Gestuelle [mudras et asanas]
Œuvre
Nom : Série de mudrā
Auteur : Culture tantrique
Date : XIX
Nature : Peinture sur parchemin
Source : in Kriyāsaṃgraha de Kuladatta (Sanscrit 1822
) bs. Bibliothèque Nationale de France 
Œuvre
Nom : Birkat Cohanim
בשמאלה עשר וכבוד{
Dans sa main gauche, richesse et gloire}, (tiré de Proverbes, 3:16). Le geste forme un ש, en fond, le bouclier de David.
Auteur : Culture hébraïque
Date : XX
Nature : Peinture sur parchemin
Source : Synagoge de Enschede
Données générales
| Date de stabilisation | Lieu de la stabilisation | Lieu d’utilisation principal | Équivalents approximatifs | Éléments d’ensemble |
|---|---|---|---|---|
| -2000 (Hymnes Rigvédiques) | Inde | Pays dharmiques | = Formule = Diagramme | ↟ Formes géométriques |
Descriptions
⟴Présentation
► Moyen de communication que la psychologie tient pour bien plus important que les mots, les gestes des mains et du visage ainsi que les postures du corps en général font parti intégrante de l’iconographie symbolique partout dans le monde. Elles disposent des mêmes caractéristiques, dont le sens à plusieurs degrés et la faculté mémétique à s’affiner, se combiner, s’appauvrir ou disparaître en multiples façons ou degrés.
► Leur fonction est d’un point de vue artistique de délivrer un message mais aussi par mimétisme psychique voir physique, de permettre à la conscience de l’observateur de se conformer à une disposition intérieure. Ces mouvement ont alors soit pour objectif l’expression et la libération d’une force, qui devient alors particulièrement significative lorsque elle prend sa source dans un mouvement intuitif, soit pour fonction d’accumuler les forces que l’on évoque par le mouvement concerné.
↪ Quant il ne se contente pas de suggérer une charge émotionnelle en tant que simple véhicule iconographique, le mouvement est alors d’une part le support de l’adoration rituelle, l’anticipation d’un geste instinctif mettant ainsi dans des dispositions particulières et d’autre part, dans sa nature fondamentale, la manifestation de la présence divine. Symboliquement, le corps entier équivaut au visage ainsi qu’a la main qui sont tout deux des résumés du premier bien que l’on associe au corps le déplacement, au visage la communication et à la main l’action.
↪ Certains gestes ont une large audience, comme celui dit "des cornes". Il s’agit d'un geste apotropaïque fort ancien que l’on retrouve dès l’antiquité sur tout le continent eurasiatique et qui suggère une montée de puissance terrestre ainsi que d'un point de vue graphique, des cornes lorsqu’il est élevé vers le haut, une fourche lorsqu’il est pointé vers le bas.
↳ Sa signification demeure celle d’intimider voir effrayer les démons dans le premier sens et de les clouer au sol voir les tuer dans le second. Associé au trait de foudre, il est apana ou karana mudra dans l’hindouisme et le bouddhisme.
■ Dans les listes suivantes, nous écartons les gestes n’ayant qu’une signification purement évocatrice pour se concentrer sur ceux rescellant un sens mystique.
⟴Histoire
► En occident, ils sont hérités de la rhétorique grecque et romaine avec des gestes encore utilisés de nos jours :
● De l’attention : index tendu vers le ciel.
● De la déclamation : bras levé, index et majeur tendus vers l’avant, auriculaire et annulaire rempliés.
● Celui de la pacification et du silence : main levée, paume ouverte et doigts dressés et collés
● Ou encore celui de la captation et de la substantialité : main levée, index et pouce joint, les autres doigts ouverts.
↪ Le geste prend une grande importance religieuse à partir de l’art roman. Il se manifeste dans les attitudes et expressions des statues des églises pour se poursuivre dans le gothique a commencer par le symbolisme de la main de Dieu.
► En orient, la mudra {Sceau, signe} dont on trouve les premières traces dans l’iconographie harappéenne à donné lieu à une codification plus importante qu’en occident :
● Dans l’hindouisme elles sont fondamentalement liées à la pratique yogique et au hatha-yoga en particulier où elles sont mentionnés dans les textes principaux à commencer par le Hatha-yoga pradipika.
