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Le Grand Miracle de Nature Metallique


AuteursDatesTypeLieuThèmes
Gabriel de Castaignepubl. 1615Littératurepubl. Paris (France)Alchimie

► La plus célèbre des quatre œuvres écrites par celui qui fut nommé aumônier de Louis XIII par Marie de Médicis. Le franciscain à également écrit précédemment des ouvrages principalement consacrés à la spagyrie : L’or potable (1611) tout d’abord, puis Le paradis terrestre (1613). Il traduisit aussi de l’italien Le trésor philosophique de la médecine métallique. Vous pouvez par ailleurs consulter ces œuvres dans un recueil de 1661 sur le serveur de la BIUS. Lien vers l’œuvre

■ La transcription du texte que nous avons obtenu comportait certaines erreurs et omissions que nous avons corrigé, nous n’excluons pas que d’autres coquilles s’y soient glissées.

Texte : én. de Le grand miracle de nature metallique, 1615. | bs. Institut de Recherche Getty (Los Angeles, États-Unis d’Amérique). Lien vers l’œuvre sur Internet Archive

Traduction : de l’ancien français au français moderne, UBI,

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AVERTISSEMENT AUX LECTEURS.

Mais aussi que dirons-nous de ce Grand Docteur Angélique Saint Thomas d’Aquin, de l’Ordre des vénérables Pères Prêcheurs, qui lui-même faisait cette Sainte œuvre de l’or Potable. Et moi-même ai entre mes mains son original écrit de sa propre main en latin, & se commence. Sicut lilium inter spinas. Et s’il en secourait les malades en faisant les Saintes œuvres de miséricorde. Ne serait-il pas repris par aucuns envieux Médecins de ce temps ici ? Oui : Mais il leur dirait Canto dinafo. Et du même en seraient à ce grand & célèbre Docteur Raymond Lulle, au grand Philosophe Arnauld de Villeneuve. Au Comte Trévisan & à son semblable de la Roche taillée. Et au grand Roger Baccon, & à Paracelse admirable Médecin, comme est aussi le très savant Monsieur Mazuier, l’un des Conseillers & Médecin ordinaire de Monseigneur le Prince, qui à ma présence après l’avoir ouï disputer très doctement, le reçut pour tel. Comme fit aussi le Roi, quand il reçut pour son Conseiller & Médecin ordinaire le célèbre Philosophe, Monsieur Maître Eglissem, qui lui fit de l’or potable avec Monsieur de Verville aussi célèbre Médecin en ma présence au Louvre l’a où sont les lires en chaînés. Mais les susdits envieux n’ont eu de quoi attaquer tels admirables & savants personnages. Qu’ils aillent hardiment voir l’or Potable dudit sieur Mazuier Médecin de mon dit Seigneur le Prince, & verront chose très rare & admirable. Voire même le sieur Jacques Bedene Distillateur de mon dit Seigneur le Prince, qui est l’un des experts personnage pour le siècle qui soit en tout le monde : car toutes essences très précieuses qu’on ne saurait jamais désirer & tous baumes & eaux cordiales de toutes sortes. Il les à & en fait tous les jours, & du même a fait à ma présence dans une heure, du meilleur or Potable qui soit en tout le monde, avec lequel j’ai guéri diverses maladies incurables. Faisons bien, continuons, & leur laissons dire : car notre franc arbitre que Dieu nous a donné, non est jub potestate pretensorum quarti ordinis medicorum, mais sous la notre comme dit l’écriture Sainte au Genèse. Subte : Subte : Subte : erit appetitus tuus, sous ta puissance & ton pouvoir sera ton franc arbitre hardiment les minéraux & végétaux qui te pourrait servir pour ta santé. Je t’en fais le Maître. Ideo qui potest Capere capiat. Comme j’ai mis dans mes deux livres intitulés, l’un l’Or Potable & l’autre le Paradis Terrestre sur tel sujet.

De Castagna Prothomedicus

GRAND MERVEILLE DE nature que en imitant icelle & la réduisant en sa première matière comme dit le sage & très docte Philosophe Aristote vous les pouvez alors transmuer en fin or & fin argent par le moyen des très nobles & plus parfaits métaux qui sont or & l’argent en les réduisant en mercure courant duquel seul l’on en peut faire tout ce qui est dit.
Or voici le moyen.

Premièrement pour convertir l’argent fin en mercure courant.
PRenez une livre d’icelui en chaux & la pillez fort dans un mortier de marbre & la imbibez fort avec huile de tartre puis la desséchez & derechef la imbibez & pillez fort & desséchez au soleil ou bien a semblable chaleur & faite ceci jusque que la chaux de lune aie bu six onces d’huile de tartre. Alors la mettrez en un matras à long col avec de l’eau qui s’ensuit qui surnage deux doigts & la tenez au fourneau à petite chaleur jusque que la verrez dissoudre & quand ne bouillira plus laissez refroidir. Alors mettez tout dans un Alambic avec son récipient & distillez par degrés jusque qu’aies reçu toute l’eau puis augmentez le feu jusque que la matière soit bien desséchée alors étant froid la mettre en poudre impalpable. Alors le mettez dans un fort vaisseau de verre avec d’eau bouillante & remuez fort avec un bâton de bois tant qu’elle toit épaisse comme moutarde & continuerez alors d’y mettre d’autre eau bouillante jusqu’à ce que le tout sera converti en mercure coulant très beau & reluisant que passerez par un linge & sera net comme une perle.

L’huile de tartre se fait ainsi.
Prenez dix livre du beau & gros tartre de Montpellier & le mettez dans un pot de terre non verni au feu de réverbération comme est la verrerie par dix heures & sera blanc calciné alors le mettez en humide & aurez bonne huile

L’eau dissolvante susdite.
Prenez vitriol une livre sel nitre une livre, cinabre trois onces, pillez fort le tout ensemble distillez en cornue de grès & aurez votre eau.

Pour convertir en fin argent le mercure vulgaire avec celui de la lune.
Faites amalgame d’une once de lune avec trois onces du mercure vulgaire & la mettez dans un matras avec une once de votre mercure de lune sur un petit feu léger comme le soleil jusque que la matière soit noire comme charbons alors augmentez un peu le feu tant de main en main quelle vienne blanche comme neige alors vous aurez la chaux des philosophes qui par façon se multiplie à l’infini s’en met en projection onces quatre d’icelle peu à peu avec du borax sur une once de lune fondue & aurez cinq onces de fine lune de coupelle à Dieu soit la louange.

DE CASTAGNE

ŒUVRE PHILOSOPHIQUE de I. Saunier.

MON Fils je (comme ton père) te donne très merveilleuse pratique & excellente, certaine & vraie sur le fait de la transmutation des métaux, lesquels se transmuent en fin sol & fine lune selon les espèces de quoi on veut ouvrer, à l’aide de Dieu qui est principe de toutes choses. Je ne l’eus onc d’homme mortel & j’ai eu de la grâce de Dieu mon créateur, qui lui a plu me l’envoyer & me donner l’entendement de comprendre l’art & science des Philosophes naturels de quoi très humblement je l’en remercie. Mon enfant je (comme père) te défend & enjoint que à nul homme tu ne la découvres ni la dit a personne vivante ; Car c’est chose qui se doit secrètement tenir : Car oncques hommes naturels ne le disent ne déclarèrent comme je le te déclarerai, & aussi pour les inconvénients qui en pourraient advenir tu le dois bien secrètement tenir & garder & aussi que tu en fasses du bien, & que tu en aies ta vie en ce mortel monde. Et je te prie que tu le gouvernes si bien que ce soit à l’honneur & gloire de Dieu La bénédiction du père, du fils, & du Benoit Saint Esprit te soit donnée & octroyée Amen.
De toute chose peut être faite chaux, si chaux aussi sel, si sel aussi eau.

Je commence ici la préparation du sel commun, & je fais en cette manière.
Prends gros sel de Mer, & puis un vaisseau de terre, ou deux ou trois, puis broie la dite matière bien menue dans un mortier de pierre & la mets dans l’eau douce commune tant que ladite matière soit dissoute & puis la distille dans un vaisseau de verre, & la mets sur le four à cendres comme pour distiller eau forte, & y faits feu tant que toute l’eau soit toute évaporée & que le dit sel demeure sec au fonds du vaisseau en le remuant d’une cuiller de bois, & puis le remets en un autre vaisseau de terre de Beauvais comme une cucurbite qui soit bien large par dessus & soit un fourneau de cendres qui dessèche très bien qu’il n’y aie nulle humidité, & garde de casser le vaisseau & que le dit sel ne se mette en masse, & pour ce le faut remuer continuellement tant qu’il sera sur le feu. Et quand il sera desséché ôte-le du feu du fourneau, & le laisses refroidir puis mets le dit sel en un pot neuf qui ne soit point plombé & que ledit sel soit bien broyé en poudre bien déliée, & puis le met recuire en un fourneau entre charbons tant que le pot soit rouge, & garde que ledit sel ne fonde, & que ledit pot soit bien couvert afin qu’il n’y tombe nulle ordure dedans. Et toutes les choses dessus dites tu réitéreras par sept fois, & adonc il sera fondant comme cire sur un charbon & à la septième fois s’il n’est fondant il te le faut mettre au régime dessus dit tant & tant qu’il sera fondant : & pour le faire tôt fondant il te le faut recuire deux ou trois fois, & le broyer à chaque fois, & garder qu’il ne fonde, puis le dissoudre en eau vulgaire, qui est eau douce, & c’est le plus grand trésor : Car sans cestui sel nul élixir tant rouge que blanc n’est parfait ni accompli, & bénit soit-il de Dieu qui bien le scellera.

