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Personnalités collectives (XX)

Floruit (pays actuels) :

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Guilmot Max
Ésotériste, Philosophe 🞄 Rosicrucisme (AMORC) 🞄 n. Belgique, fl. États-Unis | XX

► Égyptologue rosicrucien, professeur à l’Université d’État de San José et consultant du Rosicrucian Egyptian Museum.

A écrit, dans le cadre intellectuel de l’AMORC, plusieurs ouvrages consacrés à l’Égypte antique, sa spiritualité et son ésotérisme. 𝕍 par exemple La signification des métamorphoses du défunt en Égypte ancienne in Revue de l’histoire des religions (175, 1, pp. 5-16 ), Max Guilmot, 1969. Lien vers le document sur Persée

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Gamache Henri
Conjureur 🞄 Hoodoo 🞄 États-Unis | XX

Auteur afrocentriste de plusieurs ouvrages de magie Hoodoo dans les années 1940 et qui la modernise en y combinant des éléments issus de la pensée de Randolph. La publication la plus connue est la première : The Master Book of Candle-Burning (1942), elle eut un important succès dans les milieux du vaudou de la Louisiane, adeptes de cette pratique. L’opuscule d’environ 100 pages traite en effet de l’emploi des bougies à des fins rituéliques et il fait encore autorité au d.XXI dans les milieux concernés.

◆ Cette pratique est désormais largement répandue dans le Hoodoo et ce, par l’intermédiaire de la Santeria qui en fait également un usage intensif.


🙟 1900   

Fort Garett
Scénariste 🞄 Hindouisme (Védanta (Advaïta)) 🞄 États-Unis | 1900 1945

Disciple de Meher Baba à partir de 1934.

◆ A travaillé pour l’industrie hollywoodienne du cinéma notablement dans le genre horrifique avec Frankenstein (1931) et Dracula (1932) mais aussi la comédie avec Applause (1929) et l’aventure avec La marque de Zorro (1940).

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Himmler Heinrich  Entrée Data.Bnf
Politique 🞄 Ariosophie 🞄 n. Empire allemand, fl. Allemagne occupée | 1900 1945

► Reichsführer-SS, créateur de l’Ahnenerbe. Influencé par Wiligut et Rahn, il instaure des rites revivalistes païens dans la Schutzstaffel.

𝕍 d’abord Les racines occultistes du nazisme, Nicholas Goodrick-Clarke, 1985.

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Tomberg Valentin  Entrée Data.Bnf
Ésotériste, Théosophe 🞄 Société Anthroposophique, Christianisme (Catholicisme) 🞄 n. Empire Russe, fl. République fédérale d’Allemagne | 1900 1973

► Anthroposophe converti au catholicisme en 1945.

◆ Son ouvrage le plus connu est Méditations sur les 22 arcanes majeurs du Tarot (1980) 🕮 ORAEDES 🗎⮵ où il est essentiellement question de théosophie.

𝕍 Accès de l’ésotérisme occidental 🕮 ORAEDES 🗎⮵ (2, pp. 290-337), Antoine Faivre, 1986. Pour un point de vue critique 𝕍 Le Problème Tomberg in L’Esprit du Temps (12, pp. 66-86), Christian Lazaridès, 1994. Lien vers le document

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Siegmeister Walter [Bernard Raymond]
Spiritualisme, Écrivain 🞄 États-Unis | 1901 1965

► Docteur en éducation, sa thèse portait sur Theory and Practice of Dr. Rudolf Steiner’s Pedagogy (1932). Principalement intéressé par les médecines alternatives et plus particulièrement par la nutrition, c’est un promoteur de l’orthopathie. Il préconise des formes alternatives d’alimentation dont le véganisme, le crudivorisme, voir le fruitarisme et le respirianisme.

◆ Il s’est également penché, dans une moindre mesure, sur des sujets variés tels le spiritualisme, le complotisme et le survivalisme et enfin sur l’ufologie et les théories autour de la terre creuse avec The Hollow Earth (1965) qui est son ouvrage le plus connu. Ce dernier demeure un classique pour les tenants de cette théorie. Il terminera d’ailleurs sa vie en cherchant un tunnel d’accès aux royaumes intérieurs qu’il pensait pouvoir trouver au Brésil.

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Baskine Maurice  Entrée Data.Bnf
Peintre 🞄 Brutiste 🞄 n. Empire russe, fl. République française (IV) | 1901 1968

► Né ukrainien, sa famille s’installe à Paris en 1905. Influencé par la poésie romantique et symboliste(1), il est mis en contact avec l’occultisme(2) dès 1933 et l’alchimie dès 1937 avec la Lettre philosophique. Il adhère un temps au surréalisme(3), à partir de 1946 mais rompt avec le groupe en 1951 souhaitant rester à l’écart de ces manipulations de souffleurs qui n’anoblissent pas le plomb, mais qui avilissent l’or. Il crée alors, inspiré de l’alchimie, la fantasophie, sur une ligne brutiste(4) et particulièrement attachée au symbolisme chromatique.

↪ Baskine organisera en outre, des conférences sur Nostradamus ou le Tarot, dont il a d’ailleurs crée un jeu jamais publié de son vivant. Son œuvre la plus connue, de 5m sur 2, est le Fantasophe-Roc ou l’édification de la pierre de Fantasophopolis (1952-1958)(5).

■ Ses cendres, anciennement inhumée 87D du Père-Lachaise ont étés dispersées en 1996(6).



1. Ntm. Nerval.

2. Chiromancie et onirocritique.

3. Breton lui fera découvrir Fulcanelli.

4. Faute de pouvoir le classer plus habilement.

5. Ajd. bs. Musée d’Art Moderne de Cordes-sur-Ciel qui possède par ailleurs la plupart de ses œuvres.

6. in Jardin du souvenir en 77D.

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Lethbridge Thomas  Entrée Data.Bnf
Archéologue, Parapsychologue 🞄 n. Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, fl. Royaume-Uni | 1901 1971

► Explorateur dans sa jeunesse, il devient ensuite archéologue spécialisé dans la civilisation anglo-saxonne puis détient le poste de conservateur au Musée d’archéologie et d’anthropologie de l’Université de Cambridge entre 1923 à 1957. Durant cette période, il conduit plusieurs fouilles, mais ses préoccupations, sa méthodologie et son style peu orthodoxe lui attirent le dédain de ses pairs.

◆ Lui-même critique du milieu universitaire, il le quitte pour se diriger dans la rédaction d’ouvrages relatifs à la parapsychologie comme The Power of the Pendulum (1976).

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Hall Manly Palmer  Entrée Data.Bnf
Ésotériste, Érudit, Collectionneur 🞄 Franc-maçonnerie, Rosicrucisme, Spiritualisme (Nouvelle Pensée) 🞄 n. Canada, fl. États-Unis | 1901 1990

I. Histoire

Important ésotériste américain du XX, notablement influencé par la Nouvelle Pensée. Assez peu d’informations sont disponibles sur sa vie, lui-même n’ayant rien consigné à ce propos. Né au Canada, d’une mère membre de la Rosicrucian Fellowship d’Heindel. Il ne connaîtra jamais son père, le couple se séparant durant la grossesse et c’est finalement sa grand-mère qui l’éduque, prenant soin de l’ouvrir à la culture et aux arts. La famille déménage aux États-Unis en 1904, puis, en 1919, il se fixe à Los Angeles, s’intéresse activement à l’ésotérisme et s’investit dans la Church of the People, organisation spiritualiste indépendante, dont il devient pasteur en 1923. Ayant pris le contrôle de l’organisation, il publie également une revue mensuelle, All Seeing Eye (1923-1931) afin de publier ses cours et des auteurs classiques.

↪ Ayant pour but de réunir une documentation aussi large que possible et à l’aide de riches mécènes(1) qui lui assurent un soutien financier et une rente, il entreprend des voyages, particulièrement en France et en Angleterre, visite les musées, les bibliothèques et les salles d’enchères – Sotheby’s en particulier – où il achète des manuscrits, des objets curieux et des œuvres d’art, notamment asiatiques. Il fonde ensuite une Société de recherche philosophique à Los Angeles, en 1934, inspirée des campus universitaires et du pythagorisme. L’organisation, absorbant à sa création la Hall Publishing Company aussi bien que la Church of the People est indépendante et à but non lucratif. Encore active de nos jours Lien vers le site et disposant d’une large bibliothèque, elle se destine à l’étude comparative des religions et de leur ésotérismes(2), s’appuyant sur les travaux de son fondateur. Hall y donnera des conférences jusqu’à sa mort, éditera son organe le P.R.S. Journal(3) et se rapprochera peu à peu du bouddhisme.

↪ Sa vie personnelle, composée de deux mariages et parfois, de fréquentations douteuses, fut du reste peu heureuse. Ses dernières années en particulier, par les conséquences, principalement médicales de son vivant et juridiques à sa mort qui résultèrent des choix discutables qu’il fit, sont à cet égard significatives. Enfin, Hall rejoint aussi plusieurs sociétés secrètes durant son parcours : Rosicrucian Fellowship d’abord, puis Franc-maçonnerie(4), Societas Rosecruciana (in Civitatibus Foederatis), l’American Federation of Astrologers et, possiblement, la Société Théosophique(5).

II. Œuvres et influence

Très actif, érudit quoique sans diplômes, vulgarisateur surtout, il produit environ 50 ouvrages, une centaine d’opuscules et, charismatique et éloquent, donne environ 8000 conférences. Pour Hall, les phénomènes de l’occultisme sont secondaires, tandis que l’édification de l’Homme, notamment via l’étude du symbolisme et des mythes est fondamentale. Cette édification doit s’opérer dans la société, non pas dans l’autre monde, et repousser les errements moraux ainsi que spirituels provoqués par le matérialisme et la mauvaise appréhension du progrès scientifique. D’abord auteur d’un Initiates of the Flame (1922) puis, surtout connu pour son introductif Secret teachings of all ages(6) Lien vers l’œuvre (1928) qui, d’intention synthétique, anticipant par certains aspects les travaux universitaires d’après-guerre et notablement accompagné de 50 illustrations aux influences art nouveau et néoromantiques, lui vaudra une renommée nationale. Son Secret destiny of America (1944) devra également connaître un succès notable. Hall fera fréquemment appel à des professionnels pour l’épauler dans son travail afin de restituer des productions qualitatives, tels les illustrateurs Knapp et Serailian.

➽ Influence ses aînés Jung et Cayce sur certains points.



