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Siddhartha Gautama
L’Éveillé, Sage silencieux des Shâkya, Ainsi-Venu, Auspicieux, Bienheureux, Conquérant, Méritant

Données générales

PériodeLieu
Général-V -IVInde
Naissance-V -IVLumbini (ajd. Népal)
Décès-V -IV (80 ans)Kusinâgar (ajd. Uttar Pradesh, Inde)
Cause
Inhumation
Décès volontaire
Indigestion
Corps brûlé et dispersé dans divers lieux sacrés

DomaineCourantOrdre
Philosophie
Psychologie
Théologie
Bouddhisme 🎓

RelationsNom
Entourage
AdversaireDevadatta
CousinDevadatta
AmiAnanda
Influence
MaîtreArada Kalama
Rudraka Ramaputra
DiscipleAnanda
Moggallana
Sariputta
SurBouddhisme
Bodhidharma

Repères biographiques

► En tant que fondateur d’une religion, la vie de bouddha mêle histoire et hagiographie et en conséquence, l’extraordinaire et le symbolique se mêle à la vérité historique. Sa biographie est ainsi difficile à retracer avec certitude mais des recherches philologiques et archéologiques ont pu établir la réalité de son existence. Il naquit prince kshatriya de la lignée des Shakya dont le royaume, Kosala, était situé sur l’actuel Népal. Sa mère Māyā, le conçut en rêve où la bouddhéité la pénétra sous la forme d’un éléphant blanc. Elle mourut sept jours après lui avoir donné naissance et il fut élevé par sa tante.

► À sa naissance, on raconte qu’il fit sept pas vers les points cardinaux, une main vers le sol et l’autre vers le ciel en affirmant qu’il mettrait fin à la souffrance, chacun de ses pas produisant une fleur de lotus. Outre que sa naissance fut prédite par 24 voyants, il portait à sa naissance, les 36 marques signifiant son statut. Il fit montre dès sa jeunesse, de grandes qualités tant en terme de personnalité que par la quantité et la précision des signes annonciateurs de son destin. On le tint à l’écart des souffrance de ce monde, lui enseignant la guerre, l’administration et les lettres afin d’en faire le successeur de son père. Il se maria à seize ans et eut un enfant.

► À 29 ans, confronté à la vieillesse, la maladie et à la mort mais aussi à la vision d’un religieux, il fuit son statut pour chercher des solutions à ces maux. Il rencontre lettrés et sages mais déçu, il se retire dix ans afin de vivre en shramana {ascète errant}. Après des années rigoureuses, accompagné de cinq disciples, cette vie ne le convainc pas non plus. Il finit par y renoncer et ses disciples le quittent. Formulant alors le vœu de suivre une voie sans excès et de ne plus bouger avant d’avoir atteint l’illumination, il s’assied au pied d’un figuier à Bodhgaya.

↳ Il y fut tourmenté par Mârâ, démon de la mort de la passion, durant 49 jours, qui utilisa les armes de la violence et de la séduction contre lui. Ne pouvant le détourner de son but, à force de concentration et de méditation, il atteint l’éveil à la réalité essentielle par l’extinction des passions, le soustrayant au samsara. Il obtint ainsi le sachchidânanda {Existence-connaissance-béatitude} à 35 ans. D’abord rebuté par l’incommunicabilité de son expérience, il se met à prêcher, poussé par ses cinq anciens disciples qui revinrent vers lui, subjugués par son rayonnement et devinrent le cœur de la sangha {communauté} naissante.

► Il se rendit ensuite ensuite de ville en ville dans le nord-est de l’Inde, où il répandit son message par la prédication et jeta les bases de la communauté bouddhique, mendiant pour subvenir à ses besoins. Il fait son premier sermon au Parc des Gazelles, non loin de Bénarès. Il y énonce ses quatre nobles vérités et met en mouvement la Roue de la Loi. Le roi du Magadha, Bimbisâra, devient un adepte laïc et fait donc d’un monastère à Sakyamuni, non loin de Rajgir. Devant son succès, son cousin, jaloux, se résolu à prendre la place de Shakyamuni et se résolu à l’assassiner. Son plan échoua, mais il parvient à créer une scission dans la sangha en prônant l’ascétisme que le bouddha avait rejeté. Il mourut à 80 ans, un jour de pleine lune, après des épreuves tant oratoires que personnelles, couché sur le coté et le sourire aux lèvres, peut-être à cause d’une intoxication alimentaire raconte le Mahāparinibbāṇa Sutta. Il n’aura laissé aucun écrit, son enseignement étant oral. À sa mort, le partage de ses reliques provoquèrent des dissensions et il fut décidé de les répartir en huit part dans des stūpas.

