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Équerre et compas

Données générales

Date de stabilisationLieu de la stabilisationLieu d’utilisation principalÉquivalents approximatifsÉléments d’ensemble
-III (Attributs de Fuxi et Nüwa)ChineOccident Hexagramme
Taijitu
Compas
Équerre

Descriptions

Introduction

► Le compas associé à l’équerre, instruments corporatifs des bâtisseurs est un symbole que l’on retrouve aussi bien en franc-maçonnerie (qui associé avec le Livre de la loi sacrée forme les trois lumières) qu’en Chine. Symbolisant la méthode d’action pour user de la dualité avec perfection, ils sont ténus et interchangeables dans leurs significations opératives puisque permutant de polarité selon les plans.

► Ils permettent dans les mains du démiurge, de calculer et borner, tracer et opérer l’architecture de la création selon les proportions adéquates afin de parvenir à la perfection à l’aide des nombres 1 et 4. Se placer entre les deux instruments, comme le fait le maçon et le cheng jen {être réalisé}, c’est être le carrefour, l’intermédiaire et la règle entre les deux forces fondamentales qui en devenant actives, échangent alors leurs forme dans une interaction hiérogamique : le cercle représente alors l’air créateur et le carré la terre réceptrice.

Interprétation générale

► L’ensemble combinant centre et périphérie, horizontal et vertical, signifie alors la perfection et la proportion, la prudence, la tempérance et la justice.Son utilisateur est capable de tracer une œuvre qui allie arc de cercles et angles droits, de manifester une œuvre parfaitement coordonnée dans un contexte donné. Il sait utiliser conjointement son intellect et la théorie avec son savoir-faire et sa pratique, son sens mystique subjectif et sa rationalité objective. Il est capable de voir enfin son œuvre simultanément dans sa globalité et ses détails, permettant ainsi son harmonie.

↳ Il est donc ce qu’on appelle un maître puisqu’il sait exercer son art dans toutes les situations tant dans sa partie artistique que dans sa partie rigoureuse, intégrant idéalisme et pragmatisme en un seul tout, dissemblable en apparence, uni en essence pour produire un chef d’œuvre, signe qu’il possède à la fois vérité et puissance. Il est ainsi tel Dieu qui est décrit par la Sagesse dans Le Livre des Proverbes (8.27-28-29) : Lorsqu’il disposa les cieux, j’étais là, lorsqu’il traça un cercle à la surface de l’abîme, / lorsqu’il affermit les nuages en haut, et qu’il dompta les sources de l’abîme, / lorsqu’il fixa sa limite à la mer, pour que les eaux n’en franchissent pas les bords, lorsqu’il posa les fondements de la terre.

Compas

↪ Premier élément de l’ensemble et attribut de Nuwa, le compas, qui combine cercle et point, est une figuration du ciel et du soleil, du temps et du masculin, du principe circulaire manifestant la semence, que l’outil permet de mesurer et de tracer.

↪ Permettant de générer des cercles parfaits, il représentent la vérité, la morale et la sagesse et les idées afférentes de tempérance et de globalisation, d’ouverture et d’inventivité. Il personnifie également depuis le moyen-âge deux arts du quadrivium, la géométrie et l’astronomie mais aussi l’astronomie et la géographie. Harmonieux et en mouvement, le cercle ainsi tracé par une main directrice, évoque le cycle dynamique et l’émotion animique qui parcourt avec grâce la création mais aussi la circonspection, la mélancolie saturnienne et la solitude dans la recherche de l’inconnu.

Équerre

↪ Second élément de l’ensemble et attribut de saint Thomas et de Fuxi, l’équerre figure quant à elle le second principe, celui du carré : de la terre et de la lune, de l’espace et du féminin, du contenant matériel et matriciel entourant le germe et dont on ne saurait faire les angles sans posséder l’équerre. Symbole de la forme et de la limite, de la rectitude et de la probité, elle ordonne la matière en quatre plans équivalents, faisant passer de la pierre brute à la pierre cubique.

↪ Elle demeure ainsi une figuration de l’action au moins concrète, sinon matérielle : gammadia lorsqu’on oppose quatre équerres au sommet sous la forme d’une croix, elle est équilibrée lorsque elle forme un tau et conditionnée vers un objectif lorsque elle est dissymétrique.

↪ Associé au perpendiculaire et au niveau dans les bijoux mobiles, ils symbolisent en maçonnerie le degré de maîtrise ainsi que la fonction en loge du maître et des surveillants.

Franc-maçonnerie

► En maçonnerie ces instruments symboliques émergent avec la maçonnerie spéculative du Manuscrit Dumfries 4 de 1710.

↳ Ils sont présents sur l’autel des serments, les tableaux de loge des apprentis et des compagnons, en sautoir pour l’un sur le vénérable maître et pour l’autre sur le grand maître de l’obédience. Il figure aussi et enfin comme meuble, représentant alors au moins pour le grand public, le symbole fondamental de la maçonnerie.

► Les positions respectives des deux instruments l’un par rapport à l’autre évoquent différents états de conscience et varient en position sur le Livre de la loi sacrée en fonction du grade lors de l’ouverture des travaux. L’arc d’ouverture maximum du compas est symboliquement 90°, correspondant à l’angle de l’équerre et suggérant ainsi l’extension maximale de l’Humain relativement à son existence dans le plan matériel. Si ils se croisent ainsi, c’est alors la réalisation de la perfection équilibrée entre spirituel et matériel, réalisant la quadrature du cercle.