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Georges Gémiste
Gémiste Pléthon, le second Platon

Données générales

PériodeLieu
GénéralXVGrèce
Naissance1355Constantinople, Empire Byzantin (ajd. Istanbul, Turquie)
Décès1452 ( 97 ans)
Cause
Inhumation
Mistra (Grèce) puis Temple Malatesta à Rimini (Italie)

DomaineCourantOrdre
Philosophie
Théologie
Théosophie
Néo-platonisme
Zoroastrisme

RelationsNom
Influence
ParPlaton
Proclus
Zoroastre
SurMarsile Ficin

Repères biographiques

► Il fait ses études à Andrinople auprès d’un philosophe musulman, Elisha qui l’initie à Zoroastre, Aristote et à la kabbale. Vers ses 52 ans, il voyage avant de s’établir à son lieu de naissance, Constantinople afin d’y donner des cours. Peu orthodoxe, il s’attira les foudres du clergé et manqua d’être emprisonné pour hérésie, si bien que l’empereur byzantin Manuel II - qui le tenait en haute estime - préféra l’exiler à Mistra auprès de son fils Théodore II, alors centre artistique et intellectuel.

► Épaulé par à sa connaissance encyclopédique et son approche éclectique des religions (il participe à répandre l’idée d’une transmission ininterrompue de sagesse entre des initiés), il continua d’y donner des cours, rédiger des ouvrages et compiler des textes se rapportant aussi bien à la philosophie, qu’a l’histoire ou l’astronomie. Il aura également donné un enseignement ésotérique fondé sur le concept des vérités présaisies ; On sait du reste, qu’il estimait juste la réincarnation et qu’il accordait bonne place à l’imagination et aux symboles. Il devint également premier magistrat de Mistra et écrivit des textes, dont son Traité des lois, pour une réforme religieuse, politique et militaire de son pays à l’image de la République. Même si ses projets ne virent pas le jour, il en tira une grande réputation.

► À déjà plus de 80 ans, en 1439, il est délégué byzantin en qualité d’intellectuel notoire afin de conseiller Jean VIII Paléologue, au concile théologique d’union entre les Églises d’occident et d’orient. D’abord organisé à Ferrare, le concile est transféré à Florence. Peu intéressé par les débats, il est invité par des Humanistes florentins à donner des discours sur les différences entre Platon et Aristote. Aristote dominait à l’époque la pensée européenne et les démonstrations de Pléthon en faveur de Platon ne ne manqua pas d’attirer l’attention de Cosme de Médicis qui admiratif, se décide à fonder l’Académie platonicienne de Florence. Pléthon aura entre autre amené les Oracles Chaldaïques en Europe. Revenu à Mistra, nommé au sénat, il continua à se considérer comme un philosophe, débattant avec ses disciples le long de l’agora. Dix ans après sa mort, son corps fut déplacé à Rimini par l’envahisseur vénitien. Bessarion dira de lui qu’il était une réincarnation de Platon.

Œuvres choisies

  • Traité des vertus, 1394.
  • Des différences entre Platon et Aristote, 1439.
  • Traité des lois, 1440 1452 Lien vers l’œuvre sur Remacle

