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Le Coeur de la sagesse transcendante
Prajnaparamita hridaya sutra, Maka Hannya Haramita Shingyo


AuteurDateTypeLieuThèmesStatut
𝔏 Bouddhatrad. skr. 649Littérature (myst.)ecr. ? ChineMysticisme
Mahayana

► On trouve deux versions du texte, l’une pourvue d’une introduction et l’autre sans, ce qui explique que certains traductions de l’aient pas.

► La version la plus ancienne de ce texte est celle traduite par le célèbre moine chinois Xuanzang en 649 mais le texte est plus ancien encore. C’est lui qui a donné le nom Sutra du Coeur à ce texte.

◆ Le Sutra du cœur est probablement le sutra le plus connu dans le monde, devant La perfection de sagesse du diamant coupeur et aussi le plus court. Ces deux textes sont contenus dans le recueil Perfection de la sapience {Prajñāpāramitā}, contenant lui-même des textes du mahayana centré sur la sagesse transcendante.

Traduction 1 : Centre d’études tibétaines de Karma Migyur Ling Années 90. La traduction prend pour base la version tibétaine.

Traduction 2 : Jérôme Ducor. Années 90. La traduction est à partir du chinois.

Traduction 3 : René Joly, 1981. La traduction est à partir du sanskrit.

Traduction 4 : Philippe Cornu. Années 90. La traduction est à partir du chinois.

Traduction 5 : , années 90. La traduction est à partir de l’anglais.

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Traduction 1 : Centre d’études tibétaines de Karma Migyur Ling

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Hommage à la victorieuse sagesse transcendante !

Ainsi ai-je entendu, au moment propice, la parole du victorieux, au domaine royal dénommé "La montagne ou se rassemblent les vautours" (Rajguir). Il s’y trouvait alors rassemblée, la grande communauté des moines et des boddhisattvas.
Le victorieux demeurait dans le samadhi équanime de la contemplation des dharmas appelée "Illumination profonde".
A ce moment, le noble et puissant grand boddisattva Tchenrezi (Avalokiteshvara) demeurait dans la contemplation parfaite de l’activité-meme de la Profonde Sagesse Transcendante ; il ne vit que cinq agrégats et vit que leur nature propre était vide.
Puis par la grace du bouddha, le noble Shariputra parla ainsi au noble et puissant grand boddhisattva Tchenrezi : "Fils de noble famille, Les fils et filles de noble famille qui voudraient réaliser l’activité de la profonde sagesse transcendante, de quelle façon la verraient-ils?"
Ce à quoi le noble et puissant grand boddhisattva Tchenrezi répondit :

"Shariputra, les fils et filles de noble famille qui voudraient réaliser l’activité de la profonde sagesse transcendante La verraient ainsi :

