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Le très précieux don de Dieu
Pretiosissimum Donum Dei


AuteursDatesTypeLieuThèmesStatut
Georges Aurachecr. 1475Dessinecr. Strasbourg (France)Hermétisme

► On trouve jusqu’à plus de soixante exemplaires de ce manuscrit dans les bibliothèques et ce en diverses langues (latin, français, allemand, italien et anglais), une bonne partie sont illustrées.

■ Dans le manuscrit original ayant servi à la traduction, les figures suivent le texte. Nous avons préféré les insérer à l’intérieur pour un meilleur confort de lecture. Il y a d’autres versions françaises du texte, notamment celle de Canseliet.

■ Pour certaines éditions, nous n’avons pas pu trouver les numérisations originales ce qui explique leur résolution très basse et/ou que la série soit incomplète. Nous mettrons bien entendu à jour cette page si la situation venait à changer.

► La série décrite dans l’ouvrage eu une postérité importante, nombre d’ouvrages après lui utilisant ses figurations de fioles de façon plus ou moins identiques. Mylius par exemple, réutilise ces figures dans son Anatomie de l’or, mais son ouvrage comporte encore trois autres gravures.

► La seconde version Getty présentée à part est un ouvrage en italien qui n’a ni nom ni auteur, néanmoins malgré ses différences il est logique de l’identifier comme une version du Très précieux don de Dieu. Nous avons aussi rapporté les notes au début de ce volume donnant la signification de symboles.

Texte et traduction : du latin au français, Albert Poisson, XIX.

Illustrations : én. du Très précieux don de Dieu in Latin 7171, 1501. | bs. | bs. Bibliothèque Nationale de France (Paris, France). Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France

Illustrations : én. du Très précieux don de Dieu in Collection Alchimique, 1550. | bs. Bibliothèque publique et universitaire de Bâle-Ville (Bâle, Suisse). Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque de l’École polytechnique fédérale de Zurich

Illustrations : én. du Très précieux don de Dieu in Pandora, 1588. | bs. Bibliothèque de l’École polytechnique fédérale de Zurich (Zurich, Suisse). Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque de l’École polytechnique fédérale de Zurich

Illustrations : én. du Très précieux don de Dieu in La Toison d’Or, 1599. | bs. Bibliothèque de l’École polytechnique fédérale de Zurich (Zurich, Suisse). Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque de l’École polytechnique fédérale de Zurich

Illustrations : én. du Très précieux don de Dieu, 1600. | bs. Institut de Recherche Getty (Los Angeles, États-Unis d’Amerique). Lien vers l’œuvre sur Internet Archive

Illustrations : én. du Très précieux don de Dieu, XV. | bs. Musée britannique (Londres, Angleterre).

Illustrations : én. du Très précieux don de Dieu in Compendium d’Alchimistes, 1706. | bs. Institut de Recherche Getty (Los Angeles, États-Unis d’Amerique). Lien vers l’œuvre sur Internet Archive

Illustrations : én. du Très précieux don de Dieu in Carnet Alchimique, 1620. | bs. Bibliothèque Beinecke de livres rares et manuscrits (New Haven, États-Unis). Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Beinecke de livres rares et manuscrits

Illustrations : én. du Très précieux don de Dieu in Anatomie de l’Or, 1628. | bs. Bibliothèque nationale de la République tchèque (Prague, République tchèque). Lien vers l’œuvre

Illustrations : én. du Très précieux don de Dieu, XVI. | bs. Bibliothèque de l’Académie des Lyncéens (Rome, Italie). Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque de l’École polytechnique fédérale de Zurich

Illustrations : én. du Très précieux don de Dieu in La Toison d’Or, 1708. | bs. Bibliothèque d’État de Bavière (Munich, Allemagne).

Illustrations : én. du Très précieux don de Dieu, XVII. | bs. Bibliothèque de l’Arsenal (Paris, France).

Illustrations : én. du Très précieux don de Dieu in Miscélanées Alchimiques, 1625. | bs. Bibliothèque Beinecke de livres rares et manuscrits (New Haven, États-Unis). Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Beinecke de livres rares et manuscrits

Illustrations : én. du Très précieux don de Dieu, XVIII. | bs. Bibliothèque de l’Université de Glasgow (Glasgow, Ecosse).