↳ Elles ont pour fonction de fixer l’esprit en dirigeant — dans le cadre du pranayama — le flux pranique vers une partie spécifique du corps. Elles sont en outre associé à des divinités ou des forces impersonnelles comme les éléments que l’on retrouve dans les cinq prana vayu mudra. Elles sont enfin divisés en cinq catégories qui utilisés conjointement forment les asana.
● Dans le bouddhisme, on les associe à une attitude spécifique du Tathagata lié à un moment important de sa vie ou à une partie spécifique de son enseignement, elles sont par la suite attribuées aux dhyani bouddhas.
↳ Ces gestes sont fondamentaux dans le mahayana et surtout dans les écoles tantriques où ils ont obtenu des développements et des approfondissements, où ils sont en outre associés aux mantras et aux mandalas avec qui ils entrent en analogie.
Individuellement
⟴Mudras
■ Ces mudras sont parfois transversaux entre les traditions, changeant simplement de nom. Plusieurs noms peuvent ainsi être associés à un même geste même si leur signification demeure proche. Cependant, certains mudras ont des exécutions divergentes selon les traditions (vajrayāna, śaiva du Cachemire, śrīvidyā…). Ex., le Dhyāna Mudrā : main droite sur la gauche dans la plupart des traditions, mais inversée (gauche sur droite) dans le zen.
■ La liste suivante énumère quelques mudras des plus connus mais en comptant les variations, leur nombre est extrêmement important. Il suffit par exemple de changer la position du bras ou la jonction des doigts d’une phalange pour que le nom soit modifié.
■ Le classement adopté ici (hasta, mana, kāya) suit la systématisation moderne des écoles de yoga ; il est commode mais réunit des réalités hétérogènes : mudras iconographiques (gestes des Buddhas et divinités, attestés par les śilpaśāstra et l'art), mudras hatha-yogiques (techniques psycho-physiques des sources nātha et tantriques) et āsanas (postures, qui ne sont pas des mudras au sens strict).
■ Sauf mention contraire, les mudras manuels s’exécutent tous à hauteur de la poitrine. Nous avons regroupé les bandhas et adhāras dans les mudras corporels.
Hasta mudras (Manuels)
Abhaya अभय {Sans crainte}
- Absence de crainte, apaisement, protection accordée au fidèle.
- [Main droite levée, paume tournée vers l'extérieur, doigts dressés et joints.]
- Attribut de Shiva ou de Kālī.
- Mudrā d'Amoghasiddhi, l'un des cinq Tathāgata (Dhyāni Buddha).
Añjali ou Namaskāraअञ्जलि / नमस्कार {Offrande des mains jointes, salutation}
- Salut, vénération, dévotion.
- [Paumes jointes l'une contre l'autre, doigts dressés, devant la poitrine.]
- En Inde, dans les pays himalayens et en Asie du sud-est, geste du "namasté" : selon la dignité du salut, on élève plus ou moins les mains (poitrine, menton, front).
Aṅkuśaअङ्कुश {Le Crochet / l'Aiguillon}
- Commandement, attraction et maîtrise des forces (le crochet qui guide l'éléphant).
- [Index dressé et recourbé en crochet, les autres doigts repliés.]
- Reproduit l'aṅkuśa, attribut de Gaṇeśa et de certaines formes d'Avalokiteśvara ; employé dans les nyāsa de la pūjā tantrique pour appeler et fixer la divinité.
Bhūmisparśaभूमिस्पर्श {Prendre la terre à témoin}
- Prise de la terre à témoin, résolution inébranlable, victoire sur Māra.
- [Assis, main droite pendante sur le genou droit, doigts effleurant le sol.]
- Mudrā d'Akṣobhya, l'un des cinq Tathāgata ; geste de l'éveil du Bouddha sous l'arbre de la Bodhi.
Bhūtaḍāmaraभूतडामर {Qui terrifie les esprits / Subjugation}
- Subjugation des esprits (bhūta) et conquête des trois mondes (trailokyavijaya).