Pour faire eau forte.
Après tu prendras deux parties de salpêtre & une d’Alum de Roche & en feras eau forte comme tu sais, puis prendras dudit sel ainsi préparé comme dessus est dit tant que bon te semblera, & prendras d’icelle eau forte & mettras ton dis sel à dissoudre dedans, & n’y mets point de ladite eau forte que seulement ce qu’il y faudra pour dissoudre ledit sel, lequel se dissoudra volontiers. Item tu prendras après ce, autant de fine Lune de Coupelle, ou de cendres comme tu as fait de sel & la dissoudras en un vaisseau en pareille eau comme tu as fiat le sel, & garde que tu n’y mettes trop de ladite eau forte, & quand ton sel, & la Lune sont dissous & tous convertis en eau, & qu’il n’y aura plus nulles fécès, tu conjoindras les deux eaux ensemble, & incontinent ces eaux se bouilliront, & ira la Lune au fond du vaisseau comme un maton à faire fromage, adonc remue & agite le vaisseau, en incorporant la matière l’une avec l’autre, puis la mets sur le fourneau en cendres froides, & la laisse un peu reposer tant que tu voies l’eau dessus, qui sera verte, & qui ne soit point troublée de les fécès, puis évacue tout bellement cette eau dehors en un autre vaisseau. Et garde que les fécès ne se troublent & mets cette eau à part ; puis prends d’eau forte nouvelle pareille, à celle devant mise qui n’aie point été en œuvre et en jette sur les fécès qui sont demeurées au vaisseau après que l’eau a été évacuée remue & incorpore tout ensemble, & en agitant brouillant ledit vaisseau, comme as fait devant & le mets reposer sur les cendres, & l’évacue pure comme tu as fait devant & réitère ces opérations tant que la matière soit toute dissoute & le mets en une cucurbite en y ajoutant l’alambic la lutant bien avec ladite cucurbite & mets le distiller par le bain y mettant au-dessous le récipient un peu lutte avec le bout de l’alambic, & feras petit feu tant que toute la cuite de l’eau le flegme soient dehors, & essaie à la langue l’eau qui distillera sera assez douce, & quand tu sentiras quelle commencera à piquer sur la langue ôte l’alambic & garde biens que la matière ne s’évente, que le moins que tu pourras, & la couvre de son couvercle puis aie de fine lune qui soit en lamines déliées & ces feuilles & lamines mettras petit à petit dans la matière qui sera demeurée en la cucurbite & y mettras tant que ladite matière en pourra digérer, & que ladite cucurbite soit assise en ce faisant sur le fourneau a cendres & à petit feu pour mieux digérer ladite lune fine, puis mets ton vaisseau & la matière putréfier au bain par quinze fours, & que ton vaisseau soit couvert de lut que rien ne puisse respirer & que le lut aie puissance de résister contre l’eau & moiteur du bain, & que ledit bain soit de moyenne chaleur & que cette chaleur sot continuée également, Car c’est la maîtrise que de continuer cette chaleur, & faut faire ledit feu avec sciures ou mottes de tan & si le feu à bien continué ta matière sera dissoute dans ledit terme de quinze jours. Et s’il n’advenait qu’elle ne fut dissoute dans le dit temps, il faudrait attendre qu’elle le fût par ce régime : Car c’est tout le secret que la dissolution. Quia quicquidputrefit est aquavera parce que celle dissolution se fait par chaud & moiteur, & crois que mieux vaudrait & plutôt se serait la dissolution par fiente de Cheval : Car en la chaleur du fient y a grande humidité, & n’y a point de siccité mais plutôt tempérée calidité égale en la calidité du feu, est plus grande celle qui est annexée avec, l’humidité d’eau froide, & pour ce ne peut fondre le sel : Car il est fait plus dur de la sécheresse du feu que dessus l’humidité du fient. Et quand il sera ainsi dissout par chaud & moiteur il est congelé au froid, & si tu peu, venir à ce point tu as la clef de l’art. Et bénit soit il de Dieu qui bien le scellera. Et saches que pour chacune dissolution & congélation tu gagneras la moitié : Car la première chet un pois sur sept, la seconde un pois sur quatorze, la troisième sur vingt huit, la quatrième sur cinquante six ; Et ainsi jusqu’à infini nombre. Et saches que combien que la congélation se fasse d’elle-même au froid, si n’est-ce pas congélation parfaite. Mais se doit faire la congélation dans un vaisseau au fourneau sur les cendres & qu’il soit très bien desséché puis laissez refroidir, & que ce soit premier à petit feu lent, & puis augmenter. Secondement à feu moyen tant que soit congelé, par ce régime, & ce doit faire continuellement en vin four naturel. Et quand tu vois qu’il est ainsi congelé tu as Élixir blanc parfait, & en peut faire projection sur Vénus ou laiton si grand & petit nombre que tu voudras, & ne chet sur nul autre corps, & quand tu voudras faire projection tu prendras au nom de Dieu sept pois du plus fin laiton & plus jaune que pourras trouver, car au fin Vénus y a une teinture, laquelle il faudrait ôter & en l’airain y a une petite aigreur nonobstant que la rougeur en soit ôtée, laquelle n’est pas propre pour la calamine qui est seule & le laiton est composé de calamine & d’autres mixtions lesquelles le tiennent doux, si prends donc sept onces de fin laiton & le fonds en un ✝. & quand sera fondu mets dedans une once de fine Lune de cendres ou coupelle, & les incorpore très bien l’une avec l’autre, puis y mets une once de la Médecine & incorpore le tout très bien ensemble & jette tout en lingot, & auras fine lune pour passer à la cendrée ou coupelle & pour soutenir examen que doit faire fine lune de minière & à toutes épreuves.

S’ensuit la composition de l’Elixir rouge.
Tu prendras au nom de Dieu du sel fondant tant que tu voudras, & le faits dissoudre en eau forte, faits de deux parties de vitriol Romain ou de chypre, & une part de Salpêtre, & puis tu prendras du fin sol passé sept fois par le Ciment dont ci-après sera baillée la manière lequel feras dissoudre en ladite eau forte, en laquelle est dissout ledit sel fondant, lequel se dissoudra volontiers tant que ladite eau en pourra porter, & puis tu mettras ton dit vaisseau & la matière sur le fourneau à cendres qui soient tièdes, & l’y laisseras reposer, & quand fera bien reposé & verras qu’il y aura au fonds du vaisseau quelque chose qui ne sera point dissout évacue tout bellement & sans troubler l’eau, en un autre vaisseau, & dessus les fécès mets de nouvelle eau forte semblable à la première & remue & agite le vaisseau pour incorporer bien tout ensemble puis le mets reposer sur le fourneau, comme as fait premièrement puis évacue & réitère ces choses tant que toute la matière soit dissoute en eau claire, & qu’il n’y aie plus nulles fécès, puis mets à distiller par le bain & en tire tout le flegme par la plus douce chaleur que tu pourras, & procède ay surplus par la forme & manière qui est dite dessus en l’Elixir au blanc, sauf qu’en lieu de lune tu mettras sol qui soit purgé parle Ciment, saches que quand la médecine est faite c’est un poids sur sept de lune & se multiplie tout pareillement qu’il est dit en l’Élixir au blanc, & faut que la lune soit préparée & qu’elle aie poids & son de sol comme ci-après sera dit, & quand on veut faire projection, on prend sept onces de lune préparée comme dit est & la fait on fondre en un creuset, & puis on y jette une once de fin sol qui soit passé par le Ciment sept fois, & qu’il soit augmenté de couleur il sera dit ci-après. Et quand tout sera fondu qu’on y jette une once de l’Élixir rouge, & que tout soit bien incorporé ensemble, & se doit-on bien garder qu’on n’y mette ni fer ni métal, & puis jeter en lingot, & auras fin sol à vingt-quatre carats soutenant au Ciment, & tout autre essai & épreuve, & meilleur que de minière.

S’ensuit la préparation du sol servant à la susdite œuvre.
Tu prendras fin sol de minière à ton plaine & le feras fondre en un creuset avec autant de fin Vénus rouge qui ne tiennent nulle autre chose, puis le jette en lingot & le mets en lamines menues du grand d’un petit blanc puis le mets tremper en fort vinaigre & puis auras des tuiles rouges, & en feras poudre très subtile, & qu’elles soient bien sèche & déliement broyées, après tu auras du sel commun, qui soit un peu préparé, & dissout une fois en eau vulgaire distillée par le filtre, & puis congelé & recuit très fort en un pot, lequel foi, mis en poudre & passé par le tamis, & puis vitriol rubéfié, lequel ait été dissout en vinaigre préparé, & distillé par Alambic, & puis icelui vitriol quand il est dissout le faut distiller par le filtre bien nettement & le mettre en une cucurbite, & l’Alambic dessus, mettant sur le fourneau à cendres distiller le vinaigre & le vitriol demeurera, & se congèlera en la fiole, prends icelui vitriol & le dessèche en un pot neuf entre charbons & il se rubéfiera & sera rouge comme sang, puis en ferez poudre très déliée & passerez par le tamis. Après tu prendras pareillement du vert de gris qui soit aussi dissout en vinaigre distillé par Alambic étant dissout le distilleras par filtre, & le mets en une cucurbite à distiller sur les cendres y ajoutant son Alambic pour retirer le vinaigre, & mettras ton vert de gris pour dessécher en un pot neuf, en un fourneau sur les charbons, puis en faire poudre comme des autres choses dessus dites. Item prends sel Armoniac & le dissous en vinaigre fort puis le fait distiller, puis prends des poudres dessus dites autant de l’une que de autre, & les arrose avec un peu de vinaigre, auquel est le sel Armoniac dissout, comme une desdites poudres, puis fait un lit desdites poudres en un creuset ou en pot à cimenter, & puis un lit de lamines & fais un lit d’un & un lit d’autre, & des poudres par-dessus, puis les couvre de son couvercle, & le lute puis lui laisse dessus un petit trou par lequel il puisse avoir air afin que le pot ne rompe pour cause du sel Armoniac puis assieds ton pot au fourneau & mets y le feu, & l’y laisse allumer tout par lui sans point souffler & faits très petit feu par l’espace de trois heures. Et si tu fais ton Ciment en four de réverbération, faits feu lent une demi-heure de charbon & conséquemment de bois seul qui flamme sans fumée, & ainsi tu œuvres en un autre fourneau commun & cimenter qui ne soit point de réverbération fais une demi-heure feu lent de charbon & conséquemment de bois flamme sans fumée, & ainsi est la manière de cimenter le Ciment qui sert à l’opération de l’élixir dessus dit pour le rouge, & s’il était ainsi que le dit sol de ciment fut jeté sur autant de lune qui fut préparée qui eut poids & son de sol, elle prendrait couleur de sol, mais elle ne contiendrait en sa couleur en la fontaine au ciment pour ce qu’il n’y aurait point de l’Élixir fixe, & note qu’il te faut cimenter ledit sol jusqu’à sept fois, & le fondre à chaque fois, avec autant de rosette bien rouge laquelle s’en ira, & ne demeurera rien que la teinture au sol de la rosette, & sera toujours en son premier poids comme tu l’as fait fondre premier. Mais il sera augmenté de couleur par la vertu & corrosion dudit ciment.

