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Divertissements de la culture populaire

Jeux de société

Jeu de l’oie (Le), fabr. ? Florence (Italie), fabr. XVI.

► Le Jeu de l’échelle {Moksha Patam} d’origine hindoue, est probablement le prototype du Jeu de l'Oie. Son symbolisme est l’intrication de karma et kama ainsi que l’atteinte de la moksha. La première trace historique qu’on en ait est le don de ce jeu de François Ier de Médicis à Philippe II d’Espagne ce qui explique pourquoi on le considère d’origine florentine.

► La règle de base demeure toujours la même : on déplace son pion à l’aide de dés. Si on tombe sur une case d’oie située toutes les neuf cases, on rejoue. Concernant les autres cases on suit les instructions dans la notice consistant principalement à des renvoie à des autres cases, a passer son tour ou à gérer une case "prison". A noter qu’il faut tomber pile sur la case numéro 63, dernière du plateau et but du jeu, sans cela le pion doit reculer d’autant de fois que le dé excède le nombre juste.

► Au fil du temps, un nombre considérable d’éditions ont vu le jour, faisant varier le tracé, le thème ou les cases de bien des manières. La première édition française est imprimée à Lyon vers 1600. A noter que le jeu fait renvoyer à la case 30 lorsque l’on tombe sur la 42 alors que dans le reste de l’Europe on doit retourner à la 39. Cette erreur de transcription restera jusque dans les versions françaises modernes.

◆ A l’instar de la Marelle avec qui il partage l’un des tracés en spirale, on voit dans le parcours du Jeu de l’Oie un chemin initiatique voir alchimique. Ces déductions sont faites en utilisant la langue des oiseaux et en rapprochant le pied palmé de la coquille Saint-Jacques, raison pour lequel on lie ce jeu au compagnonnage. On a aussi rapproché les cases du jeu de l’iconographie du Tarot.

Illustration : photographie en ligne du Jeu de l’oie, XVI, Musée d’Art Métropolitain (New York, États-Unis d’Amérique). Lien vers l’œuvre

Illustration : photographie en ligne du Jeu de l’oie, 1550 1600, Musée britannique (Londres, Angleterre). Lien vers l’œuvre

Illustration : photographie en ligne du Jeu de l’oie, 1550 1600, Musée britannique (Londres, Angleterre). Lien vers l’œuvre

Illustration : photographie en ligne du Jeu de l’oie, XVII, Collezione A. Seville via Giochi dell’Oca e di percorso. Lien vers l’œuvre

Le site Giochi dell’Oca e di percorso contient une très large base de donnée regroupant les divers jeu de l’oie édités.

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Marelle (La), fabr. ? Angleterre ou Italie, fabr. antiquité.

► Ce jeu très ancien se pratique depuis longtemps : on retrouve des tracés encore intacts de marelle jusque dans l’antiquité. On a proposé une origine religieuse ou militaire à la marelle, ce qui pourrait expliquer que le jeu ce soit aussi bien exporté car on y joue jusqu’en Asie. Jusqu’au XIX la marelle n’était pas jouée que par les enfants mais aussi par les adultes.

◆ Le mot "Marr" existe déjà au XII pour désigner une pierre, après diverses transformations au XIV on trouve "Marrele" qui désigne le palais lui-même. Le nom du jeu désigne donc le jeton et non le tracé au sol.

► Les règles les plus communes sont les suivantes : le jeu se joue à cloche pied. On doit jeter ou pousser un palais dans les cases pour avoir le droit d’avancer, ceci afin d’aller vers le sommet ou le centre de la figure tracée au sol. Divers interdictions et règles peuvent alors s’ajouter : ne pas toucher les lignes ou sortir de la figure, ne pas sauter de cases, ne pas tomber sur la case de l’enfer, sur la case contenant le palais ou sur une case réservée par un autre joueur, aller simplement au sommet ou faire l’aller-retour, pousser le palais avec le pied ou avec la main…

► Selon les lieux et les époques, le nom bien sur, mais aussi le plan du jeu diffère et beaucoup de variantes plus ou moins complexes sont répertoriées. Les formes les plus communes sont la croix, le colimaçon et le carré agrémentés de trois cases : la terre, l’enfer et le ciel. Sa forme peut rappeler dans le premier cas le plan simplifié d’une cathédrale, dans le second le Jeu de l’Oie et enfin dans le dernier un labyrinthe.

► Les deux variantes les plus connues sont de modifier les cases principales. Dans le premier cas on introduit un cercle divisé en six ou huit quartiers et un rond central à la place du paradis et dans le second un rectangle divisé en quatre triangles à la place de l’enfer ou de la terre, dans ce cas la case peut se nommer "bouillon". On trouve enfin, une case supplémentaire le "reposoir" où l’on peut poser ses deux pieds à terre, mais la fonction de cette case est parfois tenue par le "paradis".