- [Poignets croisés devant la poitrine, main droite sur la gauche, paumes tournées vers l'extérieur, médius parfois légèrement fléchis.]
- Geste principal de Bhūtaḍāmara, forme courroucée de Vajrapāṇi ; proche du Vajrahūṃkāra dont il diffère par les paumes ouvertes et l'absence d'attributs tenus.
- 𝕍 Bhūtaḍāmara Tantra.
Buddhāśramaṇaबुद्धश्रमण {Le renoncement du Buddha}
- Geste de détachement et de renonciation, associé à Śākyamuni renonçant au monde.
- [Paume tournée vers l'extérieur, doigts légèrement courbés, en attitude de non-saisie.]
- Rare. Désignation marginale relevée dans certains catalogues iconographiques (sphère gandhārienne).
Bodhyagrī ou Vajraबोध्यग्री / वज्र {Poing de la sagesse}
- Union de l'un et du multiple, des cinq éléments et de la conscience (« poing de sagesse », jñānamuṣṭi).
- [Le poing droit enserre l'index gauche dressé ; le pouce droit touche le bout de cet index. Le pouce gauche figure Vairocana, les quatre doigts qui l'entourent les quatre Buddhas directionnels.]
- Mudrā de Vairocana dans le Vajradhātu {Monde du Diamant} ; central dans l'école shingon, issu des transmissions Tang (𝕍 Dainichikyō / Mahāvairocana Sūtra).
Dharmacakraधर्मचक्र {Roue de la loi}
- Mise en mouvement de la roue de la doctrine, prédication (premier sermon de Sārnāth).
- [Les deux mains devant la poitrine ; pouce et index de chaque main formant un cercle, ceux des deux mains se touchant ou se frôlant.]
- Mudrā de Vairocana, l'un des cinq Tathāgata (dans le Garbhadhātu, il porte le Dhyāna ; dans le Vajradhātu, le Bodhyagrī).
Dhyāna ou Samādhi ou Bhairavaध्यान / समाधि / भैरव {Méditation / Absorption}
- Méditation, absorption, équilibre des polarités.
- [Les deux mains posées dans le giron, main droite sur la gauche, paumes vers le haut, les pouces se touchant légèrement, reposant sur la padmāsana.]
- [La posture buddhapātra est identique mais la statue tient un bol à aumônes.]
- [Dans le zen, la position des mains est inversée (gauche sur droite) pour exprimer la primauté de la passivité.]
- [Lorsque les mains, plus évasées, ne joignent pas les pouces, on parle de bhairava (droite sur gauche) ou bhairavī (gauche sur droite).]
- Mudrā d'Amitābha, l'un des cinq Tathāgata. La posture méditative assise est parfois rapprochée du "yogi" des sceaux de l'Indus (lecture de Marshall, 1931, ajd. discutée).
Kapālaकपाल {Coupe Crânienne / Transmutation}
- Transmutation des offrandes impures en nectar (amṛta) dans les sādhanā tantriques.
- [Main gauche en coupe, paume vers le haut, doigts légèrement incurvés formant un creux.]
- Dans la vāma mārga {voie de la main gauche}, mime la coupe crânienne (kapāla) emplie de nectar, symbole du passage de la mortalité à l'immortalité ; présent dans l'iconographie de Kālacakra et du Kālīkula.
- 𝕍 Kulārṇava Tantra, Hevajra Tantra.
Karaṇaकरण {Geste qui écarte le mal}
- Conjuration : expulse les démons, les maladies et les obstacles.
- [Main levée, paume en avant, index et auriculaire dressés ; majeur et annulaire repliés, retenus par le pouce.]
- Fréquent chez les divinités protectrices et courroucées ; répandu dans l'art tibétain et l'école shingon.
- Npc. avec Tarjanī (index seul dressé, geste de menace).
Pāśaपाश {Le Nœud / Lacet}
- Capturer et lier les énergies errantes ou les forces hostiles.
- [Les deux mains figurent un lacet : pouce et index de chaque main formant un anneau, les anneaux s'entrecroisant.]