Comme la Lune est préparée en poids & son de sol.
Prends au nom de Dieu de fine lune de coupelle ou de cendres tant que tu voudras, & la fais fondre dans vu creuset, puis prends Vitriol Romain, & faits eau forte sans y mettre autre chose, puis prends du sel Armoniac, & le fais dissoudre en ladite eau, tant que l’eau en pourra dissoudre, & le mettras en un vaisseau sur cendres tièdes au fourneau, & jettes dedans autant de poudre de soufre vif comme tu as mis de sel armoniac, & le remue très bien tout en semble en agitant le vaisseau, sans rien éventer que le moins que tu pourras, & puis le laisse reposer audit fourneau sur les cendres & mets l’Alambic dessus, & distille l’eau & le soufre avec une partie de sel Armoniac qui se sublimera puis prends le soufre ainsi sublimé & le jette dans le creuset où est la lune fondue par deux ou trois fois en incorporant très bien le tout ensemble & la lune prendra poids & son de sol, & lui en donne tant quelle en pourra boire, tant & tant quelle sera au creuset fondue : Et si la lune est aucunement noircie quand tu l’auras jetée en lingot, fais la recuire simplement sans qu’elle soit rouge, puis la laisse refroidir puis la mets au bouilloire qui soit fait de tartre d’eau & de sel commun & la fais bouillir tant qu’elle soit blanche comme devant & ainsi ta lune est préparée ayant poids de sol sans perdre de sa bonne & convenable valeur à recevoir teinture d’Elixir rouge.

Notre Élixir soit blanc ou rouge, est dit pierre & non pierre car c’est chose non formée il est du sel en plusieurs manières, & le nom de lui est premier sel, Car il est composé de sel marin & est appareille de la substance & esprit d’un autre sel qui est dit Salpêtre & de la substance & esprit d’un autre sel pour le blanc qui est dit Alum, & si sont ces trois sels faits un Elixir blanc, & en l’Élixir rouge est changé Alum pour Vitriol & aussi en l’élixir rouge faut préparation tant au regard du corps parfait, comme au regard du corps imparfait, au corps parfait faut augmentation de teinture, & au corps imparfait faut adjonction de poids. Pour ce mon enfant nous appelons ces deux Elixirs des susdits tant blanc que rouge, sel commun, sel hisseque, sel naturel, sel de régime, sel composé. Il est dit menstruel courant, & premier en son sperme sel Royal, sel très noble il est eau de vie, huile de glace, c’est l’eau très digne très secrète qui dissout toute nature. Il est lui-même Mercure des Mercures qui dissout tous esprits, il est appelé pierre & non pierre il est dit médecine au commencement de la grand pierre, il est dit chaux, soufre vif, eau forte, il est dit sel Armoniac, il est dit Maître & Dominateur de tous les sels & sans lui n’ont point de puissance, les autres de, rien parfaire, il lie & délie, il conjoint le mâle avec la femelle il transmue d’une espèce en autre, il fait du corps esprit & d’esprit corps. Mon enfant nous redirons ce présent chap. par quel moyen nous disons & les Philosophes qu’ils n’ont sol ni lune quine soient vifs, & ceux des minières sont morts, Car il y a trois choses, corps, esprit & âme, & nul ne peu faire vraie transmutation à par soi mais toutes trois ensemble, & en est fait un corps animé, & saches pour vrai que nul ne peut faire transmutation vraie de métal ni génération parfaite sans corruption de corps parfait. C’est à savoir sol &lune d’icelui corps tirons son soufre : Car notre menstruel qui est eau forte est retenu en la matière du féminin qui est notre sel fondant qui dissout notre Menstrual , & quand notre dite matière a conçu le germe & sperme métalin avec son menstruel dans son ventre, s’en ensuit-il pas vie jusqu’à tant que l’eau y soit mise, avant que nous y mettions l’eau, nous les faisons une chose homogénée, & quand ils sont ensemble en belle eau claire sans fécès, après nous en tirons le simple flegme par le bain ou par les cendres, & après nous y mettons l’âme qui est la conjonction du Soleil & de la Lune, qui est mis après ledit flegme, tire de quoi la médecine est nourrie & puis après nous la mettons en putréfaction & la limitation tu temps parfaite & achevée, vie y est quand la congélation est faite & après naissance vient sur terre, c’est-à-dire quand nous en faisons projection sur moindres corps, lequel nous disons & appelons terre avant la projection & après la projection il est dit appelé corps vif qui a en lui corps, esprit & âme.

Mon fils sais-tu pourquoi te baille cette instruction ? C’est afin que tu saches comme notre sol & lune sont vifs & ceux des minières morts & aussi afin que tu sache que nos dits Elixir soit blanc ou rouge, ont en eux tous ces points pour faire notre transmutation de métal & faire un corps vif.

Nous prenons au nom de Dieu de notre terre qui est un corps imparfait de métal & le faisons fondre en un creuset duquel nous voulons faire transmutation, & premier corps parfait, duquel nous voulons que notre pacte soit fact, & les petrissons & incorporons très bien l’un avec l’autre quand il est fondu, puis jettons notre elixir qui sera une partie extrait de pareil corps de notre leuvain, & pétrissons de recher en l’incorpirant d’un petit bâton ou d’un charbon au bout d’une pincette, ou molete, & par ainsi nous faisons le corps imparfait, parfait et vif.

S’ensuit le Chap. qui est du grand Elixir tant blanc que rouge, & de la perfection de la grande pierre majeure & lunaire chaude sur tous métaux.
MON fils, je t’ai déclaré ci-devant bonnement & justement toute la vérité sans rien ajouter de la pierre majeure & de l’Elixir tant au blanc qu’au rouge qui est dite pierre & non pierre : Car à proprement parler comme est déjà dit dûment, c’est chose non achevée de former ce qui n’est qu’instruit, & commencement au regard de l’Élixir rouge de la grande pierre des Philosophes qui est dite & appelée la grande pierre majeure & cette pierre convertit d’une espèce en autre tous métaux, & parfaits ce qui est en eux à parfaire les convertissant en fin sol de vingt quatre carats. Quand le métal que l’on veut convertir en sol est fondu jeté dessus du devant dit levains & sol qui soit augmenté, & puis la pierre dessus, & s’il y avait mille marcs de métal fondu ne m’en chaut quel & eussiez jeté dessus la pesanteur d’une once de levain, & puis aussi gros que la moitié d’un poids ou d’une feubue de cette pierre solaire elle le convertira en fin sol de vingt quatre carats & meilleur que celui de la minière.

Au regard aussi de l’élixir blanc devant nommé, qui n’est que le commencement de la pierre Lunaire : car c’est pareillement chose non achevée de former, & si tu la fais elle convertira pareillement tous corps fondus en fine lune, comme la pierre majeure au sol, en jetant un peu de levain blanc sur ledit corps fondu ne me chaut quel & après la pierre lunaire que fait la pierre majeure au sol & elle convertira en fine lune aussi bonne & meilleure que celle qui est trouvée en la minière de la perfection de laquelle je commencerai à la pierre majeure solaire & après a la lunaire.

Si commence la pierre Majeure.
Mon fils tu prends au nom de Dieu ton élixir rouge devant nommé& le mettras en putréfaction au bain Marie par l’espace de vingt quatre jours naturels & après la putréfaction d’icelui temps ton Élixir sera en eau claire pourvu que tu aies composé le feu & la chaleur en ton dit bain comme ai ci-dessus dit & ajoutant le vif argent qui aura été sublimé par la manière que ci-après sera dit, en un Chap. à part, & si sauras pareillement avant que mettre ton dit Élixir en purification combien justement il peut peser & mettras autant pesant justement de ton vif argent sublimé en ton Elixir qui est en eau sans l’éventer que le moins que tu pourras ? Ces choses très bien incorporées les unes avec les autres sans que le vaisseau demeure ouvert. Mais seulement en le tournoyant entre les mains & le garde bien de casser, car tu ne saurais priser ce que tu perdrais, lute très bien ton vaisseau de très fort lut qui ne se détrempe point en eau ni à la chaleur du bain & sera fait expressément, car là n’y laisse pas sécher ton lut, après mets ton dit vaisseau au bain & putréfaction en susdite chaleur naturelle continuelle jusqu’à quarante jours, regarde en ton vaisseau tout sera en eau claire, icelui vaisseau essuieras de l’eau du bain, & te garde d’ôter ton vaisseau trop chaud afin qu’il ne rompe quand il sentira le froid, après icelle eau congèleras au four secret, qui est le four d’Athanor par l’espace de douze jours naturels sans l’ôter de son vaisseau mêmes & très bien luté, & si tu ne sais faire le dit vaisseau à feu lent en cendres sur ton fourneau ou tu as fait les sciures de bois pelotes de tanque seulement il n’y aie que chaleur comme au fourneau du bain & en cet espace de temps est congelée & fait la pierre majeure, qui est le trésor des trésors & l’incomparable de tous autres au regard des richesses de ce misérable monde & Dieu te les doit si bien recevoir que tu lui en puisse rendre bon compte en son benoît ciel qui point ne ferme qui est la gloire perdurable.
Mercurius est fons & origeomnium métallorum.