Citations

Venez à nous, Dieux arbitres de la raison, qui que vous soyez, en quelque nombre que vous soyez, vous qui présidez à la science et à la vérité, qui les distribuez à qui bon vous semble, suivant les décrets du père tout-puissant, du roi de toutes choses, Jupiter. Sans votre assistance, nous serions incapables d’accomplir une si grande œuvre. Venez donc guider nos raisonnements, et accordez à cet ouvrage d’obtenir le meilleur succès possible, et d’être comme un trésor toujours ouvert à ceux d’entre les hommes qui veulent mener dans la vie publique ou privée la conduite la plus belle et la meilleure.
Traité des lois
Or les hommes ne peuvent être malheureux que lorsqu’ils sont méchants ; ainsi personne ne veut être méchant, puisque personne ne veut être malheureux : c’est donc contre sa volonté et par erreur qu’on devient méchant ; par conséquent aucun méchant n’est libre, c’est le privilège des hommes honnêtes et vertueux. Que si les Dieux châtient les méchants, le but qu’ils se proposent et auquel ils aboutissent, n’est pas la punition en elle-même, mais le redressement des fautes.
Traité des lois
Ce mélange de deux natures, l’une mortelle et l’autre immortelle, dans l’homme, nous jugeons qu’il a été fait d’après les ordres de Jupiter, en vue de l’harmonie universelle, par les Dieux qui nous ont créés. Ils ont voulu que ces deux éléments de toutes choses, l’essence mortelle et l’essence immortelle, s’unissent dans la nature humaine qui est placée comme au milieu d’elles. En effet, pour être complet et entier, l’Univers devait contenir, rapprochés et soudés ensemble, ces deux éléments, le mortel et l’immortel ; c’est ainsi qu’au lieu d’être divisé et déchiré il forme un système réellement un. Car, de même que dans l’Univers bien des choses fort différentes entre elles peuvent s’unir grâce à leurs limites communes, de même l’essence mortelle et l’essence immortelle s’unissent dans la nature humaine qui leur sert à toutes deux de limite.
Traité des lois
Ces Oracles désignent par feu, la divinité, par terre et sol, la nature mortelle, et ils appellent Puissance du Père, et Intellect paternel, et deuxième Intellect, le deuxième dieu, qui vient après le Père, et qui détient le deuxième rang du gouvernement de toutes choses. Ils appellent iynges, les intellects qui lui sont apparentés, ou formes séparées, et qui sont les supports inflexibles du monde ; ils les appellent iynges, montrant par le nom de l’iynge, qu’elles attachent les choses d’ici-bas amoureusement à elles. Ces Oracles appellent acte, le rite religieux, l’acte de piété, et parole sacrée, la parole qui a trait à la religion. Quand ils disent que dans les flancs gauches de la couche réside la source de la vertu, ils veulent parler de la puissance de la vertu, qui convient au côté gauche de notre âme ; par ce qu’elle a de vierge, ils veulent dire qu’elle est aussi impassible ; ainsi, son acte d’une part, convient au côté droit, et d’autre part, à cause de son intermittence, il n’est pas impassible. Quand ils disent que notre âme se glorifie de l’harmonie, ils veulent parler de l’accord et de l’union du Tout, qui surviennent en notre âme par sa communication avec le corps mortel, bien qu’elle soit immortelle, toutes les réalités immortelles et toutes les réalités mortelles communiquant les unes avec les autres. Quand ils appellent surface, le pneuma de notre âme et le véhicule contigu, ils ne veulent pas dire que c’est réellement une surface, car c’est un corps, mais par le mot surface, ils désignent ce qu’il a de très subtil. Et ils appellent ce même pneuma, image, bien qu’il porte cette âme véhiculée, et qu’il entre avec elle dans le lieu lumineux de tout côté qu’ils appellent encore paradis. Le résidu de la matière désigne ce corps-ci qui est mortel, et ils ordonnent de ne pas l’abandonner avec indifférence quand il dépérit, mais de le sauver autant que possible. Ils disent que les chiens terrestres, c’est-à-dire ce qui est vu pendant les rites et provient des passions de ce qu’il y a de mortel en nous, sont des apparitions sans consistance, advenant à ceux qui n’ont pas encore mis en ordre leur âme, et qu’elles ne signifient rien de vrai. Quand ils appellent mauvaise, la matière, ils ne veulent pas dire qu’elle est mauvaise absolument, en effet, ils ne diraient pas alors qu’elle a pour rejetons des choses bonnes et utiles, mais ils disent qu’elle est mauvaise, du fait qu’en comparaison avec toute l’essence spécifique, elle est la dernière de toute la nature essentielle. Quand ils disent que le Père s’est soustrait lui-même, ils mettent en évidence ce qu’il y a d’exceptionnel dans sa divinité, et le fait qu’on ne puisse pas le compter avec l’ensemble des autres dieux.
Brève explication de ce qui est dit de plus obscur dans ces Oracles