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On n’a qu’a lire ce petit traité avec beaucoup d’attention pour avoir une parfaite connaissance de la plus belle de toutes les Sciences. L’auteur promet d’y développer ce grand mystère que tons les anciens philosophes ont rendu si obscur et si énigmatique, soit qu’ils aient voulu en dégoûter ceux qui s’y appliquent, soit qu’ils aient voulu leur imposer et les tromper. Soit très persuadé, dit notre Philosophe que je vous apprendrai ce grand art d’une manière si claire et si intelligible que les plus ignorants mêmes comprendront très facilement tout ce que je dirai et que je ne proposerai rien que je n’ai vu et que je n’ai fait moi-même.

Il faut savoir en premier lieu que ceux qui travaillent à tout autre chose qu’à la nature, se trompe, parce que tout autre fuit et n’est pas propre pour notre art. Car enfin pour faire un homme il faut un homme, et une bête ne peut naître que d’une bête ; chaque chose faisant son semblable et rien ne peut donner à une autre ce qu’il n’a point lui-même.

Or je conseille à ceux qui n’ont point une entière connaissance de cet art, de ne s’y point embarquer, s’ils ne veulent se résoudre de faire de grandes dépenses, dont peut-être le fin ne sera qu’une malheureuse mendicité, et qu’un cruel désespoir. La chose est à la vérité fort difficile à trouver et plusieurs sont devenus fous en la cherchant, mais aussi quand on la sait on est assez riche. Elle n’a pas besoin de plusieurs choses, une seule suffit, elle coûte peu car il n’y a qu’une pierre, qu’une médecine, qu’un vaisseau, qu’un régime et qu’une disposition, et cette Science est très véritable. Non, jamais les Philosophes d’eussent put parler de tant de couleurs différentes, et dire comme elles se succèdent les unes aux autres, s’ils ne les avaient vues et s’ils n’avaient fait l’OEuvre, mais je le répète, ceux qui travaillent hors de la nature se trompent et sont des trompeurs.

Notre pierre se fait d’une chose, et se fait d’une chose animale, végétale et minérale. Attachez vous donc uniquement à la nature, parce que la nature et l’art ne se perfectionnent point dans une multitude de choses, et quoiqu’on lui donne plusieurs noms différents, ce n’est toujours qu’une seule chose, que la même chose, ainsi il faut que l’agent et le patient soit dans le genre d’une seule et même chose, et différentes choses dans l’espèce, de la même manière que la femme est différente de l’homme, or la matière est ce qu’on appelle patient, parce qu’elle souffre et reçoit l’action et la forme est de qu’on appelle l’agent parce qu’elle agit et imprime l’action dans la matière qu’elle se rend semblable et celle-ci appelle et désire naturellement et avec passion la forme parce que sans elle, la matière serait imparfaite.

Apprenez donc a connaître la Nature des choses, si vous voulez réussir, car je ne puis vous déclarer le nom de notre Pierre, ce que j’en ai dit doit suffire pour vous faire connaître ce que c’est que les philosophes appellent la pierre toute chose et ils disent vrai. Car d’elle-même et en elle-même elle contient tout ce qui est nécessaire à la perfection ; les pauvres l’ont également comme les riches, elle se trouve partout, elle est composée de corps, d’âme et d’esprit, et elle change de nature en nature jusqu’à ce qu’elle soit dans sa perfection.

Les philosophes ont dit que notre pierre se fait d’une chose et cela est vrai, car tout notre magistère se fait avec notre eau qui est le sperme de tous les métaux et tous les métaux se réduisent et se résolvent en elle, car le corps imparfait se convertit en cette eau et ces Eaux jointes avec notre Eau, font une Eau nette et claire, qui purifie toutes choses, et c’est cette Eau précieuse et utile de laquelle et avec laquelle se fait notre Magistère.

Pour peu qu’on ait d’Expérience on sait assez l’ordre qu’il faut garder dans les degrés du feu ; il faut que dans la Solution il soit fort, médiocre dans la Sublimation, tempéré dans la Putrification, un peu plus grand quand l’OEuvre est au blanc, et fort dans le rouge. Mais si par malheur ou par ignorance vous manquez dans le feu, vous devez désespérer de réussir, il faut donc que renonçant à tout autre occupation vous vous donniez sans partage et avec grand assiduité en notre opération.

