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Al-lat
La déesse


-XVIII
Culture babylonienne (Babylone)

II
Culture Arabe préislamique (Temple de Baal)

Contexte
Religion Polythéisme arabe (Quraychites)
Première traces -V (Témoignage d’Hérodote)
Date de stabilisation -IV (Culte à Palmyre)
Œuvres choisies
où mentionnées
Coran
Kitab al-Asnām (Hicham ibn al-Kalbi)
Date de fin de culte VII (Conquêtes islamiques)
Zone de vénération Arabie (Péninsule)
Hauts lieux de culteLa Mecque
Palmyre
Emprunts
P.Akk. :Asherah
P.Sum. :Ereshkigal
P.Asy. :Mylitta
Rapprochements
P.Akk. : Ishtar
P.Ara. :Atargatis (Derceto)
P.Grc. :Aphrodite
Athéna
P.Phr. :Cybèle
Statut
Ordre Dieu
Type Lunaire
Polarité Féminin
Qualité Vie
AttributsLa palme
Lion
Gazelle
Chameau
Étoile du matin
Rocher carré blanc
Onyx
Groupes
Triade Mecquoise :Al-‘Uzzá
➧ Al-lat
Manāt
Paire :➧ Al-lat
Orotalt
Relations
Père : Baal
al-Lâh (théonyme de Dhū al-Sharā)
Fils :Hubal
Sœur :Manāt
Al-‘Uzzá
Mère : Al-‘Uzzá
Caractéristiques
Calligraphie locale Arb. : اللات
Romanisation Al-lat, Al-Lāt, han-’Ilat, Allatu (Carthage), Alilat, Alitta, Alitan, Latân (Arabie du sud)
Transcription littéraleArb. : (Al latta) {la divine qui moud le grain}
Fonctions Reine guerrière du Monde Souterrain
Caractères ➧ Éléments Abondance Fécondation
➧ Passivité Cycles Féminité
➧ Sagesse Savoirs Fertilité
ÉpithètesPhé. : (Bel bîty) {La Dame de Baal}

Notes

I. Généralités

► Il semble que Al-lat, qui occupait le statut de déesse, reine du monde souterrain et de la fertilité, ait endossée un rôle ouranien (se rapprochant de l’Athéna grecque), Hérodote la nomme Alitta Ourania {La céleste}. Elle est du reste attestée par plusieurs inscriptions nord-arabiques et nabatéennes. D’un point de vu formel il s’agit de la contrepartie féminine d’al-Lâh, adorée sous la forme d'une pierre cubique blanche. Elle fut notamment vénérée à la Mecque durant la période pré-islamique, conjointement avec Manat (Destin) et Uzza (Puissance) et jusque Palmyre où elle était invoquée comme protectrice du foyer. Elle se voit parfois associé à Vénus voir au Soleil.

II. Mention dans le Coran

Que vous semble d’El-Lat et d’Al-Ozza ? / Et de cette autre, Menat, la troisième idole ? / Auriez-vous des mâles et Dieu des femelles ? / Ce partage est injuste. / Ce ne sont que des noms ; c’est vous et vos pères qui les avez ainsi nommés. Dieu ne vous a révélé aucune preuve à ce sujet ; vous ne suivez que vos idées et vos penchants, et cependant vous avez reçu une direction de votre Seigneur. / L’homme aura-t-il tout ce qu’il désire ? / C’est à Dieu qu’appartient la dernière comme la première. / Que d’anges dans les deux dont l’intercession ne servira de rien, / Sauf, si Dieu permet d’intercéder, à celui qu’il voudra, à celui qu’il lui plaira. / Ceux qui ne croient pas à la vie future désignent les anges sous des noms de femmes. (53 : L’Étoile, 19-28). Notez que ces versets font l’objet d’une controverse célèbre connue en occident sous le nom de "versets sataniques". Tabari rapporte notamment dans son Histoire des prophètes et des rois (6), que le verset Ce sont les gharāniq exaltés, dont on espère l’intercession. (intervenant tout de suite après le verset 20 et remplaçant les 21-27) aurait été tronqué des recueils de hadiths. S’il fut accepté des premiers musulmans et généralement admis par les islamologues contemporains, il fut appréhendé avec hostilité par les moufassir depuis le moyen-âge puisque remettant en cause l’infaillibilité du Prophète, l’hapax gharāniq {grues, filles ?} posant en outre difficulté.

III. Identification d’Hérodote

Il n’y a point de peuples plus religieux observateurs des serments que les Arabes. Voici les cérémonies qu’ils observent à cet égard : Lorsqu’ils veulent engager leur foi, il faut qu’il y ait un tiers, un médiateur. Ce médiateur, debout entre les deux contractants, tient une pierre aiguë et tranchante, avec laquelle il leur fait à tous deux une incision à la paume de la main, près des grands doigts. Il prend ensuite un petit morceau de l’habit de chacun, le trempe dans leur sang, et en frotte sept pierres qui sont au milieu d’eux, en invoquant Bacchus et Uranie. Cette cérémonie achevée, celui qui a engagé sa foi donne à l’étranger, ou au citoyen si c’est avec un citoyen qu’il traite, ses amis pour garants ; et ceux-ci pensent eux-mêmes qu’il est de l’équité de respecter la foi des serments, Ils croient qu’il n’y a point d’autres dieux que Bacchus et Uranie. Ils se rasent la tête comme ils disent que Bacchus se la rasait, c’est-à-dire en rond et autour des tempes. Ils appellent Bacchus Urotal, et Uranie Alitat (III:8)