🔍
×

Accueil
Personnalités
Médias
Lieux
Symboles
Astral
Nature
Lexique
Mémentos
Artistiques
Intellectuelles
Sites
Mouseîons
Sommaires
Bibliographie
Index
Épopée
Gildi
Contact
Dons
Notice
Bouton_Accueil

Kabîr

Données générales

PériodeLieu
GénéralXV XVIInde
Naissance1440Varanasi, Inde
DécèsJanvier 1518 ( 78 ans)Maghar, Inde
Cause
Inhumation
Temple du Samadhi de Kabîr (Maghar, Inde)

DomaineCourantOrdre
Mysticisme
Poésie
Vishnouïsme
Soufisme
Shivaïsme
Sikhisme
Les Bhagat 🎓
Sant Mat 🎓

RelationsNom
Influence
MaîtreRâmânanda
SurGuru Nanak Dev
Shirdi Sai Baba

Repères biographiques

► La vie de Kabîr est mal connue ; de fait, les données sur lui tiennent de la tradition. On dit qu’il vécu dans le nord de l’Inde, après l’introduction de l’islam. Il est le fils illégitime d’une brahmane qui l’abandonna et qu’il fut recueilli par des parents musulmans même s’il est vraisemblable qu’il fut en fait né directement dans une famille musulmane, peut-être de pauvres tisserands de Bénarès. Encore jeune, il devient disciple de Râmânanda rejoignant ainsi les bhagat. Il avait une vie de famille et a exercé le métier de tisserand toute sa vie, entouré de disciples dont le raja de Varanasi. Vers la fin de sa vie, il s’attire l’hostilité des dignitaires ecclésiastiques, probablement rebutés par sa manière peu conventionnelle de prêcher Dieu et ses critiques contre la superficialité des religieux. Accusé de vouloir se diviniser, il erre de ville en ville pour prêcher son message, émigre finalement à Maghar et y meurt.

◆ Kabîr avait une philosophie syncrétique faite d’hindouisme et d’islam, il est à insérer dans une embouchure du courant sant du nord et de l’ouest de l’Inde. Il proclamait que Râma est le même qu’Allah, et même l’unicité d’un Dieu à la fois transcendant et immanent au delà des clivages religieux et que tous les dévots vénèrent en fait, le même principe suprême ; Il n’accordait du reste, pas d’importance aux rituels, aux ascèses et aux ordres religieux, privilégiant le mysticisme personnel. Il affirmait en outre la nécessité d’amalgamer l’amour dans tout les actes, particulièrement ceux ayant traits à la spiritualité afin d’entrer en contact avec Dieu. Égalitaire, il ne faisait aucune distinction de classe, fait rare pour l’Inde de l’époque. De même, le sexe, la race ou la religion lui importait peu. Enfin, végétarien, il préconisait le respect de la vie de toute créature.

◆ Son nom veut dire "Le grand", c’est aussi le 37ème nom de Dieu dans l’islam. Illettré, il parlait hindi et c’est dans cette langue de ses poésies, couplets rimés destinés à être chantés, ont été retranscrites par ses disciples. Il est donc le premier auteur à s’exprimer en Hindi plutôt qu’en sanskrit et en ce sens on dit que l’hindi qu’elle est la langue de Kabîr tout le français est celle de Molière. Kabir est accepté tant par les hindous que par les musulmans ou les sikhs. Guru Arjan, le cinquième Guru sikh à réuni une large partie des textes de Kabîr pour les incorporer à son Guru Granth Sahib, devenu livre sacré du sikhisme. On note deux curiosités dans ses poèmes : il s’évoque lui-même souvent à la troisième personne, et parsème certains de ses textes de critiques et parfois d’insultes.

■ On raconte qu’a l’instar de nombreux saints de plusieurs religions, son corps subit une transformation après sa mort : dans le cas de Kabîr, il se changea en fleurs. La légende rapporte qu’à sa mort, ses disciples hindous et musulmans se disputèrent sa dépouille. Kabîr apparut et leur dit : Soulevez le linceul et voyez ce qu’il y a dessous. Au lieu d’un cadavre ils y trouvèrent les fleurs qu’ils partagèrent alors afin d’y appliquer leurs rituels. Cette histoire est identique à celle associée à Nanak.

𝕍 Poëmes de Kabir, Rabîndranâth Tagore (traduction Henriette Mirabaud-Thorens), 1922. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France

Citations

Oh, ce mot mystérieux, comment pourrais-je jamais le prononcer ? / Oh, comment puis-je dire : Il n’est pas comme ceci et Il est comme cela ? / Si je dis qu’il est en moi, l’Univers a honte de mes paroles ; / si je dis qu’il est en dehors de moi, je mens. / Des mondes intérieurs et extérieurs / Il fait une indivisible unité ; / le conscient et l’inconscient sont les tabourets de ses pieds. / Il n’est ni manifesté ni caché ; / Il n’est ni révélé ni irrévélé. / Il n’y a pas de mot pour dire ce qu’Il est.
Par l’enseignement du Guru s’installe le nom de Râma. On demeure stable, on ne va plus nulle part. Dit Kabîr: « Écoutez, ô braves gens,Sans le nom de Râma, il n’est point de libération. »
Subtile est la voie de l’amour / En elle il n’y a ni demande ni non-demande.
Sans son, ça chante / Et sans rythme, ça danse / Écoute la musique inaudible.
L’ascète teint ses vêtements au lieu de teindre son âme des couleurs de l’amour. / Il reste assis dans le temple, abandonnant Brahma pour adorer une pierre. / Il se perce les oreilles ; il porte une longue barbe et des guenilles sordides ; il ressemble à un bouc. / Il marche dans le désert, tuant en lui le désir et il devient semblable à l’eunuque. / Il se tond la tête et teint ses vêtements ; il lit la Gita et devient un grand bavard. / Kabîr dit : "Toi qui agis comme lui, tu vas aux portes de la mort, pieds et mains liés."
Qui brûle sa demeure, la délivre, / Mais qui veut la sauver, la perd ! / J’ai vu une grande merveille : / Qui meurt de son vivant, / Peut faire mourir la mort !
Ô Qazi, sur quel livre es-tu en train de discourir ? / Tu ne cesse de jacasser nuit et jour / Sans une seule pensée originale.
Regardez-les vous embobiner / déguisés dans leurs six philosophies. / Kabîr vous le dit, écoutez, mes amis / la sorcière Vanité a avalé le monde.
Aussi longtemps que l’homme réclamera le Moi et le Mien, ses œuvres seront comme zéro.
Comme l’huile est dans la graine / Et le silex contient le feu / Ton seigneur est en toi / Réveille-toi si tu le peux !