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Aphorismes Basiliens
Aphorismi Basiliani


AuteursDatesTypeLieuThèmes
Nicolaus Niger Hapelius [Raphael Eglinus Iconius]publ. 1608Littératurepubl. Marbourg (Allemagne)Hermétisme

► Caillet, ref.340 : Très rare. Lumineux compendium d’alchimie tiré à soixante-douze exemplaires numérotés. Indispensable à tout occultiste arrivé à un certain degré d’initiation. Il réserve d’agréables moments à qui en connaît la clef ésotérique. Cette œuvre est attribuée à un moine du XVIème.

► Le titre complet est : Aphorismes Basiliens, ou Canons hermétiques de l’esprit et de l’âme comme aussi du corps mitoyen du grand et petit monde.

■ C’est en 1661 que le texte sera édité en ancien français en addition au recueil des œuvres de Gabriel de Castaigne. C’est sur cette version que nous basons notre mise en page.

Texte et traduction : de l’ancien français au français moderne, Grillot de Givry, XIX.

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I.
Hermès Trismégiste a mérité d’être appelé le Père des Philosophes pour avoir recherché les trois règnes minéral, végétal et animal et la triple subsistance d’iceux en une essence créée, dans laquelle il a reconnu toute la force et vertu de la nature végétale, animale et minérale.

2. En la nature du mercure volant comme neige, blanc et coagulé, se trouve une vertu végétante qui n’est pas commune : lequel mercure est un certain Esprit tant du grand que du petit monde. Et c’est de ce mercure que dépend et provient le mouvement et flux de la nature humaine, selon l’Ame raisonnable.

3. Quand à la vertu animante, ce n’est autre chose qu’un milieu entre l’Esprit et le corps, puisque cette vertu, étant comme la glu du monde, est le lien de ces deux. Lequel lien consiste au soufre qui est en manière d’une huile rouge transparente comme le soleil au grand monde et comme le cœur de l’homme au petit monde.

4. En fin, la minéralité est douée comme d’un corps qui est semblable au sel. Ce corps est d’une vertu et d’une odeur admirable ; et lors que le sel sera séparé des immondices de la Terre, il ne sera différent du mercure que par l’épaisseur et consistance du corps.

5. Ces trois substances considérées en une essence créée, constituent et établissent le limbe du grand et du petit monde, duquel limbe le premier homme a été formé, lorsqu’il fut fait de la poudre de la terre. Auquel arriva l’Ame raisonnable microcosmique immortelle, inspirée immédiatement de Dieu. Et laquelle, à la façon d’une Reine, est la cause motrice et directrice de toutes les fonctions qui sont en l’homme.

6. Au reste, tout ainsi que la vertu de notre corps et qu’aussi notre vie est entière, par les quatre éléments et par l’assemblage ou coagulation de la poussière de la terre, si l’Esprit mercuriel comme humide radical, et l’Ame sulfurée comme chaleur naturelle conspirent et s’assemblent aimablement en un avec la consistance et épaisseur du sel qui est le préservateur de toute pourriture, de même est-il nécessaire que l’Ame immortelle soit séparée du corps qui a été formé de l’assemblage de la poussière de la Terre. Que s’il arrive quelque défaut en l’un des trois principes ou en plusieurs d’iceux lors la mort de tous s’en ensuit, mais si le défaut ne se retrouve qu’en une partie de quelque principe, la maladie en sera seulement causée. Ce que l’on peut voir surtout en l’Anatomie de sept principaux membres.

7. Il n’y a rien qui puisse mieux remédier au triple défaut de ces principes que la masse de ce limbe duquel l’homme a été fait, laquelle masse a été assemblée par les trois principes en une substance, qui peut augmenter, conserver et maintenir toutes les forces et vertus de la nature, pourvu qu’elle soit dûment convertie et amenée en un corps Astral fixe.

8. D’où l’on reconnaît que le Baume du sujet hermétique a une étroite harmonie et convenance avec le corps humain. C’est ce qui a fait à bon droit assurer à ce Prince des Physiciens Allemand, Philippe de Hohenheim, Paracelse, au livre de la pierre physique, intitulé le manuel, que le microcosme qui est situé au limbe et formé de la poussière de la terre, peut être amené et conservé en santé par sa médecine comme par son semblable, non par opinion, mais vraiment et proprement. On peut dire la même chose avec vérité de cette notre médecine.

9. Or nous devons considérer d’avantage ces choses, et ce d’autant plus que la médecine vulgaire est faible et débile pour conserver et maintenir radicalement les trois principes du Microcosme et l’harmonie d’iceux, car ce n’est que par accident qu’elle semble vaquer à ces trois principes, puisqu’elle est presque toute occupée aux quatre humeurs.

