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Nicolas Flamel
Le faiseur d’or

Données générales

PériodeLieu
GénéralXIV XVFrance
Naissance 1330 Pontoise, France
Décès22 Mars 1418 ( 88 ans)Paris, France
Cause
Inhumation
Eglise Saint-Jacques-de-la-Boucherie (Détruite)

DomaineCourantOrdre
AlchimieChristianisme

RelationsNom
Entourage
ÉpousePerenelle
MaîtreCanchès
Influence
SurAlchimie occidentale
Folklore occidental
Albert Poisson

Repères biographiques

► Bachelier ès-art, Flamel est d’abord écrivain public au quartier du Charnier-des-Innocents puis, suivant les déambulations des tabellions qui émigrent à proximité de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, il se fait libraire-juré près du Cimetière des Innocents à Paris. Flamel confectionne des psautiers et des livres d’heures, se livre à la calligraphie. On attribue à Flamel une fortune considérable qui lui permis de faire de nombreux travaux d’aménagement dans ledit cimetière, dont le Portail des Innocents en 1409, un portail de l’Église Saint-Jacques-la-Boucherie (dont il ne reste que la Tour Saint-Jacques) ainsi que le financement d’hospices et d’églises. Cette fortune de 4000 écus d’or, qu’il légua dans un copieux testament, pourrait être simplement, note Figuier, du à son sens aigu des affaires et à son mariage entre 1360 et 1365, avec une riche veuve, Dame Perenelle qui lui légua tout ses biens à sa mort en 1397. Mais sa légende rapporte néanmoins une autre version, faisant de Flamel, à l’instar de Jacques Cœur, un alchimiste et raconte qu’il aurait payé ces travaux avec l’or alchimique.

↪ La légende rapportée dans Le Livre des figures hiéroglyphiques, raconte que le libraire achète un mystérieux livre en 1357 dont la page de garde indique qu’il fut écrit par Abraham le Juif. Le livre, dont l’acquisition lui fut prophétisée en rêve par un ange est hermétique, cabalistique. Il est signé "Abraham le juif, prestre, lévite, astrologue et philosophe" et représente allégoriquement des opérations alchimiques qui lui étaient indéchiffrable, opérations ayant pour objet de mener à l’obtention de l’or alchimique. Après plusieurs tentatives infructueuses, il part donc en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle en 1379, afin de rencontrer un érudit juif dans une synagogue espagnole qui accepte de l’aider. Sur la route du retour, à Léon, il est mis en relation avec un médecin juif converti au catholicisme, maître Canchès, qui lui donne les clefs de l’ouvrage mais décède peu après. Cette situation est emblématique de l’ésotérisme du moyen-âge où alchimie et kabbale allaient de paire dans la démarche spirituelle. Revenu enfin de ce voyage, le livre lui était ouvert. Il est notable que l’on retrouve une structure initiatique analogue dans le parcours d’Abraham ben Siméon relatée dans le Livre d’Abramelin. A force de labeur et de patience, épaulé par sa femme Perenelle durant trois ans, il pu accomplir l’œuvre alchimique transformant :

● Du mercure en argent le 17 janvier 1382 vers midi.

● Du mercure en or le 22 avril 1382 vers cinq heures.

↳ Il employa son art afin de procéder à divers œuvres de charité et de couvrir l’Église de ses largesses. La rumeur fut telle que Charles VII diligenta une enquête après sa mort, quoique Borel dans ses Antiquités Gauloises (pp. 161-162) rapporte que Flamel donna de la poudre au souverain afin de se prémunir de son avarice. Après sa mort, sa réputation était si établie que des pèlerinages avaient lieu sur sa tombe et que l’on s’introduisait encore trois siècles plus tard dans sa maison afin d’y découvrir quelque secret.

On connaît peu de choses de sa vie, le personnage allégorique se mêlant à l’homme véritable dont on connaît l’existence par nombre d’actes officiels. Il n’en reste pas moins qu’il est sans doute le plus célèbre des alchimistes du moyen-âge français, sinon de toute la discipline. Plusieurs apocryphes furent de plus écrits sous ce nom. Flamel, figure ainsi l’archétype même du chercheur d’or et avec Perenelle, pieux hermétistes, ils sont devenus le symbole de la quête alchimique accomplie, harmonisant recherche spirituelle et devoirs moraux. La légende raconte qu’ils devinrent immortels.