1. Les Lloyd, famille pétrolière du Comté de Ventura.

2. Depuis 1995, la Getty possède un ensemble de plusieurs documents lui ayant appartenu Lien vers le catalogue et rachetés à sa veuve qui en avait négocié la propriété avec la Société de recherche philosophique : 243 manuscrits autour de l’hermétisme et l’alchimie, la maçonnerie et le rosicrucisme. Puisque la majorité du fond documentaire remarquable de la bibliothèque de Hall fut ainsi acquis par la Getty, l’organisation, qui ne put aussi bien s’organiser que la Bibliothèque Ritman ou la Warburg, s’oriente désormais plutôt vers la psychologie transpersonnelle et spiritualiste que l’ésotérisme.

3. D’abord Horizon en 1940-1954.

4. Il est 33° du REAA en 1973.

5. Il n’est pas évident qu’il ait effectivement rejoint la Société Théosophique mais il fut en rapport étroit avec l’organisation, donnant des conférences et distribuant ses ouvrages dans leur réseau. Du reste, il estimait le travail de Blavatsky et sa Doctrine Secrète. .

6. L’intention de ce projet, édifié sur un fond maçonnique et théosophique, lui vient en 1921. Il écrit dans l’introduction : Toute la théorie du livre est diamétralement opposée à la méthode de pensée moderne, car elle traite de sujets ouvertement ridiculisés par les sophistes du vingtième siècle. Son véritable but est d’introduire l’esprit du lecteur dans une hypothèse de vie qui excède les limites de la théologie, la philosophie et la science matérialiste..

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Narayanananda (Swami)  Entrée Data.Bnf
Mystique, Yogi 🞄 Hindouisme (Advaita Vedānta) 🞄 n. Raj britannique, fl. Inde | 1902 1988

► Membre de la Mission Ramakrishna, il devient moine à 27 ans. Témoin de la partition des Indes, il se décide à enseigner et attire à lui des étudiants danois.

◆ Auteur de nombreux ouvrages, il fonde la Narayanananda Universal Yoga Trust.

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Brauner Victor  Entrée Data.Bnf
Peintre 🞄 Surréalisme 🞄 n. Royaume de Roumanie, fl. République française (IV) | 1903 1966

► Né en Moldavie, d’un père spirite, sa famille se fixe à Bucarest en 1918 où il étudie à l’Université nationale d’art de Bucarest puis s’intéresse aux mouvements d’avant-garde de la capitale(1) et met au point le concept de picto-peinture avec le poète Ilarie Voronca dans une tentative de lier verbe et graphisme. Il habite Paris dès 1932 et se lie avec les surréalistes jusque 1948.

◆ Intéressé par les sciences occultes et la psychanalyse, les ouvrages de Paracelse et de Jung, Brauner produit une œuvre insolite et à l’érotisme latent, violemment traversée par l’occultisme et la magie; La thématique de l’œil y est par ailleurs permanente. Il a notablement peint un Autoportrait à l’œil énucléé (1931) où il figure borgne : peinture auto-prophétique, démonstration du hasard objectif de Breton, puisqu’il subira une énucléation en 1938 lors d’une altercation. Lui-même annonce : tous mes documents, tableaux, dessins, objets, textes ont un caractère et un aspect très hermétique magico-occulte. Ceci naturellement dans une idée d’un ésotérisme absolument hétérodoxe-libre, et d’une force radiante, que l’on soupçonne cosmique. Ainsi mes documents deviennent plutôt des pantacles ou des talismans.



1. Expressionnisme, constructivisme, dadaïsme roumain.

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Muldoon Sylvan
Occultiste 🞄 Spiritualisme 🞄 États-Unis | 1903 1969

Occultiste spécialisé dans la projection astrale, concept et expression qu’il popularise largement dès son premier ouvrage, écrit avec Carrington, The Projection of the astral body (1929) Lien vers l’œuvre et dans lequel il rend compte de ses expérimentations(1) qui débutent spontanément alors qu’il n’a que douze ans.

Cet ouvrage est le premier exclusivement dédié au sujet, seulement précédé par les considérations magnétiques de Durville dans son Fantôme des vivants (1909) et Lancelin dans sa Méthode de dédoublement personnel (1913). Muldoon y livre, en outre, les pratiques qu’il a observé et qu’il évalue comme de nature à favoriser l’apparition de ce phénomène. Il met particulièrement l’emphase sur l’empire qu’exerce la pensée dans le monde astral et y décrit également le cordon astral reliant le corps physique au corps astral par le front.



1. Toutes ayant lieu dans le plan physique.

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Choisy Maryse  Entrée Data.Bnf
Écrivain, Mystique 🞄 Suridéalisme, Christianisme (Catholicisme) 🞄 République française (III) | 1903 1979

► Touche-à-tout influencée par Villiers de l’Isle-Adam, Wilde et Nietzsche, Choisy est auteur et écrivain, fondatrice du suridéalisme et journaliste d’immersion à succès(1). Durant sa vie, elle a rencontré nombre de célébrités : Teilhard de Chardin, Freud, Tagore, Nehru et Indira Ghandi, Tenzin Gyatso et, d’une façon générale, les milieux artistiques, intellectuels et occultistes du Paris d’alors.

Intéressée par l’occultisme (La Chirologie, 1927) elle a fondé trois revues sur ce sujet : Votre Bonheur (1935-1936), Votre Destin (1935-1936) et Consolation (1935-1937) ainsi que l’Association pour la Rénovation de l’Occultisme Traditionnel avec Ambelain en 1935. Elle se penche également sur le yoga, soutenant une thèse de philosophie : Les Systèmes de philosophie védanta et samkya en 1936, publiant ensuite La Métaphysique des yogas en 1948 puis Yogas et psychanalyse en 1949. Elle s’intéresse encore effectivement à la psychanalyse : elle est, avec son époux Maxime Clouzet, fondatrice avec de la revue de psychanalyse Psyché (1946-1963) et publie également un Psychanalyse et catholicisme en 1950. Elle s’intéresse enfin à la religion, se convertit au catholicisme en 1939 et est la fondatrice de l’Alliance Mondiale des Religions en 1965(2) inspiré par la World Fellowship of Religions la même année.

𝕍 le site de Grégory Halleux, dédié à l’auteur. Lien vers le site



1. Un mois chez les filles chez les prostituées ou Un mois chez les hommes en infiltration au Mont Athos.

2. 33 éditions jusque 2000.

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Mahāsī (Sayādaw)
Moine 🞄 Bouddhisme (Theravāda) 🞄 n. Birmanie britannique, fl. Birmanie | 1904 1982

► Moine theravāda spécialiste de vipassanā, disciple de U Nārada et propagateur de la nouvelle méthode birmane dans le sud-est asiatique ainsi qu’aux États-Unis.

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Spiesberger Karl [Frater Eratus]
Ésotériste 🞄 Néo-Occultisme 🞄 n. Empire allemand, fl. Troisième Reich | 1904 1992

► Occultiste intéressé par la radiesthésie et la divination(1) connu pour son utilisation des runes d’Armanen(2) de Von List et Kummer dont il expurge les éléments controversés(3).

Membre important de la Fraternitas Saturni dès 1935(4), il est pressenti pour succéder à Grosche mais il quitte le groupe dans les années 1960 à cause de dissensions internes.



1. Der erfolgreiche pendel-praktiker, 1963 et Die Aura des Menschen la même année.

2. Runenmagie : Handbuch der runenkunde, 1955.

3. Il permet ainsi à ces techniques de survivre à la disparition des nazis, ntm. via des groupes néo-païens.

4. Il est reçu maître en 1957.

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Mounier Emmanuel  Entrée Data.Bnf
Philosophe 🞄 Christianisme (Catholicisme) 🞄 République française (III) | 1905 1950

► Influencé par Bergson, Berdiaeff et Péguy. Connu pour être à l’origine de la revue Esprit en 1932 et du personnalisme communautaire, courant spiritualiste révolutionnaire et humaniste mettant l’accent sur l’éthique et dont il devient le chef de file. La révolution sera spirituelle ou elle ne sera pas estimait-t-il.

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Meier-Parm Heinrich
Astrologue, Auteur 🞄 École de Hambourg 🞄 n. Empire allemand, fl. République fédérale d’Allemagne | 1905 1987

► Fils d’horticulteur, il s’intéresse d’abord à la littérature. Il commence à se pencher sur la cosmobiologie en 1930. Pionnier, avec Brunhübner (Der neue Planet Pluto, 1935), dans les significations de Pluton (Pluto im Planetenbild, 1935) et de Vesta (Der Planetoid Vesta, 1974). Membre fondateur(1) de la Deutscher Astrologen-Verband en 1947, qui est, au d.XXI, la plus grande association astrologique en Allemagne.

◆ Classifie les horoscopes en huit types selon des figurinen {structures} et utilisateur des spannungsherrscher {dénominateurs tensionnels}(2) afin de signaler le point le plus dynamique du thème. D’orientation universaliste et anti-déterministe. A aussi écrit des nouvelles et des pièces de théâtre.



1. Avec ntm. Koch.

2. Planètes les plus éloignées de toutes les autres.

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Gröning Bruno
Mystique 🞄 n. Empire allemand, fl. République de Weimar | 1906 1959

Promoteur d’une méthode de guérison, dite einstellen {syntonisation}, basée sur le magnétisme curatif et la guérison par la foi.

Elle consiste par le biais de techniques psycho-corporelles proches du Qi Gong, à faire absorber par l’Humain le heilstrom {courant guérisseur}, force vitale issue de Dieu. Gröning ajoute qu’une période de regelungen {régulation} est parfois nécessaire à l’organisme afin de retrouver ses pleines facultés.

■ Des groupes se réclamant de son enseignement sont encore actifs au d.XXI.

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Carteret Jean  Entrée Data.Bnf
Astrologue, Tarologue 🞄 Scientifique, Néo-Occultisme 🞄 n. République française (III), fl. France | 1906 1980

► Fils d’un industriel et commerçant de textile, résidant à Nancy, il apprend d’abord le violon au conservatoire mais se fixe à Paris en 1926 afin d’échapper aux pressions exercées par son père vis à vis de son avenir professionnel. Il est mis en contact avec le surréalisme, milieux où il se rapproche de Conrad Moricand et débute des études de psychologie à la Sorbonne dès 1929 où il devient l’ami de Roger Frétigny(1). Il devient finalement psychanalyste et donne des conférences à l’École française de psychanalyse d’Allendy.

◆ Intéressé par la graphologie, la typologie et la phénoménologie, il combine ces intérêts avec l’astrologie dès la fin des années 30. En correspondance avec Jung, il participe également au groupe de recherches philosophiques d’Abellio de 1948 à 1952. A publié dans L’Astrologie moderne du Centre International d’Astrologie. Auteur également du Tarot métaphysique (1977) et du Tarot comme langage (1988). Engagé politiquement dans le socialisme à tendance révolutionnaire.

