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Muhammad ibn Abd Allah
Mahomet, Le Messager de Dieu, Le Prophète, l’Élu

Données générales

PériodeLieu
GénéralVI VIIArabie Saoudite
Naissance 570La Mecque, Arabie (ajd. Arabie Saoudite)
Décès8 Juin 632 ( 62 ans)Médine, Arabie (ajd. Arabie Saoudite)
Cause
Inhumation
FièvreMédine (Arabie Saoudite)

DomaineCourantOrdre
Théologie
Mysticisme
Islam 🎓

RelationsNom
Entourage
CousinAli ibn Abi Talib
ÉpouseKhadija bint Khuwaylid
GendreAli ibn Abi Talib
Influence
ParAllah
Gabriel
Bahira
SuccesseurAbû Bakr as Siddîq
SurCulture africaine (nord)
Culture centre-asiatique
Culture moyen-orientale


Repères biographiques

► Issu d’une famille influente, son enfance fut néanmoins pauvre car marquée par le décès de ses proches : ses parents puis son grand-père qui l’avait recueilli, moururent alors qu’il fut encore jeune. C’est son oncle, commerçant de son état qui l’éduqua. On fit volontiers remarquer son caractère déjà sincère, conséquent et alerte. Il entra au service puis épousa à 25 ans, Khadija, une riche et jeune veuve plus âgée que lui. Ce mariage lui permit d’asseoir son influence et sa fortune qu’il avait déjà commencé à amasser en participant dès adolescent à des caravanes de commerce avec l’Égypte, la Syrie et la Palestine.

↳ Ces voyages lui permirent en outre d’entrer en contact avec le christianisme et le judaïsme, notamment au contact de Bahira, moine vraisemblablement nestorien ou mandéiste. La majorité des arabes d’alors pratiquaient un culte polythéiste dont le centre religieux était le temple de la Kaaba et où Allah, en position de démiurge était entouré d’autres divinités tel Al-Lat. On sait en outre que La Mecque d’alors contenait des chrétiens marginaux (nestorien ou ébionite) auquel appartenait Waraqa ibn Nawfal, cousin de Khadija ainsi que des monothéistes indépendants, les ḥanīf et que le futur prophète fréquentait peut-être.

► Vers 610, aux environ de ses 40 ans, il se retire dans le désert, dans une grotte du mont Hira (dite "Grotte de Hira") où il affirme avoir eu une révélation, d’un "être immense", qui l’enjoint à répéter un texte, vison d’abord en songe puis à l’état de veille. Il prend d’abord peur, mais il est encouragé par sa femme et ibn Nawfal qui identifie l’entité à l’ange Gabriel. Après une période de trois ans sans aucune vision où il prêche en privé, elles reprirent de nouveau. Il se décide donc à répandre les vérités de Dieu qui seront plus tard consignées dans le Coran : il prêche sur l’unité de Dieu, le jugement dernier, l’aide aux nécessiteux. Les premiers sahaba {compagnons} sont Khadija, Ali ibn Abi Talib, fils de son oncle et Abou Bakr As-Siddiq, son ami.

↳ Il s’adonna alors livrer publiquement ses visions au polythéisme alors dominant. Même s’il s’attire les faveurs des plus démunis, il subit aussi l’hostilité de plus riches qui craignent pour leur pouvoir et leur revenus, le Prophète étant très critique à leur égard. Ils le somment de faire des miracles (il leur sera répondu que le Coran est en soi un miracle eu égard à sa qualité), humilient, excluent et violentent son groupe. Son épouse et son oncle, décédés en 619 et La Mecque lui étant hostile, il se retire en 622 à Yathrib (future Médine), accompagné de ses disciples, c’est l’Hégire.

► Après s’être remarié avec plusieurs femmes, il édicte de façon oraculaire des règles tant religieuses que sociales à Yathrib, fondant une communauté religieuse ouverte à tous et édifie la première mosquée. Il instaure les prières vers La Mecque - Au détriment de Jérusalem, devant le refus des juifs de Yathrib de se convertir - ainsi que le jeune du ramadan. Il devient par la suite chef de guerre et dirigeant politique, expulsant et confisquant les biens des juifs de Yathrib, massacrant et réduisant en esclavage ceux qui tentent de résister. Après une campagne militaire contre La Mecque et à la faveur d’une trêve avec cette dernière, qui lui permet d’accumuler des richesses en réalisant des pillages sur des caravanes de commerce, il finit par prendre la ville par surprise, appuyé par plusieurs tribus attirées par sa renommée. Il y détruit les idoles et la ville la convertit à sa religion affirmant que sa victoire militaire est une authentification de la vérité de l’Islam.

► Il continue par la suite une politique expansionniste, convertissant et unissant par la diplomatie ou les armes les tribus arabes à l’islam, les soumettant à la zakât {impôt de bienfaisance}. À la fin de sa vie, il accomplit un pèlerinage à la Mecque en 631 - dont il dressa préalablement le rituel, en excluant les non-musulmans - et meurt peu après sans laisser d’indications quant à un éventuel successeur et en pleine révolte des tribus, il n’a du reste jamais eu de fils. Cela mènera suite à des luttes intestines à l’éclatement de l’islam en trois branches principales : chiites, sunnites et kharidjites. Il sera enterré dans la mosquée de Médine.

