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Hercule Savinien Cyrano
Cyrano de Bergerac

Données générales

PériodeLieu
GénéralXVIIFrance
Naissance6 mars 1619, 15h Paris, France
Décès28 juillet 1655 (36 ans)Sannois, France
Cause
Inhumation
Accident
Meurtre
Eglise de Sannois (Sannois, France)

DomaineCourantOrdre
LittératureLibre-pensée

RelationsNom
Influence
MaîtrePierre Gassendi
SurCorneille
Edmond Rostand
Molière
Voltaire
Jonathan Swift

Repères biographiques

► Né dans une famille bourgeoise, il fait ses humanités au collège de Beauvais. Vers vingt ans il participe à la guerre de trente ans et est blessé par deux fois ce qui l’enjoint à arrêter sa carrière militaire trois ans plus tard. Il prend des cours d’escrime et de danse, se lie avec un chanoine catholique qui tentait de concilier épicurisme et christianisme.

► Vers 27 ans, il se lance dans une carrière littéraire. D’une nature irascible, on dit qu’il se brouilla avec toute la gente littéraire française dont Molière, qui fit pourtant quelques emprunts à son œuvre. On raconte qu’il aurait mis en fuite une centaine de spadassin pour défendre un ami. Toujours est-il qu’après avoir publié ses œuvres non sans déclencher l’étonnement de ses contemporains, il est blessé par la chute d’une poutre chez son mécène d’alors et y succombe, on ne sait guère s’il s’agit d’un acte prémédité ou d’un accident.

◆ De son temps, il passait pour un original voir un fou mais aussi pour un visionnaire. On le disait brave et possédant un grand sens de l’humour, précédant en cela son équivalent allemand, le Baron de Münchhausen. Cette réputation est due à sa vie désordonnée, émaillée de faits étonnants et à son œuvre tout aussi singulière qu’originale. Beaucoup d’écrivains ont d’ailleurs repris ses idées, comme Molière, Corneille, Voltaire ou Swift. Son nom "De Bergerac" vient du nom des terres possédées par sa famille que son père vendra d’ailleurs assez tôt dans la vie de Bergerac. Par ailleurs son roman L’autre monde est considérée comme la première œuvre de science-fiction, avant même le Somnium de Kepler et certains commentateurs y voient une œuvre hermétique dissimulée sous la fiction burlesque.

Œuvres choisies

  • Le Pédant joué, 1654. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • L’Autre Monde, 1657. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France

Citations

Je m’étais attaché tout autour de moi quantité de fioles pleines de rosée, et la chaleur du Soleil qui les attirait m’éleva si haut qu’a la fin je me retrouvai au-dessus des nuées. Mais comme cette attraction me faisait monter avec trop de rapidité, et qu’au lieu de m’approcher de la Lune, comme je le prétendais, elle me paraissait plus éloignée qu’a mon partement, je cassai plusieurs de mes fioles, jusques à ce que je sentis que ma pesanteur surmontait l’attraction et que je descendais vers la terre.
L’Autre Monde
[…] J’arrivai dans une fondrière où je rencontrai un petit homme tout nu assis sur une pierre, qui se reposoit. […] j’ai la mémoire toute fraîche comme si je l’écoutois encore, qu’il me discourut pendant trois grosses heures en une langue que je sais bien n’avoir jamais ouïe, et qui n’a aucun rapport avec pas une de ce monde-ci, laquelle toutefois je compris plus vite et plus intelligiblement que celle de ma nourrice. Il m’expliqua quand je me fus enquis d’une chose si merveilleuse, que dans les sciences il y avoit un Vrai, hors lequel on étoit toujours éloigné du facile ; que plus un idiome s’éloignoit de ce Vrai, plus il se rencontroit au-dessous de la conception et de moins facile intelligence. « De même, continuoit-il, dans la Musique ce Vrai ne se rencontre jamais, que l’âme aussitôt soulevée ne s’y porte aveuglement. Nous ne le voyons pas, mais nous sentons que Nature le voit ; et sans pouvoir comprendre en quelle sorte nous en sommes absorbés, il ne laisse pas de nous ravir, et si, nous ne saurions remarquer où il est. Il en va des langues tout de même. Qui rencontre cette vérité de lettres, de mots, et de suite, ne peut jamais en s’exprimant tomber au-dessous de sa conception : il parle toujours égal à sa pensée ; et c’est pour n’avoir pas la connoissance de ce parfait idiome que vous demeurez court, ne connoissant pas l’ordre ni les paroles qui puissent expliquer ce que vous imaginez. » Je lui disque le premier homme de notre Monde s’étoit indubitablement servi de cette langue matrice, parce que chaque nom qu’il avoit imposé à chaque chose, déclaroit son essence. Il m’interrompit, et continua : « Elle n’est pas simplement nécessaire pour exprimer tout ce que l’esprit conçoit, mais sans elle on ne peut pas être entendu de tous. Comme cet idiome est l’instinct ou la voix de la Nature, il doit être intelligible à tout ce qui vit sous le ressort de Nature, c’est pourquoi si vous en aviez l’intelligence, vous pourriez communiquer et discourir de toutes vos pensées aux bêtes, et les bêtes à vous de toutes les leurs, à cause que c’est le langage même de la Nature, par qui elle se fait entendre à tous les animaux.
« Que la facilité donc avec laquelle vous entendez le sens d’une langue qui ne sonna jamais à votre ouïe ne vous étonne plus. Quand je parle votre âme rencontre, dans chacun de mes mots, ce Vrai qu’elle cherche à tâtons ; et quoique sa raison ne l’entende pas, elle a chez soi Nature qui ne sauroit manquer de l’entendre.
— Ha ! c’est sans doute, m’écriai-je, pat l’entremise de cet énergique idiome, qu’autrefois notre premier père conversoit avec les animaux, et qu’il étoit entendu d’eux ? Car comme la domination sur toutes les espèces lui avoit été donnée, elles lui obéissoient, parce qu’il les faisoit obéir en une langue qui leur étoit connue ; et c’est aussi pour cela (cette langue matrice étant perdue) qu’elles ne viennent point aujourd’hui comme jadis, quand nous les appelons, à cause qu’elles ne nous entendent plus. »
L’Autre Monde
Homme, parmi nous une bonne action n’est jamais perdue ; c’est pourquoi, encore qu’étant homme tu mérites de mourir seulement à cause que tu es né, le Sénat te donne la vie. Il peut bien accompagner de cette reconnaissance les lumières dont Nature éclaira ton instinct, quand elle te fit pressentir en nous la raison que tu n’étais pas capable de connaître. Va donc en paix, et vis joyeux !
L’Autre Monde
- Quoi, luis dis-je, il y a donc aussi des philosophes dans le Soleil ? - S’il y en a ! Répliqua le bon homme, oui, certes, et ce sont eux les principaux habitants du Soleil et ceux-là même dont la renommée de votre monde à la bouche si pleine.
L’Autre Monde