➽ Influence Barbault.



1. Auteur avec André Virel de L’imagerie mentale, introduction à l’onirothérapie en 1968.

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Abellio Raymond [Soulès Georges]  Entrée Data.Bnf
Philosophe, Auteur, Ingénieur 🞄 Gnosticisme 🞄 n. République française (III), fl. France | 1906 1980

► Issu d’une famille catholique très modeste, introverti mais précoce, Abellio est polytechnicien dès 1927, croise le surréalisme et l’écriture automatique en 1932, lis Nietzsche et devient ingénieur des Ponts et Chaussées ainsi que militant socialiste. Il est injustement condamné par contumace aux travaux forcés à cause d’une homonymie, mais, réhabilité en 1951, il renonce à la politique, fonde une société d’ingénieurs-conseils, un Cercle d’études métaphysiques et débute une carrière littéraire. Abellio est un lecteur de Guénon et Zanne, de Berdiaev et Eckhart, il se révèle particulièrement permissif à la phénoménologie d’Husserl. Il s’oriente vers l’ésotérisme(1) durant la période de la seconde guerre mondiale sous l’impulsion du guérisseur et arithmologicien Pierre de Combas.

Ésotériste français important du XX, il est particulièrement attentif à l’épistémologie, attaché à la fonction prophétique de l’ésotérisme et souligne la différence entre gnose et mystique. Auteur de romans de fond ésotérique, qui sont pour lui la forme la plus aboutie de son œuvre, comme Les Yeux d’Ézéchiel sont ouverts (1949) ainsi que d’essais tels La Bible, document chiffré (1950) et Vers un nouveau prophétisme (1950), son importante Structure absolue (1965) et La Fin de l’ésotérisme (1973). Pour Abellio, qabbale, religions orientales et métapsychique sont vouées à s’unir dans le futur.

◆ Notez l’existence d’un Association des Amis de Raymond Abellio ayant publié deux revues : Études abelliennes et Cahiers Raymond Abellio. Un Fonds Abellio (NAF 28200 Lien vers le catalogue) est en outre bs. de la BNF.



1. Avec de fortes accointances pour la Bible, l’astrologie et la qabale.

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Ambelain Robert  Entrée Data.Bnf
Occultiste, Auteur 🞄 Martinisme, Franc-maçonnerie, Gnosticisme 🞄 n. République française (III), fl. France | 1907 1997

► Issu d’un milieu catholique, ésotériste et auteur très actif, et parfois controversé, du XX. Dès ses seize ans, il fréquente les librairies occultes parisiennes et, en 1937, participe au Collège International d’Occultisme Traditionnel de Bordy où il rencontre Chevillon et Laugénie. Influencé par Fulcanelli et Pasqually, il s’intéresse d’abord à l’astrologie vers 1921. Il est l’auteur d’un Traité d’astrologie ésotérique (1937-1942, 3) puis fixe son attention sur les arts divinatoires (Le Cristal magique, 1962) avant de s’orienter vers des sujets ésotériques(1) et gnostiques(2). Dans son Dans l’Ombre des cathédrales (1939) il s’intéresse au symbolisme architectural et, s’appuyant également sur les sciences occultes, il pose les bases de sa pensée. Il signe également plusieurs articles dans des revues spécialisées comme L’Initiation ou Le Chariot.

► Ambelain est en outre très impliqué dans plusieurs ordres initiatiques de son temps. Parrainé par Chevillon, il est initié en maçonnerie en 1939 à la loge La Jérusalem des vallées égyptiennes de Memphis-Misraïm. Il en devient Grand maître mondial de 1960 à 1985(3). Initié en martinisme, toujours en 1939, par Laugénie, il est supérieur inconnu en 1940 par Meslin et devient "Aurifer". Il est ensuite grand-maître de l’Ordre Martiniste Initiatique. Il réveille en outre l’Ordre des Élus Coëns de l’Univers en 1942(4) et l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix en 1957 dans lesquels il tient également la place de grand-maître. Il est aussi initié "Tau Robert" en tant qu’évêque de l’Église gnostique universelle en 1946 par Roger Ménard, il devient patriarche en 1958 sous le nom de "Tau Jean III".

◆ Site Lien vers le site maintenu par ses héritiers. 𝕍 aussi en première approche Robert Ambelain, explorateur des sciences secrètes in L’Initiation (Nouvelle série) (4, pp. 227-240), Serge Caillet, 2000.



1. Aux pieds des Menhirs (1945), La Kabbale pratique en 1951, Alchimie spirituelle en 1961.

2. La Notion gnostique du démiurge, 1959 et Jésus ou le Mortel secret des Templiers, 1970 qui lui vaudra des quolibets.

3. Kloppel lui succède.

4. À plusieurs égards de façon indue.

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Newhouse Flower
Mystique 🞄 Spiritualisme 🞄 États-Unis | 1909 1994

► Depuis son plus jeune âge, elle se déclare en contact avec les anges. Née Mildred, elle obtient de ses parents à 13 ans d’être renommée "Flower". Elle délivre un enseignement chrétien spiritualiste dès 1924 d’abord à Los Angeles puis en Amérique du nord. Elle se marie en 1933 avec Lawrence Newhouse qui dès lors la soutiendra dans sa démarche. En 1940, elle construit la retraite de Quest Haven, fonde le Christward Ministry puis se dédiera à l’expansion de son projet en écrivant des livres.

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Rampa Lobsang [Hoskin Henry]  Entrée Data.Bnf
Écrivain, Médium 🞄 New-Age 🞄 Royaume-Uni | 1910 1981

I. Histoire

► Auteur excentrique, Rampa débute sa carrière littéraire en 1955. Après quelques difficultés à faire accepter son manuscrit, il fait finalement affaire avec l’éditeur londonien Secker & Warburg qui, bien que sceptique vis à vis de la véracité de ce qui y est écrit, trouve le personnage intriguant(1). Dans son premier ouvrage, le Troisième Œil (1956), qui devient rapidement un immense livre à succès dans plusieurs pays, Rampa affirme, sous une forme autobiographique, avoir été éduqué et initié dans une lamasserie tibétaine à Lhassa et de moine, être devenu un lama médecin(2). Par la suite, Rampa écrira dix-huit autres ouvrages, jusque 1980, développant notamment son histoire fabuleuse dans son second et troisième livre : The Doctor of Lhasa (1959) et The Silver Cord (1960)(3). Il affirme ensuite que son cinquième livre, Living With The Lama (1954), lui a été dicté par télépathiquement par son chat siamois "Fifi Greywhiskers".

Les critiques naturellement, nécessaires mais hors de propos, ne se font pas attendre de la part des universitaires. Une enquête diligentée en 1958 par Heinrich Harrer(4) révéla son identité civile au grand public : Cyril Hoskins, fils de plombier et installateur d’équipements chirurgicaux, il était né dans le Devonshire et ne s’était jamais rendu au Tibet. Cependant, Rampa maintiendra toute sa vie durant la véracité de son récit. Il sera poursuivi par les journalistes, accusé de supercherie littéraire et de charlatanisme et devra partir en Irlande puis au Canada, il deviendra d’ailleurs citoyen canadien en 1973. Il expliqua que cette personne avait effectivement existé mais que sa conscience est bien celle du lama : avec l’autorisation de l’intéressé, elle a incorporé le corps de Hoskins grâce à la technique de la transmigration(5), modifiant même son corps au niveau moléculaire afin de faire de lui un véritable tibétain. Pour expliquer sa méconnaissance de la langue tibétaine, il déclara également qu’il avait volontairement effacé sa mémoire.

II. Influence

◆ Si, d’un point de vu anthropologique et religieux, les romans de Rampa sont effectivement utopiques et fantaisistes(6) et doivent évidemment être considérés comme des ouvrages inspirés du paranormal et de l’occultisme(7) — en particulier celui de la Société Théosophique — ils furent, comme ceux de Castaneda, une passerelle vers la spiritualité et l’ésotérisme pour beaucoup d’occidentaux, une publicité importante pour le Tibet et le bouddhisme et même, un point de départ suscitant des vocations de tibétologues.

↪ Rampa estimait qu’il était venu dans le corps d’Hopkins afin d’éveiller l’Occident aux mystères ésotériques, ce qu’en tout état de cause, il parvint à faire, à son propre niveau. Doué d’une plume agréable et vivante, auteur de littérature médiumnique de premier plan, il est considéré comme un jalon important dans la constitution et la propagation du new-age, reprenant une large partie de ses axes principaux en vulgarisant, rendant littéraire et pour son propre compte certains éléments du théosophisme, les diluant dans la littérature spirituelle populaire contemporaine.

𝕍 l’intelligent Relire T. Lobsang Rampa. Analyse d’un mythe moderne, Karl-Stéphan Bouthillette, 2011. Notez aussi le site Tuesday Lobsang Rampa, favorable à la version de l’auteur et dédié à sa vie et son œuvre.



1. Rampa se présente comme le "docteur Carl Kuon Suo" dès 1947 et jusque 1962, suite, semble-t-il, à une crise existentielle et un accident impliquant une commotion cérébrale. L’éditeur prit d’ailleurs la précaution de faire examiner le manuscrit par des spécialistes qui émirent rapidement des doutes quant à l’authenticité des propos tenus dans l’ouvrage.

2. Il raconte encore comment, par le truchement d’une opération chirurgicale on lui ouvre son troisième œil afin de se voir notablement octroyer la capacité de percevoir les auras. Il évoque aussi que la planète Terre, fut par le passé heurtée par une autre planète, une observation du yéti ou bien comment il retrouve un corps momifié, vestige d’une précédente incarnation.

3. Il y indique son voyage dans la Chine avant l’intervention militaire chinoise au Tibet de 1950, sa capture par les japonais durant la seconde guerre sino-japonaise où il sert comme médecin. Il s’évade, passe par la Russie où il est encore capturé et s’évade de nouveau et atteint enfin l’Europe puis finalement les États-Unis.

4. Alpiniste et explorateur autrichien, auteur du célèbre Sept ans d’aventures au Tibet (1952) et proche du jeune Tenzin Gyatso dont on peut sans doute mesurer l’agacement : si son ouvrage eut un immense succès, ceux de Rampa en eurent plus encore.

5. Il parle sans doute du གྲོང་འཇུག, (grong ’jug), variation du འཕོ་བ་ (phowa).

6. Son surnom de "Tuesday" ex., provenait selon lui d’une tradition selon laquelle les notables tibétains étaient nommés en fonction de leur jour de naissance.

