’Astrologie Spirituelle s’occupe du Cosmos et de son Créateur ou Architecte Divin. La vraie astrologie cabbalistique nous permet d’envisager la Haute Astrologie, car elle prend son origine dans l’Absolu, comme point de départ.

La Procession est secondaire à la Création, et il s’ensuit que le Verbe Créateur est antérieur a la Création même. Mais, si le Verbe est Créateur, la valeur progressive devient plus compréhensible par les chiffres, car la Progression va par nombres, et l’étudiant de Cabbalisme n’oubliera pas que les 10 Sephiroth sont intimement associés avec les nombre. Celui qui a pu réunir les chiffres, les Sephiroth, les facteurs de Pythagore, les notes d’Orphée, et les unités de Wronski commence déjà à entrevoir le vrai travail des nombres. S’il sait les appliquer aux sept rayons et trois anneaux, il aura acquis une certaine maîtrise de son sujet, et il réalisera que la Haute Astrologie laisse derrière elle les influences avoisinant notre Terre telles celles du Soleil et des planètes de notre système.

Une autre clef nous est donnée par les Sepher Ietzirah qui nous informent que les orbes célestes furent mises en mouvements rythmiques par un mot Créateur contenant une seule lettre de l’alphabet sacré (idéologique, évidemment), dont la forme venait de la lettre, mais dont le rythme fut déterminé par le nombre ou chiffre de cette planète, de ce soleil ou de ce système. Connaître tout ce que contient une lettre ou un chiffre en rapport aux choses terrestres, c’est posséder la clef de la Doctrine des Signatures.

Nous n’avons pas l’intention de diverger trop loin de notre sujet, mais nous pouvons remarquer que ce que nous venons de dire exprimera le vrai onomantisme et la vraie numérologie. Les lettres et les chiffres possèdent une vraie signification, par leur réceptivité pour les rythmes concordants, de même qu’une corde vibre en unisson avec une autre corde, semblable et aussi avec quelques tons du même accord. Pour prendre un cas très simple : un homme né un dimanche en août, avec le Soleil dans le Lion, et juste avant le lever du Soleil, ce qui place le Soleil en Maison I (trois facteur impairs) sera plus fortuné si son nom (en lettre et en valeur numérique) vibre à un rythme impair. Nous mentionnons ceci seulement pour démontrer que, des principes les plus hauts et les plus sublimes, une application peut se faire même dans les choses les plus minimes, car l’Ordre règne suprême en tout. Les 72 noms de Dieu, ceux des Séphiroth ; des génies et des êtres supérieurs de toute la hiérarchie céleste possèdent des qualités d’une subtilité de choix extraordinairement profond et avec une vibration très exacte. Les Vrais Cabbalistes savent manipuler l’enchaîne ment de chiffres et de lettres, pour éveiller une vibration rythmique avec la même précision qu’on manie le régulateur d’un récepteur de longueur d’ondes déterminé sur un appareil de T.S.F., il s en suit une symphonie ou une tirade politique, etc.

V

La signification des grandes vérités que nous possédons si nous poussons assez loin leur étude, peut nous sembler tout à fait différente, aux débuts, si on ne suit que la ligne de l’Astrologie Judiciaire, ou du Cabbalisme, de l’Hermétisme, de l’Alchimie ou de la « magie » des nombres et de la géométrie. Mais ces différences apparentes n’appartiennent qu’aux études inférieures ou, plus exactement, aux applications pratiques de ces études. La technique spagyrique et numérologique n’ont que très peu en commun, mais la philosophie Spagyriste et Pythagoricienne trouvent un point de contact dans la Loi des Correspondances (qu’il ne faut pas confondre avec la Doctrine des Signatures).

Nous parlons, pour le moment, du Cabbalisme en son rapport avec l’Astrologie Judiciaire, mais ce serait une erreur profonde de supposer que le but de cette étude de rapprochement n’est que pour faciliter la divination, dans le sens limité de ce mot. Les vraies sciences divinatoires demandent une connaissance si approfondie de toutes les manifestations divines, dans la forme de la Nature, une compréhension si exacte des rythmes humains, terrestres, solaires, universels et cosmiques, et un jugement si éclairé, qu’il devient possible de dire où et quand une certaine manifestation se produira et quels sont les enchaînements des résultats de cette manifestation. Celui qui emploie ces sciences divinatoires n’agit pas du tout vaguement ni mystérieusement, mais avec des raisons claires et nettes et en pleine connaissance de cause. Quand l’astronome nous informe que le soleil se lèvera à une heure déterminée demain matin, c’est une divination fort simple et nous ne le regardons même pas comme une phrase divinatoire, et quand il nous dit que le soleil se lèvera à une heure différente pour une ville un peu plus à l’Est ou à l’Ouest, un peu plus au Nord ou au Sud, plus tôt ou plus tard, à la même date de l’année prochaine , ou cinq années à venir — et cela à une seconde près, — nous réalisons que sa prophétie est basée sur un ensemble de connaissances que nous ignorons. De même pour le vrai prophète, ses prophéties ne sont pas des suggestions au hasard, mais ses prédictions viennent de connaissances plus profondes que les nôtres, ou de sources d’informations auxquelles nous n’avons pas accès. Tous les systèmes de divination sont basés.sur l’Ordre et la Loi. Elle ne peut pas ressortir, du désordre, et le prophète est celui qui possède la vision la plus perçante de l’Ordre et, de la Loi exis tant dans l’Univers et des événements qui en découleront nécessairement dans l’avenir.

