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Connaissance de Soi
Atma-Bodha


AuteursDatesTypeLieuThèmesStatut
ecr. Adi Shankaraecr. IX Littératureecr. IndeAdvaita Vedanta

► Il s'agit d'un texte introductif de l'advaïta védanta qui traite de l'atman. La tradition rapporte que le texte aurait été écrit par Shankara pour son disciple Sanandana.

Traduction 1 : Henry Thomas Colebrooke in Essais sur la Philosophie des Hindous, 1933. La traduction à été restituée en français par Jean-Pierre Guillaume Pauthier.

Traduction 2 : Yogi Ramsuratkumar Bhavan in Quelques œuvres de Sri Shankaracharya.

Traduction 3 : Marc Alain Descamps.

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Traduction 1 : James Taylor

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ATMA-BODHA,
ou LA CONNAISSANCE DE de l’Esprit.
par S’ANKARA-A’TCHA’RYA.

1. Ce traité sur la connaissance de l’Esprit est destiné à ceux qui cherchent la délivrance des naissances mortelles ; qui expient leurs péchés par des austérités rigides ; qui jouissent d’une tranquillité parfaite et dont toutes les passions et tous les désirs sont subjugués.

2. Il n’y a aucun autre moyen (d’obtenir la délivrance complète et finale) que la connaissance : c’est évidemment le seul instrument qui détache les liens des passions ; comme le feu est indispensablement exigé dans la coction (des aliments) ; sans la connaissance, la béatitude ne peut être obtenue.

3. L’action n’étant pas opposée à l’ignorance, elle ne peut l’éloigner ; mais la connaissance dissipe l’ignorance, comme la lumière dissipe les ténèbres.

4. Quand l’ignorance qui naît des affections terrestres est éloignée, l’Esprit, par sa propre splendeur, brille au loin dans un état indivisé, comme le soleil répand sa clarté lorsque le nuage est dispersé.

5. L’âme, qui est couverte de la rouille de l’ignorance, étant purifiée par l’exercice de la raison, la connaissance elle-même disparaît aussi ; comme la semence du Kêtaka purifie l’eau trouble, et disparaît ensuite, en se combinant avec elle.

6. La vie est comme un songe, dans lequel les passions diverses, etc., sont éprouvées ; pendant son existence (ces passions) paraissent être réelles ; mais lorsque la personne endormie se réveille, elle s’aperçoit que toutes choses n’étaient qu’une illusion.

7. Le monde semble réel jusqu’à ce que BRAHMA soit compris, BRAHMA qui demeure dans toutes choses indivisé ; ainsi la perle d’huître semble être de l’argent.

8. Toutes les variétés des êtres dépendent (du véritable Esprit vivant, et sont comprises dans l’Etre éternel et pénétrant tout, comme les différentes espèces d’ornements sont comprises dans l’or.

9. Le directeur des organes des sens, celui qui existe par lui-même, est, comme le firmament, sujet à différents accidents, et, par leurs distinctions, déploie des existences distinctes ; mais quand ces accidents sont détruits, il reste l’Etre Unique.

10. En conséquence de ces accidents, des espèces, des noms et des caractères différents sont attribués à l’Esprit, comme des couleurs et des goûts différents sont attribués à l’eau.

11. Le corps, est composé des parties grossières des cinq éléments ; il est sous l’influence de la destinée, et il est l’habitation du plaisir et de la peine.

12. Le corps subtil (n’est pas formé des matériaux grossiers, mais il est uni avec les cinq esprits de la vie, avec le Sens intérieur (Manas), l’Entendement, et les dix Organes ; et il est l’instrument de la sensation.

13. Ce principe inintelligent, qui est depuis le commencement, qui ne peut se décrire, est appelé l’accident originel ; ce qui est différent de ces trois accidents est nommé Esprit.

14. Occupant les cinq places de la vie, de la passion, etc., le pur Esprit assume leur nature, comme le cristal montre les couleurs des objets qui lui sont appliqués.

15. Après avoir mortifié le corps, qui contient ces cinq places, le pur esprit est discerné par la raison, comme le riz est séparé de la cosse en le battant.

16. L’Esprit éternel et omniprésent ne se manifeste pas lui-même à chaque place ; il est contemplé dans l’entendement, et non dans les objets matériels, comme une image est réfléchie dans un miroir.

17. L’Esprit est distingué du corps, des organes des sens, du sens intérieur et de l’entendement, par les opérations qu’il accomplit. L’Esprit est ce qui contemple les actions de tout, comme un roi contemple les actions de ses sujets.

18. Les hommes ignorants imaginent que l’Esprit est l’agent dans les opérations des organes des sens, etc., comme la lune a les apparences du mouvement, lorsque les nuages passent devant elle.

19. Le corps, les organes des sens, le sens intérieur (manas) et l’entendement, soutenus par l’Esprit vivant, accomplissent leurs diverses fonctions, comme les hommes conduisent leurs affaires, à la lumière du soleil.

20. Les propriétés du corps, des organes des sens et du sens intérieur sont conçues exister dans le vrai Esprit vivant ; comme la lune semble se mouvoir lorsque elle est réfléchie dans les eaux courantes.

