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Stanislas de Guaita
Nebo

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Données générales

PériodeLieu
GénéralXIXFrance
Naissance6 Avril 1861, 5h Château d’Alteville (près de Tarquimpol), France
Décès19 Décembre 1897 (36 ans)
Cause
Inhumation
Intoxication aux stupéfiants
Graves problèmes rénaux
Excès d’albumine dans le sang
Cimetière de Tarquimpol

DomaineCourantOrdre
Occultisme
Symbolisme
Ésotérisme
Alchimie
Néo-occultismeNoblesse 🎓
Ordre kabbalistique de la Rose-Croix 🎓
Martinisme 🎓

RelationsNom
Entourage
AmiAlbert Poisson
Maurice Barrès
Oswald Wirth
Papus
Saint Yves d’Alveydre
Victor-Emile Michelet
SecrétaireOswald Wirth
Confrère R+CAugustin Chaboseau
Charles Barlet
Claude Debussy
Erik Satie
Joséphin Péladan
Julien Lejay
Lucien Chamuel
Marc Haven
Paul Sédir
CollaborateurPapus
DifférentHuysmans
Joséphin Péladan
Jules Bois
RencontreCatulle Mendès
Leconte de Lisle
Villiers de l’Isle Adam
Matgioi
Influence
ParAntoine Fabre d’Olivet
Éliphas Lévi
Josef Hoëné-Wronski
SurNéo-occultisme

Repères biographiques

► Guaita est issu d’une illustre famille lombarde catholique installée en Lorraine. Poète mystique, symboliste et baudelairien, il s’établit à Paris pour tenter sa chance dans le milieu littéraire et publie ses premiers recueils en 1881 avec les Oiseaux de Passage puis en 1883 avec La Muse noire. Rapidement, il s’intéresse à l’ésotérisme. C’est un commentateur et admirateur d’Antoine Fabre d’Olivet et d’Éliphas Lévi qui l’initie à l’ésotérisme chrétien, ainsi qu’un adepte de la synarchie d’Alveydre. Dès 1884, il se retire du monde, vivant dans un rez-de-chaussé parisien dont il ne sort le soir que pour acquérir des livres rares pour enrichir son impressionnante bibliothèque qu’il constitue grâce à la fortune familiale (𝕍 La Bibliothèque occulte de Stanislas de Guaita, Frédéric Coxe, 2010) et qui sera dispersée à sa mort. Grâce à elle, il s’accapare des connaissances considérables dans le domaine des sciences occultes qui font rapidement sa célébrité dans les milieux ésotériques parisiens.

► En 1887 il rencontre Papus par l’intermédiaire de la revue Le Lotus rouge, en 1891 il entre dans l’ordre martiniste et participe à la revue l’Initiation puis accompagne le Balzac de l’occultisme dans la constitution de la Faculté des sciences hermétiques. Il est en outre le co-fondateur de l’Ordre kabbalistique de la Rose Croix avec Joséphin Péladan en 1888. En collaboration avec Oswald Wirth enfin, il réalisa un Tarot qui est toujours édité à l’heure actuelle sous le nom de Tarot de Wirth. Promis à un destin brillant, Guaita, d’une santé faiblarde, consommateur de psychotropes (Haschich, coca, héroïne) et de morphine, décède prématurément à 36 ans.

◆ Malgré son décès précoce, ses Essais de Sciences maudites, touffus et exhaustifs, sont des classiques du néo-occultisme où il médite sur le problème du mal, la nature du Diable et les buts et la démarche de la magie noire. L’attention qu’il porte à ces sujets lui vaudra d’être perçu par l’époque comme un praticien de cette discipline.

■ Il participa à deux confrontations représentatives des affrontements du néo-occultisme français. D’une part, il consomma une rupture idéologique avec Joséphin Péladan pour une divergence d’opinion concernant la magie opérative et la foi catholique : c’est la Guerre des deux roses aboutissant à des excommunications réciproques. D’autre part, il fut accusé par Huysmans d’avoir envoûté l’abbé Joseph Antoine Boullan. Guaita en effet, réprouva la communauté du prêtre occultiste lyonnais qui pratiquait une mystique débridée et condamna Boullan comme sorcier lors d’une réunion de l’Ordre kabbalistique. Ce dernier procéda à des mesures de contre-envoûtement mais mourut en 1893, Huysmans accusa alors publiquement Guaita d’être à l’origine de la mort du prêtre. Cette querelle aboutit finalement à une série de duels (sans conséquences) entre Huysmans/Jules Bois et Guaita/Papus, Huysmans finalement, se rétracta. Ces évènements seront repris par la presse populaire française sous le nom de "guerre des mages".