- Reproduit le lacet (pāśa), attribut de Varuṇa, de Mārīcī et des divinités gardiennes.
Tarjanīतर्जनी {Le doigt qui menace}
- Menace et avertissement, brise les obstacles et subjugue les forces hostiles.
- [Dans le vajrayāna, bras tendu, index pointé verticalement (parfois recourbé), majeur et annulaire repliés sur la paume, pouce pressant l'ongle du majeur.]
- Npc. avec Karaṇa (index et auriculaire dressés).
Uttarabodhiउत्तरबोधि {Éveil suprême}
- Illumination suprême : union de la sagesse et du moyen habile, énergie ascendante.
- [Mains jointes devant la poitrine, doigts entrelacés ; les deux index dressés et joints par leur extrémité, les pouces accolés (parfois croisés).]
- Posté dans le vajrayāna (ntm. école shingon), fréquemment associé à Vairocana.
- Diffère du Vitarka par la position fermée et tendue des doigts.
- 𝕍 Vajrāvalī (Abhayākaragupta).
Vitarka ou Jñānaवितर्क / ज्ञान {Argumentation, connaissance}
- Enseignement et argumentation, transmission de la connaissance.
- [Pouce et index réunis en cercle, les trois autres doigts dressés ; main droite levée, paume en avant.]
- Geste de prédication, partagé par de nombreuses figures (notamment Amitābha et Avalokiteśvara).
- Npc. avec son cognat yogique le cin-mudrā (चिन्मुद्रा), même geste mais paume posée vers le bas sur le genou.
Varadaवरद {Accordant les vœux}
- Exaucement des vœux, offrande, don, compassion.
- [Bras tendu vers le bas, main ouverte, paume en avant, doigts dirigés vers le sol. Plutôt de la main gauche.]
- [Se combine souvent avec l'abhaya.]
- Attribut de Kālī.
- Mudrā de Ratnasambhava, l'un des cinq Tathāgata.
Vajrahūṃkāraवज्रहूंकार {Son-foudre du vajra}
- Union de la vacuité et de la compassion, maîtrise des trois mondes.
- [Poignets croisés sur la poitrine (droit sur gauche), tenant le vajra et la ghaṇṭā.]
- Geste caractéristique de Vajradhara et de Vajrasattva ; apparenté au Bhūtaḍāmara.
Vajrapradamaवज्रप्रदम {Foi indestructible}
- Foi inébranlable, confiance "de diamant".
- [Mains devant la poitrine, doigts des deux mains entrecroisés et joints par leur extrémité.]
Mana mudras (Céphaliques)
Ājñā Cakra Dṛṣṭiआज्ञा चक्र दृष्टि {Vision du troisième œil}
- Focalisation interne sur le centre entre les sourcils, regard retourné vers le dedans.
- [Yeux mi-clos fixant l'entre-sourcils, sans effort musculaire excessif.]
- Proche de Śāmbhavī, dont il se distingue par l'accent porté sur l'absorption méditative plus que sur le geste oculaire.
Ākāśīआकाशी {De l'éther / du ciel}
- Tête renversée, regard levé vers le ciel, conscience de l'espace (ākāśa).
Kaula Mudrāकौल मुद्रा {Geste Kaula / Fusion intérieure}
- Propre à la tradition kaula śākta. Regard fixant le bout du nez, bouche entrouverte, souffle silencieux, mains posées sur les cuisses en lotus.
- [Vise l'éveil de la kuṇḍalinī par fusion énergétique des polarités.]
- Suppose une initiation (dīkṣā) préalable.
- 𝕍 Kubjikāmata Tantra.
Khecarī Dṛṣṭiखेचरी दृष्टि {Regard qui flotte dans l'éther}
- Vision intérieure libérée de l'ancrage oculaire externe ; accompagne le Khecarī Mudrā accompli.
- [Lèvres entrouvertes, langue reculée selon la technique du jihvā bandha.]
- Suppose une longue pratique préparatoire et la transmission d'un maître.
- 𝕍 Dattātreyayogaśāstra, Gheraṇḍa Saṃhitā III.