21. L’action, etc., qui sont les accidents du sens intérieur, sont attribués par ignorance à l’Esprit ; de la même manière que, par ignorance, une couleur bleue est attribuée aux cieux.

22. L’affection, le désir, le plaisir, la peine, etc., existent dans l’Entendement (.Dans le profond sommeil, et lorsqu’il a cessé, ces impressions ne sont pas éprouvées ; conséquemment elles existent dans l’entendement, et non dans l’Esprit.

23. Comme le soleil est naturellement resplendissant ; l’eau, froide ; et le feu, chaud ; ainsi l’Esprit est, de sa propre essence, véritable, heureux, éternel, et sans souillure.

24. Ayant, par ignorance, attribué tout ensemble l’intellect et l’Entendement à l’Esprit, le peuple commence à dire : Je suis, je connais, etc.

25. Comme l’Esprit est incapable de changement, et que l’intellect n’est pas compris dans l’Entendement, l’âme étant associée avec les principes impurs, elle dit avec ignorance : Je suis~ ; et elle est ainsi séduite.

26. S’imaginant qu’il est l’âme, l’homme devient effrayé comme une personne qui prend par erreur un morceau de corde pour un serpent ; mais sa crainte est éloignée par la perception qu’il n’est pas l’âme, mais l’Esprit universel.

27. L’Esprit fait apparaître l’entendement, les organes des sens, etc., comme une lampe rend les objets visibles ; mais l’Espritn’est pas rendu manifeste par ces natures grossières.

28. L’Esprit, qui est lui-même la vie, n’a pas besoin d’un autre être vivant (pour se rendre sensible), mais il est manifesté par sa propre nature animée ; comme une lampe n’a pas besoin du secours d’une autre pour se rendre visible.

29. Ayant éloigné par cette déclaration : Il n’est pas, Il n’est pas (), tous les accidents qui constituent le monde, l’âme etl’Esprit universel sont, par le moyen des mots célébrés, discernés comme étant Un.

30. Les objets inintelligents, comme le corps, etc., sont d’une nature fugitive et visible, et ils ressemblent aux bulles d’air qui apparaissent sur la surface de l’eau ; mais on est obligé de croire que je suis le BRAHMA non souillé, dont la nature est différente de la leur.

31. Moi (atma ?), qui suis différent du corps, je n’éprouve ni naissance, ni accroissement, ni décadence, ni mort ; et étant dénué d’organes des sens, Je suis indépendant de leurs objets, comme le son, etc.

32. N’ayant point de sens intérieur (manas), je ne ressens point la peine, le désir, l’envie, ni la crainte ; car, instruit par lesVêdas, je connais que je n’ai ni la vie, ni le sens intérieur (manas), mais que je suis un être pur (clair) et transparent.

33. « Par BRAHMA furent produits la vie, le sens intérieur les organes des sens et d’action, l’éther, l’air, le feu, l’eau, la terre, qui composent l’Univers.»

34. Je suis sans qualités ou action ; impérissable, sans volition ; heureux, immuable, sans figure ; éternellement libre et pur (non souillé).

35. Je suis comme l’éther, qui est répandu partout, et qui pénètre en même temps l’extérieur et l’intérieur des choses ; je suis incorruptible, impérissable ; je suis le même dans toutes choses, pur, impassible, non souillé, immuable.

36. « Je suis le grand BRAHMA, qui est éternel, pur, libre, un, incessamment heureux, non deux, existant, percevant, et sans fin. »

37. La conception perpétuelle que Je suis BRAHMA lui-même, éloigne la confusion naissant de l’ignorance ; de la même manière que la maladie est éloignée par la médecine.

38. Celui dont la pensée n’en contemple pas un autre qui se retire dans un endroit inhabité, dont les désirs sont annihilés, et dont les passions sont subjuguées, perçoit que l’Esprit est un et éternel.

39. Un homme d’un bon entendement, doit, sans aucun doute, annihiler tous les objets sensibles dans l’Esprit, et toujours contempler un esprit, qui ressemble au pur espace.

40. Celui qui comprend l’invisible essence, ayant rejeté l’idée de formes et de distinctions, existe dans l’Etre universel, vivant et heureux.

41. Absorbé dans ce grand Esprit il n’observe pas la distinction de percevant, perception, et objets perçus ; il contemple une existence infinie, heureuse, qui est rendue manifeste par sa propre nature.

42. Ainsi, comme le feu est produit par le frottement de deux pièces de bois, ainsi, par la contemplation continuelle del’Esprit, une flamme de connaissance est allumée qui brûle et consume le chaume de l’ignorance.

43. L’obscurité est d’abord dispersée par l’aurore de la connaissance, et alors l’Esprit apparaît, comme le lever du soleil suit l’apparition du jour.

44. L’Esprit existe éternellement, mais, en conséquence de l’ignorance, son existence n’est pas perçue ; lorsque cette ignorance cesse, l’Esprit est discerné, comme un ornement qui a été caché derrière une personne.

45. Comme, par une perception visuelle, indistincte une malle-poste est quelquefois prise pour un homme, ainsi la nature du Djiva, ou âme vivante, est attribuée à l’être ; mais lorsque le principe est compris ou saisi, cette erreur disparaît.

46. Quand la connaissance naît de la perception du premier principe, elle chasse cette ignorance qui dit : Je suis, cela est à moi ; comme l’incertitude concernant le chemin que l’on veut parcourir est levée par l’apparition du soleil.