Il n’y a que cinq agrégats et leur nature propre est parfaitement vide. La forme est vide, le vide est forme, la forme n’est autre que le vide, le vide n’est autre que la forme. De meme la sensation est vide, la perception est vide, la formation mentale est vide, la conscience est vide. Shariputra, ainsi tous les phénomènes sont vides, non-caractérisés, sans apparition et sans cessation, ni purs, ni impurs, sans diminution et sans augmentation.
Ainsi, Shariputra, dans la vacuité, il n’y a pas de forme, pas de sensation, pas de perception, pas de formations mentales, pas de conscience ; il n’y a ni œil, ni oreille, ni nez, ni langue, ni corps,ni mental ; il n’y a ni forme, ni son, ni odeur, ni saveur, ni contact,ni objet de connaissance, il n’y a pas de domaine d’extension de la vue, […] ainsi de suite jusqu’à : ni de domaine d’extension du mental, ni de domaine d’extension de la conscience mentale.
Il n’y a pas d’ignorance, ni cessation de l’ignorance […] ainsi de suite jusqu’à : il n’y a pas de "vieillesse et mort" ni cessation de la "vieillesse et mort".
De la meme façon, il n’y a ni souffrance, ni origine(de la souffrance), ni cessation(de la souffrance), ni chemin(qui mène à la cessation de la souffrance), il n’y a pas de Supreme Connaissance, et il n’y a ni obtention, ni absence d’obtention.
C’est pourquoi, Shariputra, du fait qu’ils n’ont rien à obtenir et de ce qu’ils se fondent sur la sagesse transcendante, l’esprit des boddisattvas est sans voiles, ils sont sans crainte, et depassant totalement les "vues fausses", ils atteignent l’"au-delà de la souffrance.
Ainsi, tous les bouddhas des trois temps atteignent l’insurpassable, ultime et parfait Eveil et deviennent de parfaits bouddhas parce qu’ils se fondent sur la sagesse trancendante.
Ainsi donc(la sagesse transcendante) est le mantra de la sagesse transcendante ; C’est le mantra de la grande connaissance, le mantra insurpassable, le mantra à l’action équanime, le mantra qui apaise totalement toutes souffrances ; En vérité, sans mensonge, il en est ainsi ; ainsi s’énonce le mantra de la sagesse transcendante :

TEYATA OM GATE GATE PARA GATE PARA SAMGATE BODHI SOHA
(OM allé allé au-delà allé au-dela completement allé eveil fond puissant (… Allé jusqu’au fond puissant de l’eveil).
Shariputra, ainsi les boddhisattvas doivent-ils voir la profonde sagesse transcendante."

Puis, s’éveillant de son samadhi, le victorieux dit au noble et puissant grand boddhisattva Tchenrezi : "Très bien. Ceci est très très bien. Noble fils de famille, ainsi que tu l’as dit, ainsi doit-il etre accompli, Ainsi que tu l’as enseigné, il faut réaliser la profonde sagesse transcendante. Tous les tathagatas d’en réjouissent.
Le victorieux ayant ainsi parlé, Shariputra, le puissant boddhisattva Tchenrezi, tout leur entourage, les dieux, les hommes, les "non-dieux", les gandharvas, tous les etres de l’univers eurent foi en sa parole.

Traduction 2 : Jérôme Ducor

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Lorsque le Bodhisattva Avalokiteçvara pratique la profonde prajñâ-pâramitâ [perfection de sagesse], il voit clairement que les cinq agrégats sont tous vides, et il dépasse toutes les souffrances.
- Shariputra! La forme n’est pas différente du vide, le vide n’est pas différent de la forme. La forme, c’est le vide ; le vide, c’est la forme. Il en va aussi de même des sensations, des perceptions, des constructions et des consciences.
Shariputra! Tous ces éléments caractérisés par le vide ne naissent ni ne disparaissent, ne sont ni souillés ni pures, ne s’accroissent ni ne décroissent.

C’est pourquoi, dans le vide, il n’y a pas de forme, de sensation, de perception, de construction ni de conscience.
Il n’y a pas d’œil, d’oreille, de nez, de langue, de corps ni de mental.
Il n’y a pas de forme, de son, de parfum, de goût, de toucher ni d’éléments.
Il n’y a pas de domaine de la vision, etc., ni de domaine de la conscience mentale.
Il n’y a pas ignorance ni suppression de l’ignorance, etc., pas de vieillesse-et-mort ni suppression de la vieillesse-et-mort.
Il n’y a pas de souffrance, d’origine, d’extinction ni de chemin.
Il n’y a ni connaissance ni acquisition.

