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Ours
Ursidae

Données générales

Règne (Classe)FamilleRégimeRépartitionOrigineEntitésVertusAstralité
Animal (Mammifère)UrsidaeCarnivore
Méliphage
Omnivore
+ Alaska
+ Amérique du Sud (Ouest)
+ Asie (Sud, est)
+ Canada
+ États-Unis (Ouest)
+ Russie
Amérique du nordAnimisme amérindien
Artio
Arthur
Thor
Initiation
Guérison
Saturne
Venus
Soleil

Étymologie

Ind.Eur. ṛk̂þos {dérivé d’un potentiel adj. "destruction/destructeur"} :

Lat. ursus
Ita. orso
Fra. ours
Esp. oso
↪ A rapprocher du P.Fin. okci {ours ?} et du Fin., otso {loup/ours/animal sauvage} ainsi que du Prt. urso.
P.Cel. artos
A.Grc. ἄρκτος (arktos)
Gau. artos
↪ A rapprocher de Brt. arzh, du Gal. arth (Arthur) et du Grc. arkoùda
Ind.Ira. hŕ̥tĉas
Skr. ́kṣa (peut-être aussi dérivé de rakshas {monstre}) et par dérive les formes khers/xirs en Pers.)
Ira.O arša/ašša/arrä/ars
P.Fin. (pourtant habituellement hors de la lignée Ind.Eur.) et aussi Fin. karhu
Est. karu
↪ Erzya ovto

Ind.Eur. bher {brun, brillant} ou bien ghwer {animal sauvage}

P.Ger. bernuz/bernô/berô/beron
Nor. bjorn puis björn/bjorn/bjôrn/bjärndyr
Asx. bera
All. bär
Ang. bear
Hol. beer

↪ Pachto bhālū (dont dérive Baloo du Livre de la Jungle de Kipling)
Lat. ferus et ferox qui donnera "féroce"/"fier".
? racine reconstruite proto-malais-polynésienne baʀuaŋ.
↪ Austronésien beruang (ntm. malais et indonésien), Tagalog oso possiblement postérieur.

► Racine PIE. medhu

P.Slv. et V.Slv. medvědĭ (litt. mangeur de miel)
Hon. medve
Pol. niedźwiedź
Rus. miedvied

↪ A rapprocher du Skr. madhuv-ád- {manger des douceurs} et sans doute utilisée pour éviter un tabou sur un mot dérivé de ṛk̂þos.

► Racine non reconstruite des langues ouraliennes :

↪ Same guovža/kuobžâ.

► Racine non reconstruite P.Tur. :

↪ Langues altaïques ayi/ayy/ayuv/ayw/апшақ/айю/аюу/айыу

► A noter l’inuktitut atiqpuq, le haut tanana sresr, le lituanien lokys {litt. le lécheur} (utilisé plutôt que bė́ras {brun}) et le letton lacis, le tamoul karaḍi, le japonais kuma et le chinois xiong dont le sinogramme 熊 décrit une ourse protégeant son ourson entre ses pattes et dont on ne voit que les pattes.

► Les tabous d’appellation que l’on retrouve notamment dans les pays slaves, la Sibérie et l’Amérique du nord servaient à éviter de courroucer l’ours qui "entend tout" et à s’attirer le pardon d’un "proche parent" voire d’un descendant des dieux lors de sa chasse. On notera les appellations suivantes : "Grand-Père", "ancêtre", "Le vieux de la forêt", "celui qui dort l’hiver", "celui qui entend tout", "celui qui marche d’un pas léger", math/matu {Le viril} en Gal. (𝕍 "Matugenos").

Symbolisme général

Symbole solaire dans les mythes héroïques, mangeur de miel (associé à la nourriture d’immortalité) et figure d’évocation de la résurrection et de la renaissance lorsqu’il sort d’hivernation avec son nouveau-né, l’ours incarne une fonction tutélaire, de guérisseur et d’initiateur. Il est à la fois le gardien et le protecteur mais aussi le terrible dévorateur.

↪ C’est également le symbole du nord, ἀρκτικός (arktikos) désignant la Grande Ourse et par extension le nord. Les constellations de la petite et grande ourse, sont des guides de voyages physiques et spirituels.