47. Le Yogî dont l’intellect est parfait, contemple toutes choses comme demeurant en lui-même, et ainsi, par l’œil de la connaissance, il perçoit que toute chose est : Esprit.

48. Il connaît que toutes ces formes corporelles des choses sont Esprit, et que hors de l’Esprit il n’existe rien ; comme diverses espèces de gobelets, etc., sont de la terre ; et ainsi il perçoit que lui-même est toutes choses.

49. L’âme émancipée est cette personne illuminée qui se dépouille de ses premiers accidents et de ses premières qualités, et qui devient identifiée avec l’Etre véritable, vivant, heureux ; de la même manière que la chrysalide devient une abeille.

50. Le Yogî ayant traversé la mer des passions, et anéanti les mauvais esprits : l’Amour, la Haine, etc., est uni avec la Tranquillité et se réjouit dans l’Esprit.

51. Ayant renoncé à ces plaisirs qui naissent des objets externes périssables, et jouissant de délices spirituels, il est calme et serein comme le flambeau sous un éteignoir, et il se réjouit dans sa propre essence.

52. Le Moûni (saint), pendant sa résidence dans le corps, n’est pas affecté par ses propriétés ; comme le firmament n’est pas affecté par ce qui flotte dans son sein ; connaissant toutes choses, il demeure non-concerné, et se meut libre comme le vent.

53. Quand les accidents ( sont détruits, le Moûni et tous les Êtres entrent dans l’Essence qui pénètre tout ; comme l’eau se mêle à l’eau, l’éther à l’éther, le feu au feu, etc.

54. Il est BRAHMA, après la possession duquel il n’y a rien à posséder ; après la jouissance de la félicité duquel il n’y a point de félicité qui puisse être désirée ; et après l’obtention de la connaissance duquel il n’y a point de connaissance qui puisse être obtenue.

55. Il est BRAHMA lequel ayant été vu aucun autre objet n’est contemplé ; avec lequel étant devenu identifié, aucune connaissance n’est éprouvée ; lequel étant ; perçu il n’y a plus rien à percevoir.

56. Il est Brahma, qui est répandu partout, dans tout ; dans l’espace moyen, dans ce qui est au-dessus et dans ce qui est au-dessous ; le vrai, le vivant, l’heureux, sans dualité, indivisible, éternel et un.

57. En outre : Il est BRAHMA, décrit dans le Vêdanta comme l’Etre qui est distinct de ce qu’il pénètre, qui est incorruptible, incessamment heureux et un.

58. Soutenus par une portion de bonheur de l’Etre éternellement heureux, Brahma (virtualité créatrice de BRAHMA) et les autres dieux secondaires peuvent être, par induction, appelés Etres heureux.

59. Toutes choses sont unies en lui, tous les actes dépendent de lui ; c’est pourquoi BRAHMA est répandu en tout, comme le beurre est dispersé dans le lait.

60. Il est surnommé BRAHMA, qui est sans grandeur, inétendu, incréé, incorruptible, sans figure, sans qualités ou caractère.

61. Il est BRAHMA par lequel toutes choses sont éclairées ; dont la lumière fait briller le soleil et tous les corps lumineux, mais qui n’est pas rendu manifeste par leur lumière.

62. Il pénètre lui-même sa propre essence éternelle, et il contemple le monde entier apparaissant comme étant BRAHMA ; de même que le feu pénètre un boulet de fer enflammé se montre aussi lui-même extérieurement.

63. BRAHMA ne ressemble point au monde, et hors BRAHMA il n’y a rien ; tout ce qui semble exister en dehors de lui est une illusion, comme l’apparence de l’eau (le mirage) dans le désert de Maroû.

64. De tout ce qui est vu, de tout ce qui est entendu, rien n’existe que BRAHMA, et, par la connaissance du principe, BRAHMA est contemplé comme l’être véritable, vivant, heureux, sans dualité.

65. L’œil de la connaissance contemple l’Etre véritable, vivant, heureux, pénétrant tout ; mais l’œil de l’ignorance ne le découvre point, ne l’aperçoit point ; comme un homme aveugle ne voit point la lumière.

66. L’âme étant éclairée par la méditation attentive, etc., et brûlant du feu de la connaissance, elle est délivrée de toutes ses impuretés, et brille dans sa propre splendeur, comme l’or qui est purifié dans le feu.

67. Quand le soleil de la connaissance spirituelle se lève dans le ciel du cœur, il chasse les ténèbres, il pénètre tout, embrasse tout, et illumine tout.

68. Celui qui a fait le pèlerinage de son propre esprit, un pèlerinage dans lequel il n’y a rien concernant la situation, la place où le temps, qui est partout ; dans lequel ni le chaud ni le froid ne sont éprouvés, qui accorde une félicité perpétuelle, et unedélivrance de toute peine ; celui-là est sans action ; il connaît toutes choses, et il obtient l’éternelle béatitude.

Traduction 2 : Gaura Krishna

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1. - Je compose l’Atmabodha pour répondre aux besoins de ceux qui se sont purifiés par la pratique des austérités, qui sont paisibles de cœur, libres de passion, et qui recherchent la Libération.