Mais pour revenir à notre matière de la pierre, servez vous donc de la vénérable nature, car elle ne se perfectionne que dans sa nature même. N’y ajoutez rien d’étranger, soit poudre soit tout autre chose, parce que des natures différentes ne sauraient perfectionner notre pierre, et il n’y entre rien qui ne soit sorti d’elle même, et si on y ajoute quelque chose d’étranger, d’abord elle se corrompt et on en saurait faire ce qu’on souhaite ; de là vous voyez que vous ne tenez encore rien si dans le commencement de la Cuisson la composition ne se fait point de choses semblables, sans aucune opération des mains.

Aussi, afin que ceux qui cherchent ce précieux secret ne se fatiguent point inutilement, il déclare que ce magistère n’est autre chose que cuire l’argent-vif et le Soufre jusqu’à se qu’ils deviennent une même chose. L’argent vif empêche le Soufre de se brûler, et le Soufre empêche l’argent vif de s’envoler et de se dissiper ; si le vaisseau est bien fermé, cela est facile à comprendre par l’Exemple suivant, ce qui Cuit dans l’eau commune ne peut se brûler, tandis qu’il y reste de l’eau, mais dès que l’eau est consommée, ce qui était avec elle se brûle immanquablement, c’est pour cela que les philosophes ont tant recommandé qu’on eut soin de bien fermer le vaisseau, afin que notre eau bénite ne s’évapore point. J’ordonne donc que dans le commencement on fasse un feu fort doux afin d’accoutumer notre eau au feu sans se soucier qu’elle y soit, tandis que vous verrez notre eau calme et sans sublimation, ménagez notre feu avec beaucoup de patience jusqu’à ce que vous voyez que l’Esprit et le Corps sont devenus une même chose, de sorte que ce qui était Corporel devienne incorporel et l’incorporel corporel.

C’est donc l’eau qui blanchit, qui rougit, qui dissout, qui congèle, qui pourrit et qui ensuite fait pousser des choses nouvelles et différentes, ainsi je vous donne avis de vous appliquer entièrement à la cuisson sans vous ennuyer de la lenteur de notre travail et sans vous soucier de tout autre chose. Notre eau vous demande tout entier ; cuisez la doucement, peu à peu dans la putréfaction jusqu’à ce qu’elle change de couleur en couleur, et qu’elle devienne parfaite ; prenez bien garde dans le commencement de ne point brûler sa verdeur et ses fleurs, ne précipitez point notre ouvrage, prenez garde que le vaisseau soit bien fermé, crainte que l’esprit qui y est, ne s’évapore point, et avec l’aide de Dieu, soyez sur de réussir ; la nature fait lentement son opération, appliquez vous bien à l’imiter faites de sérieuses réflexions à la manière dont les corps s’engendrent dans les entrailles de la terre, par quel feu ils se cuisent s’il est violent ou doux. Conduisez de même notre ouvrage et vous réussirez assurément.

Connaissez donc bien cette eau, elle fait le blanc pour le blanc et le rouge pour le rouge.

Il est donc nécessaire que l’on tire notre Pierre de la nature de deux corps, avant que d’en faire un Elixir parfait, parce qu’il est nécessaire que l’élixir soit plus pur et plus parfait que I’argent et que l’or, puisqu’il doit changer les corps imparfaits en l’or des philosophes et en l’argent des philosophes ; ce que l’or ni l’argent ne sauraient faire, qu’autant que s’ils donnaient à un autre corps de leurs perfections ; ils seraient imparfaits, rien ne pouvant rougir qu’autant qu’il est rouge et rien ne peut blanchir qu’autant qu’il est blanc, mais notre Elixir dans sa perfection peut perfectionner absolument tous les Corps imparfaits. Si vous voulez bien comprendre ce traité, lisez en avec attention chaque partie l’une après l’autre, vous y découvrirez des merveilles ; si je ne les avais vu et touché je n’aurais jamais pu les écrire et les dépeindre. Je n’ai point parlé de tout ce qui se voit dans cette opération et les choses qui y sont nécessaires, car il y en a certaines qu’il n’est pas permis à l’homme d’expliquer. J’ai pourtant donné à connaître toutes choses jusqu’à leurs perfections, et sachez qu’on n’a jamais vu un semblable traité et qu’il est impossible de le posséder, si Dieu ne vous le révèle on si quelques maîtres ne vous l’enseigne.

