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Philippe Frédéric Édouard Schuré
Édouard Schuré

Données générales

PériodeLieu
GénéralXIX XXFrance
Naissance21 janvier 1841 Strasbourg, France
Décès7 avril 1929 (88 ans)Paris, France
Cause
Inhumation

DomaineCourantOrdre
Littérature
Philosophie
SymbolismeSociété anthroposophique 🎓

RelationsNom
Entourage
AmourMarguerite Albana Mignaty
AmiRudolf Steiner
CorrespondanceRichard Wagner
RencontreFriedrich Nietzsche
Madame Blavatsky
Influence
ParAlexandre Saint-Yves d’Alveydre
Antoine Fabre d’Olivet
Rudolf Steiner
SurEugène Canseliet

Repères biographiques

► Né dans une famille luthérienne, il perd ses parents alors qu’il est encore jeune. Il est alors hébergé par son professeur d’histoire jusqu’à 20 ans. Parlant aussi bien le français que l’allemand, il fait des études de droit à Strasbourg, mais peu passionné par cette matière il passe son temps libre à la faculté de lettres étudiant Goethe et Nietzsche. Il hérite de ses grands parents et ayant obtenu une licence et pouvant vivre de ses rentes, il abandonne le droit. Il s’applique à la poésie, s’instruit sur la philosophie moderne, les mystères antiques et le celtisme puis devient critique musical. Ses première publications lui permettent l’entrée des salons parisiens où il entre en contact avec les milieux occultistes et théosophiques d’alors.

► À 24 ans, il assiste à la première représentation de Tristan et Isolde de Wagner qui se déroule alors à Munich. Il rencontre le compositeur et entretient avec lui une correspondance qui lui donne le goût des études celtiques. Il met fin à cet échange dix ans plus tard, exaspéré par la personnalité virulente et nationaliste de l’artiste. En effet, Schuré a souffert de son expatriation forcée de l’Alsace suite à son annexion par l’Allemagne durant la guerre de 1870. Il aura néanmoins entre temps, introduit le wagnérisme dans l’hexagone par ses articles et conférences.

► À 30 ans, lors d’un voyage en Italie, il fait la connaissance de Marguerite Albana Mignaty, une artiste et ésotériste grecque. Déjà marié, Schuré en tombera pourtant très amoureux. Il entretiendra une correspondance avec elle jusqu’à sa mort - sept ans après leur rencontre - et sera durablement marqué par cette relation. Il admirait son investissement dans la spiritualité, la considérant comme sa muse et lui dédicace d’ailleurs ses Grands initiés.

► Il publie ses œuvres les plus décisives, dont son œuvre maîtresse Les grands initiés sous l’influence des théories d’Olivet et Alveydre qui lui transmettent l’idée d’une tradition universelle et éternelle se manifestant progressivement et éternellement au travers des hérauts de la spiritualité. Son œuvre a été globalement oubliée après sa mort, néanmoins elle est aujourd’hui toujours rééditée et jouit d’une considération mondiale. Conscient de la portée de cet ouvrage, lui-même dira à son propos : Je ne laisse qu’une seule œuvre : Les Grands Initiés. Les autres sont des essais, des tentatives d’écolier.

► Puis à 60 ans, il fait la connaissance de Rudolph Steiner par l’intermédiaire de sa femme qui séduite par ses productions fait jouer ses pièces de théâtre en Allemagne. Il se rapproche alors de la Société Théosophique avant de s’en écarter au même moment que Steiner, lorsque Besant et Leadbeater annoncent que Krishnamurti est le messie. Un an plus tard, il démissionne de la Société anthroposophique, considérant Steiner comme trop entouré d’influences pangermaniques même s’il se réconcilie avec lui quelques années plus tard.

Œuvres choisies

  • Les Grands Initiés, 1889. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Le drame sacré d’Eleusis, 1890. [Théâtre]
  • Les enfants de Lucifer, 1900. [Théâtre]
  • L’évolution divine du sphinx au Christ, 1912. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France

Citations

Le plus grand mal de notre temps est que la Science et la Religion y apparaissent comme deux forces ennemies et irréductibles. Mal intellectuel d’autant plus pernicieux qu’il vient de haut et s’infiltre sourdement, mais sûrement, dans tous les esprits, comme un poison subtil qu’on respire dans l’air. Or, tout mal de l’intelligence devient à la longue un mal de l’âme et par suite un mal social. […] Mais depuis que l’Eglise, ne pouvant plus prouver son dogme primaire en face des objections de la science, s’y est enfermée comme dans une maison sans fenêtres, opposant la foi à la raison comme un commandement absolu et indiscutable ; depuis que la Science, enivrée de ses découvertes dans le monde physique, faisant abstraction du monde psychique et intellectuel, est devenue agnostique dans sa méthode, matérialiste dans ses principes comme dans sa fin ; depuis que la Philosophie, désorientée et impuissante entre les deux, a en quelques sortes abdiqué ses droits pour tomber dans un scepticisme transcendant, une scission profonde s’est faite dans l’âme de la société comme dans celle des individus. Ce conflit, d’abord nécessaire et utile, puisqu’il a établit les droits de la Raison et de la Science, a fini par devenir une cause d’impuissance et de dessèchement. La Religion répond aux besoins du cœur, de là sa magie éternelle ; la Science à ceux de l’esprit, de là sa force invincible. Mais depuis longtemps, ces puissances ne savent plus s’entendre. La Religion sans preuve et la Science sans espoir sont debout, l’une en face de l’autre, et se défient sans pouvoir se vaincre.
Les grands initiés
C’est que l’humanité commence seulement à pressentir la portée de son œuvre, l’étendue de sa promesse. C’est que derrière lui nous apercevons à côté et au-delà de Moïse toute l’antique théosophie des initiés de l’Inde, de l’Égypte et de la Grèce, dont il est la confirmation éclatante. Nous commençons à comprendre que Jésus est sa plus haute conscience, que le Christ transfiguré ouvre ses bras aimants à ses frères, aux autres Messies qui l’ont précédé, comme lui rayons du Verbe vivant, qu’il les ouvre tout grands à la Science intégrale, à l’Art divin et à la Vie complète.
Les grands initiés
Quant à nous, pauvres enfants perdus, qui croyons que l’Idéal est la seule Réalité et la seule Vérité au milieu d’un monde changeant et fugitif, qui croyons à la sanction et à l’accomplissement de ses promesses, dans l’histoire de l’humanité comme dans la vie future, qui savons que cette sanction est nécessaire, qu’elle est la récompense de la fraternité humaine, comme la raison de l’univers et la logique de Dieu ; - pour nous qui avons cette conviction, il n’y a qu’un seul parti à prendre : Affirmons cette Vérité sans crainte et aussi haut que possible ; jetons-nous pour elle et avec elle dans l’arène de l’action, et par dessus cette mêlée confuse, essayons de pénétrer par la méditation et l’initiative individuelle dans le temple des Idées immuables, pour nous armer là des Principes infrangibles.
Les grands initiés