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Âne
Equus asinus

Données générales

Règne (Classe)FamilleRégimeRépartitionOrigineEntitésVertusAstralité
Animal (Mammifère)EquidaeHerbivore+ Afrique
+ Asie centrale
+ Moyen-Orient
AfriqueVesta
Idiotie
Entêtement
Grivoiserie
Saturne

Symbolisme général

► L’âne pour les peuples indo-européens souffre d’une image négative et est conçu comme une caricature du cheval. Dans l’imagerie populaire il est associé à la bêtise et l’entêtement déraisonné. Prolongement de cette idée, l’âne musicien est dans l’iconographie médiévale, l’image de l’homme impatient qui ne sait pas apprendre. Cette image populaire tire son origine du conte de Phèdre où l’âne trouvant un instrument et s’essayant à en jouer ne peut en sortir que des braiements et s’empresse bien vite de jeter l’instrument, se plaignant de ne pas avoir appris à jouer.

Apulée dans ses Métamorphoses conte la métamorphose d’un Homme, Lucius, en âne. Il s’agit du châtiment de l’esprit qui s’est laissé aller aux plaisirs terrestres. Dans le Roman de Renart, Balduinus {Baudouin} représente en outre la grivoiserie, ce qui achève d’acoquiner l’âne avec le Diable dans l’imagerie médiévale.

► Dans L’Ourse du Pentamerone, "Cacauro" l’âne est néanmoins un rempart contre l’inceste dans cette version primitive de Peau d’âne. Cette idée est à rapprocher de la légende de Prajapati en Inde : revêtir une peau d’animal prend ici le même sens que dans la tradition chamanique, la jeune fille s’appropriant ainsi les attributs.

► Bien que grivois et idiot l’âne n’est pas un symbole de perversité, si il fait le mal, c’est par forfait et ignorance mais non par volonté : il fait surtout ce qu’il lui plaît. Au contraire du cheval, c’est la monture que l’esprit ne parvient pas à dominer, il n’y a pas d’union des deux et l’âne se dirige où bon lui semble. Cette obstination, qui provient de l’éducation ou du dogme, de l’émotion ou de principes, si elle n’est pas soutenue par la raison, peut cependant être protectrice ou même représenter l’ambulation mystique qui peut alors s’affranchir de cette même raison et de ainsi, du doute.

Occurrences mythiques

Europe

Alchimie

► L’âne Timon apparaissant dans une gravure de Nazari 🗎⮵. C’est la signature saturnienne de la materia prima.

Christianisme

► C’est, dans la Bible, un animal impur, il représente les plaisirs sensuels et terrestres. C’est néanmoins la monture du Christ à plusieurs reprises. Il assiste même à la naissance de se dernier au sein de la crèche où il sert de pendant au bœuf : l’âne à gauche de Jésus, le bœuf à sa droite. En outre, il transporte la Vierge pendant leur fuite d’Egypte. Cet épisode est reproduit le jour de la "fête de l’âne", dans une messe célébrée à Beauvais, où une jeune fille montée sur un âne figurait la Vierge.

Hildegarde von Bingen voit l’antéchrist tel une bête immonde aux oreilles d’âne. Mais il est aussi un attribut de saint Antoine de Padoue et de saint Félix de Cantalice.

Polythéisme celtique

► La képhalonomancie est un augure par l’utilisation d’une tête d’âne. Elle fut possiblement utilisée par les peuples germaniques mais aussi par les anciens hébreux.

Polythéisme grec

► Légende du cordier : aux enfers, le cordier tresse un corde aussitôt dévorée par une ânesse. C’est ainsi l’image de la personne dépensière qui consomme à tout va.

► C’est un attribut de Priape : l’âne par son braiement, mis en garde une jeune nymphe dont Priape cherchait à abuser.

Apollon coiffa Midas d’oreilles d’âne quand celui-ci se moqua de lui. Midas tenta de cacher au monde sa difformité sous un bonnet phrygien. C’est le bonnet d’âne des mauvais élèves, symbole de la honte publique.

Polythéisme romain

► C’est un attribut de Vesta. Les Vestalia, fêtes consacrées à Vesta, donnaient lieu au couronnement d’ânes avec des fleurs.

Afrique

Polythéisme égyptien

► Il est un attribut de Seth. Des gâteaux à son effigie étaient en outre donnés en offrande au dieu Typhon.

► L’âne est la monture de divinités et des défunts dans l’au-delà.

► Comme pour le porc, son utilisation sacrée donnait lieu à un sacrifice rituel. Mais la viande de l’animal n’était point consommée.

Moyen-Orient

Judaïsme

► Crée dès le sixième jour, il servit à porter le bois pour le sacrifice d’Isaac par Abraham.

► Il transporta la femme de Moïse lors de la traversée du désert.

► Symbole de gentilité. Pour les sémites en général, l’âne qui a été domestiqué pour le travail est traité avec respect comme on peut le trouver dans la Genèse (49.14) : Issachar est un âne robuste, qui se couche dans ses parcs..

► Mentionné dans la légende de l’ânesse de Balaam. Balaam prit parole contre son maître pour lui reprocher sa dureté face aux israélites qu’il s’en allait réprimander. On retrouve dans ce récit (malgré les nombreux contre-exemples) le rôle de conducteur que l’on prête habituellement au cheval, où la monture apporte une lumière nouvelle à l’esprit de son cavalier.

Orient

Hindouisme

Monture de divinités infernales.

Taoïsme

► L’âne blanc sert de monture aux immortels.