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Aum

Données générales

Date de stabilisationLieu de la stabilisationLieu d’utilisation principalÉquivalents approximatifsÉléments d’ensemble
II (Mandukya Upanishad)IndePays Dharmiques= Amen
Ek Onkar
Ganesh
Totalité cosmique
Mantras
Verbe

Descriptions

Significations

Quintessence de la théologie du son hindou, plus célèbre et plus important de tout les mantras, la syllabe sanskrite om̐ est, dans les religions dharmiques, principalement dans l’hindouisme (ॐ) et le vajrayana (ༀ), considéré comme la manifestation la plus subtile, large et ainsi fidèle de Dieu qu’il soit possible d’exister dans mâya. Vibration porteuse d’un prana {souffle vital}, il est à même de représenter l’essence de la trimurti non seulement dans sa synthèse mais aussi dans sa supplémentarité.

Toute divinité n’en est ainsi qu’une oṃkārasvarūpa {Forme de aum}, en particulier Ganesh et Nataraja chez qui il y a une forte identification.

Brahman et atman, unissant manifesté et non manifesté, il est l’unité racine dont tout dérive et où tout se résorbe, ce qu’il représente d’un point de vu phonétique en symbolisant toutes les possibilités articulatoires de la voix Humaine provenant de la cavité buccale : langue, du palais et lèvres, bouche ouverte, entrouverte et fermée.

Opérativité

↪ En conséquence, dans la mesure où il est pranava {Son cosmique}, le son primordial ayant servi à créer le cosmos, le logos qui tonne éternellement dans toute la création et donc le substrat de la réalité lorsque elle n’est pas brouillée, il est perçu comme le bîja le plus puissant : porteur d’un pouvoir transformateur capable d’amener ou plus correctement de lever les entraves et de réaliser le divin à qui sait l’écouter et se mettre à son diapason, il est le levain efficace qui répare les erreurs, donne à tout acte une opérativité.

↳ Aussi, à partir du VI, il se place au début de toutes les formules liturgiques à l’instar de l’amen hébraïque, auquel on a voulu le rapprocher et qui pour sa part, se place usuellement à la fin de toute prière.

↪ Ce son prend peut-être son origine dans une imitation chamanique du tonnerre ou du rugissement du tigre et dans le yoga, le son passe pour être audible soit par l’audition de processus physiologiques sanguins ou nerveux, soit par l’entremise d’une ouïe ou d’une vue subtile permettant de percevoir un son ou une vibration dans lesquels baigne la Nature.

Histoire

► Si le son est invoqué dans le Rig-Véda sous la forme du Gāyatrī mantra : Oṃ bhūr bhuvaḥ svaḥ {Aum Terre ! Atmosphère ! Ciel !} c’est dans le Pranava Upanishad que sa théologie est approfondie : Le son Om est la restauration de l’Atman et sa libération. Enfermant son Atman au profond de soi, on doit méditer sur le sens réel du son Om – en s’appuyant uniquement sur l’union avec lui ; alors, on s’élève au-dessus des Védas et on obtient la pleine récompense du suprême Soi intérieur. Tel est le sens du son Om. ainsi que dans divers upanishads comme le Maitrayaniya, Chandogya et le Mandukya : L’inaltérable OM est le Tout / Voici son étendue : ce qui a été, ce qui est, ce qui sera. / Ce qui est au-delà des trois temps / C’est aussi OM. / Car tout ceci est l’Eternel / Et ce Soi est l’Eternel ; / Et ce Soi a quatre degrés.

► Enfin dans la Bhagavad Gita, Krishna, énumérant ses gloires, affirme en 9.17 : De cet univers, Je suis le père, la mère, le soutien et l’aïeul, Je suis l’objet du savoir, le purificateur et la syllabe OM. Je suis également le Rig, le Sâma et le Yajur. puis en 10.28 : Chez les grands sages, Je suis Bhrigu. Parmi les vibrations de son, Je suis OM, la syllabe absolue, et parmi les sacrifices, le japa, le chant des Saints Noms, Parmi les masses inébranlables Himalayas.

► Du reste, dans la mesure où le symbole est très populaire en orient, il est bon de noter que que sa signification religieuse et psychologique s’adapte plus ou moins selon les sectes qui l’emploient : il représente le Namokar Mantra, synthèse des parameshthi pour les jaïns, le phallus de Shiva pour ses sectateurs et Vishnu, sa parèdre et le pratiquant pour les vishnouïtes. Néanmoins son sens principal reste inaltéré et demeure le point commun des nombreux courants de l’hindouisme : Om est l’arc, le Soi est la flèche, brahman est la cible (Mundaka Upanishad, II :4)

Constitution

► D’un point de vu sonore et bien qu’en tant que bîja il soit monophtongue, om̐ peut s’analyser comme composé de trois phonèmes : [A], [U] et [M] (voir quatre avec l’anushvara qui est une nasalisation).

↳ Ternaire correspondant dans son expression la plus élevée à la trimurti et aux gunas, il permet ainsi de dégager un classement analogique pouvant se rapporter à l’une de trois grandes catégories de la manifestation représenté par chacun des dieux : Shiva, la matérialité, point terrestre final et destruction par le temps correspondant à l’abdomen et aux vaishya, Vishnu, flux énergétique développant et préservant l’espace, correspondant à la poitrine et aux kshatriya et enfin Brahma, point d’origine de la création, essence céleste indifférencié hors des contingences et correspondant à la tête et au varna des brahmane.

Graphisme

D’un point de vu graphique, en devanagari, les trois courbes représentent de bas en haut, les sphères physiques, psychiques et inconscientes, soit vishva, l’éveil et ses perceptions, taijasa, le rêve et son psychisme et prajna, le sommeil profond et son intuition. Ils sont graphiquement reliés, afin de signaler qu’ils s’engendrent mutuellement. Si la courbe inférieure du ओ est toujours plus importante que la courbe supérieure, la ligature entre ce dernier et le ँ se fait à différents endroits, impliquant un symbolisme et donc une pratique différente.

Le bindu est séparé de la figure par un chandra {Lune} qui représente la limite entre Maya et l’infini, entre nirguna {Non manifeste} et saguna {Manifeste}. Cela laisse ainsi entendre que ce qui se trouve derrière la chandra est au-delà de la compréhension des trois états inférieurs. Il s’agit de तुरीय (turiya), la conscience suprême autoengendrée qui surplombe, observatrice, et pénètre toute chose phénoménale en lui donnant la possibilité d’exister, réalité cachée et lovée dans le mithya {Irréel, réalité mitigée}.

Ek onkar

► Le ek onkar sikh (ੴ), symbole de l’unicité de Dieu est très proche du om̐, d’une part par son aspect graphique et d’autre part vis à vis de son symbolisme. Ce symbole introduit le Mul Mantra en tête du Guru Granth Sahib : Unique est la force de création : son nom est vérité ! Créateur valeureux et sans rancœur, symbole intemporel, amortel et auto-causal, par la grâce du Guru !. Cela montre que le Ek Onkar {Un Dieu} à une importance fondamentale dans la spiritualité sikh, il demeure son symbole préférentiel avec le Khaṇḍā : on le retrouve tant que les textes que figuré dans les gurdwara.

↳ Il reprend les concepts du om̐ en tant que manifestation sonore de la réalité suprême, tout en y ajoutant une composante monothéiste qui n’était que sous-tendue dans le om̐ ainsi qu’un caractère personnel à la divinité alors que le om̐ est impersonnel, cela pour équilibrer transcendance et immanence.