7. On trouve encore abordés dans son œuvre le sujet des extra-terrestres, des dimensions parallèles, de la Terre creuse, des civilisations antédiluviennes…

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Bedi Freda [Sœur Palmo]
Mystique, Activiste 🞄 Bouddhisme (Vajrayāna) 🞄 n. Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, fl. Inde | 1911 1977

► Mariée à un sikh, le couple se fixe en Inde en 1934. Bedi s’investit dans le mouvement pour l’indépendance de l’Inde et devient la première britannique impliquée dans le mouvement de Gandhi. En 1952, elle est à Rangoon où elle est initiée au vipassanā bhāvanā par Mahasi Sayadaw. Lors de l’Exode tibétain de 1959, elle est dépêchée par Nehru pour accueillir les tibétains et aider à leur organisation dans l’Assam et le Bengale; elle devient proche de Rangjung Dorje, 16ème karmapa. Ce dernier l’initie nonne dans la tradition vajrayāna, en 1966, ce qui fait de Bedi la première femme occidentale à atteindre ce statut. Elle obtient le statue de bhikkhunī en 1972 à Hong Kong.

◆ Accompagnant le karmapa lors de sa visite en occident et aidant aux traductions du tibétain vers l’anglais, elle est importante pour la diffusion de la culture du vajrayāna dans l’ouest.

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Ygé (d’) Claude [Lablatinière Claude]  Entrée Data.Bnf
Alchimiste, Gnostique 🞄 Hermésisme (Néo) 🞄 République française (III) | 1912 1964

► Fils d’avocat qui l’initie à l’alchimie. Actif dans les milieux ésotéristes parisiens entre-deux-guerres(1), il publie de nombreux articles ntm. dans Initiation et science. Disciple et ami de Canseliet.

◆ Auteur des bien connus et appréciés Anthologie de la poésie hermétique et Nouvelle assemblée des Philosophes chymiques (également une anthologie).

➽ Influence Bernard Husson.



1. Il connaît ex. Alleau, Ambelain et Rouhier et participe aux cérémonies de Naglowska.

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Albertus Spagyricus (Frater, F.R.C.) [Riedel Albert]  Entrée Data.Bnf
Alchimiste, Spagyriste 🞄 Rosicrucisme (AMORC) 🞄 n. Empire allemand, fl. États-Unis | 1912 1984

► Né à Desde, il émigre aux États-Unis vers 1932. Membre de l’AMORC, lecteur du Rosicrucian Digest d’Orval Graves, influencé par ses lectures de Valentin(1), Paracelse, l’Alchemy rediscovered and restored de Cockren, le couple Ingalese et Fortune. Publie un Alchemist’s Handbook en 1960 et dans le même temps, fonde la célèbre Paracelsus Research Society(2) à Salt Lake City puis en Australie.

► La société, qui cesse ses activités à la mort de son fondateur, en 1984, disséminera ses cours à des centaines d’étudiants(3), conduira de nombreux séminaires(4) et produira plusieurs bulletins internes : Alchemical Bulletin Codex (1960-1972), Parachemy (1973-1979) et Essentia (1980-1984).

◆ Enseigne notablement à George Fenzke, Regardie, Hans Nintzel(5); rencontre Canseliet(6) et semble-t-il, Fulcanelli(7).

An Interview With Eugene Canseliet (1976)

(By Frater Albertus)

It may be of interest to you to know that I have just now returned from Europe where Fulcanelli’s only pupil, Eugene Canseliet, and I have met at his home to clarify some topics that have caused misunderstandings among those who have read his books and explanations he previously gave about some of his personal alchemistical concepts.

On August 17th of this year Signore Augusto Pancaldi of Ascona and I took the Orient Express from Domodossella, Italy, to Paris. It had been arranged by Villa-Santa of Lugano that I should meet Fulcanelli’s only student, Eugene Canseliet, in his home near Beauvais, an hour’s train ride from the Gare de Lyon in Paris. Since Canseliet spoke no English, Pancaldi who speaks four languages fluently and who is himself active in laboratory alchemy, was to act as interpreter and to help with the difficult alchemistical language barrier.

When we arrived at the previously arranged time, Madame Canseliet informed us that she knew nothing of our coming and we were told Monsieur, Canseliet was not at home. This appeared to be a ruse to prevent him from being disturbed. However, she agreed that we could return later, since she did know how to reach him. We returned later and were received by him as he unlocked the chain from the gate and ushered us into his house and the not-too-large living room. Canseliet is small of stature, bald in front with the sparse hair left on the sides and back of his head hanging down in long strands to his neck.

The three of us were sitting at the round table, and after the formalities were concluded and the conversation became animated, Canseliet consented to answer the questions I had prepared on the train from Paris to Beauvais. Pancaldi began to read the questions and wrote down precisely the answers Canseliet gave to avoid any misunderstandings later. When some of the original French words of Canseliet’s are placed in my notes in parentheses it is only to compare meanings and show that the translation from the French has the same meaning.

I began by asking: "Monsieur Canseliet, you have become famous in Europe through your alchemistical literary efforts, especially by publishing Fulcanelli’s two books. Since only one has been translated into English, your name is not as well known in the U.S.A. as in your native France. I will give only an authentic version of our personal meeting here in your house. May I ask you for additional information ?"

A. Yes, because alchemy does not change in itself, immutable Alchemy is the great harmony. In a sense it is also the art of music as well as the priestly art that requires a constant purification because the alchemist has to be in constant unison (soit au diapason) with his matter and the Cosmic. All this has to be in absolute purity exactly as Rulandus said in his Lexicon: alchemia est impuri separatio

Alchemy consists of three parts:
1.) To be in harmony with the matter to be worked with.
2.) This harmony has to be also within the alchemist.
3.) To be in harmony with the Cosmic.

All of these three have to be in harmony as one.

This harmony can be considerably intruded upon by waves which disturb the weather (meteora) as can be noticed by the constantly clouded sky and the presently continued drought.

We do the same in the laboratory that the old ones did, except that we have the advantage of better technical equipment but lack what the old one’s had, a closer relationship with nature. They also had the advantage of the four seasons that were not so disturbed as we experience now. When the sky is covered, the Universal Spirit can’t descend.

Q. Your name, Canseliet, has become almost synonymous with that of Fulcanelli. Is this because you are the only person who, can be named as his pupil ?

A. I have been the only (le seul) pupil of Fulcanelli.

Q. Did you work theoretically with Fulcanelli or were you only his helper in practical alchemistical laboratory work, or both ?

A. We, Fulcanelli and myself, were engaged only in speculative alchemy. I have seen quite a few things while I was with Fulcanelli. I did him many favors that made it possible for me to watch him often while he worked. I did not work with him. I only observed. It was in 1915 when I got to know Fulcanelli. I was then 16 years old and it happened through a servant of his who said to me: "I am going to introduce you to a very interesting person" and that was Fulcanelli.

Q. When did you see Fulcanelli last ?

A. I was around Fulcanelli for 15 years. Fulcanelli left in 1930, the year when "Demeures Philosophales" (Dwellings of the Philosophers) was published. Do you know "Le Mystere des Cathedrales" ? It has been translated into English but I am not convinced that it is a good translation, especially since I don’t speak English. In 1932 Jules Champagne died, whose portrait you see hanging there on the wall. He was the one who made all the drawings in the book.

Q. Do you know where Fulcanelli originated ? Where he came from ?

A. No. I only know that he had a large circle of friends, among them Ferdinand Lesseps (builder of the Suez Canal) and Pierre Curie to mention only a few well-known names.

Q. Do you know where Fulcanelli is now, or do you have any clues ?

A. In 1922 he visited me several times in Sarcelles. When he left in 1930, he was an old man (un vieillard) but when I saw him again in 1952 he looked hardly 50 years old.

Q. Whom do you consider the best informed alchemist alive in Europe or generally ?

A. I don’t know any (Je n’en connais aucun).

Q. Are you in contact with other alchemists here on earth ? If yes, with whom ?

A. I don’t know any. There was Barbault and Savoret, but otherwise I know only students of alchemy, and I am an older student, one of the oldest who works with the younger students because alchemy is above all the art of fire.

Q. What do you think of Armand Barbault and his spagyric method of production since we both, you and I knew him personally ?

A. This is spagyric chemistry. I know personally from him that he wanted to work in such a way. His "Turba" is not the prima materia of the philosophers. One cannot take it seriously (ce n’est pas sérieux). One cannot make out of plant leftovers (déchets végétaux) something useful, but there are fields where personal conviction plays a part and everyone works according to his beliefs.

Q. What do you see in the future concerning the practical laboratory alchemy ?

A. I believe youth (les Jeunes) will enter into it (s’y mettre). For more than 20 years I have observed that the future of alchemy belongs to youth. The philosopher with his stone is always in the presence and this presence contains both past and future.

Q. Would you be willing that we, you and I, perform jointly some practical laboratory experiments in your laboratory, or whatever place you would choose ?

A. I can see no difficulty as soon as the laboratory is ready, but not at this time of the year. Mr. Pancaldi then said to Canseliet: "I can take care of the preliminaries for this joint project. It is up to you to suggest which way you would like to prepare the philosophical mercury either by the dry or the wet method, since both can be used. The time is depending on our presence next year from the beginning of June until August."

A. I prefer the dry way. Do you know that the philosophical mercury can only be produced at the proper time ? This time is considered within traditional alchemy as spring because only the philosophical mercury that is produced during this time is the philosophical mercury. Therefore, to know the correct time is of importance.

Q. Are you acquainted with the product of the philosophical mercury both the wet and dry way and are you prepared to prove it ?

A. No. In my opinion most traditional texts speak of the wet and dry way, only to use it as a trick to conceal the dry way from obtaining the philosophical mercury. The philosophical mercury can only be made the dry way. Mr. Pancaldi interrupted and pointing to me said: "He can use a glass container for either the dry or wet way, to which, Canseliet answered only with, "No."

Q. What do, you understand under philosophical mercury ?

A. The soul (l’âme), this is the minute part (la partie minuscule) that can be obtained from the mass during the sublimation in the dry way. This also called the little fish (le petit poisson = la remore) that becomes a stone.

Q. Did Fulcanelli prove in the laboratory how to produce the philosophical mercury, and did you personally handle the same ? If Yes, would recognize at once the philosophical mercury if I were to show it to you ?

A. Yes, I have watched. Yes, I have handled the philosophical mercury. Yes, I would recognize the philosophical mercury if one would show some.