Khecarī Mudrāखेचरी मुद्रा {Geste qui se déplace dans l'éther}
- Verrouillage du souffle et de la conscience dans la cavité crânienne.
- [Langue retournée vers l'arrière sur le palais. Dans les formes accomplies, après allongement progressif du frein lingual (jihvā bandha), la langue remonte au-dessus du voile pour sceller le brahmarandhra et retenir le nectar vital (amṛta), "vainquant la mort".]
- Tenu pour le "roi des mudras" dans le hatha yoga ancien.
- 𝕍 Haṭha Yoga Pradīpikā III.32-54, Gheraṇḍa Saṃhitā III.25-28, Khecarīvidyā.
Nāsikāgra Dṛṣṭiनासिकाग्र दृष्टि {Regard vers l'extrémité du nez}
- Concentration du regard sur le bout du nez, recueillement.
- 𝕍 Bhagavadgītā VI.13.
Śāmbhavīशाम्भवी {Geste de Śambhu (Śiva)}
- Regard fixé sur l'entre-sourcils, l'attention demeurant tournée vers l'intérieur.
- 𝕍 Haṭha Yoga Pradīpikā IV.36-37, Gheraṇḍa Saṃhitā III.
Ṣaṇmukhī ou Yoniषण्मुखी / योनि {Les six portes / La matrice}
- Retrait des sens (pratyāhāra) : fermeture des orifices de la tête, retour à l'origine.
- [Les pouces bouchent les oreilles, les index (ou index posés sur les paupières closes) les yeux, les majeurs les narines, annulaires et auriculaires encadrant les lèvres.]
- Permet de percevoir les sons internes (nāda) ; préliminaire à la rétention du souffle (kumbhaka). Mentionné dans les Āgama śivaïtes.
- 𝕍 Gheraṇḍa Saṃhitā III.37-41.
Viṣṇu Mudrāविष्णु मुद्रा {Geste du Préservateur}
- Position de la main servant à la respiration alternée (nāḍī śodhana) pour équilibrer iḍā et piṅgalā.
- [Main droite : index et majeur repliés vers la paume ; le pouce ferme la narine droite, l'annulaire et l'auriculaire la narine gauche, alternativement.]
- ntm. La technique de la respiration alternée est ancienne ; la désignation "viṣṇu mudrā" de cette prise de main est, elle, plus tardive.
- 𝕍 Haṭha Yoga Pradīpikā II.7-10.
Kaya mudras (Corporels)
Ālīḍhaआलीढ {Attitude héroïque / Prêt au combat}
- Stance martiale : jambe droite tendue, jambe gauche fléchie (posture de l'archer).
- Fréquente chez les divinités courroucées et dans les figurations de Vajrayoginī.
Garuḍāsanaगरुडासन {Posture de l'aigle}
- Vitesse, élévation, victoire sur les serpents (l'ignorance).
- [Jambes et bras entrelacés étroitement, coude sur coude, genou sur genou, regard perçant.]
- Il s'agit d'un āsana ; à distinguer de l'iconographie de Garuḍa, le véhicule de Vishnu.
Jālandhara Bandhaजालन्धर बन्ध {Verrouillage de la gorge}
- Capter l'absolu, retenir le souffle, vaincre la dualité.
- [Menton fermement abaissé contre le sternum, gorge contractée.]
- Bandha fondamental (prérequis dans de nombreuses autres pratiques).
- 𝕍 Haṭha Yoga Pradīpikā III.70-76.
Lalitāsana ou Mahārājalīlāललितासन / महाराजलीला {Attitude royale détendue / Le jeu royal}
- Aisance souveraine, sérénité qui surplombe le monde.
- [Assis, une jambe repliée, l'autre pendante, un bras en appui — posture de "délassement royal".]
- Fréquente dans les figurations des bodhisattvas (Tārā, Avalokiteśvara / Guanyin).
Mahābandhaमहाबन्ध {Le grand verrou}
- Synchronisation des trois bandhas : Jālandhara, Uḍḍīyana et Mūla.
- [Exécuté en rétention du souffle, talon gauche au périnée, pied droit sur la cuisse.]