◆ On a donné plusieurs explications symboliques au jeu et à ses caractéristiques. Montée de l’âme au ciel après sa mort, incarnation de cette dernière, cosmogénèse (où le tracé représente le cosmos et l’Homme) ou encore processus alchimique (en faisant alors un rapprochement avec le Chemin de Compostelle). Le palais représente la conscience tandis que le fait de se déplacer à cloche-pied et de stationner avec les deux est un symbolisme d’unité et de dualité ou encore de l’individu non initié et initié.

◆ Il ne faut pas confondre ce jeu avec un jeu homonyme très populaire au moyen-âge tardif plus connu sous le nom de "jeu du moulin" qui se pratiquait déjà en Égypte antique et dont le but est d’aligner des pions.

Illustrations : canevas en ligne du jeu de la Marelle modifiés par ORAEDES.

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Comptines

► C’est à l’aide de la langue des oiseaux que certains voient dans ces comptines françaises du XVIII un sens initiatique voir théosophique ou bien alchimique. D’une manière plus générale, le procédé d’interprétation demeure le même que pour les jeux de société ou les contes 👁.

► Si Frère Jacques (Recueil de Timbres de Vaudevilles, 1780) et Au Clair de la lune ( 1790) sont de la fin du siècle, Une souris verte se situe plutôt au début. D’une datation plus difficile, À la claire fontaine est au moins du XVII mais remonte peut-être à la poésie courtoise.

► Une version plus ancienne d’Au Clair de la lune utilise le mot "lume" plutôt que "plume". A cette époque l’expression "battre me briquet" avait un sens libertin et on connaissait cette comptine sous le nom de La Rémouleuse.

► Dans Au Clair de la lune, les protagonistes sont Pierrot, Lubin et une brune, soit Pedrolino, Arlecchino et Columbina de la Commedia dell’arte. Manquant de source on ignore si ils étaient dans la comptine d’origine ou si ils y furent greffés après.

Frère Jacques aura eu un tel succès qu’il existe en fonction du pays où elle est reprise, un grand nombre de variantes modifiant le nom du protagoniste (Jakob en Allemagne, Martino en Italie et John en Angleterre par exemple).

Textes : Au clair de la lune, À la claire fontaine, Une souris verte, Frère Jacques, 2015, ORAEDES.

Au clair de la lune Œuvre sur Wikisource

Au clair de la lune,
Mon ami Pierrot,
Prête-moi ta plume
Pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte,
Je n’ai plus de feu ;
Ouvre-moi ta porte,
Pour l’amour de Dieu.

Au clair de la lune,
Pierrot répondit :
"Je n’ai pas de plume,
Je suis dans mon lit.
Va chez la voisine,
Je crois qu’elle y est,
Car dans sa cuisine,
On bat le briquet."

Au clair de la lune,
L’aimable Lubin,
Frappe chez la brune,
Elle répond soudain :
"Qui frappe de la sorte ?"
Il dit à son tour :
"Ouvrez votre porte
Pour le dieu d’amour !"

Au clair de la lune,
On n’y voit qu’un peu.
On chercha la plume,
On chercha le feu.
En cherchant d’la sorte,
Je n’sais c’qu’on trouva ;
Mais je sais qu’la porte,
Sur eux se ferma !

Au clair de la lune,
Pierrot se rendort.
Il rêve à la lune,
Son cœur bat bien fort,
Car toujours si bonne
Pour l’enfant tout blanc,
La lune lui donne
Son croissant d’argent.

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À la claire fontaine Œuvre sur Wikisource

À la claire fontaine
M’en allant promener,
J’ai trouvé l’eau si belle
Que je m’y suis baignée.
Il y a longtemps que je t’aime jamais je ne t’oublierai

Sous les feuilles d’un chêne
Je me suis fait sécher,
Sur la plus haute branche
Un rossignol chantait !
Il y a longtemps que je t’aime jamais je ne t’oublierai

Chante, rossignol, chante
Toi qui as le cœur gai,
Tu as le cœur à rire
Moi, je l’ai à pleurer !
Il y a longtemps que je t’aime jamais je ne t’oublierai

J’ai perdu mon ami
Sans l’avoir mérité,
Pour un bouton de rose
Que je lui refusai…
Il y a longtemps que je t’aime jamais je ne t’oublierai

Je voudrais que la rose
Fût encore au rosier,
Et que mon doux ami
Fût encore à m’aimer !

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Frère Jacques Œuvre sur Wikisource

Frère Jacques, frère Jacques,
Dormez-vous ? Dormez-vous ?
Sonnez les matines ! Sonnez les matines !
Ding, ding, dong. Ding, ding, dong.

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Souris verte (Une)

Une souris verte
Qui courait dans l’herbe
Je l’attrape par la queue,
Je la montre à ces messieurs

Ces messieurs me disent :
Trempez-la dans l’huile,
Trempez-la dans l’eau,
Ça fera un escargot
Tout chaud.

Je la mets dans un tiroir
Elle me dit qu’il fait trop noir
Je la mets dans mon chapeau,
Elle me dit qu’il fait trop chaud
Je la mets dans ma culotte,
Elle me fait trois petites crottes.