Parce qu’il n’y a rien à être acquis, le bodhisattva s’appuyant sur la prajñâ-pâramitâ n’a pas d’empêchement en son mental.
Parce qu’il n’a pas d’empêchement, il n’a pas de crainte : séparé de toutes les méprises et pensées illusoires, il parvient au nirvâna.
Les buddha des trois temps obtiennent l’anuttara-samyak-sambodhi [parfait éveil insurpassable] en se fondant sur la prajñâ-pâramitâ.
Sache donc que la prajñâ-pâramitâ est la grande formule sublime! C’est la formule de la grande science. C’est la formule insurpassable. C’est la formule égalant l’inégalable. Elle supprime toutes les souffrances. Elle est authentique et non pas vaine. C’est pourquoi, j’expose la formule de la prajñâ-pâramitâ, formule qui s’expose ainsi :
Gate gate pâragate pâra samgate bodhi svâhâ
[Allé, allé, allé au-delà, allé entièrement au delà : Salut à l’Éveil!].

Traduction 3 : René Joly, 1981

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Hommage à la Sublime, Noble Perfection de Connaissance Transcendante (Prajñā) !
Le Noble Bodhisattva Avalokiteśvara se mouvait dans le cours profond de la Perfection de Connaissance Transcendante ; il regarda attentivement et vit cinq agrégats d’existence, vides dans leur nature propre.

Voici Sāriputra, forme est vacuité (sūnyatā) et vacuité est forme ; forme n’est autre que vacuité, vacuité n’est autre que forme ; à l’endroit où il y a forme, il y a vacuité, à l’endroit où il y a vacuité, il y a forme ; ainsi en est-il des sensations, des notions, des facteurs d’existence et de la connaissance discriminative.

Voici Sāriputra, l’ensemble des phénomènes (dharma : phénomènes conditionnés et inconditionnés) ont pour caractéristique la vacuité ; ils sont sans naissance, sans annihilation, sans souillures et sans pureté, sans déficience et sans plénitude.
C’est pourquoi, Sāriputra, dans la vacuité, il n’y a ni forme, ni sensation, ni notion, ni facteur d’existence ni connaissance discriminative ; ni œil, ni oreille, ni langue, ni corps, ni mental ; ni formes, ni sons, ni odeurs, ni goûts, ni objets tangibles, ni objets mentaux ; ni élément de la vue jusqu’à ni élément de la connaissance mentale ; ni absence de Vue, ni cessation de l’absence de Vue jusqu’à ni déclin et mort, ni cessation du déclin et mort ; ni souffrance, ni origine, ni extinction, ni Sentier ; ni connaissance, ni obtention, ni absence d’obtention.
C’est pourquoi, Sāriputra, le Bodhisattva, par sa qualité de «sans obtention», prenant appui sur la Perfection de Connaissance Transcendante, demeure, la psyché libre d’obstruction. N’ayant pas d’obstructions de la psyché, il est sans crainte, il a surmonté les méprises et il atteint finalement l’Eveil (nirvāna).

Tous les Eveillés (Buddha) qui se tiennent dans les trois périodes de temps, prenant appui sur la Perfection de Connaissance Transcendante, se sont pleinement éveillés du parfait et complet Eveil.
C’est pourquoi on doit connaître la Perfection de Connaissance Transcendante comme le grand mantra, le mantra de grande Vue, le mantra ultime, le mantra sans égal, celui qui soulage de toute douleur, essentiel, sans erreur. Par la Perfection de Connaissance Transcendante ce mantra a été proclamé ainsi :

«Allée, allée, allée au-delà, allée totalement au-delà, Eveil (Bodhi), svāhā».
Telle est la conclusion du Cœur de la Perfection de Connaissance Transcendante.

Traduction 4 : Philippe Cornu

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Le bodhisattva Seigneur Qui Regarde Vers le Bas pratiquait la profonde Connaissance transcendante. Clairement il voyait que, vides, les cinq agrégats dépassent toute souffrance et toute infortune.