2. - Comme le feu est la cause directe de la cuisson, de même la Connaissance, et nulle autre forme de discipline, est la cause directe de la Libération ; ca la Libération ne peut s’atteindre sans Connaissance.

3. - L’action ne peut détruite l’ignorance, car elle n’est pas en conflit avec l’ignorance. Seule la connaissance détruit l’ignorance, comme la lumière détruit la dense obscurité.

4. - Ce n’est que du fait de l’ignorance que le Soit apparaît comme fini. Lorsque l’ignorance est détruite, le Soi, qui n’admet aucune multiplicité quelle qu’elle soit, Se révèle réellement par Lui-même, comme le soleil lorsque le nuage est enlevé.

5. - Par la pratique répétée, la Connaissance purifie l’âme incarnée tâchée par l’ignorance, puis elle disparaît elle-même, comme la poudre de noix de kataka disparaît après avoir lavée l’eau boueuse.

6. - Le monde, plein d’attachements, de répugnances, et du reste, est comme un rêve : il apparaît réel aussi longtemps que l’on est ignorant, mais il devient irréelle lorsque l’on est éveillé.

7. - Le monde apparaît réel aussi longtemps que le Brahman non-duel, qui est la base de tout, n’est pas connu. Il est comme l’illusion de l’argent dans une coquille d’huître.

8. - Toutes les formes différentes existent dans l’imagination de celui qui perçoit, le substratum étant l’éternel et omnipénétrant Vishnu dont la nature est Existence et Intelligence. Noms et formes sont comme des anneaux et des bracelets, et Vishnu est comme l’or.

9. -Tout comme l’akasha omnipénétrant apparaît être changeant du fait de son association avec différents upadhis qui sont différents l’un de l’autre et devient un à la destruction des upadhis, de même aussi le Seigneur omniprésent apparaît être différent du fait de Son association avec les divers upadhis et devient un à la destruction de ces upadhis.

10. - Du fait de Son association avec différentes upadhis, des idées comme la caste, la couleur et la position sont surimposées à l’Atman, comme la saveur, la couleur etc.. à l’eau.

11. - Le corps grossier, médium par lequel l’Atman fait l’expérience du plaisir et de la peine, est déterminé par l’action passée et formé à partir des mahabhuta (grands éléments) subtils, qui deviennent grossiers lorsque une demi part de chaque élément subtil s’unit au huitième de chacun des quatre autres.

12. - Le corps subtil, instrument de l’expérience de l’Atman, se compose des cinq pranas, des dix organes, du manas et de la buddhi, tous formés à partir des éléments rudimentaires avant leur subdivision et leur combinaison l’un avec les autres.

13. - Avidya, ou nescience, indescriptible et sans commencement, est appelée la cause, qui est un upadhi surimposé à l’Atman. Sache pour certain que l’Atman est autre que les trois upadhis.

14. - Du fait de l’union avec les cinq enveloppes, le pur Atman apparaît être comme elles, comme c’est le cas avec le cristal qui apparaît être doté de couleurs comme le bleu ou le rouge lorsqu’il est en contact avec un tissu bleu ou rouge.

15. - On doit, par la discrimination, séparer le pur et le plus profond Soi des enveloppes dont il est recouvert, comme l’on sépare un grain de riz de la cosse qui le couvre en le tapant avec un pilon.

16. - Bien que l’Atman omnipénétrant ne brille pas en tout, Il ne se manifeste qu’en la buddhi, comme un reflet dans l’eau clair ou dans un miroir sans tain.

17. - Réalise que l’Atman est distinct du corps, des organes des sens, du mental, de la buddhi, et de la Prakriti non différenciée, mais le Témoin de leurs fonctions, comparable à un roi.

18. - Comme la lune semble se mouvoir lorsque les nuages bougent dans le ciel, de même à celui qui ne discrimine pas l’Atman semble actif quand en réalité les sens sont actifs.

19. - Le corps, les sens, le mental et la buddhi s’engagent dans leurs activités respectives avec l’aide de la Conscience qui est inhérente à l’Atman, tout comme les comme travaillent à l’aide de la lumière qui est inhérente au soleil.

20. - Les fous, par la non-discrimination, surimposent à l’Atman sans tâche qui est Existence et Conscience Absolue, les caractéristiques et les fonctions du corps et des sens, tout comme les gens attribuent au ciel des caractères tels que le bleu ou la concavité.

21. - Comme le mouvement qui appartient à l’eau est attribué par l’ignorance, la réflexion de la lune dans l’eau à la lune, de même aussi l’action, la jouissance et autre limitations qui appartiennent au mental son faussement attribuées à l’Atman.

22. - Attachement, désir, plaisir, peine et le reste sont perçus comme exister aussi longtemps que la buddhi ou le mental fonctionne. Ils ne sont pas perçus dans le sommeil profond où le mental cesse d’exister. Aussi appartiennent-ils au seul mental et non à l’Atman.

23. - La nature de l’Atman est Eternité, Pureté, Réalité, Conscience et Béatitude, tout comme la luminosité est la nature du soleil, la fraîcheur celle de l’eau et la chaleur celle du feu.

24. - Une notion telle que "Je sais" est produite par l’union, due à la non discrimination, d’une modification du mental à deux aspects de l’Atman, à savoir l’Existence et la Conscience.