10. Mais la médecine minérale chimique extraite des minéraux et métaux est rarement préparée et administrée comme il faut. C’est pourquoi Paracelse au même livre préfère sa médecine à tout autre. Il ne nie pas toutefois qu’il n’y ait de grands secrets dans les autres choses minérales, mais il dit que l’opération en est longue et laborieuse, et que l’usage n’en peut pas être facilement n’y dûment mis en pratique, principalement par les ignorants, lesquels se servant de ces médecines minérales causent plus de mal que de bien.

11. Cherchons donc le limbe de notre Microcosme dans lequel microcosme est situé ce limbe, cherchons dis-je ce globe visqueux de la terre, composé de mercure, de sel et de soufre. Lequel, selon Geber, peut être également appelée humidité visqueuse de l’humidité, parce qu’il provient d’une certaine substance humide.

12. Car tout ainsi que le monde, encore qu’il soit créé de rien, doit toutefois son origine à l’Eau, sur laquelle l’esprit du Seigneur était porté, et de laquelle toutes choses proviennent, tant les célestes que les terrestres. De même aussi, ce limbe procède d’une eau qui n’est pas vulgaire, et qui n’est pas ni la rosée céleste, ni un air condensé es cavernes de la terre, ou en un récipient, ni une eau provenant de l’Abyme de la mer et puisée des fontaines, des puits ou des rivières. Mais c’est une eau qui prend sa source d’une certaine eau qui a pâti et souffert et qui est devant les yeux de tout le monde, connue néanmoins de peu de gens. Laquelle eau a en soi toutes les choses qui lui sont nécessaires pour l’accomplissement de tout l’œuvre ; en lui ôtant tout son extérieur.

13. Or, cette Nature est moyenne entre le grand et petit monde. Elle se trouve partout, elle est chez le pauvre comme chez le riche, ainsi que tous les Philosophes nous assurent. On la jette dans les rues là où on la foule aux pieds, quoi qu’elle soit la source et fontaine de tant d’opérations merveilleuses, d’où il nous convient rétablir ces trois principes du corps.

14. Cette matière étant résolue en son eau propre (car toute génération vient de l’eau) doit être circulée par les quatre Eléments, jusqu’à ce qu’elle parvienne à une autre nature Astrale fixe, en l’œuf Philosophique, lequel est ainsi appelé par la chaleur de la poule qui couve incessamment ses œufs, autrement toute espérance de génération périrait.

15. Ainsi le petit oiseau animal d’Hermès étant enfermé dans son cachot, qui est le fourneau, doit être excité par la chaleur de notre feu vaporeux, continué par degrés jusqu’à ce qu’il soit éclot de soi-même, et qu’il soit capable, par son enfantement de guérir chacun.

16. Or, tout ainsi qu’en la préparation des trois principes de cette eau qui a souffert, nous n’ajoutons rien à sa matière substantielle, ni nous n’ôtons rien aux trois propriétés qui subsistent en icelle eau. Mais nous rejetons seulement en sa préparation les superfluités, c’est à dire les hétérogénéités ou la terre morte et l’eau insipide. De même nous commençons notre œuvre hermétique par la conjonction des trois principes préparés sous une certaine proportion, laquelle consiste au poids du corps, qui doit égaler l’esprit et l’âme presque de sa moitié.

17. Après, nous gouvernons le tout par une continuelle fermentation, afin que la nature, agente intérieure, ne retarde point son action, ni ne souffre aucun excès. Faites donc un doux feux au commencement, qui sois, premièrement, quasi de quatre gouttes ou filets jusqu’à ce que la matière noircisse. Puis l’ajoutez en telle sorte qu’il soit quasi de quatorze filets, tant que la matière se lave, et que l’Iris qui apparaît de finisse en couleur grise. Lors, poussez-le presque à vingt-quatre filets, jusqu’à une parfaite blancheur, surpassant celle de la Neige, fluente et fixe, laquelle est la lune du Microcosme.

18. Si vous désirez parvenir à la rougeur parfaite, vous continuerez le feu par soixante et dix jours, jusqu’à ce que la pierre soit changée en un rubis transparent, lourd et pesant, lequel est vraiment le Soleil du Microcosme, que vous pourrez augmenter comme vous l’avez commencé. Un grain d’icelui est égal en puissance à six mille grains, et par tant on en doit administrer en très petite dose.

Racine de l’Elixir

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Il y a en icelui une vigueur éthérienne et une image céleste.
D’où nous flue et découle cette Médecine de Dieu.

R.     E.

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