O Shâriputra, les formes ne sont autres que le vide, le vide n’est autre que les formes ; les formes sont le vide, le vide, ce sont les formes. De même pour les sensations, les représentations, les formations et les consciences.
O Shâriputra, toutes ces choses ont pour attribut essentiel la vacuité : elles ne naissent ni ne s’éteignent ; elles ne sont ni souillées ni pures, ; elles n’augment ni ne diminuent.
En conséquence, dans la vacuité, il n’y a pas de formes, de sensations, de représentations, de formations ni de consciences, il n’y a pas d’yeux, d’oreilles, de nez, de langues, de corps ni de mental ; il n’y a pas de formes, de sons, d’odeurs, de saveurs, de tangibles ni d’objets mentaux ; il n’y a pas de sphère visuelle, et ainsi de suite jusqu’à : il n’y a pas de sphère de la conscience mentale ; il n’y a pas d’ignorance ni de fin de l’ignorance, et ainsi de suite jusqu’à : il n’y a pas de vieillissement et de mort ni de fin du vieillissement et de la mort ; il n’y a pas de souffrance, pas d’origine, pas de cessation ni de voie ; il n’y a pas de sagesse ni de fruit à atteindre.

Comme il n’y a rien à atteindre, le bodhisattva se repose sur la Connaissance transcendante. Son esprit ignore les obstacles, et comme il n’a plus d’obstacles, il n’a plus peur de rien. Totalement dégagé du rêve des représentations distordues, il atteint l’ultime nirvana. Et c’est bien parce qu’ils se reposent tous sur la Connaissance transcendante que les bouddhas des trois temps atteignent l’insurpassable Eveil authentique et parfait.
Il faut savoir que la Connaissance transcendante est en vérité une grande formule magique, une grande formule d’éveil, une formule sans égale ni supérieur qui permet d’éliminer toutes les souffrances. Voilà qui est bien vrai, et l’on prononcera la formule de la Connaissance transcendante comme suit :

Gate gate pâragate paâasamgate bodhi svâhâ

Traduction 5 : Auteur inconnu

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Le bodhisattva de la Grande Compassion, Avalokiteshvara, par sa pratique profonde de la Grande Sagesse, voit que les cinq agrégats [1] ne sont que vacuité et par cette compréhension, il soulage toutes les souffrances.
Shariputra, les formes ne sont pas différentes du vide et le vide n’est pas différent des formes.

Shiki lui-même est ku, ku lui-même est shiki. Il en est ainsi aussi de la sensation, de la perception, des formations mentales et de la conscience.
Shariputra, toutes les existences ont l’aspect de ku. Elles sont sans naissance ni extinction, ni pures ni souillées, elles n’augmentent ni ne diminuent. Donc dans ku, il n’y a ni forme, ni sensation, ni perception, ni formation mentale, ni conscience ; ni œil, ni oreille, ni nez, ni langue, ni corps, ni conscience. Il n’y a ni couleur, ni son, ni odeur, ni goût, ni toucher, ni pensée. Donc dans ku n’existe pas de domaine des sens.

Il n’y a ni ignorance ni cessation de l’ignorance, ni illusion ni cessation de l’illusion. Il n’y a ni dégénérescence et mort ni cessation de la dégénérescence et de la mort. Il n’y a ni souffrance, ni cause, ni cessation, ni sentier. Il n’y a ni sagesse, ni obtention, ni non-obtention.
Pour le bodhisattva, grâce à la Grande Sagesse qui conduit au-delà, l’esprit sans obstacle ne connaît pas la peur, et toute illusion, tout attachement sont éloignés. Il peut parvenir à l’ultime fin, le nirvana. Tous les bouddhas du passé, du présent et du futur pratiquent la Grande Sagesse et ainsi atteignent le plus parfait éveil.

Donc, nous devons comprendre qu’Hannya haramita est le grand mantra brillant et lumineux. Le plus élevé de tous les mantras qui est incomparable. Sa force coupe toutes les souffrances. C’est le vrai mantra. Par lui il est possible d’atteindre l’essence de toute vérité :

“Aller, aller, aller ensemble au-delà du par-delà, jusqu’à l’accomplissement total de la Voie.”