25. - L’Atman ne subit jamais de changement, et la buddhi n’est jamais douée de conscience. Mais l’homme croit que l’Atman est identique à la buddhi et il tombe dans de telles illusions comme celle qu’il est celui qui voit et celui qui sait.

26. - L’Atman qui Se considère comme jiva est dominé par la peur, tout comme l’homme qui considère une corde comme étant un serpent. L’Atman retrouve l’absence de peur en réalisant qu’Elle n’est pas un jiva mais le Paramatman.

27. - Le mental, les organes des sens etc. sont illuminés par le seul Atman, comme une jarre ou un pot par une lampe. Mais ces objets matériels ne peuvent illuminer leur propre Soi.

28. - Comme une lampe allumée n’a pas besoin d’autre lampe pour manifester sa lumière, de même l’Atman étant Conscience même, n’a pas besoin d’un autre instrument de conscience pour S’illuminer.

29. - En niant toutes les upadhis à l’aide de l’affirmation de l’Ecriture : "Pas ceci, pas cela", réalise l’unité du jivatman et du Paramatman au moyen des grands aphorismes védiques.

30. - Le corps, etc., créés par avidya et de la nature d’un objet, sont périssable, comme des bulles. Réalise par la discrimination que tu est le Brahman sans tâche, totalement différent d’eux.

31. - Je suis libre des changements comme la naissance, la minceur, la vieillesse et la mort ; car Je suis autre que le corps, Je ne suis pas attaché aux objets des sens comme le son et le goût ; car Je suis sans organes des sens.

32. - Je suis libre de chagrin, d’attachement, de malice et de peur ; car Je suis différent du mental. "Il est sans prana et sans mental, pur, plus haut que le haut, et impérissable."

33. - "De Cela sont nés prana, mental et tous les organes des sens, l’éther, l’air, la lumière, l’eau et la terre, qui est le support de tout."

34. - Je suis sans attributs ni action, éternel et pur, libre de souillure et de désir, immuable et sans forme, et toujours libre.

35. - Je remplis toutes les choses à l’intérieur et à l’extérieur, comme l’éther. Sans changement et le même en tout, Je suis pur, sans attachement, sans tâche, et immuable.

36. - En vérité je suis ce Suprême Brahman qui est éternel, sans tâche et libre, qui est Un, indivisible et non-duel ; et qui est de la nature du Bonheur, de la Vérité, de la Connaissance et de l’Infinité.

37. - L’impression de "Je suis Brahman", ainsi créée par un réflexion ininterrompue, détruit l’ignorance et ses distractions, comme le médicament rasayana détruit les maladies.

38. - Assis dans un endroit isolé, en libérant le mental des désirs et en contrôlant les sens, médite avec une attention constante sur l’Atman Infini qui est Un sans second.

39. - Le sage doit unir intelligemment la totalité du monde objectif dans le seul Atman et penser constamment à cet Atman comme au ciel sans tâche.

40. - Celui qui a atteint le But Suprême se débarrasse des objets tels que le nom et la forme, et demeure comme l’incarnation de la Conscience et du Bonheur Infinis.

41. - Le Paramatman, du fait qu’Il est de la nature du Bonheur extrême, n’admet pas la distinction entre celui qui connaît, la connaissance et l’objet de la connaissance. Il brille seul.

42. - Par une méditation constante (comparable à la friction du feu de bois) la flamme de la Connaissance est allumée, qui brûle complètement le combustible de l’ignorance.

43. - Comme le soleil apparaît après la destruction de l’obscurité par l’aurore, de même l’Atman apparaît après la destruction de l’ignorance par la connaissance.

44. - Bien que l’Atman soit une réalité toujours présente, pourtant, à cause de l’ignorance, Il n’est pas réalisé. A la destruction de l’ignorance, l’Atman est réalisé. C’est comme le cas de l’ornement sur son cou.

45. - Le Brahman apparaît être un jiva par ignorance, comme la souche d’un arbre apparaît être un homme. Cette jivaïté est détruite lorsque la nature réelle du jiva est réalisée.

46. - La connaissance produite par la réalisation de la véritable nature de la Réalité détruit immédiatement l’ignorance caractérisée par les notions de "Je" et de "mien" comme le soleil l’erreur concernant sa direction.

47. - Le yogi doué d’une illumination complète voit par l’œil de la connaissance l’univers entier comme son propre Soi et regarde tout comme le Soi et rien d’autre.

48. - L’univers tangible est en vérité l’Atman ; quoi que ce soit qui existe n’est autre que l’Atman. Comme le spots et les jarres sont en vérité de l’argile et ne peuvent être autre chose que de l’argile, de même pour l’illuminé tout ce qui est perçu est le Soi.

49. - Un jivanmukta, douté de la Connaissance de Soi, abandonne les caractères de ses précédentes upadhis. Du fait de sa réalisation qu’il est de la nature de l’Existence-Connaissance-Béatitude Absolue, il devient véritablement Brahman, comme le cafard devient un insecte bhramara.

50. - Un yogi qui est un jivanmukta après avoir traversé l’océan de l’illusion et avoir tué les monstres de la passion et de la répulsion, devient uni à la Paix et demeure dans la Béatitude qui vient de la réalisation du seul Soi.