Q. Were you an eyewitness while Fulcanelli made the gold transmutation ?

A. Yes. I was present with Gaston Sauvage and Jules Champagne. The transmutation was made in the Usine a Gaz de Sarcelles where I was employed. The transmutation was performed by myself under the direction of Fulcanelli. I received three small pieces of the transmuting stone (pierre transmutatoire). This transmuting stone consisted of one part gold and one part philosophical stone.

Q. Did Fulcanelli make any other transmutation with only you present ?

A. No. He did not make any transmutation with only myself present. I know only of the one at Sarcelles.

Q. Do you continue to teach your pupils what Fulcanelli has taught you ?

A. I am the headmaster (chef d’école) similar to Andre Breton. My contact with the pupils is through books and considerable correspondence. I am also visited by many people and if I would not from time to time act that I am not available at home, I would not be able to do very much (sinon je ne ferais plus rien). I have also considerable correspondence with Italians.

Q. Have you had any personal alchemical success in the laboratory after Fulcanelli left you, which others can testify to ?

A. Yes. Formerly, when I was more engaged in experimenting than at present, I have caused an Aurora Borealis. The last coction I have not as yet accomplished except for the sequence of color and that of the planets which can’t be followed in an earthenware vessel. One can, however, by the harmonious noises and whistling sounds make a comparison without a chromatic scale. One may say chromatic because of its color relationship to the musical scale. This last coction I have not been able to complete because the time which the old ones called "the week of the weeks" (la semaine des semaines) has not been favored by the weather, because of the distortion of the air by the various waves. This is the reason why my last coction simply will not take place or can take place. You know that for such a week the following traditional requirements have to exist during spring: beautiful weather so the sky is clear (ciel découvert) and also, the second quarter of the moon going towards the full moon is not always so easy to bring together with the first.

Q. Do you still teach practical laboratory alchemy ?

A. I teach through books and personal contact. Science and the university are my territory and not so-called occult circles.

Q. Do your students teach ?

A. L’association culturelle de l’université de Paris gave me recognition with the title ’savant’ and I am proud of it.

Q. Would you allow me to photograph your alchemistical laboratory so posterity would have a picture of it ?

A. Just now I am moving my laboratory. I can’t very well manage the stairs to the top anymore. You can see the new fireplace at the end of the garden. As you know, the chimney is an important part of the laboratory.

Q. Are you presently using any of your own alchemical preparations for your personal health ?

A. Yes. Thanks to this alchemical preparation I am still here. In 1974 I had a heart attack. Thanks to the ’niter’ which I produce as a pink salt out of the dew in spring could I recover.

Since Mr. Pancaldi and myself had another appointment the same evening in Paris, we left, after spending the afternoon with Canseliet in his home, to meet with Prof. Dr. Monod-Herzen, the eminent French physicist, who showed considerable interest in laboratory alchemy. It was not only a pleasant meeting but a highly stimulating and interesting one, since the professor has spent his entire life to discover the origin of light from the physicists’ point of view while not ignoring what alchemy could reveal as possible additional information.

Soon after, we were invited to make the personal acquaintance of Signore Julio Villa-Santa of Lugano, who also had an interview with Canseliet some years ago, to compare his interview with ours. It showed no marked difference. The former was used in a Round Table discussion over the Swiss Radio Network. Both Villa-Santa and his wife, the former Countess Sophia Tekeli de Scel, are keen students of alchemy and are looking forward to next year and the joint experiments of Canseliet and myself near Beauvais, France.



1. Le Char Triomphal de l’Antimoine en particulier.

2. Plus tard Paracelsus College.

3. Principalement issus de l’AMORC et de la Golden Dawn.

4. Sur l’alchimie minérale, métallique, végétale et animale.

5. Fondateur de la célèbre Restorers of Alchemical Manuscripts Society Lien vers le site.

6. 𝕍 An interview with Eugene Canseliet in Parachemy 4, 1976. Article reporté tout de suite après; nous avons corrigé les fautes et les maladresses.

7. 𝕍 The Alchemist of the Rocky Mountains, 1976.

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Zezulka Josef
Philosophe, Guérisseur 🞄 n. Autriche-Hongrie, fl. République Tchèque | 1912 1992

► Inventeur de la "biotronique", forme de magnétisme curatif. Promoteur du végétarisme.

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Allard l’Olivier André
Essayiste, Poète 🞄 Pérennialisme, Christianisme (Catholicisme) 🞄 n. République française (III), fl. Belgique | 1913 1985

► Converti au catholicisme en 1939. Essayiste guénonien, rencontre d’ailleurs Guénon juste avant son décès, en 1950. Publie une Illumination du Cœur en 1977.

𝕍 le site de ses ayants droits proposant plusieurs contenus numériques libres de droits. Lien vers le site

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Koch Kurt  Entrée Data.Bnf
Théologien 🞄 Christianisme (Protestantisme) 🞄 n. Empire allemand, fl. République fédérale d’Allemagne | 1913 1987

► Missionnaire, principalement en Afrique. Connu pour ses ouvrages traitant de l’occultisme et de la démonologie dans une perspective pastorale comme Seelsorge und Okkultismus (1953).

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Brousse François  Entrée Data.Bnf
Poète, Théosophe 🞄 Spiritualisme 🞄 n. République française (III), fl. France | 1913 1995

► Poète et philosophe éclectique du Languedoc-Roussillon, auteur d’une centaine d’ouvrages. Influencé par Hugo, il est particulièrement intéressé par l’ésotérisme, la symbolique et le domaine de la prophétique.

◆ Précurseur, dès 1975, des cafés philosophiques.

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Vijayânanda [Weintrob Jacques]  Entrée Data.Bnf
Ascète, Auteur 🞄 Hindou 🞄 n. République française (III), fl. Inde | 1914 2010

► Son père était rabbin à Metz. Weintrob est d’abord médecin à Marseille puis part en Inde en 1950 afin de rencontrer un maître spirituel. Il voulait d’abord voir Maharshi puis Aurobindo mais ces derniers venant de décéder peu de temps avant son arrivée en Inde, il fini par rencontrer fortuitement Ananda Moyî à Varanasi, devient finalement son disciple, reçoit le nom de Vijayânanda et se fixe en Inde.

◆ Auteur de Un Français dans l’Himalaya (1997) qui rend compte de son itinéraire spirituel. On trouve sa sépulture à la division 41 du Père-Lachaise.

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Raynaud de la Ferrière Serge  Entrée Data.Bnf
Astrologue, Mystique 🞄 New-Age 🞄 n. République française (III), fl. États-Unis du Venezuela | 1916 1962

► Né Raynaud. Penseur autodidacte d’abord proche de la Société théosophique puis de la maçonnerie, fondateur d’un Institut de cosmobiologie à Paris. Fondateur ensuite de la Grande fraternité universelle à Caracas en 1948 où Jose Manuel Estrada devient son principal disciple. C’est aussi un pionnier du yoga et d’une façon plus générale, de l’introduction du new-age en Amérique latine. L’organisation, qu’il dissémina au cours de ses nombreux voyages, se présente comme étant de nature éducative et humanitaire plus que religieuse et met en avant sa volonté de concilier science et religion. Elle combine cependant astrologie millénariste(1), éléments yogiques et (prétendument) précolombiens, tout en encourageant le développement personnel, la médecine préventive et le végétarisme. Elle est en outre, dépendante d’un système initiatique hiérarchisée avec Raynaud de la Ferrière à son sommet, considéré par ses disciples comme "L’avatar du Nouvel Âge". Le mouvement, qui s’est scindé à plusieurs reprises existe encore surtout Amérique du sud et en Amérique centrale ainsi que dans plusieurs autres pays. Son ouvrage le plus important est son Yug, Yoga, Yoghismo. Una Matesis de Psicologia (1969).

■ Il existe peu d’informations fiables au sujet de sa biographie, la majorité des renseignement PSI sur son histoire personnelle sont basés sur ses propre allégations(2) et sont, d’après nos recherches, vraisemblablement mensongers ou déformés. 𝕍 cependant Serge Raynaud de la Ferrière: Aspectos biográficos, Pamela Siegel, 2014 et un témoignage (à charge) de son ancienne épouse : Los Falsos Maestros. Mi Vida con Serge Raynaud de la Ferrière, Louise Baudin de Raynaud, 2011. Enfin, le site opportunément intitulé Sergeraynauddelaferriere Lien vers le site rend disponible ses ouvrages.



1. Entretenant l’idée d’un changement imminent d’âge aux conséquences révolutionnaires.

2. Dont le nombre extravagant de diplômes qu’il s’attribue.

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Vogel Marcel
Chercheur, Entrepreneur 🞄 Scientifique, Spiritualisme 🞄 États-Unis | 1917 1991

► Jeune, il expérimente une mort imminente. Il travaille sur la luminescence et fonde sa propre entreprise, pionnière dans ce domaine. De 1957 à 1984, il travaille en outre comme chercheur chez IBM, notamment dans le domaine du magnétisme. Il fonde ensuite son propre laboratoire Psychic Research où il conduit des travaux sur la structure de l’eau, les cristaux et leur capacité à stocker et transférer de l’information ainsi que sur la communication Homme-végétal. Pionnier dans ces domaines, il dépose une centaine de brevets pour divers inventions.

Par leur nature et les conclusions de Vogel, ces différents travaux intéressent l’occultisme en ce qu’ils viennent alimenter plusieurs de ses théories. Le cristal est un objet neutre dont la structure interne présente un état cristallin de perfection et d’équilibre. Lorsqu’il est précisément adapté à la forme géométrique appropriée et que l’esprit humain entre en relation avec sa perfection structurelle, le cristal émet une vibration qui étend et amplifie la puissance et la compréhension de l’esprit de l’utilisateur. Comme un laser, il irradie de l’énergie dans une forme cohérente et hautement concentrée, et cette énergie peut être transmise dans des objets ou des personnes à volonté.

𝕍 ce site Lien vers le site sur son œuvre.

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Seckler Phyllis [Soror Meral]
Occultiste 🞄 Néo-Occultisme (Thélémisme) 🞄 États-Unis | 1917 2004

► Institutrice de formation. Seckler est une figure importante pour le renouveau de l’Ordo Templi Orientis et la préservation de la philosophie de Crowley, le thélémisme. Disciple de Wolfe, amie de Germer et épouse de McMurtry, elle rejoint l’O.T.O. en 1939 via la loge hollywoodienne Agape de Talbot Smith(1) puis l’A∴A∴ dès 1940. En 1973, elle fonde le College of Thelema, destiné à former des étudiants en deux ans, et en 1976, elle renforce cette organisation par la publication du journal thélémite bi-annuel In The Continuum qui, qualitatif(2), a pu poursuivre sa parution jusque 1996. Cofondatrice, avec James Eshelman, du Temple of Thelema en 1989 puis du Temple of the Silver Star en 2000.