Mon très cher & très aimé fils je te dis que le vif argent est appelé verbis latinis., fons & origeomnium métallorum, c’est-à-dire le vif argent est le commencement, & la naissance de tous métaux & minières & par le moyen d’icelle chose quand il est conjoint & & homogéné avec le devant dit Élixir rouge qui est fait de & extrait du corps du fin soleil qui est seul métal parfait qui a conçu le moyen de toute la transmutation de métal qui les lie sans département ensemble c’est notre dit sel fondant garni d’épreuve & menstrue. Car il est la matière de notre métallique quand toutes ces choses sont assemblées & homogénées & fixées ensemble adonc est faite la pierre majeure qui est la grande pierre des Philosophes.

S’ensuivant la sublimation du mercure qui sert à l’œuvre ci-devant dite savoir à l’élixir rouge tant seulement.
Mon enfant, Tu prendras au nom de Dieu une livre de mercure & deux livres de vitriol Romain duquel tu feras poudre très déliée & une livre de sel commun qui aie été une fois préparé comme de coutume, dissout en eau comme distillée par filtre en un vaisseau de verre bien net & puis congèlera très fort recuit en pot de terre neuf sans plombure, de ce fait poudre très déliée en un mortier de pierre net, lesquelles arroseras de très fort vinaigre rouge & qu’elles ne soient seulement que de moities, & mettras après ladite livre dessus, & tu incorporeras très bien ces choses ensemble, d’un pistel audit mortier en tournant, puis après tu auras un sublimatoire sur un fourneau par l’espace de douze heures en feu très lent & petit, que ton vaisseau ne soit que simplement chaud, ou autrement tu gâterais tout & n’est que pour sécher ce qui a été broyé, & quand tu verras que le pertuis qui est au haut du sublimatoire, commence à blanchir & que le mercure commence a monter & à sublimer, étoupe ledit pertuis d’un drapeau ou avec du corton, puis après fais feu par l’espace d’autres quatre heures de bois sec qui flambe continuellement si fort que ton fourneau & ton vaisseau le pourront endurer, lors se sublimera ton Mercure au haut de ton sublimatoire une partie la plus grande, & l’autre partie sera sur les fèces lequel tireras le plus nettement que tu pourras : Car au regard de celui qui sera sublimé, au haut du sublimatoire sera net en guise de gelée très luisant & blanc, prends l’un l’autre si tu as bien composé le feu il sera échu de son premier poids d’une once ou environ, réitère & mets ton dit sublimé à le broyer au dit mortier avec autant de nouvelles cendres & poudre à pareilles à celles de devant & les remets au fond du sublimatoire, & rassoiras audit fourneau & feras feu par la manière devant dicte & tire l’humeur comme devant, & réitèreras en cette manière jusqu’à sept fois & chaque sublimation après sa première ne se desséchera chaque fois que d’un quart d’once, & est le droit coup après lesdits sept fois , il est bon & convenable, & tel comme il le faut à ladite œuvre de ton Élixir rouge. Mon enfant, au regard de sublimer le Mercure, pour l’œuvre de la lune & de l’Élixir blanc, il te convient changer vitriol, & mettre en son lieu salpêtre, & sublimer, tout en la forme & maniée comme devant est dit, mille tant de fois.

Pour faire la pierre lunaire.
Mon enfant pour faire la pierre lunaire qui convertit tout corps de métal en lune comme je t’ay dit devant. Tu prendras au nom de Dieu ton Élixir blanc, & le mettras en putréfaction au bain-marie pour vingt quatre jours naturels, & après la putréfaction d’icelui temps ton dit Elixir sera en eau claire, & en icelle eau feras dissoudre le pesant d’autant de Mercure sublimé sept fois avec sel commun & salpêtre comme était ton Elixir avant que tu misses en putréfaction sans rien éventer que le moins que tu pourras & fais comme j’ai dit devant en la projection de la pierre majeure, puis remets en putréfaction jusqu’à quarante jours, & puis le congèle au four secret par l’espace de douze jours naturels, & par la manière que je t’ai dite, & faits justement en ta manière de la pierre lunaire comme de la pierre rouge.

S’ensuit la façon de faire du lut qui ne se détrempe point en eau ni en la chaleur du bain.

Mon enfant, pour faire ton lut qui ne se détrempe point en eau n’y à la chaleur du bain. Il te convient faire double lut, l’un sur l’autre. Tu prendras au nom de Dieu des glaires d’œufs & les bats tant que soient en écume blanche & en manière de brouet, & après les laisseras rasseoir, & y aura de l’eau blanche, de laquelle en prendras une once, & un quart d’once de farine folle de moulin, un gros de bol Arménie, & demi-gros de sang de dragon, un gras de fromage fort qui soit très fin & qui soit pillé, & broieras très fort toutes ces choses ensemble en un mortier de pierre & passeras par linge où par une étamine déliée puis auras bandelettes de taille, & les mettras tremper en ce lut & en lutes ton vaisseau, puis le laisse sécher. Ce lut ici sert à luter l’alambic, à la cucurbite, & si sert pour luter vaisseau de verre qui serais foulé, & si y en a un autre qui sert à luter sur le lut après qu’il est sec, qui se fait ainsi, tu prendras de la terre grasse qui est de la terre de quoi on fait les pots, à ton plaisir, & le quart d’autant de bol Arménie, la moitié d’autant de sang de dragon comme de bol Arménie, de chaux vive, comme de terre grasse qui soit mise en poudre très déliée, & toutes ces choses détrempées moitié en glaires d’œufs & moitié en sang chaud de bœuf ou de mouton, puis auras des raclures de vieux draps autant pesant comme de bol Arménie. Mais avant que de tremper ces choses, il te faut faire poudres très déliées de tout, & pétrir tout ensemble, en manière de pâte très fort longuement ; & battue d’un bâton. Celle-ci sert, à luter le cul des cucurbites quand en distille par cendres, où le cul des sublimatoires, & sert à luter le vaisseau sur l’autre lut : Mais faut que soi, plus mol la moitié, que quand on lute les cucur-bites par le cul des sublimatoires, & laisse sécher a par lui très bien puis en besogne, tant en ton bain que autrement.

Mon enfant très cher & aimé, je t’ai déclaré en ce présent livre, toute l’œuvre, & tout le secret de Philosophie naturelle, & regarde de la pierre majeur, & de la pierre lunaire, combien & par qu’elles manières sont commencées & parachevées toute la vérité, comme elle l’à plus intendible que j’ay pu faire sans y rien ajouter, & si j’eusse pensé que tu eusses pu comprendre en plus brève substance, & selon que Philosophie naturelle la met avec Philosophie morale qui est bien difficile chose à comprendre, qui n’aurait étudié tous les livres de Philosophie morale & naturelle, & pour ce je me déporte à temps de ce chap.

Mon enfant, le grand amour que j’ai eu en toi, m’a fait déclarer cette œuvre & cette science toute à la vérité, comme je l’ai faite & pratiquée en mon temps, & si n’y est rien mis que la fine vérité sans nulle autre chose. De quoi (mon enfant ) j’ai fait fin sol & fine lune, & aussi Dieu m’a donné la grâce que j’ai fait en mon temps la pierre majeure, & la lunaire, & si ne le déclarerai à personne oncques, ne n’ai dit que je l’eusse faite, sinon à toi (mon enfant) & si aucune chose en a été sue, ça été que les gens le pensent d’eux-mêmes, à cause de l’or & de l’argent que j’ai maintes fois distribué, car il me convenait ce faire, & j’ai toujours tenu mon secret. Mon très cher enfant, je te défends que jamais tu ne le dises à personne du monde.

Mois très aimé enfant, te faut savoir que la pierre majeur, ni la lunaire ne sont pas faites ni accomplies, sinon par la manière dont je t’ai baillé la doctrine, & aussi d’où sont faites les matières & composées, soient préparées, putréfiées & nettoyées par les manières ci-devant écrites. Car ne te vante pas desdites matières en besogner à ta volonté autrement que dit est, car tu gâterais tout, & perdrais ton temps & si ne ferais rien. Car en notre pierre n’entre que pureté, & honnêteté sans point d’ordure, & pour ce (mon enfant) quand tu prépareras lesdites matières prépare les le plus nettement que tu pourras, car il est de nécessité de ainsi le faire, comme quand tu prépare le sel commun prépare le comme dit est, & le dépouille de ses fécès terrestres qu’il a apportées de la Mer qui lui empêchent sa clarté & lumière & qui l’occupent, & gardent d’être fondant, lesquelles tu peux ôter, par le nettement distiller, par un gros filtre double, goutte à goutte sans le hâter, aussi pareillement de toutes autres matières qu’il te convient distiller par filtre, distille les le plus honnêtement que tu pourras, goutte à goutte comme dit est : & ainsi quand tu conjoindras & homogéneras la matière l’une avec l’autre qu’ils soient en belle eau claire sans nulles fécès & ne fais pas autrement que tu l’as ici écrit : Et aussi mon enfant une chose est nécessaire, c’est qu’il faut si tu veux commencer & parfaire cet œuvre que tu aies en toi cette patience, & attempérence : sans point de hâtiveté, & besogner en ces besognes sans point les hâter ni efforcer : Mais laisse besogner & ouvrer nature, car ce n’est pas une besogne qu’on puisse commencer à sa volonté, mais il faut faire les choses comme il appartient, & laisser besogner & œuvrer nature selon son cours & le temps qu’elle doit œuvrer. Et aussi mon enfant une chose est que cette œuvre n’est pas aujourd’hui commencée, & demain achevée. Car certainement avant quelle puisse parvenir à son premier Élixir soit blanc ou rouge à faire toutes ces préparations qu’il appartient & laisser œuvrer nature selon son cours & temps élu, qu’on y met neuf mois & le parachèvement de notre pierre est fait, & accompli en trois mois après qui sont douze mois en somme, qui est un an, & quand un homme soit toi ou un autre veut commencer vite celle besogne il doit mettre de tous points sa cure & son attente à reculer toutes les autres besognes : Car quand on y est entré & que l’œuvre est commencée qui veut qu’elle fasse du bien il faut qu’on y soit cerf, & qu’on s’y attende, & besogne continuellement, & pour ce ne la commence pas si n’est du tout disposé à la parfaire tout d’une suite, & te dirai la raison pourquoi : Car les matières sont esprits conjoints ensemble en congrégation qui n’ont point de parfaite permanence sont volatiles, & s’en vont enfumée & en l’air invisiblement, pour ce qu’ils ne sont pas encore fixes ni établis. Car tu pourrais laisser ta besogne a telle heure & a tel point que si elle était en eau, & qu’elle prit air longuement tous les esprits s’en iraient, & perdraient leur force, & ne les saurais retenir en vaisseau tant fut bien Lutté, & étoupé, & pour ce se faut commencer de besogner qui ne veut parachever tout d’une suite.