51. - Renonçant à l’attachement au bonheur extérieur illusoire, le jivan-mukta qui demeure dans le Soi, satisfait de la Béatitude qui vient de l’Atman, brille intérieurement comme une lampe placée dans une jarre.

52. -Bien qu’associé aux upadhis, lui, le contemplatif, n’est pas souillé par leurs caractères, comme le soleil, et il demeure toujours le même dans toutes les conditions, comme une personne muette. Comme le vent, il se déplace sans être attaché.

53. - A la destruction des upadhis, lui, le contemplatif, est complètement absorbé en Vishnu, l’Esprit omnipénétrant, comme l’eau dans l’eau, l’espace dans l’espace et la lumière dans la lumière.

54. - Réalise que c’est le Brahman, le but qui ne laisse rien de plus à atteindre, la félicité qui ne laisse aucun bonheur à désirer, et la connaissance qui ne laisse rien de plus à connaître.

55. - Réalise que c’est le Brahman qui, lorsqu’il est vu, ne laisse rien de plus à voir, que lorsqu’on l’a réalisé on ne renaît plus dans le monde du devenir et qui, lorsqu’il est connu, ne laisse rien d’autre à connaître.

56. - Réalise que c’est le Brahman qui est Existence-Connaissance-Béatitude Absolue, qui est non-duel et infini, éternel et Un, et qui emplit tout ce qui existe.

57. - Réalise que c’est le Brahman qui est non duel, indivisible, Un, et heureux, et qui est indiqué par le Vedanta comme le substratum irréductible après la négation de tous les objets tangibles.

58. - Les déités comme Brahma et Indra ne gouttent qu’une particule de la Béatitude infini de Brahman et jouisse, en proportion, de leurs parts de cette particule.

59. - Tous les objets sont pénétrés par Brahman, toutes les actions sont possible à cause de Brahman ; aussi Brahman imprègne-t-il tout, comme le beurre imprègne le lait.

60. - Réalise que c’est le Brahman, qui n’est ni subtil ni grossier, ni court ni long, sans naissance ni changement, sans forme, sans qualités ni couleur.

61. - Réalise que c’est le Brahman par la lumière duquel les sphères lumineuses comme le soleil et la lune sont éclairées, mais qui ne peut être éclairé par leur lumière, et par lequel tout est éclairé.

62. - Le Brahman Suprême pénètre l’univers entier extérieurement et intérieurement et il brille par Lui-même, comme le feu qui pénètre une balle de fer chauffée au rouge à la fois intérieurement et extérieurement et brille par lui-même.

63. - Brahman est autre que l’univers. Il n’existe rien qui ne soit pas Brahman. Si un objet autre que Brahman apparaît exister, il est irréel comme un mirage.

64. - Tout ce qui est perçu, tout ce qui est entendu, est Brahman et rien d’autre. En atteignant la Connaissance de la Réalité, on voit l’univers comme le Brahman non-duel, Existence-Connaissance-Béatitude Absolue.

65. - Bien que l’Atman soit Réalité et Conscience et toujours présent partout, Il n’est pourtant perçu que par l’œil de la Sagesse. Mais celui dont la vision est obscurcie par l’ignorance ne voit pas l’Atman rayonnant, comme l’aveugle ne voit pas le soleil resplendissant.

66. - Le jiva libre d’impuretés, bien chauffé dans le feu de la Connaissance, enflammé par l’écoute etc., brille de lui-même, comme l’or.

67. - L’Atman, qui est le Soleil de la Connaissance, s’élève dans le firmament du cœur et détruit l’obscurité. Celui qui pénètre tout et le Soutien de tout illumine tout ainsi que Lui-même.

68. - Celui qui, renonçant à toutes les activités, adore dans le sanctuaire sacré et sans tâche de l’Atman, , qui est indépendant du temps, de l’endroit et de la distance, qui est présent partout, qui est le destructeur de la chaleur et du froid et des autres opposés, et qui est celui qui donne le bonheur éternel, vient à connaître tout et à pénétrer tout et il atteint désormais l’immortalité.

Traduction 3 : Marc Alain Descamps

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ATMA-BODHA, La Conscience du SOI

1. ATMA-BODHA, Traité de la Conscience du Soi, est composé pour ceux qui, purifiés par les actes d’austérité, sont calmes, libres de désirs, aspirent à la Libération et dignes d’approcher le Soi.

2. La Conscience du Soi est la seule voie de Libération, comme le feu est indispensable pour cuisiner. Sans connaissance, il n’y a pas d’émancipation.

3. L’action ne peut pas détruire l’ignorance, car elle n’est pas son opposée. C’est la connaissance qui détruit varitablement l’ignorance, comme la lumière détruit l’obscurité profonde.

4. L’ignorance nous fait paraître limités, lorsque elle est détruite le Soi, unique, se révèle véritablement par lui-même, comme le soleil lorsque les nuages s’éloignent.

5. La pratique constante de la conscience purifie le Jivatman, entaché d’ignorance qui disparait, comme le fruit du Kataka purifie l’eau.

6. Le monde (samsara) plein de désirs et aversions, est comme un rêve. Il paraît réel dans sa durée mais disparait dès que l’on est réveilllé.