1. La seule encore en activité à ce moment là.

2. On y trouvait des articles sur l’astrologie, le Tarot, la qabale, des textes inédits ou épuisés de Crowley.

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Huỳnh Phú Sổ  Entrée Data.Bnf
Mystique 🞄 Bouddhisme (Hòa Hảo) 🞄 Empire d’Annam | 1917 1947

► Né dans une famille catholique du Delta du Mékong durant l’Indochine française. Après une illumination mystique en 1939, il se déclare prophète et réincarnation de Bouddha. Il se met à voyager en tant que guérisseur et à prêcher — sur fond de millénarisme — pour une réforme du bouddhisme enracinée dans un syncrétisme de religion traditionnelle, de confucianisme et de l’École du lotus blanc. Cette réforme, en fait, plus populaire, met l’accent sur le culte familial et les abstèmes, le patriotisme anti-colonialiste et anti-urbain et se réfère, en définitive, à la figure de Đoàn Minh Huyên. Il rédige également dix livres des Sấm giảng {Enseignements prophétiques} la même année, qu’il distribue gratuitement. Exécuté par le Việt Minh en 1947.

Le Hòa Hảo est au XXI, l’une des religions les plus représentées au Vietnam, forte de plusieurs millions d’adeptes(1).



1. ? 2 millions, largement sur-représenté dans la paysannerie défavorisée du Delta du Mékong.

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Bernard Jean-Louis  Entrée Data.Bnf
Occultiste, Ésotériste 🞄 Néo-occultisme 🞄 n. République française (III), fl. France | 1918 1998

► Né à Belfort, formé à l’École normale d’Obernai, il est instituteur au Maroc puis professeur de lettres à Alexandrie de 1949 à 1951. Il retourne en France, à Lyon et fréquente les milieux ésotériques lyonnais puis se fixe à Paris en 1957.

Occultiste seulement connu des spécialistes et principalement actif dans les années 70. Initié au soufisme, il s’est penché sur l’Égypte antique et le tantrisme.

Conférencier(1) et auteur de plusieurs articles pour des revues spécialisées(2) ainsi que de plusieurs ouvrages : Le Tantrisme (1973), Les Archives de l’insolite (1978) 🗎⮵, La Science occulte égyptienne (1987).

◆ Fondateur d’un Cercle Jean-Louis Bernard Lien vers le site encore animé par ses enfants durant ans. 2010, mais qui ne semble désormais plus actif.



1. 𝕍 extraits la chaîne Youtube des éditions Ergonia Lien vers le site.

2. L’Initiation, Atlantis, Initiation et science, Les Cahiers du Chêne d’or, Ishtar

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Désaguliers René [Guilly René]  Entrée Data.Bnf
Maçonnologue 🞄 Franc-maçonnerie 🞄 n. République française (III), fl. France | 1921 1992

► Initié dans la loge La Clémente Amitié du Grand Orient de France en 1951. Proche de Lepage et initié au martinisme "Sâr Athanasius Indagator" par Mariel en 1961.

Fondateur de Renaissance traditionnelle, et de sa revue afférente La Franc-maçonnerie de demain, en 1970.

Particulièrement attaché à l’histoire de la maçonnerie par laquelle il entendait éclairer ses rites et symboles.


🙟 1925   

Hills Christopher
Hommes d’affaires, Auteur 🞄 Royaume-Uni | 1926 1997

► Riche homme d’affaires(1) mais aussi client régulier chez Weiser Antiquarian Books, Hills s’investit activement vers 1957 dans la philanthropie, l’éducation, la politique(2), ainsi que, d’une façon plus générale, dans les domaines de la spiritualité et de la parapsychologie, essaimant les organisations caritatives. Il entame des séries de conférences en 1961 en Europe, au moyen-orient et en Inde où il devient proche de Nehru et disciple de Shantanand Saraswati. En 1962, il forme la Commission for Research in the Creative Faculties of Man et en 1970, il organise la World Conference on Scientific Yoga cherchant à établir un rapprochement entre les démarches spirituelles et scientifiques.

► Hills a notablement a participé à l’émergence du mouvement new-age par la fondation du Centre House à Londres en 1966(3) ainsi que par celui, en 1973, de l’University of the Trees en Californie(4). Hills devient également citoyen américain et disposait d’un vaste réseau personnel. Parmi sa trentaine d’ouvrages, il aura, en outre, rédigé deux ouvrages importants dans le développement du new-age : Nuclear evolution (1968) et Supersensonics (1975). Hills est enfin connu pour avoir développé les recherches en aquaculture avec le biologiste Hiroshi Nakamura conduisant à la découverte de la spiruline — complément alimentaire produit à base de cyanobactéries — qu’ils estimaient pouvoir résoudre le problème de la faim dans le monde et que Hills a ensuite popularisé via la création d’un réseau d’organisations(5). L’Université de Stanford possède plusieurs archives (M2705) qui lui appartenaient.



1. Négociant en matières premières, marchant d’art et d’antiquités, assurances….

2. Il s’était précédemment investi dans la politique et la culture jamaïcaine et auprès des rastafaris.

3. Focalisée sur le yoga, la méditation et la parapsychologie.

4. École à but non lucratif et espace de vie communautaire dont l’objet était la recherche sur la conscience.

5. 𝕍 son Secrets of Spirulina, 1980.

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Livraga Rizzi Jorge  Entrée Data.Bnf
Ésotériste 🞄 Nouvelle Acropole 🞄 Argentine | 1930 1991

► Issu de parent immigrés italiens, son père décède alors qu’il est âgé de quinze ans, ce qui l’amène à s’intéresser à la spiritualité. Il est d’abord un membre reconnu de la Société théosophique de 1950 à 1962 et semble-t-il, proche des quatrième et cinquième présidents de l’organisation Jinarajadasa et Sri Ram, jusqu’à son départ (ou son expulsion) de l’organisation. En 1957 il fonde avec son épouse Ada Albrecht, la revue Estudios Teosóficos puis la même année, l’organisation Nouvelle Acropole et selon Livraga, à partir d’une requête de Sri Ram. En 1971 il se fixe en Espagne et fonde la branche espagnole de Nouvelle Acropole. En 1981 il se sépare de son épouse qui fonde l’association Hastinapura en Uruguay. Il s’investit jusqu’à sa mort dans son organisation en écrivant les cours et en publiant des articles dans la revue interne. Auteur d’un Los espíritus elementales de la naturaleza {Les esprits de la nature elfes, fées, gnomes} (1985).

Nouvelle Acropole est d’inspiration pythagorisante, néoplatonisante et nettement théosophiste(1) donc permissive à des influences orientales(2). Elle est encore politiquement contestataire, traditionaliste, anti-moderniste et conservatrice, anti-démocratique elle est aussi élitiste et hiérarchisée. Elle se présente comme une école philosophique proposant des cours(3), des animations culturelles et des missions de bénévolat, expurgeant au premier abord sa facette ésotérico-religieuse. Aujourd’hui présente à un niveau international(4), l’organisation fut mise en accusation par les mouvements anti-secte français et belges dans les ans. 90-2000, sur la base de certaines déclarations d’ordre politiques et sociales de Livraga Rizzi, estimant l’organisation de philosophie fascisante et de structure paramilitaire. Discordances politiques mis à part, ces allégations ne semblent recouper que de façon partielle la réalité administrative et pédagogique de l’organisation.



1. La charte internationale du mouvement d’abord, est à cet égard sans équivoque.

2. Ntm. hindoue et confucianistes.

3. Philosophie, religion comparée et développement personnel d’abord, puis progressivement symbolisme, occultisme et ésotérisme dans les cycles le plus hauts.

4. Stt. Europe et Amérique du Sud, branche espagnol initialement dirigée par Delia Steinberg Guzmán et branche française Lien vers le site depuis 1973, initialement dirigée par le français Fernand Schwarz Lien vers le site.

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Chögyam Trungpa Entrée Data.Bnf
Théologien, Moine 🞄 Bouddhisme (Vajrayāna) 🞄 n. Tibet, fl. États-Unis | 1939 1987

I. Histoire

► Né à Géjé (Kham) dans une famille de nomades, il est reconnu par Rangjung Dorje (16ème Karmapa) comme le onzième descendant de la lignée des སྤྲུལ་སྐུ་ (tulkou) {lama réincarné} Trungpa, à l’âge de un an. Cette lignée sont des maîtres spirituels de premier plan, d’abord de la lignée kagyü, mais aussi nyingma et traditionnellement dirigeants du complexe de monastères de Surmang (Kham). Il début ainsi sa formation traditionnelle : à onze ans il exécute ses ྔོན་འགྲོ (ngöndro) {préliminaires}, à quatorze, sa première དབང་བསྐུར་ (wangkur) {transmission de pouvoir} et enfin, il obtient finalement son doctorat en théologie et est ordonné en 1958. Durant son apprentissage, il est formé par Khenpo Gangshar et influencé par Dilgo Khyentse. Lui-même se rattache au mouvement Rimé de Jamyang Wangpo, de nature non sectaire et universaliste. Abbé de Surmang, Trungpa est contraint de s’enfuir à pieds en Inde lorsque l’invasion chinoise en 1959, il fait la connaissance de Chuje Akong durant son long et dangereux exil. De 1959 à 1963, il est conseiller spirituel à l’École des jeunes lamas de Dharmsala, école fondée par Bedi dont il devient proche et qu’il développe avec Akong. En 1963, soutenu par des occidentaux, il reçoit une bourse Spalding pour étudier à l’Université d’Oxford et se rend donc en Angleterre où il a l’opportunité de faire un cursus de connaissance des religions. Lors de cette période, il est co-auteur de sa biographie, Born in Tibet (1966).