► Il incarne donc la vie nouvelle et les rites de passage. Eliade note que le rôle de l’ours dans les rites d’initiation est encore notamment transparent dans les mythes des indiens de l’ouest canadien. L’animal semble avoir joué une fonction analogue dans les religions du paléolithique et l’animal a été ensuite substitué à des figures mythiques (démiurge, héros civilisateur, ancêtre).

↪ Il est perçu comme un parent de l’Homme, lui qui est un des rares animaux à prendre le temps de lever la tête et à "admirer" les étoiles.

↪ L’ours est en outre pourvu d’un symbole lunaire dans les mythes de déluge et dans son association avec les déesses.

Occurrences mythiques

Europe

Alchimie

► Le nigredo de la materia prima.

► Énergies affectives dévorantes de l’inconscient.

► Aspect maternel de la Nature.

Christianisme

Représente le Diable, le mal, le rival du Christ (le paganisme). Symbolise la cruauté, l’envie et l’appétit carnivore.

► Le combat de David avec l’ours (Samuel 17:34) représente le conflit entre le Christ et le Diable.

► On pensait, depuis l’antiquité ( 630), que les oursons naissaient informes puis étaient formés par le léchage de leur mère (du chaos à l’ordre). Ainsi ils représentaient le pouvoir régénérateur et transformant du christianisme sur le paganisme. D’où l’expression populaire datée du XVII "d’ours mal léché".

► Des saints s’en servent comme emblèmes : Sainte Blandine (patronne de Lyon, sainte patronne des servantes) parmi le filet, le taureau, le gril et le lion. De même, Saint Gall de Suisse/Saint Gall d’Hibernie et Saint Florentinus.

► Des saints portent son nom : Sainte Ursule ("Petite ourse")/Holda (à mettre en rapport avec Rikshikâ, monstre védique) et Saint Urcisse/Saint Ursanne/Ursicinus

► Des saints en rapport avec les ours : Sainte Euphémie de Chalcédoine morte dans l’arène sous la morsure d’un ours. Saint Corbinien de Freising qui dompte l’ours responsable de la mort de son cheval et l’oblige a porter son fardeau. Même légende pour saint Romedius qui dompte (ou fait dompter par David, son disciple) l’ours encore responsable de la mort de son cheval et en fait sa monture jusqu’a Trente (Le Trentin protège actuellement les derniers ours bruns des Alpes). Et de même encore, Saint Maximin changea un ours en âne pour remplacer le sien.

► Godefroy de Bouillon devient chef de croisade après le récit de sa victoire contre un ours qui attaquait un pèlerin. Il fait ainsi écho à l’histoire de David, défendant ses brebis contre un même ours. Cette légende participera à l’ascension de Godefroy, jusqu’à sa reconnaissance en tant qu’un des 3 preux aux cotés de Charlemagne et du roi Arthur.

Folklore

► L’ours fait l’objet de différents présages météorologiques : Si l’ours hiverne précocement, l’hiver sera rude. Le 2 février, il doit sortir de sa tanière. Si ce faisant il aperçoit son ombre, il fera demi-tour pour dormir six semaines de plus (Transféré à la marmotte par la suite). Pour la Chandeleur l’ours fait trois sauts hors de son trou ; si le temps est couvert il s’en va, s’il fait du soleil, il rentre et ne sort pas de quarante jours.

► Troussepoil/La bête d’Angles/La malebête est un ours de Vendée qui dépouillaient femmes et vaches et que nombres prêtres tentèrent d’exorciser mais sans être assez saint pour le pouvoir. Saint Martin, un ermite local, réussit à le dompter après 5 jours et 5 nuits de prière mais, le menant à la ville d’Angles pour montrer sa victoire, il ne reçut que railleries. En châtiment l’ours fut changé en pierre et placé au pignon de l’Église Notre-Dame-des-Anges d’Angles du haut duquel il se nourrit de la beauté des filles de la ville, les rendant laides par la même.

► En Géorgie, apparitions des ours fantômes.

► Jean de l’ours est une légende du folklore des Pyrénées racontant l’histoire d’un enfant élevé par un ours.

► L’abbaye (puis abbatiale) d’Andlau fondée par Richarde (épouse de Charles le Gros) où fut mis à jour une crypte enfouie grâce aux griffures d’une ourse. Des ours auraient été élevés en captivité au saint même de l’abbaye. Andlau est encore de nos jours, la cité alsacienne de l’ours.