La propriété du sel commun & de quoi il est fait, & pourquoi il est mis en Elixir & au fait de notre pierre, & que sans lui l’œuvre n’est point parfaite & accomplie.

Sal naturale | Sulph. philosophorum
Sal mirabile | Sulp. minéral
Sal menstruale | Sulp. natura
Sal metalicum | Sulp. fusibile
Sulphur nostrum Neutrum. | Mercur. philosophorum

Mon enfant sel est eau qui a été congelée par la sécheresse du soleil sur le rivage de la mer en certaines contrées on trouve eaux qui ont goût de l’eau de la mer en puits & en citernes & viennent par les veines de la terre aigreur du sel & lesdites eaux viennent par aucuns conduits par-dessus terre de la mer, & aucunes à cause des terres par ou elles passent prennent ce goût, & icelles eaux on congèle par la vertu de la chaleur du feu, & en fait on du sel blanc chaud & sec, & celui qui est & qu’on prend à la rive de la mer est congelé sur les nuages par la chaleur du soleil & de l’eau ; est plus chaud & plus sec que l’autre, & d’icelui nous convient œuvrer & non d’autre, ce sel nous faut préparer & dépouiller nettement de tout ordure, par la manière que t’ai baillée devant, & t’est de nécessité de le garder & conserver expressément que en ladite préparation il ne perde point de sa force ni de son acuité & subtilité, & de sa fleur, ni de son esprit & cela est la cause que nous le préparons, en vaisseau de verre, car le verre ne lui ôte rien & certainement on ne le pourrait préparer bien & durement en autre vaisseau, car s’il était d’airain, de cuivre ou d’étain, ou de quelque autre Métal il serait infect, & prendrait ordure & souillure, & pour tout conclure je te défends que tu ne le prépare en nul vaisseau de métal quel qu’il soit, ni aussi pareillement en nul vaisseau de terre autrement que tu l’as par écrit, & te dirai la raison pourquoi, il perdrait la plus grande partie de son acuité & de sa force & fleur & transpercerait & entrerait dans la terre car il n’est rien qu’il ne transperce ni sur quoi il ne prenne sinon sur le verre.

Vertus du sel commun. Le sel est purgatif, corrosif, scarificatif, mortificatif & pour les dites causes on le met & conjoint homogène en notre dite pierre & Elixir. La propriété de l’un, est qu’il fait foudre & couler, c’est-à-dire dissoudre tous corps de métaux, quand il est dissout en eau forte qui est notre menstrual quand il est préparé comme dit est, & si donnerait au sol rougeur & à la lune blancheur, & si les convertit de leur spiritualité en corporalité, & si lave les corps & les nettoie de leurs ordures & pourritures, & les rougit & les déteint & si le corps n’est net, le rend plus net, & pour ce sont les métaux calcinés avec lui & au double de sel autant que le corps monte par force & véhémence de feu & cette calcination n’est autre chose que la dissolution de corps en notre eau forte ou est dissout notre sel qui est humidité de feu ignée, car ce feu ici est véhément, & te dirai la raison pourquoi on y mêle sel tout préparé, pour ce qu’il garde & conserve le corps de l’ignition du feu qui est l’eau forte, & coagule &retient en soi l’esprit du corps & aussi de l’eau forte en son acuité & amertume. Car il est dit & appelé des Philosophes la matière de notre métalline car il y a en lui telle puissance de garder la vacuité & évaporation de tous esprits : Car depuis qu’ils sont une fois dissous avec lui & une fois homogénée ensemble au menstruel jamais ne départiront, & s’il fixe tous esprits & sans le sel commun n’est point parfait ni accompli notre Élixir ne notre pierre, car sils n’y étaient mis tous les esprits s’en iraient en fumée, & n’auraient point puissance d’entrer dans les corps imparfaits quand ils sont fondus pour les transmuer en sol ou lune , & pour ce que c’est le sel commun il lui faut bien garder & conserver sa force, & sa subtilité & son esprit sans point en perdre & le dissoudre en notre menstruel & le conjoindre & homogéner avec sol ou lune & après tout ce le tenir en putréfaction jusqu’à quand que vraie eau en soit faite, & dissoudre en icelle eau car putréfaction est le commencement & la naissance de tout métal & est argent vif après qu’il est sublimé sept fois derechef mettre en putréfaction & après soi faite congélation il sait le secret des Philosophes & de l’Élixir blanc &rouge & peut faire à sa volonté des métaux & les transmuer en sol & lune.

Mon enfant tu vois qu’il est nécessaire que le sel commun préparé, comme je t’ai dit, sois homogéné & joint en notre Élixir & pierre, & s’il te faut savoir une chose de quoi tu te dois garder expressément, c’est que de ledit sel commun ainsi préparé dit est tu n’en mettes que certain poids, & certaine quantité : Car s’il surmontait de tous points les autres esprits en là composition de ton Élixir tout ne vaudrait rien & pour ce entends bien la manière de ton régime & comme je te l’ai baillée par écrit ci-devant en la dite homogénéation. Car depuis qu’avons dissout en notre eau forte part le double de ce-dit sel commun que monte le sol o u la lune que nous voulons conjoindre & homogéner avec lui comme dit est jamais depuis n’y entre du susdit sel, &quand il est conjoint & homogéné avec le dit sol ou lune tu peux voir par bon régime que nous tirons par notre menstruelle simple le flegme & lors le feu et plus enflammé & âpre, & demande encore viande & digestion, & par ainsi donnons de pareil corps tant que ladite eau forte en peut dissoudre & porter & faisons de notre dit corps, esprit en icelle dissolution & le réduisons en soufre & argent vif, & pour le subtilier il te le faut mettre en chaleur naturelle, c’est-à-dire de putréfaction ou une espace de temps la ou ledit soufre se nourrit & se parfait & le faisons être tout en eau, derechef le congelant comme dit est & par ainsi avons fait notre premier soufre & Elixir après ce fait il convient mettre en putréfaction par certain temps ou il devient eau laquelle est appelée eau de Mercure & celle qui nous convient, & appartient pour dissoudre notre quinte essence & quine esprit, qui est l’Elément de toutes choses liquables & minérables car sans celui nous ne pouvons rien il est commencement & naissance de tout métal qui est parfait ; & illumine tout corps, & si les parfait & parfait notre pierre, & Élixir, & quinte esprit est mercure par sept fois sublimé, c’est dissout en l’eau de notre dit Elixir quand il vient de la putréfaction justement par moitié & le pesant d’autant de mercure comme d’eau d’Elixir, & derechef est mis en putréfaction au bain Marie par certain temps, & pour plus subtilier la pierre, & quelle soit ramenée a sa plus grande & excessive chaleur & après que notre dite eau est en eau laquelle eau est a putréfaction, il y fut avoir sa congélation, & certain temps comme dit est devant au four secret d’Athanor & alors est faite & accomplie l’œuvre.

Comment le Mercure est réduit en fin sol & fine lune à toutes épreuves, & meilleur que le métal des minières.
Mon enfant, je te veux montrer comment j’ai réduit le mercure en corps, c’est à savoir en fin Sol & fine Lune, par la grâce de Dieu. Or donc si tu veux convertir mercure en fin sol, Prends au nom de Dieu , douze livres de mercure & le mets en en grand creuset, & mets très grande effusion de charbon, comme qui voudrait fondre autant de métal, & l’y laisse allumer le feu de par soi sans souffler de soufflets ni autre chose, & quand tu verras que ton feu sera allumé, & que ton creuset est rouge, & que ton mercure fume fort & qu’il se perd & s’en va en fumée, & qu’il est échauffé tu mettras dans ton creuset une once de sel commun fondant qui soit préparé, & mets comme si tu voulais dissoudre en eau forte pour le homogéner avec sol ou lune comme dit est devant. Car le sel fondant retire le mercure, & le garde de fumer & de se perdre, après tu auras en quart d’once de levain, qui est fin sol qui est augmenté de couleur par notre dit ciment, ayant été cimenté par sept fois ,lequel mettras en feuilles ténues, & les feras recuire tout rouge, & les mettras en ton creuset & les incorpore bien tout ensemble, & l’amalgame avec un petit ballon sec, où avec un charbon au bout d’une pincette, & n’y mets pas fer qui touche la matière dite, souffle aptes très fort, & jette sur ladite matière le pesant d’un Selim de la grand pierre & tout sera converti en fin sol aussi bon ou meilleur que de la minière soutenant toute épreuve que doit soutenir fin sol, & celui qui est fait d’argent comme dit est par la vertu de la pierre majeure, est plus beau que nul autre, ni de minière ni de celui qui est fait d’autre corps de minéral, & de ladite pierre, quand on voit que tout est fondu & que la pierre est jetée dessus. Il le te faut laisser refroidir au creuset & le jeter au lingot qui veut, & si tu jettes ton dit sel fondant dessus comme dit est, tu auras autant de fin sol comme tu y a mis de mercure (si tu ne lies laisse trop longuement évaporer & gâter en fumée) & plus, Car le levain & le sel qui s’y sont mis & la pierre augmentent le poix, certainement la pierre majeure donne poix de sol à tous métaux & si les convertit en fin sol, & s’il est bien gouverné comme il appartient, les douze livres de mercure étant converties en sol, peuvent être accrues de poids, ce qui m’est mainte fois advenu, & pour certain ceci advient pour la vertu de la pierre.

Mon enfant, il y a une chose qui est véritable que j’ai éprouvée, qui est que depuis que j’eus converti un corps de métal imparfait en une lune par la vertu de la pierre lunaire & de son levain blanc, depuis derechef j’ai fondu & jeté de l’eau rouge & puis de la grande pierre, & fut converti en fin sol.

