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François Rabelais
Alcofribas Nasier, Seraphin Calobarsy

Données générales

PériodeLieu
GénéralXV XVIFrance
Naissanceentre 1483 et 1495La Devinière, Seuilly, France
Décès9 avril 1553 (entre 58 et 70 ans)2 rue des Jardins-Saint-Paul, Paris, France
Cause
Inhumation
Cimetière de l’église Saint-Paul des Champs

DomaineCourantOrdre
Littérature
Médecine
Théologie
Topographie
Botanique
Hermésisme
Humanisme (Renaissance)Ordre des frères mineurs
Ordre de Saint-Benoît

RelationsNom
Entourage
AmiGeoffroy d’Estissac
CorrespondanceÉrasme
RencontreGuillaume Budé
Janus Lascaris
Influence
ParApulée
Chrétien de Troyes
Robert de Boron
SurAleister Crowley
Victor Hugo

Repères biographiques

► Envoyé par son père, avocat, à un monastère alors qu’il avait 14 ans, il y apprend le latin et le grec. Il entre chez les franciscains à 27 ans. Ordonné prêtre, il est transféré chez les bénédictins au monastère de Maillezais, qu’il quitte d’une manière officieuse. Il entre à l’université en 1526 et se met sur les routes, devenant bachelier de médecine en 1530 puis docteur en 1537. Critique envers l’Église, il s’est fait nombre d’ennemis parmi les théologiens, en particulier ceux de la Sorbonne.

◆ Rabelais a laissé plusieurs termes connus dans la langue française comme abbaye de Thélème, substantifique moelle, ou moutons de Panurge, les deux premiers furent d’ailleurs utilisés postérieurement en hermésisme. On trouve de nombreuses traces d’hermésisme dans ses textes, une lecture alchimique et kabbalistique est ainsi possible.

■ On lui prête l’introduction en France de la culture des œillets, de la laitue romaine, des artichauts et du melon par l’intermédiaire de graines qu’il a envoyé à Geoffroy d’Estissac.

Concernant l’ésotérisme rabelaisien, nombre d’ouvrages s’avèrent intéressants. On consultera déjà, outre le monumental À plus hault sens: l’ésotérisme spirituel et charnel de Rabelais (1986, Claude Gaignebet), les plus accessibles Rabelais et les secrets du "Pantagruel" (1949, Jean Henri Probst-Biraben), Le géant Gargantua (1998, Pierre Gordon) ainsi que Rabelais franc-maçon (1954, Paul Naudon).

Œuvres choisies

  • Les horribles et espoventables faictz et prouesses du très renommé Pantagruel Roy des Dipsodes, filz du Grand Géant Gargantua, composez nouvellement par maistre Alcofribas Nasier, 1532. Lien vers l’œuvre
  • La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, 1534. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Le Tiers Livre, 1546. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Le Quart Livre, 1548 1552. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Le Cinquième Livre, 1564 (Attribution incertaine). Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France

Citations

[…] Fault ouvrir le livre, et soigneusement peser ce qui est déduit. Lors connaîtrez que la drogue dedans contenue est bien d'autre valeur que ne promettait la boite, c'est-à-dire que les les matières ici traitées ne sont pas tant folâtres comme le titre au dessus prétendait […]. vous convient être sages, pour fleurer, sentir et estimer ces beaux livres de haute gresse, légers au prochas et hardis à la rencontre ; puis, par curieuse leçon et méditation fréquente, rompre l’os et sucer la substantifique moelle, c’est à dire ce que j’entends par ces symboles pythagoriques.
La vie très horrificque du grand Gargantua
Mais parce que, selon le saige Salomon, Sapience n’entre poinct en âme malivole, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme, il te convient servir, aymer, et craindre Dieu, et en lui mettre toutes les pensées et tout ton espoir ; et par foi formée de charité , estre à lui adjoinct, en sorte que jamais n’en soys désemparé par péché.
Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel
Le temps mûrit toutes choses ; par le temps toutes choses viennent en évidence ; le temps est père de la vérité.
La vie très horrifique du grand Gargantua
Toute leur vie était régie non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Ils sortaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les obligeait à boire ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Et toute leur règle tenait en cette clause : fais ce que voudras. Parce que les gens libres, bien nés, bien éduqués, vivant en bonne société, ont naturellement un instinct, un aiguillon qu’ils appellent honneur et qui les pousse toujours à agir vertueusement et les éloigne du vice.
La vie très horrifique du grand Gargantua
Toute leur vie était organisée non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur vouloir et franc arbitre. Ils se levaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur venait; nul ne les éveillait, nul ne les forçait ni à boire ni à manger, ni à faire autre chose. Ainsi l’avait établi Gargantua. En leur règle n’était que cette clause : "Fais ce que voudras", parce que les gens libres, bien nés, bien instruits, conversant en compagnie honnête, ont par nature un instinct et un aiguillon, qui toujours les pousse à accomplir des faits vertueux et les éloigne du vice, aiguillon qu’ils nommaient honneur. Quand une vile servitude ou une contrainte les font déchoir et les assujettissent, ils emploient cette noble inclination, par laquelle ils tendaient librement vers la vertu, à repousser et à enfreindre ce joug de la servitude : car nous entreprenons toujours les choses défendues, et convoitons ce qui nous est refusé. Grâce à cette liberté, ils entrèrent en louable émulation de faire tous ensemble ce qu’ils voyaient plaire à un seul. Si l’un ou l’une d’entre eux disait : « Buvons », tous buvaient; s’il disait : « Jouons », tous jouaient. S’il disait : « Allons nous ébattre aux champs », tous y allaient. Si c’était pour chasser au vol ou poursuivre le gibier, les dames montées sur de belles haquenées, portaient chacune un épervier, ou un lanier, ou un émerillon. Les hommes portaient les autres oiseaux. Ils étaient si noblement instruits qu’il n’y en avait aucun qui ne sût lire, écrire, chanter, jouer d’instruments de musique, parler cinq ou six langues et composer en ces langues autant en vers qu’en prose. Jamais ne furent vus chevaliers si preux, de si belle allure, si adroits à pied et à cheval, si vigoureux, plus alertes et plus aptes à manier toutes sortes d’armes. Jamais ne furent vues dames si élégantes, si mignonnes, moins acariâtres, plus adroites aux travaux manuels, à la broderie, et à toute occupation convenant à une femme honnête et libre. Pour cette raison, quand le temps était venu qu’un membre de l’abbaye voulût en sortir, ou à la requête de ses parents, ou pour tout autre cause, il emmenait avec lui une de ces dames, celle qui l’avait pris pour son cavalier servant, et ils se mariaient. Et s’ils avaient vécu à Thélème en confiance et en amitié, encore mieux poursuivaient-ils cette existence dans le mariage. Ils s’aimaient à la fin de leurs jours comme au premier jour de leurs noces.
La vie très horrifique du grand Gargantua