Quelques informations apportées par Dorbon-Aîné, ref.1999 (à propos des Lettres autographes à son discipline Nicolas Brossel, de 3 Juillet 1886 au 27 Mai 1896)

Il est permis de dire, sans être taxé d’exagération, qu’il n’existe rien dans toute la littérature s’occupant de l’Occultisme qui se puisse comparer à ce recueil qui est un véritable cours initiatique et qui comprend toutes les lettres qu’adressa à son disciple Nicolas Brossel, docteur en droit à Bruxelles, St. de Guaita. Celles-ci, au nombre de 31, de différents formats, principalement in-8 et in-4, comportent, en leurs 93 pages, environ 1.800 lignes d’une belle écriture serrée, toutes lettres qu’il a signées soit de son nom patronymique, soit de son nom initiatique, Nebo.

Ce recueil débute par une lettre du Sâr Péladan parlant des différences existant entre lui-même et un personnage de son roman, Mérodack, et conseillant à son correspondant, qui désirait étudier l’Occultisme, de s’adresser de sa part, à Guaita, en son château d’Alteville, par Dieuze, Lorraine allemande. Dans la première de ses lettres, Guaita donne les conseils nécessaires au noviciat de qui veut étudier sérieusement la Kabbale et déclare que Péladan (Mérodack), Jounet (Nergal) et lui (Nebo) forment un indissoluble trinaire.

Dans la seconde, il traite de la continence qui au moins présente des avantages au point de vue fluidique « quoiqu’Éliphas, tout adepte qu’il fût, aimait à ses heures la bonne chère et les petites filles ». — Sans rentrer dans le détail des autres lettres, beaucoup plus circonstanciées que les premières, et sans surtout toucher à leur côté purement occultiste, donnons en cependant quelque idée : Etude sur les œuvres d’Éliphas Lévi, de St-Yves d’Alveydre qu’il déclare « un géant », sur l’Apocalypse du bienheureux Jean d’Ad. Bertet ; Opinions sur Barlet « originairement affilié à une école erronée », sur le chanoine Roca « un génie et un saint, avec qui de suite nous nous sommes aimés en frères », sur Boullan (le Dr Johannès) », prêtre défroqué, savant indéniable, mais grand prêtre de Vintras, absolument convaincu de la mission Eliaque de cet illuminé, et qui, lui-même, se croit Jean-Baptiste en mission terrestre ! », sur la lumière astrale, sur les 4 manières théoriques et les 2 manières pratiques d’agir sur les fluides, sur sa propre manière de se servir du Tarot, sur Papus, sur la baguette divinatoire et sur la baguette magique, sur le magnétisme dans l’effet des cérémonies, sur ce que l’on doit croire des dires d’une somnambule, etc. — Une lettre particulièrement curieuse est celle relative à certaine plante magique, « mais il faut enfouir ce secret dans le fond de votre conscience, car au nom du Dieu vivant, malheur à qui le révélerait. Il est redoutable et a été de tous temps scellé des 7 sceaux d’Hermès ». — Il est aussi question de la scission dans l’Ordre de la R+C par suite des a fredaines » de Péladan.

Aussi, de curieux documents sur l’affaire Jules bois lequel avait dans « Gil Blas » donné trois soi-disant interviews de Huysmans qui aurait affirmé que l’ex-abbé Boullan, « cette crapule de Boullan », serait mort des suites d’un envoûtement opéré par Guaita. Huysmans se comporta en galant homme ; quant à Jules Bois, après avoir écrit dans « Gil Blas » qu’il serait « devant lui, Stanislas de Guaita, sur le pré avec la même tranquille audace », i1 lui fit, le soir même, présenté des excuses par ses témoins. — Au point de vue politique, 2 lettres assez curieuses : l’une où il répond à Brossel qui lui avait confessé sa naissance en Allemagne : « Je n’ai qu’une patrie : l’Univers métaphysique, qu’un seul concitoyen collectif : l’Esprit-Ame en voie de réintégration de cette Humanité céleste au travail qui est le corps social du Christ Douloureux… », l’autre, sous le signe de la R+C et contresignée par Paul Adam, priant Brossel de recevoir la correspondance adressée au général Boulanger par le Comité révisionniste et de se mettre immédiatement en rapport avec Maurice Barrès, alors à Bruxelles. — Dans une lettre, enfin, Guaita donne à son correspondant La clef de l’Absolu. — Une toute dernière, datée février 1898, est de la main de sa mère qui relate sa réconciliation avec l’Eglise au moment de sa mort. Sont joints à ce dossier et également soigneusement montés sur bristol : un portrait de Guaita gravé à l’eau-forte par Loys Delteil, sa carte de visite et celle de Péladan, un faire-part du décès de son frère, lieutenant aux chasseur annamites, tué à Phu-Dien, et les 33 enveloppes avec timbres et cachets des lettres précitées.

𝕍 Un ami de Barrès : Stanislas de Guaita, Charles Berlet, 1936.

Œuvres choisies

  • Oiseaux de passage : rimes fantastiques, rimes d’ébène, 1881 [Poésie]. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • La Muse noire, 1883 [Poésie]. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Rosa mystica, 1885 (disponible à la Bibliothèque Universitaire de la faculté de Lettres de Nancy 2, en édition originale) [Poésie]. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Au seuil du Mystère, 1886 (1 Essais de Sciences maudites). Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Le Serpent de la Genèse, (2 Essais de Sciences maudites) composé de trois septaines : Le Temple de Satan, 1891 ; La Clef de la Magie Noire, 1897 ; Le Problème du Mal (inachevé et en partie poursuivi par Oswald Wirth avant d’être achevé par Marius Lepage). Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Discours d’initiation martiniste pour une réception martiniste tenue du 3° degré, 1889 in La science secrète, 1890.
  • Notes sur l’extase, publ. in L’Initiation, 16 (Février 1892), pp. 4-110.