7. Le monde (Jagat) apparait comme réel aussi longtemps que Brahman n’a pas été réalisé comme le support de toute chose, comme la nacre paraît de l’argent.

8. Comme des bulles dans l’eau, les mondes émergent, existent et se dissolvent dans le Soi suprême qui est la cause matérielle et le support de toute chose.

9. Le monde est une projection de l’imagination sur le support qu’est Vishnou, l’Eternel Omnipénétrant, dont la nature est Existence-Conscience, comme des bijoux tous en or.

10. Comme l’espace, Omniprésent, paraît différent selon les divers conditionnements, de même l’Omniprésent paraît multiple avec les divers conditionnements et devient une par leur destruction.

11. Lorsque l’Atman est associé à divers conditionnement se superposent, les castes, couleurs, positions, seulement comme le goût et la couleur à l’eau.

12. Le corps grossier, fait des 5 éléments auto-divisés par 5, et lieu des expériences de souffrance-plaisir, est déterminé par les actions passées (karma).

13. Le corps subtil, autre instrument d’expérience, est fait des 5 pranas, manas, buddhi, des 10 indriyas, combinés avec les grands éléments avant leur division par 5.

14. Le corps causal est sans commencement, inconnaissable, indescriptible. Il faut saisir que l’Atman est autre que ces trois corps.

15. Par identification avec les 5 gaines, l’Immaculé Atman, leur paraît identique, comme un cristal peut prendre la couleur d’un vêtement bleu.

16. Il faut séparer le Pur Atman des gaines par la réflexion logique, comme on sépare le riz de la balle et du son.

17. L’Atman, quoique omnipénétrant, ne brille pas partout, il ne se manifeste que dans la Buddhi, comme un reflet dans un miroir sans tâche.

18. L’Atman est distinct du corps, des sens, de mental et de la buddhi, comme un roi l’est de ses sujets, et il est le témoin du fonctionnement de toute cette matière (praktiti).

19. L’Atman semble être actif quand fonctionnent les organes des sens, comme pour les gens sans discernement la lune semble bouger lorsque courent les nuages.

20. Le corps, les sens, le mental et l’intellect dépendent de l’énergie vitale de la conscience (Atman Chaitanya) pour leurs activités respectives, comme les hommes dépendent de la lumière du soleil.

21. Par manque de discrimination, on surajoute au pur Atman (Sat Chit) les qualités des corps, gunas et karma, comme on attribue au ciel la couleur bleue et ce qui lui ressemble.

22. Les qualités d’agent, qui appartiennent au seul mental, sont attribuées au Soi par ignorance, comme la lune paraît trembler dans l’eau.

23. Attachement, désir, plaisir, douleur sont perçus lorsque le mental ou l’intellect fonctionnent, ils ne le sont pas dans le sommeil profond quand le mental n’existe plus, donc ils ne sont pas de l’Atman.

24. Comme la nature du soleil est luminosité, de l’eau fraîcheur, du feu chaleur, la nature de l’Atman est Réalité, conscience, félicité, éternité et pureté ;

25. Le "je sais" fonctionne sans discriminer la Lumière de la conscience et l’activité de l’intellect.

26. L’Atman ne fait jamais rien, la buddhi ne peut pas expérimenter le "je sais". Notre individualité croit faussement être à la fois celui qui voit et celui qui sait.

27. Celui qui s’identifie à l’égo prend peur comme celui qui prend une corde pour un serpent. Il est sans peur quand il a compris qu’il est le Soi suprême.

28. L’Atman éclaire l’intellect et les organes des sens, comme une lampe des pots car ces objets inertes ne peuvent pas s’éclairer eux-mêmes.

29. Comme une lampe n’a pas besoin d’une autre lampe pour éclairer sa lumière, l’Atman, qui est la connaissance même, n’a besoin d’aucune autre connaissance pour savoir.

30. Les aphorismes védiques sur l’unicité de l’âme individuelle et de l’âme suprême se fondent sur les néti, néti (ni ceci ni cela) des écritures.

31. Les corps, jusqu’au corps causal, sont des objets perçus aussi périssables que des bulles. Réalisez que vous êtes le pur brahman complètement séparé d’eux.

32. Parce que je suis autre que le corps, je ne suis pas soumis à la naissance, au vieillissement, à la sénilité et à la mort. Sans organes des sens, je ne suis pas les perceptions des sons, goûts…

33. Etant autre que le mental, je suis libre de peines, attachements, méchanceté, craintes, etc. "En vérité sans souffle et sans mental, il est pur" dit l’Ecriture.

34. Sans attribut et sans action, éternel (nitya), inaltéré (nirvikalpa), immaculé, sans changement, sans forme, libéré à jamais, pur pour toujours.

35. Comme l’espace, je remplis toute chose au-dedans comme au-dehors. Immuable, toujours pareil, pur, sans lien, immaculé, immobile.

36. En vérité, moi seul suis ce suprême Brahman éternel, pur, libre, un, félicité totale, non-duel et ma nature est réalité, connaissance, infini.

37. La répétition constante de "Je suis Brahman" détruit l’ignorance et l’agitation qui en découle, comme la médecine détruit la maladie.

38. Assis dans un endroit solitaire, libéré de désirs et contrôlant les sens, méditez avec une attention constante sur le Soi unique et sans limitation.