L’Ouvrage est long, ainsi préparez vous à une grande patience ; il y a de certains charlatans qui se vantent de savoir faire de l’or commun un or potable, qu’ils disent très précieux pour la santé, mais ce n’est qu’une illusion et une pure tromperie, l’or et l’argent préparés à leur façon étant plus nuisibles que salutaires à un malade. Notre médecine est le vrai et unique or potable, capable d’ôter aux hommes également comme aux métaux toutes leurs superfluités et imperfections et si l’or vulgaire donnait à un autre de la perfection, il serait imparfait.

Voici l’explication des douze figures suivantes.

La première qui représente un lion vert contient la véritable matière et fait connaître de quelle couleur elle est et on l’appelle Adrop ou Azoth, atropum ou duenech.

Dans la deuxième et dans la troisième on voit comment les Corps se dissolvent dans l’argent vif, des philosophes, c’est à dire dans l’eau de notre Mercure, et il se fait un nouveau corps.

Dans la quatrième on voit la putréfaction des philosophes qui n’a jamais été une de nos jours, et elle s’appelle Soufre.

Dans la cinquième on voit comment la plus grande partie de cette Eau est devenue une terre noire et bourbeuse de laquelle tous les philosophes parlent.

Dans la sixième on voit cette terre qui dans le commencement était élevée sur l’Eau, se précipite peu à peu et tombe dans le fond du vaisseau.

Dans la septième on voit comme cette terre est dissoute une seconde fois en Eau de couleur d’huile et alors elle s’appelle huile des philosophes.

Dans la huitième on voit comment le dragon est né dans la noirceur, qu’il se nourrit de son propre mercure, qu’il se sert lui même et qu’il se submerge dans son mercure, et l’eau devient un peu blanche, c’est l’élixir.

Dans la neuvième on voit comme l’eau se purifie entièrement de sa Noirceur et qu’elle demeure dans une couleur de lait, plusieurs couleurs paraissent dans la noirceur.

Dans la dixième on voit comment toutes ces petites taches qui étaient au-dessus de l’eau descendent dans le Corps d’ou elle était sortie.

Dans la onzième on voit comment cette cendre est devenue blanche et luisante comme le marbre et c’est l’élixir pour le blanc et la Cendre est faite.

Dans la douzième on voit comment cette blancheur s’est changée en un rouge beau comme les rubis et c’est l’Elixir pour le rouge.

La Matière de la pierre est une eau épaisse et l’agent est la Chaleur ou un froid qui congèle cette Eau et apprenez que les pierres qui procèdent des choses animales sont plus précieux que les autres.

Vous ne pourrez pourtant préparer aucune sorte de pierre sans le duenech vert et liquide, tel qu’on le trouve dans nos mines. Considérez ces hautes montagnes qui sont a droite et a gauche, montez y, vous y trouverez notre Pierre, car tout y naît. La pierre nécessaire dans cet ouvrage est d’une chose animée, vous le trouverez partout dans les vallées, dans les montagnes et dans les Eaux, le pauvre comme le riche. Elle est très utile et très précieuse, elle se nourrit de chair et de sang, o qu’elle est précieuse pour celui qui la possède ! O bénite verdeur qui engendre toute chose ! O bénite nature, qui par son travail fait que ce qui est de soi imparfait devienne très parfait ; aussi faut-il que vous n’employez point cette nature qu’elle ne soit pure, nette, crue, douce, terrestre, et très pure, car si vous faisiez autrement vous travailleriez inutilement.

Notre pierre est un corps qui n’est ni malléable, ni sonnant, qui mortifie et qui purifie.

Prenez bien garde de ne rien mettre de contraire avec notre pierre, elle seule est l’unique sujet. Joignez l’esclave avec sa Soeur odoriférante et ils feront entre eux tout l’ouvrage, car dès que la femme blanche est mariée avec le mari rouge, ils s’embrassent et s’unissent très étroitement ils se dissolvent par eux-mêmes et par eux-mêmes aussi ils se perfectionnent, de deux corps qu’ils étaient ils deviennent un seul Corps.

Apprenez qui, y a trois Couleurs parfaites d’où plusieurs autres procèdent. La première est Noire, la Seconde est blanche et la troisième est rouge. Il y a plusieurs autres Couleurs qui apparaissent souvent devant la blanche, mais il ne faut point s’en mettre en peine ; là se fait la conjonction de deux Corps et elle est nécessaire, car s’il y avait dans notre Pierre qu’un de ces deux Corps, il ne pourrait jamais donner la teinture nécessaire, par conséquent la jonction de ces deux corps est absolument nécessaire.