↪ Trungpa est considéré comme un གཏེར་སྟོན་ (tertön) {découvreur de trésors (spirituels)}, est l’un des premiers maîtres du bouddhisme vajrayāna à se rendre en occident, il devra aussi être l’un des plus actifs et finalement, être l’une des personnalités les plus importantes pour la diffusion du bouddhisme. En 1967, il reprend en Écosse un centre de méditation avec Chuje Akong, qui devient le centre tibétain Samye-Ling, premier centre de méditation bouddhiste tibétain en Occident. Après une retraite au Bhoutan en 1968 et victime d’un accident de voiture lui laissant une hémiplégie partielle, il décide de renoncer à ses vœux monastiques et se marie, convaincu que son statut serait un frein à ses activités. En conflit avec Akong au centre Samye-Ling et poussé par de nombreux disciples, il part pour l’Amérique du Nord en 1970, où il fonde Karmê Chöling dans le Vermont, puis plusieurs centres dont l’Association Vajradhatu (ajd. Shambhala International) en 1971 au Colorado. Son objet est de répandre le bouddhisme et la méditation et de superviser toutes ses institutions nord-américaines; de nos jours, l’organisation gère une centaine de centres. Trungpa fonde également l’Institut Naropa en 1974, première université influencée par le bouddhisme en Amérique du Nord et qui se destine à rapprocher les études universitaires occidentales et bouddhiques(1). Cependant, désappointé par l’esprit américain qu’il estime trop matérialiste, il se rend au Canada en 1981, où il établit enfin un nouveau centre à Halifax et meurt peu de temps après.

II. Pensée et œuvres

Connu pour ses méthodes iconoclastes, sa personnalité charismatique mais provocatrice, outrancière et extravagante(2). Ainsi, en parallèle de son activité spirituelle, il fit montre d’un intérêt immodéré pour les arts, le sexe(3), le tabac et l’alcool, mauvaises habitudes qui devront contribuer à lui ôter la vie et à entacher sa réputation ainsi que celle de ses héritiers. Trungpa tente de se rapprocher de la mentalité occidentale et pour se faire, il créer un système de méditation laïque, principalement bouddhiste mais combinant plusieurs influences extrême-orientales, la lignée Shambhala (Shambhala : the sacred path of the warrior, 1984), inspiré par le mythe hindo-bouddhiste du pays spirituel du même nom. Il est l’auteur de plus d’une vingtaine de livres sur le bouddhisme et la méditation (Mudra, 1972) ainsi que l’art bouddhiste (The Buddhist art of Tibet, 1975) qu’il écrit dans une optique médiation entre sa tradition et l’Occident, mettant en avant la pratique contemplative. Il est également connu pour avoir élaboré le concept de matérialisme spirituel (Cutting through spiritual materialism, 1973), désignant une attitude qu’il a constaté en occident consistant à accumuler des expériences spirituelles variées, sans pour autant faire preuve d’une opiniâtreté suffisante dans chacune d’elles, attitude qui permettrait pourtant d’en tirer des fruits et donc, un véritable progrès spirituel.

𝕍 "Crazy Wisdom", charisma, and the transmission of buddhism in the United States in Nova Religio (2, 1 pp. 55-75), Sandra Bell, 1998.



1. Allen Ginsberg, Peter Orlovsky et Richard Alpert y ont étudié, Ginsberg et William Burroughs y ont enseigné, tous sont des figures du mouvement hippie.

2. Il met en avant la philosophie du དྲུབ་ཉོན་ (drubnyon) {tutorat perturbateur} et le concept de ཡེ་ཤེས་འཆོལ་བ (yeshe chölwa) {folle sagesse} qui y est associé, prenant comme exemple le mahāsiddha Ḍombipa ou le སྨྱོན་པ་ (nyönpa) {saint fou} Drukpa Kunley.

3. Il couchait avec ses étudiants.

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Nimrod de Rosario [Roca Luis]
Ésotériste 🞄 Gnosticisme (Néo) 🞄 Argentine | 1946 1996

Influencé par le néo-gnosticisme de Weor et Serrano. Fondateur d’un Ordre des Chevaliers Tyrodal de la République Argentine.

◆ Pour les hispanophones, 𝕍 ses Fundamentos de la Sabiduria Hiperborea {Fondamentaux du Savoir Hyperboréen} ou plus simplement son roman El misterio de Belicena Villca {Le Mystère de Belicena Villca} où se mêlent ésotérisme, histoire et conspiration.

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Liblin Marc
Voyant, Cryptoarchéologue 🞄 n. République française (IV), fl. France (Polynésie française) | 1948 1998

► Passionné de linguistique, de cryptoarchéologie et de culture rapa, Liblin, autodidacte réputé brillant et atypique, fut un résident métropolitain de la petite île de Rapa Iti, située en Polynésie française et à 3500 km à l’ouest de sa grande sœur chilienne, Rapa Nui dite Île de Pâques. Il y habita ses seize dernières années en compagnie de son épouse, elle même rapa, Meretuini(1). Là, il s’investit dans la culture locale, ntm. dans la préservation du patrimoine, l’administration et l’enseignement. Créateur de la revue Akarongo, il s’intéresse également au peuple rapa d’un point de vu ethnologique, notablement vis à vis de leurs traditions et du parau huna {secret}(2).

◆ Liblin aura prétendu avoir apprit spontanément le vieux rapa depuis son enfance par le truchement de rêves dans lesquels un vieillard l’instruisait dans une grotte(3). Il ignore d’abord la signification et la provenance de cette langue et ce, malgré ses échanges avec des linguistes de l’Université de Rennes. C’est par hasard qu’il est mis en contact avec Meretuini qui elle, comprend encore le vieux rapa, pourtant déjà en désuétude sur l’île. A son décès, sa veuve réuni ses nombreuses notes.

L’Indigène. Une nouvelle de Polynésie

Voici une histoire invraisemblable. Ce qui est plus incroyable encore, c’est qu’elle est absolument véridique et vérifiée, cartésiens, chagrins et dubitatifs, s’abstenir de lire. Aux autres bienvenu à un monde fantastique…

Le 12 octobre 1994, arriva la frégate “Vendémiaire”. A son bord, le haut-commissaire de la République, le commandant supérieur des forces armées en Polynésie française, des personnalités et… un hélicoptère. Tout, en vrac, tourna, bourdonna, s’ébruita à Rapa jusque dans la soirée avancée, autour d’un vin d’honneur qui prolongeait l’excitation du bruit.

A cette nuitée, évitant la zone tranchée par les éclairages du festin, un indigène semblait hésiter, se perdre dans l’ombre comme l’animal qu’éloigneraient les feux de néolithiques pour la sécurité des Hommes. Pourquoi venait-il, puisque malgré ses fonctions sur l’île, il n’était plus l’invité aux réunions protocolaires ? Peut-être espérait-il la hauteur d’un appel, le renouvellement d’un lien vital et domestique…

On désigna l’indigène. De l’assemblée, un visiteur se détacha:

- « C’est lui, n’y va pas… tu perds ton temps, reste,… tu peux boire ici ! » Mais l’homme était journaliste: il sortit de la lumière pour chercher des éclaircissements dans l’obscurité.

Au contact qui se nouait, l’indigène ajouta spontanément un nouveau recul au masque de la nuit dont il profitait déjà: il projeta sa surprise réelle d’être abordé, nommément demandé.

Qui avait parlé ? Où ? Des Amis sincères, il en avait, mais ils étaient d’ordinaire discrets !

Son interlocuteur passa outre. Il voulait au moins l’échange ordinaire de leurs paroles.

A l’idée du plaisir tiré de rares rencontres inhabituelles, l’autre fléchit bientôt, imposant cependant quelques conditions faciles:

- « On va jusqu’à tai, au ventre du village, c’est le a’au qui hébergera la rencontre. » dit-il.

Seul réflexe de protection, ou besoin d’accueillir et de dire à travers ce qu’il y avait de plus authentique en lui, autour de lui ?

Le journaliste suivit. Ils franchissent la porte branlante d’une sorte de fare tutu très long, bas, comme accroupi sur la terre à côté du temple d’Haurei qui projetait en l’air sa reconstruction inachevée. La case était faite d’un assemblage hétéroclite de troncs d’arbres un peu tordus, fraîchement sciés, de tôles de récupération, de tonneaux découpés, des fils, de gargouilles qui pendaient. A l’intérieur: des feux, des eaux courantes comme des ruisseaux, une terre battue qui tenait la présence de toute une communauté disparate, au moins 100 personnes, houleuses de rires et de travail, affairées à se fixer ou graviter autour des nourritures de leurs surabondance. Des tables et des bancs à l’image de ce partage ! C’était là grande salle d’un château à la Rapa. Le plafond était bas, nuageux des fumées d’une bienvenue purifiante. Enfants à demi-endormis, agités dans des rêves béats, chiens roulés à terre, immobiles, tous demeuraient là comme les miettes excitées et ravies du bonheur de consommer cette communauté.

Les deux hommes s’installèrent, les mamas les envahirent, les replacèrent, les disposèrent. Ils se découvrirent assis dans le mouvement qui les emportait et parlèrent, tandis qu’on se ne s’entendait plus parler ! L’indigène exprimait la joie de son état, de cet état qui jaillissait là, tout autour jusqu’en lui. Il devenait transparent dans le Nombre de son Unité.

De ses poches, le visiteur tira un magnétophone, le posa entre eux deux, tapota, écoutant la santé de l’engin, vivant l’harmonie de minuscules rouages comme s’il consacrait l’outil par des gestes rituels. Mal à l’aise, l’autre regarda l’objet: il paraissait perdu, fragile devant cette mécanique de l’intermédiaire.

- « Tu n’écris pas, sinon je pars ! » réagit-il.

- « Non, seulement je t’écouterais dans le calme. Avec du recul ce que tu pourras me dire passera mieux, c’est tout. »

L’indigène, tranquillisé, se détendit; l’idée seule de la Parole échangée, partagée, semblait prévaloir en lui sur les fixités de l’Ecrit, l’enregistreur déroula enfin le temps de la rencontre et le moment précis, mesuré, de l’interrogation assembla les deux hommes.

- « Pour commencer, qui es-tu, réellement ? Tu t’acceptes indigène, et visiblement tu n’es pas d’ici, tu restes popa’a. un français de métropole »

A la question, l’indigène offrit sa spontanéité:

- « La forme pourrait être trompeuse. Mais, devant ceux de l’extérieur et surtout auprès des blancs, je passe bien pour quelqu’un qui n’est pas spécialement des leurs, un égaré… spécifique à Rapa. Littéralement, cela me confirme dans une position indigène véritable dont je détiens beaucoup plus ainsi qu’un simple local ! »

Le journaliste s’étonna:

- « Depuis quand es-tu ici ? »

- « Depuis bientôt 13 ans, et en continu… »

- «Et tu n’es jamais reparti en métropole ? »

- «Non… »

Le journaliste s’agita. Il voulait cerner le personnage dans des dimensions formelles, plus communicables, et orienta ses questions.

- « Tu ne dis pas comment on peut en arriver là, rester si longtemps à Rapa ? », insista-t-il.

