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Rudolf Steiner

Données générales

PériodeLieu
GénéralXIX XXSuisse
Naissance25 février 1861, 23h15 Donji Kraljevec (Croatie)
Décès30 mars 1925 (64 ans)Dornach (Suisse)
Cause
Inhumation
Information inconnue
Dornach (Suisse)

DomaineCourantOrdre
Ésotérisme
Naturphilosophie
Occultisme
Théosophie
Christianisme Memphis-Misraïm 🎓
Ordre des Templiers Orientaux 🎓
Société anthroposophique 🎓

RelationsNom
Entourage
AmiÉdouard Schuré
RencontreAnnie Besant
Influence
MaîtreFélix Kogutzki
ParEmmanuel Kant
Friedrich Nietzsche
Johann von Goethe
Madame Blavatsky
SurAlbert Schweitzer
Christian Morgenstern
Daniel Dunlop
Édouard Schuré
Hilma af Klint
Martin Buber
Max Heindel
Valentin Tomberg
Vassily Kandinsky

Repères biographiques

► Fils d’un employé de chemin de fer, il fait tôt l’expérience de perceptions extrasensorielles. Il entre à l’école supérieur technique de Vienne en 1879, fait connaissance avec l’œuvre de Goethe et devient docteur en philosophie en 1897. En 1880 il rencontre Félix Kogutzki qui l’initie à l’occultisme. En 1889, il participe à la première édition des œuvres complètes de Goethe où il est chargé de la publication de ses écrits scientifique.

↳ L’œuvre du Sage de Weimar sera pour lui l’exemple de la rigueur scientifique appliqué aux perceptions suprasensibles. Il en tire dans sa Philosophie de la Liberté, l’idée de développer les facultés sensorielles de façon à ce qu’elles puissent appréhender les réalités subtiles sans se départir de sa conscience lucide. Il s’installe à Berlin en 1897 où il fait paraître Goethe et sa conception du cosmos et enseigne à l’université populaire. Il prend ensuite contact avec la Société théosophique où il donne des conférences.

► Il quitte le mouvement en 1913, jugeant incompatible les vues des théosophistes sur l’orient et le Christ avec les siennes (Krishnamurti est cette même année, présenté comme messie par les cadres de la Société Théosophique). Il fonde la Société anthroposophique la même année en Suisse où il fait construire son Goethanum en bois, qui incendié en 1922 sera reconstruit en béton en 1925. Le groupe se propose de Conduire l’esprit qui est dans l’Homme vers l’esprit qui est dans le ciel.

↳ Il y conduit des recherches et forme des artistes (dont les eurythmistes, pratiquant un art du mouvement que Steiner à crée) ainsi que les professeurs des futures écoles Waldorf, estimant que c’est par l’art que se créé le point entre le subtil et la terrestréité. En 1924 il fonde l’Université libre des sciences spirituelles. Le mouvement fait des émules et produit des écoles d’enseignement alternatif, des fermes bio-dynamiques et des cliniques, toutes basées sur l’enseignement de Steiner.

◆ Pour Steiner, dont le centre de la pensée est un évolutionnisme christocentrique, l’Homme peut atteindre à la connaissance universelle et spirituelle et chacun doit faire l’effort conscient d’acquérir l’héritage spirituel de sa culture afin de pouvoir la faire progresser. Afin d’évoluer convenablement, chacun doit trouver en lui l’équilibre entre deux forces : celles d’expansion spirituelles et celles de rétractation matérialisantes. Pour Steiner, l’Homme occulte se compose de quatre plans : physique, éthérique (qui entretient la vie), astral et corps égoïque (origine du je). De plus, trois systèmes organiques (nerveux, rythmique et métabolique), trois états de conscience (veille, rêve et sommeil) et trois activités de l’âme (vouloir, penser et ressentir) y entrent en interaction. Bien que le Christ soit le centre de la pensée de Steiner et qu’il dédia sa vie à décrypter l’ésotérisme présent dans l’œuvre de Goethe, son anthroposophie mêle des éléments orientaux comme le karma et la réincarnation qui prennent dans sa pensée un rôle enseignant et cathartique. Il est à l’origine d’une production abondante, composée d’essais, traités, conférences et drames.