↳ Il aurait simulé la mort de sa femme qu’il aurait envoyé l’attendre durant vingt ans en Suisse. Sur les dires d’un derviche des Usbecs rencontré à Bursa, Paul Lucas a rapporté que Flamel aurait été vu aux Indes au XVIII (Le comte de Saint-Germain affirma lui-même l’avoir rencontré là-bas). Alexis Monteil dans son Histoire des Français des divers états rapporta aussi une anecdote similaire et qu’un vieux clerc lui aurait confié que Flamel travaillait encore dans son ancien quartier, dans un laboratoire souterrain dont il donne la description. Dans sa Lettre à M.***, l’abbé Villain, auteur de la fameuse Histoire critique de Nicolas Flamel, parle de la présence supposée de Flamel, Perenelle et leur enfant à Paris en 1761. La légende entourant le personnage n’est pas sans évoquer celle d’un autre alchimiste célèbre : le comte de Saint-Germain.

𝕍 la maison du Flamel historique, rue de Montmorency à Paris. On trouve encore son testament à la Bnf (une transcription est également disponible). Pour approfondir enfin : Nicolas Flamel, Albert Poisson, 1891.

Œuvres choisies

  • Le Livre des laveures (Livre des régimes), XV (𝕍 La vraie pratique de la noble science d’alkimie (BNF Mm. FR.19978)).
  • Le sommaire philosophique, 1551 (Première publication dans De la transformation métallique de Robert Duval où ce dernier l’attribue à Flamel sous prétexte que l’allégorie des dragons lui parait correspondre à ceux figurés au portail des Innocents).
  • Le Livre des figures hiéroglyphiques, 1612 (Première publication dans Trois Traictez de la philosophie naturelle, prétendument traduit d’un manuscrit perdu de 1399).
  • attr. Le désir désiré, 1629.
  • attr. Alchimie de Flamel (Le Bréviaire), 1750.
  • attr. Le Livre d’Habraham le Juif, 1750.

Citations

L’accomplissement du Grand Œuvre rend l’homme bon, il arrache en lui les racines de tous les péchés, notamment l’avarice. L’homme devient alors généreux, doux, pieux, croyant et craignant Dieu. Car dorénavant, il sera de plus en plus pénétré de la Grâce et de la Miséricorde de Dieu ainsi que de la profondeur de son œuvre merveilleuse.
L’alchimie (Flamel cité par Serge Hutin, 1951)
Mais la bonté du très-grand Dieu ne m’avoit pas comblé de cette seule bénédiction que de me donner une Femme chaste et sage, elle étoit encore non seulement capable de raison, mais aussi de parfaire ce qui étoit raisonnable, et plus discrette et secrette que le commun des autres Femmes. Sur tout elle étoit fort dévote ; c’est pourquoi, se voyant sans espérance d’Enfans, et déjà bien avant sur l’âge, elle commença tout de même que moi à penser à Dieu, et à vacquer aux œuvres de miséricorde.
Ces Figures Hiéroglyfiques serviront comme de deux chemins pour mener à la vie céleste. Le premier sens plus ouvert, enseignant les sacrés Mistères de notre Salut, ainsi que je démontrerai ciaprès. Et l’autre, enseignant à tout Homme, pour peu entendu qu’il soit en la Pierre, la droite voye de l’Œuvre, laquelle étant parfaite par quelqu’un, le change de mauvais en bon, lui ôte la racine de tout péché (qui est l’Avarice) le faisant libéral, doux, pieux, religieux et craignant Dieu, quelque mauvais qu’il fût auparavant. Car après cela il demeure toujours ravi dans la grande grâce et miséricorde qu’il a obtenuë de Dieu, et de la profondeur de ses Œuvres divines et admirables.
C’est icelui l’émerveillable caducée de quoi sermonnent tous les sages en leurs livres, et affirment qu’icelui a pouvoir de faire tout seul l’œuvre philosophal, et leur dire est vrai comme ai avisé à œuvrer par icelui mercure tout seul et ainsi que pourras maîtriser si telle est ta fantaisie car icelui et non d’autre est la nature proche et la racine de tout métal […]
Mais se trouve ici épine anxieuse avec voire même impossible d’œuvrer si Dieu ne révèle le susdit secret ou que maître ne le baille, car mercure ne se marie mie avec Saturnie régale sans une chose qu’est cachée en engin droit à examiner comme se fait et se laboure, car si ne sais l’engin comme se fait ladite vaillance et paix avec le susdit vif argent, trouveras rien qui vaille