◆ Mahomet, fondateur de l’Islam, est pour les musulmans, le dernier et le plus grand des prophètes, le modèle de toute vertu. Son rôle pour l’Islam est de transmettre, expliciter et préciser la parole divine par son enseignement et son exemple, faits qui sont recueillis dans les hadîths {dits} et qui ensemble constituent la sunna {loi}. En sus, le Prophète intercède post-mortem le يوم القيامة {Jour de la Résurrection} pour l’humanité. Son message est en effet destiné à l’humanité dans son ensemble et sera valable jusque la fin des temps. Son objet est de faire revenir l’Homme à la religion pratiquée par Abraham, tradition qui est primordiale et immuable.

↳ La personnalité de Mahomet se caractérise par son intransigeance sur la grandeur de Dieu et sa ténacité à faire accepter cette réalité mais aussi sa sollicitude pour les faibles et sa capacité de meneur, réunissant sous sa bannière, les arabes, peuple nomade épris de liberté. C’est par l’imitation psychique de son معراج (Miraj) {ascension} (𝕍 L’ascension du Prophète), que Mahomet accomplit physiquement, que le musulman peut atteindre la sainteté.

■ Contrairement à ses homologues d’autres religions, le message et la vie de Mahomet, produisent des interprétations et des positions contradictoires qui trouvent leur pivot dans son comportement avant et après l’Hégire : si certains l’estiment immoral, méprisant sa violence et sa relation aux mères des croyants ou estiment qu’il aurait dérobé et déformé un enseignement gnostique (Apocalypse de Bahira), d’autres lui vouent en revanche une admiration pour sa lucidité et sa capacité à imposer coûte que coûte le monothéisme, voir une adoration, dont on trouve trace dans les hagiographies décrivant des scènes merveilleuses et des miracles, adoration qui s’étend jusque sa famille et son entourage.

■ Mahomet était illettré, il n’a donc laisse aucun écrit à cette époque où prévalait la transmission orale. Le Coran est une compilation posthume de ses propos. L’islam était aniconique, on ne représente usuellement pas le Prophète sinon de façon symbolique, dans le meilleur des cas en masquant son visage, on trouve néanmoins quelques illustrations persanes et bien entendue étrangères.

Citations

N’est point des nôtres, celui qui ne montre aucune affection envers les enfants, celui qui ne respecte pas les vieillards, celui qui ne recommande de bonnes actions ni n’empêche les mauvaises.
Crains Dieu où que tu sois ! Fais suivre une mauvaise action d’une bonne action, cette dernière l’effacera. Agis avec noblesse de caractère envers autrui !
Celui qui s’engage dans une voie à la recherche d’un savoir, Dieu lui facilitera une voie vers le Paradis.
Puisque la montagne ne vient pas à nous, allons à la montagne.
La patience est la clé du bien-être.
Allah n’est pas bon avec celui qui n’est pas bon envers son prochain.
Ce que vous faites de bien et de mal, vous le faites à vous-même.
Celui qui reste chaste et meurt d’amour meurt martyr.
Ma communauté sera divisée en soixante-douze sectes, dont une seule trouvera le salut.
La délivrance de l’Erreur (Al-Ghazzali)
Le Coran a une apparence extérieure et une profondeur cachée, un sens exotérique et un sens ésotérique ; à son tour, ce sens ésotérique recèle un sens ésotérique ; ainsi de suite jusqu’à sept sens ésotériques
Hadith rapporté par Henry Corbin in Histoire de la philosophie islamique
Donne à manger et salue ceux que tu connais et ceux que tu ne connais pas.
L’ignorant a une foi qui ne dépasse pas ses clavicules.
Le vrai combat ne se livre pas au sabre, mais dans l’âme de l’homme.
Cherchez la science (religieuse) jusqu’en Chine ; la recherche de la science est une obligation stricte pour tout musulman.
Le plus parfait des croyants est celui qui a la meilleure conduite. Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont les meilleurs avec leurs femmes.
Voulez-vous que je vous dise qui sont les gens de l’Enfer ? Toute brute, suffisant et se prenant pour un grand homme.
Celui qui croit en Dieu et au jour du jugement dernier, qu’il dise du bien ou qu’il garde le silence.
Ne te réjouis pas devant les malheurs de ton frère, de crainte qu’Allah n’ait pitié de lui et ne t’éprouve à ton tour.
Le fort n’est pas celui qui terrasse les gens dans la lutte, mais le fort est celui qui reste maître de lui-même dans la colère.
Quiconque tue un moineau ou une créature plus petite sans raison valable aura des comptes à rendre à son sujet.
Si un jeune homme honore un vieil homme en raison de son âge, Allah lui enverra quelqu’un qui le traitera de la même façon dans ses vieux jours.
Agissez pour ce monde comme si vous deviez vivre mille ans, et pour l’autre comme si vous deviez mourir demain.