► Dans les fables d’après La Fontaine, différentes fables mettent en scène l’ours. La Lionne et l’Ourse où l’ourse adjure la lionne de calmer ses pleurs inutiles et hypocrites après la mort de son enfant et de cesser de blâmer le destin pour son malheur. L’Ours et l’Amateur des jardins qui tire son origine d’un conte du Panchatantra. L’ours et le Vieillard, pris d’amitié, se côtoient dans un jardin. Mais l’ours voulant chasser une mouche du nez du vieillard lui brise le crâne d’un pavé par la même occasion. Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ; Mieux vaudroit un sage ennemi. L’Ours et les deux compagnons, où deux hommes en peine d’argent vendent a priori la peau d’un ours mais, au moment de le tuer sont pris de peur et ne parviennent qu’à échapper à l’ours en faisant le mort ou en grimpant au sommet d’un arbre.

► Dans Blanche-rose et Rose-rouge, L’ours reconnaissant (le prince) et le nain ingrat qui l’a ensorcelé.

Boucle d’or (avant : harpie aux cheveux d’argent. Boucle d’or en 1904) et les trois ours.

► Dans le conte de la Dispute des deux poulettes, l’ours finit par manger le coupable et menace les poulettes de faire de même avec elles si elles continuent de se plaindre. À rapprocher de Teremok un conte slave traditionnel : une mouche se construit une maison où des animaux de plus en plus imposants viennent habiter jusqu’à l’ours qui détruit la maison et écrase ses habitants, parfois volontairement selon les versions (à rapprocher encore de la fable de l’amateur des jardins).

► Brun/Bruno, l’ours du Roman de Renart qui est pris par la ruse entre un arbre fendu (sort du singe dans le Panchatantra).

► Les fêtes de Mars (Les "Martini" en Roumanie) sont une coutule romaine où l’on fait piétiner les malades par des ours.

► A Arles-sur-Tech il existe une tradition consistant à simuler l’accouplement entre l’ours et la femme (Rosetta) le premier dimanche suivant la Chandeleur.

► Proverbes italiens à rapprocher du penchant de l’ours pour le miel/les délices/le sucre : Donner les poires à garder à l’ours, Celui qui partage la poire avec l’ours en a toujours moins que sa part, L’ours rêve de poires et Prendre l’ours signifie s’enivrer (Comme Balarâma frère de Krishna et les singes dans la Madhuvana).

► Chez les tziganes, on raconte que les montreurs d’ours remontent à un demoiselle ensemencée par un ours qui accouche d’un ourson élevé par les tziganes.

► La famille Orsini est dite descendante du fruit de l’union avec un ours. À rapprocher de la famille du Duc Danois Sivard.

► Dans l’Allemagne moderne, la bile d’ours était supposée soigner une rage de dent.

► La symphonie n°82 de Haydn : L’Ours.

Héraldique

► Emblème des royaumes de Perse et de Russie.

► Emblème de la ville de Berne et de son canton ainsi que de de Berlin (dont l’étymologie renvoi au P.Ger. bernuz).

► Apparaît sur de nombreux drapeaux d’oblasts et de villes de Sibérie.

► Armoiries du Groenland représentant un ours polaire.

► Emblème sur le drapeau de Californie et du Missouri.

► Armoiries de la ville de Madrid : L’ours et l’arbousier.

Polythéisme celtique

► C’est un génie tutélaire.

► Attribut de la déesse Artio ((litt. "Ourse") et de Artaius dieu ours de la nature, de la déesse de la guerre Andarta (grande ourse) et secondairement de Arduinna, déesse de la faune.

Dans le cycle arthurien, on localise le moment de la mort d’Arthur vers la mi-novembre. Date à rapprocher du 11 novembre (Saint Martin), correspondant à l’entrée de l’ours dans sa tanière, la porte de l’autre monde, vers Avalon "terre des pommes" (Rappelons à ce propos le rôle néfaste et fatidique de la pomme dans la légende de Pâris et celle d’Atalante, tous deux recueillis par des ourses).

► L’épisode de la mort d’Arthur où il enserre tel un ours Sir Lucan jusqu’à le tuer dans certaines versions.

► Autre date marquante, l’enlèvement de l’épée, hors du rocher. C’est un passage de l’ombre à la lumière et véritable initiation pour Arthur. On situe cet événement autour de la chandeleur, le 2 février. Correspond au réveil de l’ours à la fin de l’hiver.