- Force l'énergie ascensionnelle vers les centres supérieurs ; réservé aux praticiens expérimentés.
- 𝕍 Haṭha Yoga Pradīpikā III.19-24.
Mahāmudrā et Mūla Bandhaमहामुद्रा / मूलबन्ध {Grand sceau / Verrouillage de la racine}
- Feu intérieur, transmutation de l'énergie, éveil de la kuṇḍalinī à sa base (mūlādhāra).
- [Mūla bandha : talon pressé contre le périnée, contraction des sphincters.]
- [Mahāmudrā : assis, talon gauche au périnée, jambe droite tendue, les doigts saisissant le gros orteil, avec les verrous et la rétention du souffle.]
- Npc. avec Aśvinī Mudrā (contractions rythmiques isolées du sphincter), ni avec le mahāmudrā du vajrayāna (la "vue" du Grand Sceau).
- Bandha fondamental (prérequis dans de nombreuses autres pratiques).
- 𝕍 Haṭha Yoga Pradīpikā III.10-18 (mahāmudrā), III.61-69 (mūla bandha) ; Gheraṇḍa Saṃhitā III.
Parinirvāṇa ou Muktaपरिनिर्वाण / मुक्त {Extinction complète / Délivrance}
- Sortie définitive du cycle des renaissances (saṃsāra), union du sommeil et de la veille, de la mort et de la vie.
- [Allongé sur le côté droit, tête reposant sur la main droite, bras gauche le long du corps.]
- Posture du parinirvāṇa du Bouddha couché, et des ascètes entrant dans la délivrance (mokṣa).
Siddhāsanaसिद्धासन {Posture de l'accompli}
- Posture d'assise pour la méditation et la transmutation ; tenue pour la plus haute des āsanas par le hatha yoga.
- [Talon gauche contre le périnée, talon droit posé au-dessus, contre le pubis.]
- 𝕍 Haṭha Yoga Pradīpikā I.35-43.
Padmāsanaपद्मासन {Posture du lotus}
- Assise de stabilité et d'ouverture, support classique de la méditation.
- [Pied droit sur la cuisse gauche et inversement, genoux au sol.]
- 𝕍 Haṭha Yoga Pradīpikā I.44-49.
Pratyālīḍhaप्रत्यालीढ {Attitude contre-attaquante}
- Destruction des obstacles ; stance inverse de l'Ālīḍha (jambe gauche tendue, droite fléchie).
- Fréquente dans les figurations des dharmapāla.
Uḍḍīyana Bandhaउड्डीयन बन्ध {Verrouillage abdominal ascendant}
- Maîtrise du souffle et de l'émotion ; "envol" de l'énergie.
- [Ventre tiré vers la colonne et soulevé sous le sternum, après une expiration complète, en rétention à vide (bāhya kumbhaka) — jamais sur l'inspiration.]
- Le prāṇa est soulevé dans le canal central (suṣumnā).
- Bandha fondamental (prérequis dans de nombreuses autres pratiques).
- 𝕍 Haṭha Yoga Pradīpikā III.55-60, Gheraṇḍa Saṃhitā III.10-11.
Viparīta Karaṇīविपरीतकरणी {L'action inversée}
- Inversion du flux vital : retenir le nectar (amṛta) que le "soleil" abdominal consume d'ordinaire, pour conquérir la durée.
- [Bassin et jambes renversés au-dessus de la tête, nombril en haut, palais en bas.]
- Comptée parmi les grands mudra du hatha yoga.
- 𝕍 Haṭha Yoga Pradīpikā III.78-81, Gheraṇḍa Saṃhitā III.33-36.
Yab-Yumཡབ་ཡུམ་ {Union père-mère}
- Union du saṃsāra et du nirvāṇa, de la sagesse (prajñā) et du moyen (upāya).
- Rite de consubstantialisation des polarités, visible dans les statues tibétaines, visant l'expérience de la grande félicité (mahāsukha).
- [Figuré à deux, la parèdre enlaçant la divinité assise.]
Version: 1.0
Maj : 04/07/2026