◆ L’enseignement de Bouddha se résume dans les quatre nobles vérités, la coproduction conditionnée et le karma. Ces vérités sont : duḥkha, l’universalité de la douleur, samudaya, l’apparition et la cause de la douleur qui est la soif de jouissance sensuelle, nirodha la cessation de la douleur par l’abolition du désir et mārga la voie menant à la cessation de la douleur par l’octuple sentier ou chemin du milieu. Ces huit sentiers sont un exercice juste de trois catégories d’actes répartis dans la sphère de la morale, de l’énergie et de la sagesse : l’action (ne pas porter atteinte aux bonnes mœurs), la parole (ne pas mentir, bavarder ou médire) et le travail (ne pas nuire aux autres êtres), l’effort (de cultiver le bon et d’écarter le mauvais), la conscience (de toutes les activités psycho-physiques) et la concentration (dans le dhyâna), la compréhension (des quatre nobles vérités) et le discernement (bienveillance universelle). Ces enseignements seront la base des développements ultérieurs du mahayana et du vajrayana.

Bouddha est d’abord un titre. Il désigne strictement, et de façon exclusive dans l’hīnayāna, un Homme ayant reçu à force d’efforts successifs dans ses réincarnations, l’illumination parfaite, un "éveillé", et qui est détenteur des quatre nobles vérités. Conséquence de leur application, il échappe au samsāra, aux désirs et aux cognitions erronées, et s’épanouit ainsi dans le nirvana, délivré de la nécessité de se réincarner. Il s’agit donc de la dernière incarnation d’un être, qui voit sa conséquence matérielle dans la disparition de son corps après sa mort. Ce bouddha, malgré ces mérites, à un corps périssable et sujet aux tracasseries inhérentes à ce corps quoiqu’il est marqué de signes spécifiques (32 majeurs, 80 mineurs) manifestant sa purification karmique.

↳ Il existe deux sortes de bouddha : samyaksambuddha, considéré plus parfait par le mahayana et le pratyekabuddha. L’un par compassion, délivre un enseignement, l’autre pas. En conséquence, Shakyamuni, le "bouddha historique", n’est pas le seul ni le premier bouddha. Le theravāda dans sa Chronique des Bouddhas (in Collection mineure in Corbeille des enseignements) fait état de prédécesseurs dans ce kalpa qui avaient également découvert et prêché le dharma ; et de même, d’autres bouddhas seront à venir, Maitreya, succédant directement à Shakyamuni. Les jātaka, populaires dans la littérature bouddhique, font en outre un exposé de la vie de Shakyamuni dans ses incarnations antérieures, alors qu’il n’était qu’un bodhisattva.

↳ Poursuivant le processus de mythification à partir du mahāsāṃghika, le mahayana abouti à une conception du bouddha compris comme un principe abstrait dont l’action outrepasse la réalité visible et dont le siège surpasse la conception précédente du nirvana en y ajoutant une notion de fluence, c’est l’apratisthitanirvana {nirvana non localisé} qui le rend à la fois conscient de la vacuité mais aussi plein de compassion. Afin de relier cette conception au bouddha historique, le mahayana s’approprie et développe la doctrine des trikāya {trois corps} du Canon pali : nirmânakâya {corps de métamorphose}, sambhogakâya {corps de jouissance}, dharmakâya {corps de Loi}.

↳ Le premier, représente le corps physique, quoique subtil contrairement au caturmahabhutikaya du Canon Pali et qui se manifeste par compassion. Le second désigne le psychisme accumulant les mérites en plus d’être l’intermédiaire permettant de communiquer avec les autre univers comme le manomayakaya. Il sont tout deux illusoires, rūpa {formels} et peuvent être multiples. Le dernier des trois corps est arūpa {informel}, et la nature réelle de tout les êtres et représente la doctrine, comme le dhammakaya, quoiqu’il est supra-physique éternel. Ce dernier corps demeure néanmoins unique pour chaque bouddha, qui se différencie du commun en ce qu’il a conscience de ce corps subtil.

↳ Dans cette conception, Shakyamuni s’efface alors progressivement vis à vis de nombreux bouddhas qui manifestent chacun une partie de l’adibouddha qui lui, est la représentation de l’absolu. Cette nature-de-bouddha fondamentale est dans le mahayana, universelle, c’est-à-dire, présente en chaque être animé qui verra immanquablement cette nature se manifester.