Le Philosophe a dit que le vent a porté la pierre dans son sein, on doit savoir que le vent c’est l’air ; c’est la Vie et la Vie est l’Ame, c’est à dire l’huile et l’eau.

Changez la Nature des quatre Eléments et vous trouverez ce que vous cherchez.

Changez les Natures n’est autre chose que rendre ce qui est Corps, Esprit ; c’est ce qu’un fait dans l’œuvre, car le grossier est rendu subtil et ce qui est Corps est dissout en Eau, et par conséquent on change la nature d’un Corps sec en Eau, et ensuite on change cette Eau en un corps de sorte que ce qui est corporel devient spirituel, et ce qui est spirituel devient corporel, et par conséquent les natures sont changées. Or les corps étant dissous, ils deviennent de la nature des Esprits, et, de même que l’eau mêlée avec l’eau, ils ne peuvent être séparés l’un de l’autre. A parler sincèrement tout l’ouvrage n’est autre chose qu’une eau fixe qui contient en elle-même tout ce que nous cherchons. Etudiez donc bien cette Eau avec ces excellentes opérations, c’est elle qui fait le blanc au blanc, et le rouge au rouge, c’est une même chose qui a en elle-même l’âme, l’air, le chaud et les quatre Eléments auxquels elle est soumise ; les autres Eléments ne sont ici de nulle considération.

Cuisez notre laiton avec un feu aussi doux que l’est celui d’une poule qui couve, jusqu’à ce que son corps soit fait et que la teinture soit tirée. Ne la tirez pas toute en même temps, mais peu à peu chaque jour, car elle ne doit être dans sa perfection qu’après un certain temps qui est un peu long.

Je suis le Noir du blanc et le rouge blanc, cependant je suis vert et je ne mens point et apprenez que la tête de l’art est le corbeau qui vole dans les ténèbres de la nuit et dans la lumière du jour, car on tire la Couleur de l’amertume qui est dans son gosier et le rouge se prend dans son corps comme l’arc (Mot illisible : l’art (?), la raie (?)) pur de son dos. Comprenez donc le don de Dieu, recevez le et cachez le soigneusement aux insensés, car il a été tiré des cavernes des métaux, sa pierre est minérale et animale, brillante par sa couleur, montagne élevée et une vaste mer. Je vous ai découvert la vérité ; lorsqu’il commence à noircir, nous appelons cela la clef de l’OEuvre, parce que sans la noirceur, rien n’y réussit. Car cette noirceur est la teinture que nous cherchons et avec laquelle on teint tons les corps, elle était cachée dans son laiton, comme l’âme l’est dans le corps humain, ainsi quand vous travaillerez, faites en sorte d’avoir cette couleur noire, parce que alors vous serez assuré de la putréfaction et vous n’aurez qu’a continuer en toute assurance notre ouvrage, mais il faut bannir de notre Magistère l’impatience et la précipitation comme des tentations du démon ; o bénite nature, bénite est aussi ton opération parce que tu fais de ce qui est imparfait, le parfait même avec une véritable putréfaction qui est noire et sombre, ensuite tu fais produire des choses nouvelles et différentes et avec ta verdeur tu paraîtras de différentes couleurs.

Ceux qui ont étudié de près et avec application les opérations de l’OEuvre ont remarqué dans la Putréfaction que la matière s’épaissit et se convertit en terre, qui dans le commencement se tient élevée sur l’eau, et qui s’épaississant de plus en plus tombe peu à peu et se précipite dans l’eau, an fond du vaisseau, où elle est au-dessous de l’eau, ils ont remarqué aussi que cette terre est jaunâtre noire et bourbeuse et ils ont assuré qu’alors la putréfaction est faite. Allumez votre feu philosophique dans le fourneau et faites dissoudre toute la matière en Eau. Donnez lui dans le commencement un feu doux jusqu’à ce que la plus grande partie soit convertie en terre noire, ce qui se fait en vingt et un jours.

N’oubliez jamais qu’il ne faut qu’une seule chose, qu’il faut qu’elle se corrompe entièrement et qu’elle devienne noire.

Soyez bien assidu à cette opération , jusqu’à ce que la teinture paraisse sur l’eau, laquelle teinture doit être de couleur noire et quand vous verrez paraître audessus de l’eau cette teinture, soyez sûr que tout le Corps est fondu, et alors il faut continuer le feu doux jusqu’à ce qu’il s’élève de la matière des vapeurs obscures, car l’intention des philosophes est que le Corps qui est d’abord dissous en poudre noire, rentre dans son Eau et qu’il ne s’en fasse qu’un seul tout, c’est à dire que toute la matière doit se réduire en eau, sans cela vous ne réussirez point du tout.