Mon enfant, entends que le sel commun fondant est préparé comme dit est, & n’est autre chose que feu, & ce feu n’est autre chose que soufre, & ce soufre n’est autre chose que mercure Philosophal & non pas vulgaire altéré & revenu de vilité en Noblesse pour le conjoindre & homogéner avec sol & lune, & est mis à l’Elixir, qui entrera dans tous corps de métal fondu, & qui peut parfaire ce qui est en eux imparfait, & transmuer en autre espèce, à savoir fin sol & fine lune.

Mon enfant, il y a deux sortes de bain Marie l’un sert à la putréfaction, & l’autre à distiller, à cause que par le bain ne distille rien que le simple flegme, pourvu que la chaleur soit assez douce comme je t’ai devant dits, & je te déclarerai la façon de tous deux. Combien que tu le pouvais savoir par les pratiques de cette science. Car il y en a peu qui ne le sachent bien & leur façon. Et pour ce que plusieurs que j’ai vu ouvrer, en mon temps n’usaient en leur bain que de putréfaction de fiente de Cheval comme j’ai fait depuis d’autant qu’elle y est très nécessaire. J’ai été grand temps courant comme les autres, & ce m’a été révélé par un vieil homme Chartreux à Paris. Et ayant mis ladite fiente en mes bains comme il m’avait enseigné, j’ai eu plus brève putréfaction & plus parfaite que nulle que j’eusse oncques eu, le bain de putréfaction est tel qui veut qu’il soit bon & bien tenant sa chaleur, nonobstant qu’il y en a plusieurs autres façons & autres qui sont de terre que les Potiers font, & ceux-ci sont dangereux & ne tiennent point leur chaleur vive comme sont le cuivre où l’airain aussi ceux de terre à peu d’occasion peuvent être cassés, par quoi la besogne pourrait être en telle disposition que l’œuvre pourrait être perdue. Par quoi je te conseille que les vaisseaux soient d’airain, afin qu’on puisse être hors de danger, ce sont les vaisseaux qui doivent avoir le cul rond en manière de marmite sans pieds, & qu’ils soient ronds & si gros que la largeur d’un pied &quatre doigts de large, puisse tenir par devant ce rond, & faut que chacun aie de hauteur un pied & quatre doigts, l’un desdits vaisseaux sera assis sur un fourneau rond d’un pied de hauteur & de large, par dedans lesdits vaisseaux, seront scellez justement audit fourneau. Et a ce dit fourneau y aura quatre tuyaux par en haut en croix afin que le feu qu’on y fera aie air : car autrement il ne tiendrait point sa chaleur, & après faut que l’autre vaisseau aie son fonds plein de petits pertuis & ronds que l’on y mette le bout du petit doit, & ce vaisseau ainsi pertuisé au fonds sera assis sur la bouche de l’autre vaisseau qui est scellé sur le fourneau, & faut qu’ils soient faits par telle manière & si justement que le vaisseau pertuisé entre un peu dans la bouche de l’autre, environ de quatre doits de large & qu’ils n’apparaisse nul des pertuis par dehors, & ces deux vaisseaux tu luteras bien l’en avec l’autre par les jointures que nul air ne vapeur n’en puisse sortir, & faut que le vaisseau premier qui est scellé au fourneau aie un col de canard, c’est-à-dire un tuyau par lequel on le puisse remplir, & qu’il, aie quatre doigts d’espace entre l’eau & le vaisseau. C’est à savoir le cul pertuisé, & dessus le vaisseau pertuisé faut qu’il y aie un couvercle rond en manière que ce fut un vaisseau qui n’eut que pleine paume de haut, & qu’il soit fait par telle manière que la bouche du couvercle entre un peu dedans la bouche dudit vaisseau pertuisé, & qu’il ferme si justement que ce qu’on mettra au vaisseau ne puisse respirer. Quand on veut œuvrer & mettre en putréfaction, tu doits mettre l’eau dans le vaisseau par le col du Canal ce qui en peut entrer : Car s’il est bien fait on n’y en peut mettre que à point, & le vaisseau du haut il le faut emplir de fiente de Cheval & de la plus nouvelle, c’est à savoir des pures crottes très bien charpies qu’il n’y puisse que ton ampoule de verre très bien luttée avec son couvercle de lut dessus dits, & qu’elle soit ensevelie toute dans cette fiente, & au milieu du vaisseau soit après couvert le vaisseau de son couvercle, & le faut lutter à son vaisseau par les jointures, & après soit fait feu au fourneau comme dit est, & faire comme la Lune l’a devisé, la vapeur de l’eau qui montera, par les trous tiendra la fiente du Cheval en une chaleur vive & naturelle, pareille que celle qui est au ventre du Cheval, qui est la nom pareille pour ce fait de tous autres comme l’ai approuvé.

Mon enfant, en ce fourneau te faut un feu égal comme t’ai dit & quand il faut de l’eau en ton bain en mettras non trop froide ni trop chaude : Mais a ton advis de pareille chaleur que celle qui est au bain, & si ne dois point regarder en ton ampoule ni ouvrir le vaisseau ou est la fiente, jusqu’à tant que le temps soit échu qui est dessus déclaré, & quand le temps est échu tu ne dois point hâter ni laisser le tout refroidir, & prends bien garde comme je t’ai montré & mis par écrit, & quand tu veux rémettre aucune autre chose ou celle même en putréfaction il te faut ôter ladite fiente & en mettre de nouvelle.

Mon enfant, l’autre bain pour distiller est un autre pareil vaisseau, & de cette façon comme celui ou l’on met l’eau du bain en putréfaction ; excepté qu’il faut que le tuyau prenne plus haut pour pouvoir remplir justement son vaisseau, & faut qu’il y aie un tel fourneau & pareils l’autre, il faut qu’en ce bain il y ait un couvercle qui ferme justement dessus & faut qu’il soit de deux pièces, & qu’il y aie un trou au milieu assez grand qu’il puisse accoler une ampoule ou une cucurbite quand on veut distiller, par ce bain on l’emplit d’eau & enfouie en sa cucurbite jusqu’au col en ladite eau que ce qui est dedans puisse avoir air & est atteint de chaleur de l’eau & faut que la cucurbite soit luttée avec son Alambic & l’alambic avec son matras & qu’on fasse accoler la cucurbite au couvercle, ce qu’il fasse par le trou qui le tiendra au milieu de l’eau & qui le gardera de flotter, & après être mis le feu au fourneau & soit assaisonné, & de petite chaleur comme dit est & œuvrer par la manière dessus dite.

Mon enfant je t’envoie ce petit livre qui est écrit de ma main & signé de mon sang en te certifiant que le contenu en icelui est toute vérité, & les besognes avoir fait & pratiqué comme il est écrit par la grâce de Dieu & son aide, & être parvenu à la pierre majeure & lunaire en la manière ci devant écrite & non autrement, ce que je certifie être vrai sur le péril de mon âme & sur les joies que je prétends en Paradis. Ce fut écrit l’an & jour dessus dit & était ainsi signé Ioannes Saulnier.

Sur le sol.
Prends sol fin & rosette, autant d’un d’autre & les fonds ensemble, & les lamines assez subtilement puis cémente en lamines avec le cément suivant.

Ciment.
Prends vitriol rubéfié, sel commua préparé verdet, briques, Sarrasines, pierre sanguine, environ deux onces, sel Armoniac une once & en faits poudres bien subtile & bien mêlée & en cémenteras ton dit médium en lamines par six heures, au bout desquelles lui donneras feu de fusion afin que le sol se fonde & si le Vénus ne s’en était du tout allé cémente le derechef & ce jusque à tant que le poids de l’or soit seulement, & ton or sera haut en couleur comme coral après faits eau forte de Salpêtre & vitriol, en laquelle dissoudras une partie dudit or en un matras à part & une partie de limaille de Mars en un autre matras puis conjoins les dissolutions & distille l’eau jusqu’à à ce que ta matière reste comme miel, puis remets l’eau dessus & la redistille comme devant & feras cela tant de fois que sa matière foin fusible comme cire, après la dessèche a feu lent & avec une partie d’icelle tu ajouteras une partie de lune & fondras ensemble & auras or à 24 carats.

Huile d’Arsenic pour colorer la lune, & le Jupiter & Saturne en couleur de sol.
Prends une livre d’Arsenic, soufre vif, sel armoniac, æs ustum, de bon cinabre, crocum ferri, autant de l’on que de l’autre & en faits poudre & le rubéfie avec un peu de sublimé & en faits pâte avec huile de lin ou de froment & mets en vaisseau lutté en bain au fient chaud par trente ou quarante jours tant que tout soit dissout garde bien cette huile car si tu en jette sur les métaux susdits qui soient fondus elle leur donne couleur de fin sol.

Huile de soufre de Monsieur de Seraze.
Prenez soufre vif ou du jaune douze onces chaux vive vingt quatre onces, sel Armoniac quatre onces, le tout bien mêlé mettrez dans une cornue & le distillerez a feu de rencontre ou bien dans un alambic lui ajoutant sa chape faisant feu peu à peu le tout bien lutté.

Huile d’Antimoine par résolution humide.
Prenez antimoine & tartre ana & les calcinez en feu de réverbération par vingt quatre heure puis les détrempez en fort vinaigre & les mettez en lieu humide sur le marbre ou dans une manche & dégouterez une huile fort rouge mettez le au bain pour en faire aller le vinaigre. Finis hujius operis.

Pour tout ceci il faut mettre quatorze écus tant pour acheter vaisseaux, pots de terre & creusets que autres chose nécessaire, ces quatorze écus au bout de l’an pourront en valoir plus de deux milliers d’argent.

