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Grigori Iefimovitch Novykh
Raspoutine Le moine fou, Starets (Le)

Données générales

PériodeLieu
GénéralXIX XXRussie
Naissance1869, ? JanvierPokrovskoïe, Sibérie, Russie
DécèsNuit du 29 au 30 Décembre 1916 (47 ans)Saint-Pétersbourg, Russie
Cause
Inhumation
Assassinat par empoisonnement, balles et noyadeChapelle près du palais de Tsarskoïe Selo puis exhumé le 22 mars 1917 : dépouille brûlée et cendres dispersées

DomaineCourantOrdre
Mysticisme
Théologie
Magnétisme curatif
Médiumnisme
Chamanisme sibérien
Orthodoxisme
? Secte des khlysts 🎓

RelationsNom
Entourage
GuérisseurFamille impériale du Tsar Nicolas II (? conseiller)
PrêcheurAristocrates de la cour impériale du Tsar Nicolas II
Rivalité? Papus
? Maître Philippe
Influence
SurFolklore occidental

Repères biographiques

► Signe annonciateur d’une naissance extraordinaire, un météore aurait traversé le ciel du village natal de Raspoutine en janvier 1869. Issu d’un milieu modeste et rural en Sibérie, ses activités agricoles lui confèrent une physionomie robuste. Enfant, il tombe dans une rivière glacée avec son frère. Seul Raspoutine survit suite après une longue période de fièvre. Précocement, il révèle des dons de guérisseur, de clairvoyance et pouvait se faire obéir des animaux. Des crises mystiques et des apparitions mariales ou angéliques à l’adolescence l’incitent à étudier la Bible et l’enseignement des starets même s’il ne s’alphabétisa que tardivement au cours de ses voyages.

► Suite à une nouvelle vision Mariale, son père spirituel, le moine Makari l’incite à se consacrer à la vie religieuse et à entreprendre un pèlerinage au mont Athos, il parcourra trois mille kilomètres à pied mais en reviendra déçu. Il cheminera par la suite dans divers monastères, notamment à Kazan et à Kiev, parsemant sa vie d’incessants pèlerinages. Sa réputation d’ascète, de guérisseur et de mystique attire de plus en plus de monde à ses prêches. Il fréquente diverses sectes orthodoxes notamment les khlysts dont il aurait hérité une mystique prônant la rédemption par le pêché. L’appartenance de Raspoutine à cette secte fut pour la première fois évoquée dans un article journalistique de tendance royaliste qui lui était hostile. On lui accorde une maîtrise supposée de l’hypnose et de la magie. Sa ferveur séduit les milieux religieux ce qui lui ouvre les portes du haut clergé de Saint-Pétersbourg. L’archevêque thaumaturge Jean de Cronstadt atteste même l’authenticité de ses pouvoirs.

► Il gagne ainsi en popularité auprès de la noblesse de l’époque éprise d’un pessimisme mystique et friande d’occultisme qui l’introduit auprès de la famille impériale. Grâce aux guérisons multiples, dont une à distance, de l’hémophilie du tsarévitch (𝕍 Mémoires de Botkine, médecin impérial), son influence grandit. Parallèlement à ses activités religieuses de guide spirituel à la Cour, il continue de s’adonner à la boisson, aux vices et aux orgies en lien avec sa mystique sulfureuse. Même si on ne sait où situer la frontière entre réalité et fantasme populaire. On rapporte qu’il aurait été en rivalité avec Papus et Maître Philippe vis à vis de l’influence sur la tsarine. Néanmoins, il sort vainqueur de cet affrontement.

Anti-bolchévik et anti-belliciste, son influence supposée (peut-être exagérée) et sa réputation de débauché lui attirent des ennemis dans les hautes sphères. Après avoir été brièvement écarté de la cour en 1911, il tombe en 1916 entre les mains des conjurés qui l’assassineront. L’autopsie révéla que ce n’est ni le poison, ni les balles, ni les coups qu’il a reçus qui furent à l’origine de sa mort, mais la noyade, le corps ayant été jeté dans la Nevka. Youssoupov, précisant que dès sa mort, on rapporta des miracles sur sa tombe, se demandera avec le recul sur les évènements, s’il n’avait pas tué un envoyé de Dieu.

■ Raspoutine dispose de la même aura qu’un Cagliostro ou un Mesmer, arriviste débauché et manipulateur pour les uns et authentique mystique pour les autres, il semble avoir joué ou avoir été lui-même en tension entre ces deux états. On lui attribue quoi qu’il en soit de nombreuses prédictions (présentes dans ses cahiers manuscrits) qui se révélèrent exactes dont celle-ci : Je mourrai dans des souffrances atroces. Après ma mort, mon corps n’aura point de repos. Puis tu perdras ta couronne. Toi et ton fils vous serez massacrés ainsi que toute la famille. Après, le déluge terrible passera sur la Russie. Et elle tombera entre les mains du Diable. En effet, trois mois après sa mort, la révolution bolchevique éclate et la famille impériale est massacrée. On raconte que lorsque les révolutionnaires ont brûlé le cercueil de Raspoutine, le corps demeura intact. Il n’aura laissé aucune œuvre. La légende voudrait que son pénis de 29cm soit conservé au Musée de l’érotisme de Saint-Pétersbourg. Néanmoins, son corps ayant été brûlé, l’authenticité de l’organe est peu probable.

◆ La tension entre l’ombre et la lumière, les diverses campagnes menées par ses ennemis ou le nouveau gouvernement russe pour le diaboliser, les miracles qu’on lui attribue, le magnétisme qu’il semble dégager expliquent sans doute la fascination qu’il exerce encore. Il est devenu un mythe et une source d’inspiration dans tous les arts (cinéma, musique, littérature, jeux).

Citations

Pour se rapprocher de Dieu, il faut beaucoup pécher.
attr.
Ce n’est pas moi qui guéris, c’est Dieu.
attr.
Je voulais, par le plaisir, qu’elles atteignissent à l’humilité. Je disais aux grandes dames, les plus orgueilleuses : tu es nue comme Ève, mais Dieu t’aime dans cette humiliation. Aime Dieu à travers elle !
Cahiers de Raspoutine
J’écris et laisse derrière moi cette lettre à Saint-Pétersbourg. Je sens que je vais quitter la vie avant le 1er janvier. Je souhaite faire savoir au peuple russe, à Papa, à la mère russe et aux enfants, à la terre de Russie, ce qu’ils doivent comprendre. Si je suis tué par des assassins ordinaires, et en particulier par mes frères les paysans, vous, tsarine de Russie, n’avez rien à craindre, restez sur votre trône et gouvernez. Et vous, tsar de Russie, ne craignez rien pour vos enfants, ils régneront des centaines d’années sur la Russie. Mais si je suis assassiné par des boyards ou des des nobles, et s’ils versent mon sang, leurs mains resteront souillées de mon sang, pendant vingt-cinq ans, ils ne pourront se laver de mon sang. Ils quitteront la Russie. Les frères tueront des frères, ils s’entre-tueront, se haïront et, pendant vingt-cinq ans, il n’y aura plus de nobles dans le pays. Tsars de la terre de Russie, si vous entendez le son de la cloche qui vous dira que Grigori a été tué, sachez ceci : si ce sont vos parents qui ont provoqué ma mort, aucun membre de votre famille, c’est-à-dire, aucun de vos enfants ou de vos relations ne restera en vie plus de deux ans. Ils seront tués par le peuple russe ... Je serai tué. Je ne suis plus parmi les vivants. Priez, priez, soyez fort, pensez à votre famille bénie.
Lettre à la tsarine Alexandra du 7 Décembre 1916