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Hildegarde de Bingen
La sibylle teutonique

Données générales

PériodeLieu
GénéralXIIAllemagne
Naissance16 septembre 1098 Château de Bermersheim, Allemagne
Décès17 septembre 1179 (81 ans)Ruppertsberg, Allemagne
Cause
Inhumation
Abbaye Sainte-Hildegarde d’Eibingen (Eibingen, Allemagne)

DomaineCourantOrdre
Mysticisme
Musique
Poésie
Médecine
Christianisme
Mystique Rhénane
Canonisation 🎓
Ordre de Saint-Benoît 🎓

RelationsNom
Entourage
RencontreBernard de Clairvaux
Influence
SurMystique rhénane

Repères biographiques

► Elle est la dixième enfant d’une famille noble et sera élevée par une recluse. Elle manifestera très tôt son attirance pour la religion ainsi que ses dispositions pour le mysticisme puisqu’elle témoigne à trois ans de ses premières visions sous la forme d’une intense lumière. Elle entre ainsi dès huit ans dans un couvent bénédictin et reçoit la consécration des vierges. À l’age de 38 ans, elle en devient abbesse. Elle fondera par ailleurs une abbaye à Rupertsberg en 1147 et une filiale à Eibingen en 1165.

► Elle voyagea en Allemagne et en Franconie afin de servir d’arbitre dans les conflits et de prêcher contre les péchés tant des clercs, que des moines et des laïcs. Elle entretiendra des correspondances avec les papes et les rois de son temps, plaidant et admonestant pour une réforme de l’Église qu’elle estimait naviguer en des temps efféminés et être pleine de maîtres et prélats endormis qui ont laissé la justice de Dieu. On compte plus de cent quarante missives qui permettent de prendre connaissance de sa pensée et de sa vie spirituelle. Ses correspondants, moines, prêtres ou laïcs, voyaient en elle un prophète et un directeur spirituel. Malgré cette notoriété et ses prédications, elle n’influencera que peu le moyen-âge.

◆ À 43 ans, elle prendra soin de faire consigner les visions qu’elle a eut dans plusieurs ouvrages, ce faisant, elle rédige les premiers traités de mysticisme allemands ainsi que la première moralité connue. Ces écrits contemplatifs et visionnaires, où elle précise qu’elle n’est que l’instrument de Dieu et estime rendre fidèlement et sans rien altérer ce qu’elle reçoit, seront approuvés par le pape Eugène III et son maître et ami saint Bernard alors qu’ils traversaient les pays rhénans. Elle produira également plus de soixante-dix chants liturgiques, hymnes et séquences.

↳ Pour Hildegarde, la connaissance de soi est le fondement de toute connaissance et il faut se préserver des méfaits d’une imagination désordonnée qui troublant la paix de l’âme, prive de la focalisation sur ce qui est essentiel. Elle fait montre dans ses commentaires sur ses visions, d’un recul critique et descriptif des opérations psychologiques et physique qui la traversent. Si elle témoigne bien d’une rupture, entre son état usuel et celui prophétique, ses visions n’entraînent aucune suspension des sens ou de la conscience, elle se déroulent à l’état de veille. Elle affirme ainsi avoir conscience que ses visions passent au travers des sens de l’âme alors que ceux physiques sont encore en activité.

↳ Les visions théosophiques d’Hildegarde sont avant tout collectives et historiques, il ne s’agit pas d’une mystique individuelle. Elle estimait percevoir l’ombre de la lumière vivante sortant de Dieu, lumière dans laquelle elle voyait la lux vivens {lumière vivante} d’une totale pureté. Pour elle, l’expérience prophétique se distingue de la divination, en ce qu’elle consiste en une réappropriation du verbe rendu possible par le sacrifice du Christ et dont le but est de décrire les merveilles spirituelles et transmettre les décrets divin. Elle a pour objet de sauver un maximum d’âmes avant la fin des temps, qui bien qu’elle soit inéluctable n’est pas prochaine : nul millénarisme ou messianisme chez Hildegarde. Dans son Scivias, elle use du registre de la prédication dans un lyrisme apocalyptique. Elle décrit en l’articulant autour de liens analogiques, une cosmogonie, la chute des anges, des Hommes et en conséquence, de la nature. Elle poursuit ensuite sur l’histoire du salut universel par l’intermédiaire du verbe qui microcosme et macrocosme confondus, épouse mystiquement l’humanité souffrante qui peut dès lors et au prix d’efforts, restaurer sa place et celle de la nature dans le cosmos. Dans son Livre des œuvres elle commente l’Évangile de Jean puis développe au travers d’une suite de visions spatiales et harmoniques, une anthropologie débouchant sur une cosmologie. Dans son Livre des mérites enfin, elle fait montre dans une perspective apocalyptique d’un ouvrage important de la psychomachie médiévale.