La pierre est de couleur sanguine très excellemment reluisante & quand on fait projection d’elle elle se fait citrine, & la pierre lunaire est de couleur argentine & luisante eu la manière de ces vers qui luisent la nuit ils sont métaux, lesquels on peut calciner & en faire chaux, & d’icelle faire sel, & dudit sel, eau, & pour ce dit Geber de quacumquere potest fieri calx sal & aqua. C’est le commencement & la manière de calciner les métaux afin que d’eux se face sel & jamais d’autres métaux n’est à entendre en cet œuvre que ceux qui sont faits des métaux car ce sont ceux que les philosophes veulent dire qui entrent en cet art car ils sont de la nature des métaux & aussi l’argent vif, ce que nul autres sels ne peuvent faire & on ne doit pas prendre les sels vulgaire communs pour ceux des métaux : car ils ne viendraient a nulle altération je vous dirai ci la manière de calciner les métaux, & en faire sel & eau, afin que transmutation soit faite en vraie médecine qui aie puissance de transformer les métaux imparfaits en fin or ou fin argent par ce devez entendre les figures & paraboles baillées par les anciens philosophes des matériaux ordonnés, pour besogner & pour, œuvrer comment on fait chaux des métaux après leurs calcinations on fait céruse très blanche par ablictions puis soit sa fait sel & ces sels ont moult force pénétration pour raison de leur subtilité, & ignité quand ils sont des choses fixes comme des métaux parfaits or & argent, & ces deux ci ont pouvoir de fixer les autres sels des autres métaux imparfaits moyennant & avec ce qu’on y ajoute & ce qu’on y met, la chaux blanche & pour le citrin la chaux citrine comme ci-après sera déclaré ès chap. suivants les métaux aussi sont diversement calcinés & longuement au feu. Premièrement te dirons la calcination de ceux qui sont pour le citrin ainsi comme sol Vénus, Saturne & Mars, la calcination de sol est faite en un vaisseau ouvert en la fournaise des verriers, ou en autre four de réverbération par six jours après qu’il est en chaux il se doit laver avec eau de pluie distillée par l’Alambic dans un vaisseau de verre, & puis faut mettre ledit vaisseau sur les cendres avec la chaux susdite avec le dit poids d’eau & lui donner le feu lentement jusqu’à la consommation de l’eau, & puis le faut recalciner de nouveau au dit four des verriers ou de réverbération par un jour naturel & faut réitérer la dite calcination jusqu’à dis au douze jours tant que ladite chaux soit très nette & très citrine & reluisante & lors est dite céruse d’or & est la manière qu’on doit dire céruse de tous métaux, après leur calcination ayez en mémoire que Vénus est calcinée en vaisseau ouvert comme sol en four de verrier ou de réverbération par trente jours continuels & après est fait céruse de lui par la manière dessus dite laquelle en teinture rouge & espèce de sang qui est dite céruse citrine & est calciné en vaisseau clos ès fourneaux dessus dits en un jour & tant plus est calciné & mieux vaut & après de lui est faite céruse par la manière devant dicte. Limature de Mars abreuvée de vinaigre est calcinée comme dessus est dit par trente jours ou plus & est lavée comme dit est dessus puis fait céruse de lui très rouge de couleur de sang.
IN NOMINE DOMINI Amen.

Prenez telle quantité de vitriol que vous voudrez & le mettez dedans un pot de terre bien vernissé & le mettez sur le feu évaporer en le remuant avec un bâton jusqu’à ce qu’il soit bien desséché & après l’ôtez du feu & le laissez refroidir, prenez dudit vitriol 2. liv. & le mettez en poudre, salpêtre une liv. & les mettez bien ensemble & les mettez dedans une cornue bien luttée & les jointures & le réceptoire & lui donnez trois onces d’eau commune pour chacune livre du vitriol dedans votre réceptoire, & lui baillez petit feu au commencement pour deux heures, & puis augmentant votre feu pour six heures, & que les quatre heures dernières votre cornue soit rouge comme feu, & verrez votre réceptoire rouge comme sang, passé les huit heures laissez refroidir votre cornue & prenez votre eau dehors de votre réceptoire, & la mettez dedans votre matras, & là, vous la déflamerez par la manière qui s’ensuit, Vous prendrez une once de ladite eau & demi d’argent fin en lamines primes & la mettez dedans votre dite once d’eau, & la mettrez dessus cendres chaudes à dissoudre, & quand sera dissout ainsi chaud, jetterez dedans votre autre eau que avez gardé, & la laissez reposer par douze heures, & sera une ponce blanche au fonds. Quand voudrez œuvrer de votre dite eau, pressez trois onces d’eau & lui donnez une once d’argent fin de coupelle en lamines petites & le mettez dessus des cendres chaudes à dissoudre dedans un matras à long col, & quand votre argent sera dissout mettez dessus dix fois autant d’eau de fontaine comme pèse votre eau & argent, & les faites bouillir un bouillon puis les ôtez du feu, & les laissez refroidir, & quand seront quasi froids du tout jetez toute ladite matière dedans une coupe de cuivre pure & nette & laissez reposer douze heures, & vous trouverez votre argent au fonds en chaux, vous jetterez votre eau gentiment dehors & garderez d’épancher votre chaux, vous prendrez votre chaux dessus dite & la mettrez dedans quelque verre, & la faites dessécher au Soleil ou sur cendres chaudes, & la garderez pour mettre dedans l’eau ardente que vous ferez ainsi qu’il s’ensuit.

S’enfuit pour faire l’eau ardente pour mettre à dissoudre la chaux de l’argent dessus dit.
Vous prendrez le meilleur vin que pourrez trouver, & si votre vaisseau tiens cinq pintes n’y en mettez que quatre, & luttez bien la chape & le réceptoire, & le mettez dessus le bain de Marie, & gardez bien que ledit bain ne bouille : car en cela est le secret, car s’il bout votre eau ne vaudra rien par-dessus votre dite chaux, & des quatre pintes de vin n’en tirez que bon demi-verre, & puis laissez refroidie votre vaisseau & jetez celui vin la ou vous le mettrez dans du vinaigre, car il ne vaut rien en autre chose, vous remettrez d’autre vin, derechef dedans votre Alambic à distiller, & le luttez bien & faites ni plus ni moins comme l’autre fois, & ainsi ferez tans de fois que vous ayez trois pintes d’eau ardant tirée, faite par la manière dessus dite & quand aurez trois pintes de ladite eau, vous la mettrez dans un vaisseau qui ait long col & luttez bien les jointures, & les mettrez sur le bain de Marie, & gardez qu’il ne bouille, & n’en tirez que deux pintes, & laissez refroidir votre vaisseau puis prenez iceux deux pots, & les remettez à repasser une autre fois : mais ne la passez pas du tout, & regardez à la troisième fois si votre eau est bonne & faites ainsi, prenez du coton bien net & le mouillez dedans votre eau, & puis lui baillez le feu & votre eau brûlera, & après que votre eau sera brûlée si le coton se brûle, il la faut réitérer, id est distiller jusqu’à ce qu’elle fasse le signe dessus dit du coton, alors elle est bien.

Notez bien, vous prendrez votre chaux d’argent devant garder une once, & quatre onces de cette eau ou douze car tant plus il y a d’eau tant plus dissoudra, & le mettez dedans un matras à long col & sigillez bien ledit matras avec feu, ou avec soufre, & puis le mettez dessus la vapeur du bain de marie & couvert ainsi que verrez par la façon du bain, &_lui laissez tant que votre dite chaux soit dissoute, & quand sera dissoute vous l’ôterez du matras & le mettrez dedans un petit corps avec la chape & réceptoire, de le mettrez a distiller par le bain, & que les jointures soient bien luttées, & gardez votre eau qui en sortira & votre chaux sera en huile resplendissante merveilleuse laquelle garderez bien : Car c’est le commencement de grand bien, si voulez faire minière. Il vous faut prendre une partie de cette huile d’argent, & vingt quatre parties d’argent vif biens net, & les mettez ensemble dedans un matras, & luttez bien toujours le dessus de votre matras. Car s’il y a quelque petit respiral l’esprit s’envole & se perd, par quoi soyez averti sur ce passage, car plusieurs y ont été trompés & sont. Puis mettez votre matras dedans le four d’Atha-nor à petit feu, si longtemps que votre matière soit toute congelée & dure, & vous gardez du grand feu ; Car le grand feu le détruit, & le petit le nourrir. Il faut que vous puissiez tenir votre matras longtemps entre vos mains sans lésion de votre main, & quand votre matière sera ainsi congelée & durcie vous en prendrez un petit & le réduisez en corps avec autre argent en cette manière.

Fondez argent fin & quand sera bien fondu jetez cela petit à petit que vous aurez pris & le laissez incorporer bien & puis le jetez en lingot & pesez votre argent & regardez s’il est augmenté de son pesant c’est à savoir de cela qu’avez jeté dessus & s’il n’est augmenté réitérez votre dite matière congelée dessus, son four & la cuisez mieux tant qu’elle augmente sur l’argent comme dit est & quand sera en ce point la pourrez mettre en poudre, & y ajouter son pesant d’argent vif & les mettez dessus le bain de marie pour douze jours & puis les remettez dessus le four d’Athanor à congeler en la manière & façon comme il est dit dessus, & quand vous voudrez avoir d’argent prenez en telle quantité que voudrez & le réduisez en corps comme il est dit, mais ne le devez jamais réduire tout, car il vous faudrait recommencer de nouveau votre œuvre & en prenant une partie de cette matière & réduire cela que prenez & puis y ajouter de l’argent vif le pesant de ce que en avez ôté, par ce point vous avez parfaite minière d’argent en dissolvant & congelant comme dessus est dit.

Et notez que ni plus ni moins vous pourrez faire de la chaux de l’or comme avez fait de la chaux de l’argent, mais la chaux de l’or ce fait comme s’ensuit & notez bien afin que ne falliez point.

Vous prendrez deux livres de vitriol desséché une livre de salpêtre, & quatre onces de sel commun & mêlez bien ensemble & mettez dedans la cornue bien luttée avec son réceptoire auquel réceptoire avez mis d’eau comme 30 onces, pour chacune livre de vitriol & faites votre eau en lui donnant petit feu au commencement par deux heures & puis augmentant jusqu’à huit & puis lassez refroidir & prenez votre eau & la pesez, s’il y a 6 once d’eau donnez lui 1. once de sel ducine & les mêlez ensemble dedans un petit corps de lambre avec son réceptoire & luttez bien les jointures &les mettez sur le four des cendres a bien petite chaleur & le distillez & gardez qu’il ne bouille & quand sera distillé le laisser refroidir & étant froid lui rendez l’eau dessus votre sel qui est dedans votre corps, & puis le luttez & le faites distiller &aussi ferez sept fois & à la septième fois & dernière donnez bon feu & vous aurez bonne eau pour dissoudre or ainsi qu’il s’enfuit.