39. Par sa vision, le sage devrait totalement immerger dans l’Atman la totalité du monde des objets et penser constamment au Soi, comme au ciel immaculé.

40. Après avoir rejeté toute forme, couleur … celui qui a réalisé l’Absolu demeure dans sa commune incarnation de la Conscience et de la Béatitude infinies.

41. Dans le Soi suprême s’unifient "celui qui connait", la connaissance et l’objet connu, par sa nature de connaissance et de félicité, il brille par lui-même.

42. Comme le feu dans le creuset de la contemplation intérieure jaillit la flamme de la connaissance qui réduit en cendres notre ignorance.

43. Comme le dieu de l’aurore (Aruna) a déjà détruit l’obscurité universelle avant que le soleil se lève, de même pour le Soi.

44. L’Atman est une réalité omni-présente, l’ignorance empêche de le réaliser, à la disparition de l’ignorance c’est comme le collier, que l’on croyait perdu et qui était autour du cou.

45. Comme un poteau pris pour pour un homme, ainsi par erreur le Brahman est pris pour l’individu (jiva). A la réalisation du jiva comme étant le Soi, l’égo est dissous.

46. En expérimentant la nature véritable du soi par la prise de conscience, l’igorance de dire "je et mon" est détruite, comme une erreur de direction.

47. Le Yogi totalement réalisé voit par son "œil-de-sagesse" l’univers entier à l’intérieur de son propre Soi et considère tout comme son propre Soi.

48. L’univers entier est l’Atman, il n’y a rien en dehors de lui, l’âme éclairée le voit comme elle voit la même argile dans tous les pots et cruches …

49. L’homme véritablement libéré abandonne ses convictions antérieures et retrouve sa nature de Sat-Chit-Ananda, comme la nymphe redevient une abeille.

50. Après avoir traversé l’océan des illusions et tué les monstres du désir-répulsion, le Yogi, uni à la paix, brille de sa propre lumière et repose en lui-même (Atmaram).

51. Après avoir renoncé aux attachements du monde extérieur, satisfait de sa félicité intérieure, il rayonne comme une lampe placée à l’intérieur d’un vase.

52. Bien qu’associé aux enveloppes (upadhis) le contemplatif qui sait, sans attachement est libre de tout lien comme le vent dans l’espace.

53. Lors de la destruction des upadhis, le contemplatif est totalement absorbé dans l’esprit omni-pénétrant (Vishnou), comme l’eau dans l’eau, l’espace dans l’espace, la lumière dans la lumière.

54. Une fois réalisé que cela est Brahman, il n’y a rien d’autre à atteindre, pas d’autre béatitude que la béatitude, pas d’autre connaissance que la connaissance.

55. Ainsi réalisez que Cela est Brahman, alors ceci vu, rien d’autre à voir, devenu ceci plus d’autre réincarnation, ceci connu rien d’autre à connaître.

56. Réalisez que Cela est Brahman, Sat-Chit-Ananda, Absolu, non-duel, Infini, Eternel, Unique, remplissant tout chose en dessus, en dessous et sur les cotés.

57. Réalisez que cela est Brahman, Non-duel, indivisible, Unique, Bienheureux, comme indiqué par le Védanta à l’aide du processus de négation.

58. Brahma et les autres dieux ne goûtent qu’une parcelle de Brahman, dont la nature est la béatitude illimitée, ils n’ont qu’une félicité proportionnelle.

59. Tous les objets sont pénétrés par Brahman, toutes les actions ne sont possibles que par Lui, il imprègne tout comme le beurre dans le lait.

60. Réalisez que cela est Brahman, ni subtil ni grossier, ni court ni long, sans naissance ni changement, sans forme, qualité (guna), couleur et nom.

61. Cela, par la Lumière de qui sont éclairés le soleil et la lune, et par qui seul tout cet univers brille, réalisez que c’est Brahman.

62. Habitant l’univers entier au dedans et au dehors, le Suprême brahman brille par lui-même, comme le feu imprègne le fer chauffé au rouge et le rend incandescent.

63. Brahman est autre que l’univers, mais il n’existe rien qui soit autre que Brahman, si quelque chose le paraît c’est une illusion et un mirage.

64. Tout ce qui est perçu et entendu est Brahman et rien d’autre. Accédant à la connaissance de la Réalité, on voit ce Brahman non-duel, Sat-Chit-Ananda.

65. L’Atman, pure Conscience, qui est partout présent, n’est perçu que par le seul œil-de-sagesse, celui dont la vision est obscurcie par l’ignorance ne le voit pas, comme l’aveugle ne voit pas le brillant soleil.

66. Le Jiva libre de toute impureté, chauffé au feu de la connaissance, embrasé par l’audition des Ecritures, brille de lui-même comme l’or.

67. L’Atman, soleil de la connaissance, qui se lève au ciel du cœur, dissipe l’obscurité de l’ignorance, pénètre et soutient tout, brille et fait tout briller.

68. Celui qui, renonçant à toute activité, adore son propre Atman, libre de toute limitation de direction, temps et espace, présent partout, détruisant le froid et le chaud, Béatitude éternelle et sans tâche, celui-là devient Omni-connaissant, Omni-pénétrant, Immortel.