On demande dans combien de temps la pierre devient noire et quelle est la marque assurée que la dissolution de la pierre est entièrement faite. Le Philosophe répond à ceci que dès que la noirceur parait la première fois c’est un signe certain de la Putréfaction et de la dissolution de la Pierre, et que quand la noirceur ne parait plus du tout, c’est une marque infaillible de l’entière putréfaction et dissolution de la Pierre.

On demande aussi si les vapeurs noires durent dans la pierre durant quarante jours.

Le Philosophe répond qu’oui et quelquefois plus et quelquefois moins de temps, selon la quantité de la matière et selon que l’ouvrier a plus on moins d’industrie ; car il ne faut pas plus de temps pour dissoudre une grosse masse qu’une petite et un savant ouvrier est plus capable de conduire l’OEuvre qu’un autre moins habile.

La terre est putréfiée et purifiée dans quarante jours plus on moins, selon qu’il y a plus on moins de matière. On fait dissoudre l’or pour le réduire dans sa première matière, c’est à dire afin qu’il devienne véritablement Soufre et argent-vif, parce que quand l’or est changé dans cette première matière, il devient capable de faire de bon argent et de bon or, ainsi on doit le purifier et le laver jusqu’à ce qu’il soit véritablement Soufre et argent-vif, qui selon les philosophes sont la matière propre de tons les métaux.

Celui-la donc sera fort recommandable qui saura marier et faire concevoir la femme et qui aura l’industrie de mortifier les espèces et de les vérifier, d’éclairer, de blanchir leur face, car il en naîtra à la faveur d’un feu doux un fils illustre, parce que les vapeurs se rejoindront aux corps d’où elles étaient sorties. Continuez donc votre feu doux jusqu’à ce que la matière soit dissoute en Eau impalpable et que toute la teinture soit sortie en couleur noire, qui est la marque de la dissolution.

Le Dragon mange ses ailes et il produit plusieurs couleurs différentes, car il changera plusieurs fois et en plusieurs différentes manières, de couleur jusqu’à ce qu’il ait attrapé la blanche.

On ne doit point donner à manger à l’animal que quand il à faim et soif et il n’en a plus après trois jours. Ici est né le dragon, les ténèbres sont sa demeure et l’obscurité y règne. Or la mort et les ténèbres sont chassées de cette mer, le dragon y arrête les rayons du Soleil et notre Fils qui est mort ressuscitera ; le Roy viendra du feu et se mariera. Enfin les choses cachées se feront voir et notre fils vivifié s’élèvera au-dessus du feu et des teintures.

Dans le plus noir de tous les noirs, dans lequel plusieurs différentes couleurs paraîtront, le lait de la Vierge se blanchira et notre fils vivifié résistera an feu et s’élèvera au-dessus de la teinture ; pur l’argent vif sublimé de laiton duquel on fait toutes choses, c’est une eau claire et la véritable teinture qui dépouille le laiton de sa noirceur, car il est le Soufre blanc qui seul peut blanchir le laiton qui enchaîne les esprits et les empêche de se dissiper. Apprenez que le col du Vaisseau est la tête du corbeau que vous ferez mourir et il naîtra la Colombe et ensuite le phénix, alors estimez vous parfaitement heureux, notre Magistère à savoir le blanc et le rouge est compris en ce peu de paroles.

Ici se fait la cendre précieuse, parce que les vapeurs noires et de différentes couleurs se sont réunis à leurs Corps d’où elles s’étaient élevées, et l’eau et la terre se sont jointes ensemble. Or comme la Nature n’a point d’autre mouvement que celui que le feu lui donne, si vous savez bien ménager le feu, il vous suffit avec l’eau. Car l’un et l’autre nettoient, purifient et nourrissent le Corps et en ôtent la rouille et la Noirceur ; et l’eau qui est dans le laiton s’attache et s’unit à la terre aussi naturellement que le fer à l’aimant. Faites donc quatre fois la même opération avec le même feu et en dernier lieu fixez notre terre en la calcinant et alors vous aurez suffisamment donne à la Précieuse terre de la Pierre toutes ses façons.