Prenez quatre parties de ladite eau & une partie de d’or en lamines bien subtiles & les mettez dedans ladite eau dedans un matras a long col dessus cendre chaude & votre or se dissoudra & quand sera dissout, vous aurez eau de fontaine en laquelle vous ayez fait dissoudre du sel commun, quatre fois autant pesant comme pèse votre or dessus dit dissout, & quand votre dit sel sera dissout & clair regardez bien de le prendre bien clair, car s’il y avait quelque terre au fond jetez la & ne prenez que l’eau claire & ledit sel dissout & alors dedans une tasse de verre vous mettrez cette eau de sel, & puis vous jetterez votre dessus dit or dessus & le laissez reposer pour douze heures & votre or dissoudra en bas au fonds de la tasse en chaux vous jetterez votre eau gentiment dehors & gardez bien d’épancher votre dit chaux & votre chaux n’étant descendus en bas au fonds, prenez toute cette eau de l’or du sel & tout ensemble mettez dedans un corps à distiller tant que toute l’eau soit dehors & baillez bon feu au dernier pour deux heures & puis laissez refroidir, & quand fera froid mettez d’eau de fontaine dessus & le faites bouillir un quart d’heure & puis laissez reposer & distillez par filtre toute l’eau dehors & puis y remettez une autrefois d’eau de fontaine dessus & faites bouillir & puis ôtez l’eau & regardez s’il y a point de sel avec l’or que connaîtrez dessus la langue quand n’y a point de sel faites sécher votre chaux de l’or & quand sera sèche prenez icelle chaux &la mettez dedans eau ardent faite comme dit est, & a un poids de chaux pesant donnez lui douze ou seize fois autant d’eau ardent tant plus y a d’eau tant plutôt sera dissoute ladite chaux & les mettez dans en matras a long col bien sigillé dessus la vapeur du bain, & que ledit bain ne bouille point & lui laissez tant qu’il soit dissout, & étant dissout le mettez distiller & votre eau sortira & votre or demeurera en forme d’huile.

Vous prendrez une para de cette huile & vingt quatre pars d’argent vif bien net & les mettrez dans un matras& le sigillez bien & le mettez dedans le four d’athanor jusqu’à ce qu’il soit décuit & à petit feu que vous y pussiez endurer la main & quand sera décuit tous y ferez l’essai comme à l’argent, vous ferez fondre d’or fin & lui donnez son pesant de cette matière petits à petit, & si l’or s’est augmenté de cela que mettez dessus votre matière est assez décuite, sinon il la faut rémettre en décoction jusqu’à ce qu’elle soit décuite & fixe, & quand ainsi vous le pouvez multiplier en lui baillant toujours son pesant d’argent vif bien net, & l’incorporas bien ensemble dans en mortier de pierre, & le mettre dans un matras, & incorporez & sigillez bien & puis dessus le bain pour douze jours, & puis dessus l’Athanor à congeler, & quand sera congelé, vous en ferez ni plus ni moins comme devant est dit, & ainsi vous avez minière au rouge comme au blanc par la grâce de Dieu.

S’ensuit la manière de faire le sel d’urine pour mettre avec l’eau devant dit pour réduire l’or en chaux. Vous prendrez l’urine de jeune homme bien complexionné, qui boive bon vin, & icelle de matin après digestion, & non pas celle de sur le soir & du soir, & en ayez cinq ou six pintes & les mettez évaporer à petit feu dedans un pot de terre bien vernissé dedans & dehors, & gardez qu’il ne bouille, & la laissez évaporer jusqu’à ce qu’elle soit épaisse comme miel, & mettez d’eau dessus commune & le faites bouillir pour une heure & puis l’ôtez du feu & le faites distiller, par filtre & cela qui sera distillé, mettez dedans un urinal de verre & le laissez évaporer à petit feu tant que toute l’humidité soit dehors, & vous aurez sel pour mettre avec l’eau devant dite.

Notez, si vous prenez la chaux de l’argent & lui donnez quatre fois son pesant d’argent vif, & les mettez ensemble dedans un matras dessus la vapeur du bain, & que votre bain ne bouille & le remuez dis ou douze fois le jour & le laissez ainsi deux jours, & quand les deux jours seront passez parmi un drap de linge bien pure, & le pressez bien fort, & ce qui demeurera dedans votre dit drap broyez-le fort dessus le marbre bien net, par l’espace d’une heure, & ce qui revivifiera mettez le avec l’autre & passez par le linge, & puis quand vous aurez fait la trituration prenez la & mettez arrière avec son argent vif que vous avez passé par le drap, & le remettez dedans le matras & le mettez dessus la vapeur du bain par deux jours en le remuant 10, ou 12, fois le jour & puis quand les deux jours seront passez, vous les passerez par le drap du linge comme l’autrefois & broies pour une heure & puis les remettez dessus le bain comme devant & ferez comme dit est & de deux jours en deux jours vous le passerez & broyez jusqu’à ce que tout passe parmi le drap ; & alors vous avez le vif argent des philosophes qui m’a donné tant de peine toute ma vie avant que l’aie pu trouver.

Au nom de Dieu prenez votre vif argent des Philosophes dessus dit & le mettez dedans un matras & le sigillez bien avec le feu & puis le mettez quarante jours dessus bain sans bouger & verrez qu’il deviendra noir & quand les, quarante jours seront passez vous mettrez votre matras dedans le four d’Athanor à petite chaleur telle que la puissiez endurer à le main sans lésion & laissez congeler votre matière & quand sera congelée vous le reprendrez & le remettrez dessus le bain tant qu’il soit dissout, c’est-à-dire revivifié & quand sera ainsi vous le remettrez à congeler derechef & remettrez à dissoudre & congeler pour sept fois & à la septième fois vous regarderez si votre matière est fixe vous en prendrez un petit & la jetterez dessus une lamine de cuivre rouge chaude venant du feu si votre matière ne fume point & quelle se fonde légèrement elle est bien, & si elle fume il la faut rémettre a dissoudre & puis congeler jusqu’à ce quelle fonde & ne fume point dessus ladite lamine chaude & alors vous avez médecine pour jeter dessus argent vif, en faisant ainsi prenez argent vif & le chauffez fort dedans un creuset & quand sera bien chaud qu’il commencera à fumer jetez dessus votre médecine fondante & les incorporez bien ensemble & vous aurez argent fin, la quantité du poids vous le verrez à infinité de nature que la première projection doit être un poids sur dix, & s’il n’était malléable il vous faut jeter dessus plus d’argent vif jusqu’à ce que la chose soit à votre volonté,.

Notez bien que ni plus ni moins vous pourrez faire de la chaux de l’or en lui donnant quatre fois son pesant d’argent vif & mettrez dessus le bain ni plus ni moins comme vous avez fait de l’argent, ainsi faut-il faire de l’or en dissolvant en congelant & en broyant avec son argent vif.

Et ferez votre projection dessus argent vif aussi comme vous avez fait de l’argent & pour cette façon vous aurez médecine vraie à l’or comme a l’argent.

Notez que deux parts de vif argent des Philosophes fait de la chaux d’argent & une partie de vif argent soit fait avec chaux d’or & quels soient mis en régime dessus le bain & puis dessus le four, d’Athanor & dissolvant & congelant par sept fois ou jusqu’à ce que votre matière soit fixe fondante dessus la lamine sans fumer & cela est le chemin de la pierre au blanc lequel pourrez par tant de fois dissoudre & congeler jusqu’à ce que votre médecine soit pour projection un poids, sur, 1000 & cela je le laisse à votre discrétion.

Notez si vouliez faire la pierre au rouge vous prendrez deux parties de vif argent des Philosophes fait avec la chaux d’argent & les mêlez bien ensemble & les mettez dedans matras bien sigillé, dessus le bain & puis dedans le four d’Athanor se congeler & dissoudre & ainsi faisant ni plus ni moins comme avez fait de l’argent pour 7 fois, ou pour tant de fois quelle soit fixe & fusible comme dit est & les pouvez si souvent dissoudre & congeler qu’elle ira un poids sur infini, & celui est le commencement de l’or potable amicificatif qui guérit toutes maladies provenant du corps humain de quelque humeur ou qualité quelle soit & d’y besogner dessus je m’en réserve en récrire.

Fin de la grande œuvre très vraie.

GRANDE ET REELLE MULTIPLICATION D’OR A L’INFINI.

Puisque en ce livre : vous y avez appris : où pouvez apprendre, de réduire l’or en mercure : Et l’argent aussi, Prenez donc au nom de Jésus-Christ trois onces du mercure de l’or : Et icelui amalgamés avec une once d’or en limaille. Puis le mettez entre deux ventouses lutées : au fourneau et d’Athanor : où semblable comme une étuve, Et dans quatre jours sera faite & convertie en poudre jaune : alors faut ensevelir dans un grand pot de terre non verni qui soit plein de cendres, vos deux ventouses : Et leur donner feu de main en main, qui soit de flamme pardessus, & partout de réverbères, & alors la poudre ou amalgame sera calcinée comme chaux jaune alors la faut incorporer avec autant de mercure vulgaire, & retourner le tout au même feu de réverbération, & en continuant ceci de quatre en quatre jours, y ajoutant chaque fois autant de mercure vulgaire, vous multiplierez à l’infini. Et quand vous voudrez faire des lingots d’or fin de votre chaux, fondez un peu d’or dans un creuset, & quand sera fondu mettez y par-dessus la moitié de votre chaux, mêlée avec un peu du borax & du sel nitre, & aurez tout en or fin à tous jugements grâces à Dieu Car vous travaillez selon nature.

DE CASTAGNE.