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Caves des Mousseaux

Historique

sm.XVI : Exécution probable des sculptures.

1633 : Le prêtre de Dénézé-sous-Doué ordonne l’ensevelissement de la cave. Un passage existe néanmoins par le presbytère, il mène aux fours qui seront utilisés jusqu’au d.XVIII.

1669 1779 : Différents fermiers héritent des terres d’où dépend la cave.

XVIII : La voûte s’effondre à une date indéterminée.

1860 : L’archiviste Célestin Port mentionne l’existence des sculptures dans son Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire.

► D’abord retrouvées par un curé en 1633, il avait alors ordonné leur ensevelissement. Redécouverte ensuite par deux archéologues en 1956, sa mise à jour entre 1974 et 1976 à provoqué une polémique dans les milieux historiques et archéologiques quant à la datation et à l’interprétation à donner aux sculptures, d’autant que les maigres archives et l’inexistence de traditions populaires ne purent aider les chercheurs. C’est par l’entremise de quelques détails que l’on estime leur date : vêtements, coiffures et instruments de musiques permettent de les situer à la seconde moitié du XVI. On peut aussi supposer qu’un tel lieu n’ait pu perdurer qu’avec la complicité des villageois de l’époque.

Spatialité

■ Cavité souterraine naturelle | Dénezé-sous-Doué, Rue de la caverne (Maine-et-Loire)



Largeur intérieureLargeur extérieureLongueur intérieureLongueur extérieureHauteur intérieureHauteur extérieure
14 22

Découverte archéologique importante de ces dernières années sur le territoire français, unique en son genre en Europe, la cave contient environ quatre cent personnages taillés en haut-relief à même les parois de tuffeau saumurois, taillés vraisemblablement par un, deux ou trois tailleurs de pierre. Si on se réfère aux fragments retrouvés et à la taille supposée de la cave avant l’écroulement de la voûte, on estime qu’il en eut en tout plus de mille sculptures. Le site comporte un puits autour duquel sont disposées les statues ainsi que - fait très rare dans la région - deux fours reliés au même conduit de cheminée.

► On trouve parmi les sculptures de nombreux personnages véhiculant un symbolisme varié : de tailles, d’expression et d’habillements différents ils constituent une grande frise avec à divers endroits des scènes entières à l’allure parfois caricaturales, grotesques voir inquiétantes car accentuées par l’archaïsme de leur exécution. On constate aussi bien des visages pieux que diaboliques, des vêtements nobles de la Renaissance que la nudité, des expression de plaisir ou de peur, des Humains ou des monstres. Les scènes évoquent quant à elles aussi bien des orgies que des scènes religieuses, certaines évoquent plus des idées d’autres plus des faits divers de la culture de l’époque.

EnlumGRInformations complémentairesEnlumDR

◆ Une théorie communément évoquée est que les scènes représentent d’une part des évènements issus de thématiques de l’art populaire et d’autre part, sont aussi porteuses d’une satyre politico-sociale à l’époque où les Guerres de religion déstabilisaient le pays de l’intérieur. On évoque la possibilité que le site fut le théâtre de réunions d’une confrérie de tailleurs de pierre alors discrets puisque le 15 août 1539, les guildes professionnelles furent abolies. On dit que la Chapelle Saint-Nicolas aurait été attribuée aux tailleurs de pierre par le curé de l’époque où l’on célébrait alternativement le culte protestant et catholique. En outre, la région étant troglodytique au XIV, l’endroit à pu servir de carrière pour la construction des maisons en tuffeau au XVI.

◆ D’autres chercheurs ont évoqué la possibilité que le lieu soit un temple souterrain rendant culte à des dieux de la guérison et de la fertilité (peut-être même de la vigne) de nature tellurique. Les statues étant alors considérés soit comme des ex-voto comme on a pu en trouver aux Sources de la Seine soit comme des représentations des malades qui venaient s’abreuver des eaux miraculeuses de la caverne et peut-être aussi subir des initiations : des résurgences de cultes païens notamment à la déesse Dana furent enregistrés dans la région à cette époque.

Rabelais enfin, qui a écrit son œuvre non loin, mentionne dans Quart livre les "Jeuz de Doué". Qu’il ait influencé des sculpteurs ou que les sculptures soient antérieures à la mention qu’il fait de cette tradition, il demeure possible que les scènes carnavalesques et blasphématoires présentes dans l’ensemble soient en rapport avec une fête populaire locale, fêtes qui durant des siècles furent tolérées par le clergé partout en Europe.

◆ Parmi les scènes et personnages que l’on pense identifier, il y a Henri II, Catherine de Médicis et Diane de Poitiers alors personnages politiques de premier plan de l’époque. On trouve encore un Mariage initiatique, des Joueurs de musique, un Amérindien coiffé de plumes, une Pietà peu conventionnelle où les protagonistes sont nus et où la croix ressemble à une hallebarde ou encore des Infirmes avec des parents tenant un enfant, la mère ayant la bouche grande ouverte.

◆ La commune communique sur ce site en le nommant la Caves des Mousseaux. Cette appellation qui est le nom administratif du site est dû au hameau dit des Mousseaux, aujourd’hui absorbé par Dénezé-sous-Doué où fut découvert le site. Quant nous sommes arrivés sur place, l’action du temps combinée à l’humidité permettant aux champignons et à la gypse de proliférer, avait déjà fortement altéré les sculptures ce qui explique leurs teintes verdâtres ou rougeâtres.

■ Le personnel sur place qui tient par ailleurs un site en lien avec l’association Actions Caverne, nous a fourni un document historique inédit. Nous leur adressons encore nos remerciements.

EnlumGVPhotographies additionnellesEnlumDV