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Memento Mori

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Données générales

Date de stabilisationLieu de la stabilisationLieu d’utilisation principalÉquivalents approximatifsÉléments d’ensemble
d.XV (Bijoux et monuments)Europe de l’ouestPays Chrétiens L’Ars moriendi Squelette
Tête

Descriptions

Présentation

► {Souviens-toi que tu vas mourir} est une devise de l’ars moriendi {art de la mort}. Il s’agit d’une philosophie qui s’élabore dans le moyen-âge chrétien et accouche à la renaissance avec Jean Gerson et son Opusculum tripartitum pour fleurir jusqu’au XVII. Le sujet est la mortalité Humaine, le rapport qu’il convient d’adopter face à la mort et par extension à la manière que l’on a de vivre.

Sôma-sêma {Corps-tombeau}, elle implique une vision ascétique de la vie, et une focalisation sur sa survie post-mortem plutôt que sur l’amassement de la gloire et des richesses matérielles car Sic transit gloria mundi {Ainsi passe la gloire du monde}, acte qui serait ainsi considéré vanité (Vanité des vanités ! dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités ! Tout est vanité. (Ecclésiaste I :2)) et qui impliquerait le purgatoire, sinon l’enfer : Dans toutes tes actions souviens-toi de ta fin, et tu ne pécheras jamais. (Siracide, VII :36).

En toute occasion on peut repousser le travail spirituel et/ou l’exhortation du nosce te ipsum {Connais-toi toi-même} mais Tous disent : "Plus tard, quand nous auront conquis le loisir et le calme". (Le Grand œuvre, Grillot de Givry, 1907), jurant pouvoir les accomplir dans un temps indéterminé mais puisque Et in Arcadia ego {Et en Arcadie je suis} et que tempus fugit {Le temps fuit}, c’est d’un effort immédiat et définitif de la volonté que vient l’éveil. C’est en effet le même type de réflexion sur la mort qui entraîna Bouddha à commencer son ascèse lorsqu’il vit les quatre signes.

Cette philosophie à donné lieu à de nombreuses expressions artistiques notamment dans l’architecture funéraire avec le transi puis dans les arts picturaux avec la danse macabre, les vanités et le thème de La Mort et la Dame. Il déborda enfin sur la littérature avec les Fleurs du mal de Baudelaire : Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor ! et le cinéma avec Le Septième Sceau.

Histoire

► Si on en croit Tertullien (Apologétique, XXXIII), la phrase prendrait son origine dans les paroles qu’un esclave glisserait au victorieux général romain paradant lors de la cérémonie du triomphe alors qu’il tient la couronne de laurier au dessus de sa tête : Regarde derrière toi ! Souviens-toi que tu es homme !.

Mais c’est plus sûrement avec le stoïcisme que ce concept prend forme : Non : la nature ne nous donne pas trop peu : c’est nous qui perdons beaucoup trop. Notre existence est assez longue et largement suffisante pour l’achèvement des œuvres les plus vastes, si toutes ses heures étaient bien réparties. Mais quand elle s’est perdue dans les plaisirs ou la nonchalance, quand nul acte louable n’en signale l’emploi, dès lors, au moment suprême et inévitable, cette vie que nous n’avions pas vue marcher, nous la sentons passée sans retour. et Et tandis qu’ils entraînent et sont entraînés, qu’ils s’arrachent le repos les uns aux autres, artisans réciproques de leur infortune, leur vie passe sans fruit, sans plaisir, sans nul progrès moral ; pas un qui se place en présence de la mort, pas un qui ne pousse à l’infini ses prétentions. J’en vois, hélas! qui réglementent pour le temps même où l’on n’est plus : masses gigantesques pour leurs tombeaux, monuments publics à inaugurer sous leur nom, et ce bûcher où combattront des gladiateurs, et tout l’orgueil de leurs obsèques. En vérité, ces gens-là devraient être enterrés comme s’ils fussent morts enfants : c’est aux torches et aux bougies qu’on mènerait leur deuil. (De la brieveté de la vie, Sénèque).