► Citons aussi la lutte d’Yder contre l’ours retrouvé après son évasion dans la chambre des femmes, qui marquera en tant que rite de passage son entrée dans le cercle d’Arthur qui lui vouera cependant une certaine animosité.

Polythéisme finnois

Väinämöinen raconte dans le Kalevala que Mielikki, déesse des forêts et de la chasse est la nourrice de l’ours qu’elle à recueilli sous forme d’un flocon envoyé par Ukko. Il précise que le pin et le bouleau servirent à constituer les crocs et les ongles de l’animal.

► Dans le polythéisme magyare, Ildikó, déesse de la lune, des forêts et de la fertilité à l’ours pour attribut.

Polythéisme grec

Attribut d’Artemis la "toujours vierge", qui préside aux accouchement. Elle participe ainsi au symbole féminin et maternel de l’ourse, protectrice de la virginité et de la fécondité, fécondité qui arrive par une génération "divine", venue d’en haut, i.e. du nord.

► Iphigénie, fille d’Agamemnon, qui sera changée en ours par Artémis avant son sacrifice orchestré par son père. Elle semble être par la suite la fondatrice du sanctuaire de Brauronia, dédié à Artémis, où le sacrifice.

► Polyphante, suivante d’Artémis et ayant comme elle fait vœu de chasteté, est poussée dans les bras d’un ours par Aphrodite pour qui ce genre de vœu représentait un outrage. Elle donna de cette union deux féroces individus : Agrios et Orios. Arès, par pitié pour leur sort leur donnera à tous trois une forme plus enviable : Un hibou et deux vautours.

► Les jeunes filles prenant part aux rites d’Artemis à leur neuf ans étaient appelées "Oursonnes" ("arktoi"), portaient des robes jaunes/des peaux d’ours et imitaient les ours par leurs danses. Ces rites servaient à l’apprentissage féminin de la fécondité et de l’accouchement. Ils sont probablement dérivés de rites anciens dont l’origine se trouvait à Brauronia et où le sort des oursonnes fut vraisemblablement plus sinistre.

► Hors Artémis protectrice de la nature, l’ours est aussi l’attribut d’Atalante fille de Iasos (roi d’Arcadie) dont une ourse aurait pris soin et éduqué avant qu’elle soit recueillie par les hommes.

Callisto fille du roi Lycaon (d’ailleurs lui-aussi roi d’Arcadie, la terre des ours) et nymphe d’Artémis. Elle fut changée en ourse par cette dernière (ou par Héra selon les versions) après sa séduction par Zeus (changé en Artémis). Elles sont placée dans le ciel par Zeus avec son fils illégitime Arcas (la petite ourse) pour leur éviter un châtiment plus cruel.

► Pâris fut recueilli par une ourse.

Polythéisme scandinave

► De nombreux toponymes d’Europe prennent leur racine dans l’ours et notablement en Scandinavie.

► L’animal est attribué à Thor dons l’un des surnoms dérive du nom de l’ours (Thor-Thorbiörn).

► L’ourse Atla et l’ours Atli sont les principes féminin et masculin.

► Gleipnir, le lien de Fenrir, est tissé des forces d’un ours entre autres (bave d’oiseau, barbe d’une femme, bruit de pas d’un chat, souffle d’un poisson, racines d’une montagne).

Les berserkir, mot norrois pouvant signifier "Peau d’ours". Ces guerriers revêtaient la peau d’un animal puissant pour en acquérir la force et le courage jusqu’à atteindre le bärenhaftigkeit l’état bestial de l’ours.

► Il existe un conte balte dans lequel le renard fait pécher l’ours avec sa queue qu’il perd dans l’eau glacée. Son origine se trouverait dans les alentours des pays baltes vers 800, sa diffusion fut cependant telle, qu’on en retrouve 3 versions en Afrique et pas moins de 13 chez les amérindiens. De même, ce thème est évoqué dans le recueil du Roman de Renart où la gloutonnerie de l’ours l’amène dans un piège tendu par Renart.

► Le folklore danois relate l’histoire d’une jeune fille violée par un ours et donnant naissance à un monstre.

► Skioldius quatrième roi du Danemark aurait, étant jeune homme, dominé un ours à mains nues. Le rite de passage étant accompli par delà la nécessité de simplement combattre un ours. A mettre en parallèle avec Baudouin Bras-de-Fer et Godefroi de Bouillon.