L’Astrologie comme science, observe les calculs, les rythmes planétaires, les compare avec les événements terrestres et humains, et ainsi elle arrive à établir, une série de correspondances qui font, constater un ensemble de lois permettant de prévoir les résultats des influences de ces rythmes cycliques et de savoir que le mesurement de ces rythmes nous donnent des points indicateurs, dans le passé, le présent ou l’avenir. Il est parfaitement juste, alors, de dire qu’une quadrature est un des facteurs dans le complexe des rythmes, agissant sur de certaines lois ; mais il est également juste de dire que cette quadrature « indique l’événement », car la quadrature est prise, dans ce sens, comme le mesurement de temps qui marque le moment où cet événement devra se produire. A l’origine, c’est le facteur d’une cause ; en application, c’est une indication.

Le Haut Cabbalisme, étant de caractère philosophique plutôt que sçiçntifique, agit de haut en bas, de noumenon au phenomenon, pour employer les termes justes. Les dix sphères Séphirothiques, qui sont des plans de manifestations de l’Absolu, sont aussi (pour notre système Solaire) les sphères d’influences planétaires. Ainsi le Triangle Supernal des Séphiroth, de KETHER, CHOCMAH et BINAH (Pouvoir Inhérent, Force Inhérente et Forme Inhérente) sont en rapport dans notre système solaire 1°) avec le Logos de la planète Saturne, 2°), avec l’Esprit Planétaire de Saturne, et 3°) avec les forces, les rayons, éthéro-physiques venant de cette planète, car toute force agissant sur notre Terre possède son caractère divin, cosmique et terrestre. Comme en haut, ainsi, en bas.

Le deuxième triangle, GHESED (la Charité) est en :rapport avec, la sphère de Jupiter. GEBURAH (Puissance) est en rapport avec la sphère de Mars, et TIPHERETH (la Beauté) est la sphère du Soleil. Nous ne pouvons pas nous arrêter à.démontrer la haute signification du Soleil et de TIPHERETH comme point central de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, point central de la Recherche Mystique, point, central de l’Art et point central de notre système solaire ; nous ne pouvons que le mentionner en passant.

Le troisième triangle. NETZACH (Victoire) est en rapport avec la sphère de Vénus, HJOD (Gloire) est la sphère de Mercure, et IESOD (Fondation) est la sphère de la Lune. Ces trois plans séphirothiques et planétaires sont aussi en rapport avec les Triplicités de Feu, Eau et Air. L’enseignement occulte qui se rapporte au Séphira IESOD, à la Triplicité dAir et aux forces fécondatrices vitales, est extrêmement curieuse et peut résoudre bien des problèmes. Cela aussi dépasse le cadre de notre sujet.

Le dixième Sephira, MALKUTH (Royaume de la Matière) est la sphère de la Terre en rapport avec l’élément de la Terre. Ses rap ports avec l’humanité touchent la question très profonde des Seigneur à la Figure Sombre, et des Maîtres du Désordre. Il y a ici un lien très étroit entre le Haut Cabbalisme, l’Astrologie Internationale, et les événements qui s’annoncent dans l’horoscope de chaque personne née sur cette Terre.

Il est regrettable qu’ici nous ne pouvons pas analyser les rapports entre 1°) les Dix Séphiroth Cabbalistiques ; 2°) la Force Triune et les sept planètes sacrées de l’Astrologie ; 3°) les dix régions du corps humain, suivant la physiologie scientifique et ésotérique. Nous n’avons pas l’opportunité d’expliquer les états pathologiques appartenant à ces régions du corps humain, ni de démontrer les rapports I °) entre Qlippoth (entités néfastes appartenant aux sphères Séphirothiques), 2° les rayons maléfiques des planètes affligées, et 3° les maladies du corps et les maux de l’existence humaine. De même ce serait une étude tout à fait spéciale de démontrer la façon de guérir ces maladies et de dominer ces maux par les moyens astrologiques, hermétiques, ou Cabbalistiques.

Il doit suffire de démontrer, comme nous avons essayé de le faire tout le long du bref exposé de ce sujet, que l’astrologue qui cherche à atteindre les hauts plans de sa science doit connaître non seulement l’Astrologie Esotérique, mais aussi, doit avoir une connaissance, générale de l’Astrologie Occulte et de la Cosmologie Initiatique. De même que le prêtre ou le pasteur ne fait que la moitié de son devoir au baptême sans en approfondir la signification, ainsi, l’astrologue ne fait que la moitié du sien en dressant un horoscope sans donner quelques notions de ce vaste système cosmique et divin.

L’Astrologie est une des Sept Voies qui mène à l’Initiation, mais pour y arriver, il faut nécessairement dépasser le simple travail routinier de l’Astrologie Judiciaire.

Nous Astrologues, nous sommes les héritiers des Mages, il faut en être digne, pour que les temps modernes puissent voir, par les astres, la Puissance et la Gloire de l’Absolu en toutes Ses Manifestations.

séparateur

Notes

Francis Rolt-Wheeler, article : « Les plans supérieurs de l’astrologie », publ. in L’Astrosophie, 6 6 & 7 1-2-3-4 (Février-Juin 1932), pp. 261-265 & 27-30 & 62-65 & 99-101 & 135-137.

► Le prêtre anglais Rolt-Wheeler est le fondateur de L’Astrosophie. Se réclamant de la pratique astrologique du théosophe Alan Leo et à orientation occultiste, on peut trouver dans cette revue un certain nombre d’articles et d’extraits d’auteurs reconnus.