Or calciner n’est autre chose que dessécher et réduire en poudre, ne craignez donc point de continuer le feu, jusqu’à ce que la Cendre soit faite, et alors soyez persuadé que vous avez fait un heureux mélange de vos matières. Ne négligez donc point cette Cendre, mais ayez soin de lui réunir la sueur et la vapeur, qui en est sortie.

L’Eau étant donc desséchée entièrement et changée en terre, sera putréfiée pendant quelques jours sur un feu doux, jusqu’à ce que la couleur blanche paraisse dessus. Quand l’humidite sera desséchée on pourra voir dans le vaisseau toutes les couleurs imaginables. Faites rentrer dans le Corps ce qui en est sorti et rendez-les fixes et inséparables, c’est à dire que la Noirceur qui est séparée du Corps y rentre et qu’il n’y ait plus qu’un seul Corps.

Je suis l’Elixir pour le blanc, une seule partie suffit pour changer en argent plus excellent que celui des mines, mille parties des métaux les moins parfaits. Blanchissez le laiton et déchirez vos livres, parce que notre matière est une chose peu considérable et elle n’a besoin que d’un peu de secours, celui qui a su me blanchir, me rougira aussi. Le Blanc et le Rouge n’ont qu’une même source et ce qui se fait dans le blanc se fait aussi dans le rouge. Quand vous verrez ces merveilles, vous vous sentirez secrètement pénétré de crainte et d’admiration. Cuisez, pulvérisez, réitérez, et ne vous ennuyez point de réitérer, quoique tout l’ouvrage soit d’une longue haleine, parce qu’il ne se fait que par une longue cuisson.

Sachez que la fleur du Soleil est la Pierre de la pierre. Faites le donc cuire jusqu’à ce qu’il devienne comme un marbre brillant. Ensuite vous le conduirez an rouge, mais auparavant il faut qu’il devienne citrin, qui est une couleur faite du mélange noir avec le blanc. Blanchissez donc le noir et rougissez le blanc, c’est tout le Magistère.

Je suis l’Elixir pour le Rouge qui transforme les corps les imparfaits en or plus exquis que celui qu’on tire des mines. On a l’expérience qu’une partie de cette poudre projetée sur mille parties d’argent vif le congèle et le change en or très pur.

A la fin paraître le roi Couronné de son diadème resplendissant comme le Soleil et brillant comme une escarboucle. Il se fondra comme la cire au Soleil, il résistera an feu, il pénétrera, enchaîne ra et fixera l’argent vif. Or la Couleur lui viendra par le moyen du feu, comme le Sang ne se fait dans l’homme que par le moyen de la chaleur qui réside dans le foie ; ainsi cuisez notre blanc, il deviendra rouge, mais cuisez-le avec un feu convenable, c’est à dire plus fort jusqu’à ce qu’il soit rouge comme le Cinabre, et il n’est pas besoin d’y ajouter rien, soit eau, soit autre chose, jusqu’à ce que le blanc soit devenu parfaitement rouge par une longue décoction, alors vous posséderez la Pierre.

Il reste à parler de l’heure du jour et de la saison ou l’on doit commencer cet ouvrage, car on perdrait son temps et son argent si on entreprenait de le faire autrement.

Je dis donc qu’il faut prendre la pierre avec toute sa substance de laquelle il faut choisir ce qu’il y a de plus pur et de plus subtil et la mettre dans le vaisseau philosophique lequel il faudra fermer philosophiquement et le mettre dans le fourneau au coucher du Soleil le lundi, et depuis la mi-décembre jusqu’à la mijanvier, le Soleil étant dans le signe du Capricorne.

Alors on allumera le feu physique et on le gouvernera d’une manière philosophique depuis le commencement de l’OEuvre jusqu’au commencement de la blancheur. Tout ce régime est appelé purification de la pierre. On ne peut déterminer d’une façon précise la durée de la purification, cela dépend de la manière dont l’artiste travaille assidûment. Lorsque notre pierre est renfermée dans notre vase et qu’elle sent la chaleur du soleil, aussitôt elle se résout en eau. O science de notre art, tu vis dans la lumière et tu as été engendrée dans la lumière, tu as chassé l’obscurité nébuleuse qui est la mère de toute choses.

Fin du livre intitulé le très précieux don de Dieu, écrit par Georges Aurach de Strasbourg et peint de sa propre main l’an 1415 du salut de l’humanité rachetée.

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