► En Islande, l’histoire d’Odd, féroce tueur d’ours, aurait commencé alors qu’ayant tué un de ces derniers, il le mangea et devint un être mi-homme, mi-animal.

► Il est répandu que se baigner dans le sang de l’ours/du dragon servait à en acquérir sa force, par exemple Beowulf.

► La férocité et la domination de l’ours à donné le mot "Bär", pour "chef de guerre". À rapprocher du français "baron". La parenté de personnages forts avec l’ours se retrouve chez le duc Sivard, et son père Beorn, et son grand-père Bero… De même les sagas de Bjarki, de Bodvar... font état d’une même descendance.

Polythéisme slave

► On fait état de nombreux contes où apparaît un ours anthropomorphique (souvent appelé Misha/Mikhail).

► Conte recueilli par Afanassief où l’ours trompé par le lièvre se retrouve coincé dans un tronc d’arbre. Un paysan le délivre en échange de l’emplacement d’un rucher et fait la promesse de ne pas dévoiler la bêtise de l’ours face au lièvre. Le paysan rompt cependant son vœu et l’ours prévoit de se venger. Cependant le renard le prévient et le paysan élabore le stratagème suivant : Il promet comme pénitence de porter l’ours dans un sac sur son dos et de faire trois fois le tour de son champ. L’ours est berné, et une fois dans le sac est roué de coups jusqu’à sa mort. Ce conte est à rapprocher d’un autre où l’ours se venge de la piqûre d’une abeille (la trahison du paysan) et dans sa colère provoque la ruche entière qui le torture de toutes part. Une morale évidente met en cause le manque de modération de l’ours face à une peine légère, ce qui le mène à de plus grands maux.

↪ Le renard vient encore au secours du paysan dans un autre conte. Après que ce dernier ait trompé l’ours par deux fois (en ayant semé des navets la première et en laissant à l’ours tout ce qui sortira de terre, en ayant semé du blé la deuxième et en laissant à l’ours ce qui croît en terre). Ce conte semble être à rapprocher de deux contes allemand et norvégien où l’ours est remplacé par le Diable.

► La Fable de Krilloff raconte l’histoire du quatuor musical composé d’un ours, d’un singe, d’un âne et d’un taureau. À rapprocher d’un conte où l’ours chante si bien qu’il trompe la bergère et lui vole ses brebis.

► Un mythe varié et répandu des deux cotés du Caucase parle du fils de l’ours comme d’un chasseur de dragon. Sa version primordiale s’articule ainsi : Un enfant naît d’un ours et d’une femme ; Acquiert l’intellect de l’Homme et la puissance de l’ours ainsi que certaines caractéristiques physiques ; Il venge sa mère de son rapt/viol par l’ours ; Il accomplit des prouesses surhumaines ; Il tue un dragon ; En sauve une vierge qu’il refuse d’épouser. Ce mythe semble avoir inspiré de part sa composition, le conte Le gnome de Grimm, la légende de Beowulf voire même l’Odyssée d’Homère.

Orient

Chamanisme sibérien

► Présence de nombreux contes de transformations d’homme en ours et inversement ainsi que d’accouplement entre femmes et ours donnant naissance aux chasseurs les plus valeureux.

► La dépouille de l’ours débarrassée de sa peau ressemble à celle de l’Homme.

► Chez les Samis, un chasseur tuant un ours devient impur et doit prendre part à une retraite et à un rituel de purification.

► La fête de l’ours en Sibérie est une cérémonie très complexe où après la chasse d’un ours on conservait sa dépouille durant la fête. On la considérait en outre, comme invité d’honneur à qui on demandait pardon par un discours rituel.

► Chez les peuples Ob-ougriens (Les Mansi et Kanthy) Il est le fils de Num-torem le dieu de leur paradis. En cela aussi la chasse de l’ours devient un rite où l’on sacrifie un dieu. Les os de l’ours sont conservés intacts et enterrés dans la même position qu’ils auraient dans un ours vivant pour faciliter sa renaissance. Une variante de ce rite fait placer la dépouille dans un arbre pour permettre à l’ours l’ascension et son retour à la vie sauvage.

► Chez les lapons, Leib-olmai "L’homme-aulne" est un esprit de la foret, gardien des ours que l’on retrouve parfois peint sur des tambours sous la forme d’un homme-ours. On lui donne des arcs et des flèches en offrande. Et il est associé au rite de chasse de l’ours par l’utilisation d’une substance a base d’aulne dont on enduit le visage des chasseurs.

