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Peintures hermétiques

L’enseignement Cabbalistique, Johann Gruber Antonia de Wurtemberg, 1659 1663 (Allemagne).

► Le triptyque fut commandé par la pieuse et érudite princesse Antonia de Wurtemberg (sœur d’Eberhard III, Duc de Württemberg) qui fut versée en hébreu ainsi qu’en kabbale et qui était une amie de Philipp Spener.

► L’œuvre, qui a été formulée comme une peinture pédagogique (lehrtafel) présente des éléments de l’Ancien et du Nouveau Testament, des notions de kabbale hébraïque et chrétienne. On y décèle en outre une influence piétiste ainsi que maçonnique/rosicrucienne. Elle montre dans sa partie centrale, une composition typiquement hermétique où se mêle des représentations de l’Homme et de l’univers, à la fois dans leur idéalité mais aussi dans leurs articulations sotériologiques. Beaucoup considèrent que cette œuvre théosophique, avec la Vierge Alchimique, est le sommet de la peinture hermétique occidentale. Œtinger à commenté le tableau en 1763 dans son Die Lehrtafel der Prinzessin Antonia.

► Antonia est vraisemblablement représentée à deux reprises : recevant la couronne du Christ sur les volets et en Vierge de l’Apocalypse au centre de la composition du panneau principal. Certains commentateurs supposent en outre que la représentation d’Isaïe (appuyé contre le pilier extrême droit de l’édifice) serait figurée sous les traits d’Andreæ.

■ Les images sont une compilation de plusieurs sources PSI, c’est-à-dire de photographies et d’impressions de photographies de qualité variable, ce qui est explique la résolution protéiforme des images, en particulier concernant le panneau central.

Illustrations : arrangement numérique de L’enseignement Cabbalistique (ORAEDES) in Église de la Trinité de Bad Teinach (Allemagne), 1663.

Site personnel (anglais) entièrement dédié à l’œuvre.

La majorité des études intéressantes sont en allemand. Si notre aimable lecteur est germanophone et s’il désire de plus amples renseignements, qu’il veuille bien consulter la monographie de 1996 d’Otto Betz : Introduction au symbolisme kabbalistico-rosicrucien du tableau pédagogique de la princesse Antonia {Einführung in die kabbalistisch-rosenkreuzerische Symbolwelt der Lehrtafel der Prinzessin Antonia}. De ce travail nous avons reporté le plan de l’œuvre disponible en document annexe avec le tableau central.

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La Vierge Alchimique, Anonyme, ? 1624 (France).

► L’œuvre allégorique, originellement conservée par les jésuites, est sortie de l’anonymat par Oswald Wirth qui la signale présente dans l’Eglise Saint-Maurice de Reims et la décrit dans son Symbolisme hermétique en 1909. Le symbolisme touffu du tableau à été interprété de différentes façons, même si la lecture alchimique est la plus répandue.

■ On a donné différentes traductions à la phrase inscrite en grec comme : Vierge, j’ai enfanté un enfant n’ayant pas de parents ou Vierge étant j’ai enfanté : un enfant n’ayant pas de géniteurs. Nonobstant, puisque la phrase est en grec on devrait néanmoins considérer le ";" point-virgule (erotimatikó) {ερωτηματικό} comme un point d’interrogation. Dans ce contexte l’auteur aurait en effet plutôt utilisé le "·" point médian (áno teleía) {άνω τελεία} pour signifier un ";" ou un ":" en français. Ainsi, une traduction possible serait Ai-je enfanté étant vierge ? Enfant n’ayant pas de parents.

Outre Wirth, 𝕍 d’abord Présentation de la Vierge alchimique, tableau du musée des Beaux-Arts de Reims (XVIIIème siècle) in La Bible, images, mythes et traditions, 1995, Antoine Faivre.