Œuvres choisies

  • La Philosophie de la liberté, 1894.
  • Théosophie, 1904.
  • L’Initiation, 1904.
  • Relation juste avec l’anthroposophie (A propos de la), 1909.
  • Culture pratique de la pensée (La), 1909.
  • Esprit de Goethe (L’), 1918.

Citations

Le dualisme repose sur une fausse définition de la connaissance. Il sépare l’être total en deux domaines extérieurs l’un à l’autre, et entre lesquels aucun contact n’est possible. C’est de ce dualisme qu’est née la distinction entre l’objet perçu et la « chose en soi » telle que Kant l’a introduite dans la philosophie, qui ne s’en est pas débarrassée encore jusqu’à nos jours. D’après les exposés qui précèdent, l’organisation de l’homme implique qu’une chose ne peut jamais lui être donnée qu’à titre de perception. La pensée triomphe ensuite de l’isolement des perceptions, en mettant chacune à la place qui lui revient dans l’ordre universel. Aussi longtemps que nous considérons les diverses parties du tout comme des perceptions, nous obéissons simplement, en les distinguant, à une loi de notre être subjectif. Mais poser la somme de nos perceptions comme une, partie du tout, et supposer ensuite une seconde partie qui serait la chose en soi, c’est philosopher dans les nuages. Il n’y a là qu’un jeu de concepts. On construit une opposition artificielle, et on ne parvient pas à donner un contenu au second des deux domaines, car le contenu d’une chose ne saurait jamais être puisé, par l’homme, que dans la perception.
La Philosophie de la liberté (VI)
La recherche des éléments conceptuels normaux qui déterminent les actions des individus, des peuples, des époques, fournit bien une éthique ; celle-ci n’est pas une science des commandements moraux, elle est plutôt une étude naturelle de la moralité. Les lois qu’elle découvre se comportent, vis-à-vis des actions humaines, comme les lois naturelles vis-à-vis des phénomènes. Mais ces lois ne sont absolument pas identiques à nos impulsions individuelles. Pour comprendre comment un acte humain jaillit du vouloir moral de l’homme, il faut, tout d’abord, étudier le rapport de ce vouloir à l’acte. Il faut envisager des actions vraiment déterminées par lui. Lorsque on réfléchit, par la suite, à de telles actions, on peut trouver les maximes morales qui s’y appliquaient. Au moment de l’action, la maxime morale, dans la mesure où elle pouvait prendre en moi une existence intuitive, me poussait ; elle était associée à un sentiment d’amour pour l’objet que je cherchais à réaliser. Je ne demandais l’avis de personne et ne me confiais à nulle règle. J’agissais parce que j’avais conçu l’idée de cette action. Et c’est par là qu’elle était mon action. Au contraire, lorsqu’on agit parce qu’on reconnaît certaines normes morales, l’action n’est qu’un résultat du principe inscrit dans le code moral. L’homme n’est que l’exécuteur. Il est un automate d’ordre élevé. Qu’on lui donne l’occasion d’agir, et aussitôt se mettent à tourner les rouages de ses principes moraux, pour amener, d’une façon automatique, une action chrétienne, humanitaire, égoïste, civilisatrice, etc.. C’est seulement lorsqu’on agit par amour pour l’objet de l’action, que l’on peut dire : j’agis moi-même.
La Philosophie de la liberté (IX)
On ne saurait assez insister sur la nécessité qu’il y a pour celui qui désire développer ses facultés supérieures de connaissance, à entreprendre un travail mental sérieux. Il est d’autant plus important d’insister là-dessus, que bien des personnes veulent devenir « voyantes », mais méprisent ce travail sérieux et modeste de la pensée. « La pensée, disent-elles, ne peut m’être d’aucun secours, la « sensation », le « sentiment » seuls sont importants ». Nous leur répondrons que personne ne peut devenir un voyant au sens supérieur (c’est-à-dire vrai) du mot, sans s’être d’abord familiarisé, par le travail, avec la vie des pensées. Bien souvent, une certaine paresse intérieure joue chez ces personnes un rôle néfaste. Elles n’en ont pas conscience, parce que cette paresse prend la forme d’un mépris de la « pensée abstraite », de la « vaine spéculation ». Mais c’est méconnaître la pensée que de la confondre avec le vain échafaudage de raisonnements abstraits.
Théosophie