► Dans les chants du Kalevala, l’esprit de l’ours est désigné par les expressions otso, ohto, kontio, metsän kuningas et mesikämmen.

► Les Inuits reconnaissent Nanuq comme étant un esprit, chef des ours et juge rituel de la chasse.

Hindouisme

► En Inde, Jāmbavān, est appelé aussi bien rikshapârthiva {roi des ours} que mahâkapi {grand singe}. Il est possible que l’animal mythique qu’est le singe, fut remplacé petit à petit par l’ours dans les civilisation qui le côtoyait plus.

↪ Jâmbavân conseil aussi à Hanumân et Angada dans leur expédition vers Lankâ (la forteresse de Ravana) de se rendre à Kishkindha où ils tombent sur madhuvana, la forêt du miel, qu’ils pillent et ravagent. (Voir l’ours mangeur de miel, origine du nom slave de l’ours).

► On retrouve aussi l’aspect sage et tutélaire de l’ours dans sa relation avec Hanumân qu’il amène à son plein potentiel. De même, l’aspect guérisseur de l’ours est représenté par son utilisation de la plante Vishalyakarni/Ayapan, issue des dieux et connue pour son pouvoir curatif.

► Les singes et les ours forment l’armée de Râma.

► Il est fait mention dans le Râmâyana de la création de la Grande Ourse : Le roi Triçanku après avoir été maudit par les fils de Vasishta devient un Chandala, décrit comme couvert d’une peau d’ours. Avec l’accord de Viçvâmitra, il emprunte son corps comme déguisement pour entrer au ciel. Indra s’en aperçoit et le précipite dans le vide mais Viçvâmitra l’arrête au niveau des sept rishis. Au niveau donc de la Grande Ourse.

► En Inde, les ours sont considérés comme bénéfique contre la maladie, les enfants se voient parfois posé sur le dos d’un ours ou bien offrir une amulette contenant un poil de leur fourrure.

Muisme

► Dans le mythe coréen de Tangun, un tigre et un ours (Ungnyeo) vivent ensemble dans une grotte. Ils demandent à Hwanung de les transformer en hommes. Hwanung leur confie une recette : manger l’armoise sacrée et vingt gousses d’ail en se cachant de la lumière du jour pendant cent jours. L’ours, après avoir jeûné, obtient un corps de femme. Le tigre ayant rompu le jeûne après trois fois sept jours, conserve son apparence. Ensuite, "l’ourse", seule, prie pour un enfant au près de l’arbre sacré betula davurica. Hwanung se métamorphose et l’épouse. De leur union naît Tangun, Prince et Seigneur du Santal qui fondera Pyongyang avec son peuple : les Chosons.

Shenisme

► Dans le chamanisme, l’Ours et le Pêre des hommes. C’est un esprit du monde souterrain, gardien de l’entrée des grottes. Animal lunaire, c’est aussi un messager des esprits de la forêt. Il a la capacité de se régénérer pour rejaillir plus puissant et vaincre les forces naturelles et surnaturelles.

► La médecine chinoise traditionnelle continue d’utiliser de nombreux produits issus de l’ours.

Shintoïsme

► Représente la bienveillance et la sagesse, la bravoure et la force. C’est un héros culturel et un messager chez les Aïnous.

Amérique

Chamanisme amérindien

Représente le pouvoir surnaturel. Il symbolise la force, le courage ainsi que les tornades, les tourbillons et les trombes. Il est souvent dénommé "Frère"/"Grand-Mêre"/"Grand-père". On estime son âme semblable à celle de l’Homme et on assure qu’il comprend la parole humaine. Dans de nombreux mythes, l’ours a forme humaine, marche sur deux pattes, voire emporte des jeunes filles qui le prennent pour un homme jusqu’à son village d’ours et donne naissance à des oursons qui, de retour au village d’origine retirent "leurs manteaux" et deviennent des petits garçons qui sont d’excellents chasseurs.

► C’est un maître guérisseur par les plantes. Sa peau est souvent portée par les guérisseurs. Revêtir une peau d’ours aide à ne faire qu’un avec le pouvoir surnaturel de la forêt.

► Le collier en griffes d’ours est pour les hommes valeureux, responsables d’actes de bravoure.

► Les Micmac estiment descendre de l’ours.

► Les Chippewas surnoment l’ours "vieil homme en manteau de fourrure" ou bien "femme de la forêt/des collines".