■ Les hindous considèrent Bouddha comme la neuvième incarnation de Vishnu. L’histoire du Bouddha a été bien connue en europe à partir du XII : Saint Josaphat protagoniste du livre Barlaam et Josaphat est son équivalent chrétien.

Citations

Il ne faut jamais blâmer la croyance des autres, c’est ainsi qu’on ne fait de tort à personne. Il y a même des circonstances où l’on doit honorer en autrui la croyance qu’on ne partage pas.
Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire.
Une conscience troublée par les désirs ne peut se libérer ; et une sagesse troublée par l’ignorance ne peut se développer.
J’ai prêché la vérité sans faire de distinction entre exotérique et ésotérique, car a l’endroit des vérités Ananda, le tathagata ne pratique pas des choses telles que le poing fermé du maître, qui garde des secrets.
Tripitaka B : Suttapikata, I : Dîghanikâya, 16 : Mahâparinibbâna-sutta
Que croyez-vous qui soient les plus nombreuses, les feuilles que je tiens dans ma main ou celle qui sont à cet arbre au dessus de nous ? […] Ainsi en est-il des choses que j’ai découvertes et que je ne vous ai point déclarées. Et pourquoi ne l’ai-je pas fait ? Parce qu’elles ne conduisent pas à la délivrance de la Douleur.
Tripitaka, B : Suttapikata, III ; Samyuttanikâya
Il est normal pour vous, ô Kalamas, de douter et d’être incertains ; l’incertitude s’est levée en vous à propos de ce qui est douteux. Allez, Kalamas. Ne vous fiez pas à ce qui a été acquis du fait de l’avoir entendu de façon répétée ; ni du fait de la tradition ; ni du fait de la rumeur ; ni du fait que ça se trouve dans une écriture ; ni du fait d’une supposition ; ni du fait d’un axiome ; ni du fait d’un raisonnement spécieux ; ni d’un parti-pris en faveur d’une notion à laquelle on a pu réfléchir ; ni du fait de l’apparente habileté de quelqu’un d’autre ; ni du fait de la considération ’Ce moine est notre maître spirituel’. O Kalamas, lorsque vous savez de vous-mêmes : ’Ces choses sont mauvaises ; ces choses sont blâmables ; ces choses sont condamnées par les sages ; si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent au dommage et au malheur’, abandonnez-les.
J’ai tout surmonté, je sais tout, je suis immaculé au milieu de toutes les choses, renonçant à tout, libéré par la destruction de la soif, ayant obtenu par moi-même la Connaissance surnaturelle, qui désignerais-je comme mon maître ? Pour moi, point de maître. On ne trouve personne semblable à moi, je suis l’incomparable instructeur, je suis l’arhat en ce monde. Seul, je suis complètement éveillé.
Majjhima Nikaya : I,167 (Trad. Lilian Silburn)
N’interrogez pas le silence car il est muet… c’est en nous même que nous devons chercher la délivrance.
Quel que soit le nombre de saintes paroles que vous lisez, que vous prononcez, quel bien vous feront-elles si vos actes ne s’y conforment pas ?
Nous sommes ce que nous pensons. Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde.
L’homme qui, au lieu de mettre de l’huile dans sa lampe, l’alimente avec de l’eau, ne dissipera pas les ténèbres qui l’entourent.
Qu’elle soit ouverte à tous, la porte de l’éternité ! Que celui qui a des oreilles entende !
Tripitaka, À : Suttapitaka, III : Majjhimanikâya, I.
La force est l’arme de ceux qui ont tort.
Un sot a beau demeurer des années en contact avec la science, il ne connaîtra pas plus le goût de la science que la cuillère plongée dans la sauce ne connaît le goût de la sauce.
Tous les êtres vivants sont bouddha et ont en eux Sagesse et vertus.
Rien n’échappe à la censure des hommes ; ils critiquent celui qui demeure silencieux, ils blâment celui qui parle, ils murmurent contre celui qui prêche la voie droite. Mais cela importe peu ; faites le bien et laissez parler les autres !
Ne croyez pas les individus, fiez-vous aux enseignements ; ne croyez pas les mots, fiez-vous au sens ultime, ne croyez pas l’intellect, fiez-vous à la Sagesse.
L’homme qui s’attache à cueillir les plaisirs comme des fleurs, est saisi par la mort qui l’emportera comme un torrent débordé emporte un village endormi.
De même qu’un singe qui prend ses ébats dans la forêt saisit une branche puis l’abandonne aussitôt pour se raccrocher à une autre, ainsi, ce que vous nommez pensée, connaissance, se forme et se dissout sans cesse.
Il y a quatre pensées illimitées : l’amour, la compassion, la joie et l’égalité d’âme.