◆ En plus d’une puissante intuition, elle disposait d’une culture universelle aussi bien ecclésiastique que scientifique, elle prolonge en cela la pensée de l’École de Chartres dans laquelle elle accentue la poétique d’Alain de Lille pour la rendre plus intime. Elle suscitait l’admiration de ses confrères et contemporains, en produisant des commentaires et rapprochements lumineux de l’Écriture. Elle se distinguera en outre dans la philosophie naturelle en décrivant la nature et par l’emploi des simples et des minéraux à usage médical. Enfin, elle créera également une langue artificielle : la Lingua Ignota {Langue inconnue}. Ses écrits à connu le succès par l’intermédiaire du Speculum futurorum temporum {Miroir des temps futurs}, compilation des œuvres de l’abbesse réalisée par Gebeno d’Eberbach.

■ Elle est béatifiée en 1244 par Innocent IV puis canonisée le 10 mai 2012 par Benoît XVI. C’est dans l’Abbaye Sainte-Hildegarde d’Eibingen que sont conservées ses reliques.

Œuvres choisies

  • Le livre des œuvres divines {Liber divinorum operum}, 1163 1174.
  • Le Scivias {Scivias seu Visionnes}, 1141 1152. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Le Livre des mérites de la vie {Liber vitae meritorum}, 1148 1163.
  • Le Livre des subtilités des créatures divines {Physica, sive Subtilitatum diversarum naturarum creaturarum libri novem, sive Liber simplicis medicinae}, 1151 1158.

Citations

Le miroir qui recèle de nombreuses merveilles et qui projette son éclat large et élevé signifie que la science divine, qui recèle de grands mystères inconnus échappant et élevant l’ostension de ses merveilles, procède son son bon plaisir.
Le Livre des œuvres divines
Ainsi l’Homme est la clôture des merveilles de Dieu. C’est DIeu qui ordonne, c’est l’Homme qui pense et c’est l’ange qui détient la science qui lui permet de faire entendre la voix de la louange et l’amour de l’honneur divin.
Le Livre des œuvres divines
Ô, Homme, tu as en toi le ciel et la terre. […] Fais de ce monde un ciel sur la terre.
Tout ce que j’ai écrit en effet lors de mes premières visions, tout le savoir que j’ai acquis par la suite, c’est aux mystères des cieux que je le dois.
Dieu a créé l’homme comme une merveilleuse pierre précieuse, dans laquelle se mire toute la création.
Celui qui ne cherche pas ne trouvera pas. Le fleuve ne coule pas vers les êtres, qui certes le connaissent, mais ne désirent pas le rejoindre. C’est à eux d’aller vers lui, s’ils désirent boire de son eau.
J’eus une vision dont le mystère était si profond, qui tellement me bouleversa, que mon corps tout entier se mit à trembler.
Le croyant qui ne macère pas sa chair par une abstinence appropriée, qui la nourrit de vices et de concupiscences, assimile la graisse des péchés, et, en face de Dieu, il devient un rebut putride.
Dieu va chercher ce que les Hommes méprisent, puisque les Hommes méprisent Dieu.
L’âme est Une symphonie.
L’espérance est comme l’œil de la charité, l’amour céleste est comme son cœur, et l’abstinence comme leur liaison.
Pour apprendre : il faut sonder les profondeurs de notre ignorance.
Quoi que vous pensiez ou croyez pourvoir faire, faites-le. L’action porte en elle la magie, la grâce et le pouvoir…