► Les Ojibwas considèrent l’ours comme un principe féminin associé aux menstrues. Les jeunes filles avant leurs premières règles se font appeler wemukowe {sur le point de devenir ours} puis, le jour venu, mukowe {elle est un ours}.

► Une légende Slaveys raconte qu’un ours noir détenait des sacs contenant vents, pluie, froid et un dernier contenant soleil, lune et étoiles. Une compagnie d’animaux (castor, lynx, élan, buffle...) part dans le monde du ciel pour élucider le mystère d’une nuit et d’un déluge neigeux qui ne finissent pas. Arrivés à la hutte de l’ours noir, ils dérobent le sac contenant le soleil mais après une période où la neige fond et la sécurité semble revenir, la nature se déséquilibre et les animaux ne peuvent plus communiquer ensemble.

► Une légende Navajo raconte qu’un ours est en fait un chasseur/chaman changé en animal.

► Dans le Nouveau-Brunswick, on croyait qu’un ours blessé, retournait à sa caverne pour appliquer de la mousse sur ses plaies

► Il existe une légende des Nez Percés (Nord-Ouest américain) dans laquelle un mariage entre ours et homme à lieu.

► La danse de l’ours est la danse rituelle de guérison. Le peuple Plains-Cree pousse le jeu de la ressemblance avec l’ours au maximum, avec le port de masques et de peaux d’ours. On y demandait longévité. Les Hesi imitaient à la perfection le grizzly durant cette "danse" (Maidu pano-ng-kasi et Miwokuzu-mati). Chez les membres de la société de l’ours de Pawnee, la danse prenait une signification solaire alors que les danseurs recevaient le pouvoir curateur de la part du soleil, en plaçant leur paumes de main dans sa direction. Chez les Fox et les Iroquois (le nyagwai’oeno), on retrouve la même gestuelle dans cette danse, à laquelle prenaient part aussi bien les femmes que les hommes. Les Cherokees, dans leur yona ajoutaient à cette danse des mouvements de griffures comme le faisaient les Fox. Les Poncas avaient de même leur matcogahri.

► Un mythe répandu parmi les tribus des territoires du nord-est ainsi que chez les Kutenais plus à l’ouest raconte qu’un enfant perdu est recueilli et élevé par une ourse. Une nuit, le grand ours prévient que les Hommes réclament leur aide. Ils s’en vont et reviennent avec les prières et vœux des Hommes gravés sur des pipes. Ils trient les pipes selon qu’elles font preuve d’un vœu réel où d’une raillerie à leur encontre. Ces dernières sont gardées et leurs auteurs seront effrayés par l’ours pendant l’été. La seconde fois, à la veille de l’hiver, le petit enfant recueilli prend lui aussi part à la récolte et à la lecture des pipes. Au printemps, il est renvoyé chez les Hommes avec un message des ours leur demandant de ne prier qu’avec sincérité car ils font très bien la différence.

► Les Pueblos, les Keresans, les Tewans, les Hopis et les Zuni font de l’ours leur plus grand patron au sein de leurs guérisseurs. Leurs chamans "appellent l’ours" avant de se transformer et d’acquérir les pouvoirs curatifs de l’animal. Ils peuvent se transformer en ours aussi bien que l’ours peut se transformer en Homme. À leur mort, ils sont censés rejoindre les esprits des ours. Chez eux, l’ours à donné aux Hommes la racine d’aster, ou racine de l’ours, qui une fois mâchée, plaçait le chaman dans une transe qui lui permettait d’entrevoir les raisons de la maladie chez une personne.

► Les Sioux font de l’ours le chef des animaux guérisseurs : ses griffes sont idéales pour déterrer les racines curatives (il en est de même pour le blaireau, qui prend une bonne place dans les sociétés de guérisseurs chez les Indiens), et son caractère bienveillant malgré sa puissance prend une signification particulière en ce sens.

► Les Apaches, notamment Chiricahuas, racontent l’histoire du coyote ayant tué un ours et voulant se faire un carquois de sa peau. Malgré les avertissements il s’en va et, après avoir posé le carquois contre un arbre, voit l’ours revenir à la vie et le chasser jusque dans la bouche du gaufre à poche.

Folklore

► En Louisiane, une croyance qui veut que rêver de combattre un ours présage des persécutions. En revanche, rêver d’un ours qui court signifie la joie.