Citations

Le cerveau même de la femme ne donne que des germes d’idées, mais lui seul donne ces germes, c’est-à-dire le mouvement initial et la substance première, en un mot le sperme intellectuel. C’est le cerveau mâle de la femme qui féconde la cervelle féminin de l’homme. Ainsi, d’une part, le cerveau de la femme est à la cervelle de l’homme, comme le phallus de l’homme est au ctéis de la femme. D’autre part, chez la femme, le cerveau est au ctéis, comme, chez l’homme, le phallus est à la cervelle. De ces prémisses on peut déduire d’innombrables conséquences, dont nous n’esquisserons que les principales et les plus décisives.
Le Serpent de la Genèse (La clef de ma magie noire)
Quelques initiés à la Gnose, jaloux de l’autorité hiérarchique, résolurent de lui faire perdre le trésor de la tradition occulte ; leur malice s’évertua sournoisement à lever tous les voiles. Vint le jour où, révélé dans ses plus secrètes formules, le dogme ésotérique fut jeté en proie à la stupidité des fouls. L’éblouissante lumière aveugla les yeux faibles : à la vue de la suprême sagesse, les ignorants se jugèrent blessés de leur sottise ; ils crièrent au scandale. Ainsi l’Eglise dut anathématiser l’inscription sublime du temple, la raison positive et la base réelle du dogme : cette Gnose sainte des adepte, qui, témérairement traduite en la langue des multitude, était devenue pour leur imbécilité l’objet du pire scandale - un mensonge !
Au demeurant, à part de soi-disant initiés tout indépendants et fantaisistes, qui pensent créer de toutes pièces une synthèse absolue et vaticiner d’intuition la formule nécessairement définitive des éternels principes, - on peut réduire à deux les diocèses hétérodoxes de l’occultisme vulgarisé : celui des Magnétiseurs et celui des Spirites. Ce sont de respectables chercheurs, souvent de vrais hommes de science, ces fervents du magnétisme, qui, à défaut d’avoir demandé la raison position des phénomènes somnambuliques aux grandes lois de l’analogie universelle et de l’harmonie par l’antagonisme des contraires, n’en ont pas moins fait faire à la science officielle, depuis peu moins rétive, de vrais pas de géants.
Las de chercher en vain la substance sous le voile des modes qu’elle subit et de buter sans cesse au rempart des apparences formelles, conscient d’un formidable au delà, le moins mystique des penseurs à voulu sonder un jour les arcanes du monde extra-sensible. Il a gravi la montagne jusqu’au temple du mystère ; il en a heurté le seuil de son front et de sa pensée.
On peut répartir en trois grandes catégories les fauteurs de sortilèges, selon le mobile qui leur est attribuable. La première classe comprendrait les dupes de la curiosité malsaine ou du fol Orgueil : en imposer aux autres hommes par l’ostentation d’une puissance surnaturelle, quel rêve !… La seconde classe embrasserait ceux-là que dévorent la haine ou la jalousie aveugles, natures ivres de vengeance et qui font le mal pour le mal. Formeraient enfin la troisième classe de magiciens noirs, ceux-là) qui se sont laissés séduire par la perspective d’un lucre imaginaire, par les suggestions de l’avarice ou de la luxure, et dont le but est de satisfaire leur passions cupides ou brutales.
Le Serpent de la Genèse (Le temple de Satan)
Jésus-Christ est le soleil idéal de l’humanité : c’est dans son évangile qu’il faut chercher la loi de vie éternelle ; son esprit y est tout entier. Mais lui-même (ne n’oublions pas) nous a prévenus d’un voile à déchirer, si nous voulons que la Minerve se révèle à nous, dans sa nudité chaste et merveilleuse. La lettre tue, a-t-il dit, l’Esprit seul vivifie.
Le Serpent de la Genèse (Le temple de Satan)

Rose mystique, au doux parfum solliciteur, / Fleur d’ironique amour, de fol espoir sans trêves ! / Illusion splendide, épanouie aux grèves / Que dore et transfigure un Idéal menteur !

Moi ta dupe ? — Eh bien, soit !… Pourvu que ta senteur / Évoque en moi l’extase enlaçante des rêves, / Si bien qu’inattentif au vol des heures brèves, / Je savoure la vie en lent dégustateur,

Qu’importe le Réel ? — Divaguer a ses charmes : / Ma candeur attendrie aura de douces larmes / Pour l’être inerte au mal comme inerte au plaisir ;

Et, les yeux clos, flairant la fleur cabalistique, / Je saurai m’absorber et me fondre, à loisir, / Dans le charme imposteur de mon Rêve mystique.

Rosa Mystica