- « Très complexe, c’est toute une vie qui est enjeu. Indubitablement un Idéal qu’on ose vivre, presque une infraction uniquement permise par la Tolérance des Rapa. Ce type de marginalisation, organisée tout de même, reste trop sensible et trop intime. Il faut l’accord du temps pour parler du chemin hors le temps, …et en plus, un Compagnon auquel transmettre, à condition que la compréhension d’une pensée à chevaucher tente celui-ci qu’à l’intérieur des conflits et codes de l’ego, il perçoive la notion spirituelle d’un itinéraire où le façonnage civilisé de l’Etre ne sert plus que d’abri temporaire à toutes les transhumances formatives de l’Esprit. »

Maintenant, il s’échauffait, le journaliste !

Et il exprima fort son désir de savoir enfin une forme, le pourquoi et les choses:

- « Ça ne va pas ! Tu bâtis tes réponses comme les plis d’un manteau ou les conséquences d’un nomadisme spirituel: elles cachent toutes la réalité, il enfant bien une pour vivre parmi les autres, arriver et rester ici, comme tu le fais… » Cette insistance surprit l’indigène:

- « Je décris un fait vivant, ça ne te suffit pas ? Mon aventure personnelle n’est que tribulations fallacieuses du passé, un Apprentissage rendu inutile dès qu’on sait savoir à la fois rien, à la fois “tout". Ça n’est qu’une histoire qu’il a fallu reconnaître et suivre aveuglément pour s’ouvrir les yeux, reprendre le souffle de l’Oral à la bouche du premier des silences. Mais, je sais que cette vérité ne te satisfait pas ! »

- « Bien sûr ! Elle n’aidera pas tes Enfants: tu ne leur donnes aucun passé dans l’Avenir… » Insidieusement, le journaliste avait trouvé la faille, celle du temps, celle des générations.

L’indigène fit la pose, reflétant manifestement le grand problème d’une Vérité muette face à l’héritage transmis de tous les bruits, des joies, des peines, des chemins ancestraux, héritage qu’on lègue de tous les temps afin que tout continue vers l’étemelle recherche.

Un long silence… L’indigène releva la tête.

- « Je parle», dit-il. Mais, ajouta-t-il timidement tout bas, comme pour lui-même:

- « Ce ne sera que l’aspect d’une saga qui n’a jamais été la mienne, c’est autre chose qu’une histoire, presque une légende, celle de la Mère de mes Enfants et de sa seule lignée, avant et après. Les faits restent si inhabituels que pour les avoir vécus, j’en suis dépossédé. » Nouveau silence qui devint presque un recueillement, cimentant dès cet instant les deux hommes et les rendant prisonniers de l’édifice de transmission dans lequel ils étaient entrés. Pus l’indigène parla, comme libéré par une Tradition qui jaillissait là, en L’autre, pour apprendre, restait muet…

- « Il y a “longtemps”, - depuis ma jeunesse -, j’avais en ma possession un modèle de langage si particulier que son étude tout à la fois me hantait et me paraissait impossible. A l’image des personnages d’Umberto Ecco, d’incessantes recherches personnelles pas spécialement linguistiques, m’avaient promené dans de nombreux milieux que j’essayais de comprendre à travers une lecture “tous azimuts” qui occupait la majeure partie de mes nuits. Mes activités visibles, économiques et sociales, restaient à l’instar de la pérégrination intellectuelle, me plaçant directement auprès de décideurs dans des entreprises en difficulté à reconcevoir. Mais sur le fond, ces mêmes activités ne pouvaient me donner la satisfaction d’espérances qui m’apparaissaient de plus en plus différentes. Et ce fut la rupture avec la mode de vie qui m’hébergeait !…

Sous le boutoir des choses, il me fallut le courage de l’abandon de tout un pan de vie, rejoignant la société des pensées “gratuites” qui déjà m’abritaient. Réutiliser les connaissances formelles tirées de mes recherches antérieures aurait été positif, cela aurait été un gage d’ancrage consenti, une réinsertion rapide et une reconnaissance rentable. Mais sans faillir, vivait toujours en moi l’appel de la découverte dont je tenais les indices sous la forme du langage dont j’ai parlé. Ces indices, c’était une véritable carte de Péri Reiss (Carte hollandaise montrant le Nouveau Monde que Christophe Colomb aurait vu avant son premier voyage de découverte.), c’était déjà en soi un Nouveau Monde.

J’habitais l’Est, je pris la route d’un retour vers une vie plus adaptée à mes défauts en société. Un hiver, j’échouai à Rennes…

Mes pensées, si généreuses à ma tête, ne l’étaient pas pour mon corps: malgré l’aide essentielle sous la forme d’un emploi prodigué rapidement par un Ami, les souliers percés et fourrés de papier pour combattre le froid, je dus faire parfois les poubelles de quelques restaurants, dont l’un universitaire, à Beaulieu. A cet endroit, je mangeais “ce qu’il restait des intellectuels” de l’U.E.R.

Ce fut ma chance, non parce que cela me rendit plus intelligent, mais parce que j’y découvris J.M.V., un universitaire qui m’offrit un jour le papier de sa nappe de table. Tous deux nous y couchâmes des hypothèses et des algorithmes abordés seulement en recherche fondamentale et qu’embellissaient les taches de graisse ou de tomate qui les ponctuaient. L’un et l’autre, nous étions très étonnés de découvrir une telle identité de connaissance, acquise dans des conditions totalement différentes. Nous parlâmes de surdotation, de la misère souvent commune à ces cas et des moyens d’y faire face. Par delà l’Université, J.M.V. n’avait pu trouver un havre à la hauteur de son brillant esprit qu’auprès d’une Association reconnue de chercheurs pluridisciplinaires rennais. Il m’adressa à son Président… Pour moi, l’hiver finissait ainsi: je pus enfin exposer devant des scientifiques éminents et attentifs, les conceptions inusitées que j’avais tirées d’un parcours spécifique, et par là même, celles de liens que j’entrevoyais dans la compréhension d’une langue dont je tenais les éléments intacts.

Après six mois de débreefing, je fus admis au sein de cette Association. Pendant plus d’une année, dégagé de tout soucis: j’eus ensuite l’exceptionnelle chance de pouvoir repenser et stabiliser formellement mes hypothèses. Egalement, j’avais tout latitude d’aller chasser sur le terrain le fameux langage que je poursuivais toujours, très soutenu par une aide plus que généreuse de mon Mentor dans le groupe, le Dr. G.C.. Ensemble, nous fîmes la rencontre systématique de linguistiques et d’érudits de tous bords. En général, on nous répondait que les sons présentés s’apparentaient à une langue Mère archaïque moyen-orientale ou orientale, aujourd’hui morte. L’araméen en aurait été proche. Souffis, Rooms, etc… ressentaient un sens à cette glossolalie qu’ils traduisaient très symboliquement à partir des bases les plus anciennes de leur Tradition. Manifestement, une “translation” plus affinée fut donnée par un Chinois qui prétendait qu’il s’agissait là d’un dialecte désormais perdu, pratiqué encore 50 ans auparavant du côté des sous-plateaux du Tibet, loin derrière Formose. L’absence de succès rationnel, faute de critères de vérification, confina bientôt cette recherche au rang d’une marotte qui devait s’éteindre d’elle-même. C’en était fini des visites aux mandarins et le merveilleux pouvait entrer en scène.

La fréquentation des bars n’étant pas l’ennemie du chercheur, à L’Aquarium, un estaminet de Rennes, je fis un jour, un “solo” de langage non identifié devant un aréopage de Tunisiens qui ne buvaient pas que du café. Sur des indications fumeuses, je les supposais détenir une clé. Malgré le brouhaha, le barman semblait n’écouter plus que nous, très attentif à ce dont je me faisais l’écho. Il nous rejoignit, délaissant tout travail, et comme il avait suivi la discussion, il alla directement aux faits: « J’ai déjà entendu parler de cette façon, c’était sur une île du Pacifique, à Rapa. Je ne peux donner plus de renseignements, je ne pratique pas cette langue, mais il faut voir Mérétuini Make, elle habite dans la ZUP. Elle vient de là-bas, j’ai son adresse. Elle est seule, et peut-être que ?… »

Le ton de la confidence, l’endroit, rendaient le renseignement bien aléatoire. Et puis comment aborder seul une femme isolée sur des prétextes de langue ? Par avance, c’était la méprise. Hors de question aussi d’envoyer un groupe savant à cette inconnue: aurait-elle été attirée à coup sûr dans le cas où son discours nous aurait été essentiel ? Alors, j’attendis la bonne heure, puisque je savais le lieu.

Septembre 80. Charlie, Tahitien rencontré, cherchait désespérément de l’aide: pas de travail, pas d’hébergement, un monde étranger: avec de la chance, un emploi Sut trouvé, mais il fallait aussi une chambre. De cette impasse, émergea enfin la meilleure des résolutions pour tous les deux, tirée des souvenirs de L’Aquarium :

« On va chez Mérétuini Make, c’est une Polynésienne, elle dépannera forcément un autre Polynésien… » Nous fumes vite devant la bonne porte. Charlie, trop anxieux, refusait de faire les premiers pas. Il resta sur le trottoir. Il me fallut avancer seul vers la femme qui apparut, figée et silencieuse, attendant de comprendre le pourquoi d’une visite aussi bizarre et peu hardie.

Ce qu’il y a eu en moi à cet instant, je l’ignore. Mais, sans aucun préambule, j’adressai à la statue qui nous faisait face, le flot des paroles de cet autre langage que mes recherches passées infructueuses avaient tant contenu. Et la statue répondit du même parler…

Le choc m’immobilisa, je ne savais pas que le rêve avait ses réalités. J’étais devant cette femme comme un païen crédule, avec une sorte de prière informelle qui s’exauçait, cependant impossible à assimiler devant les fossés d’une magie positivement exercée. Dans cette rencontre, semblait s’être écartée toute gauloiserie pour que le ciel me tomba sur la tête !

Oublié, Charlie qui se désolait à quelques mètres de ne toujours pas savoir son avenir immédiat ! Oubliée, l’errance d’un chemin à travers tant d’années pour entendre une Parole !

Oublié, tout ! Mérétuini, “Humere-hiti-tui-nei”, - soit grandement louée ce qui rattache à travers -, se tenait droite à la porte du Nouveau Monde, sur le pas d’une ancienne ou nouvelle conscience qui n’avait pas disparu. Nous étions deux dans cette unité.

Les problèmes de Charlie solutionnés rapidement, place fut laissée aux nombreuses rencontres désormais possibles avec celle qui devint immédiatement l’objet d’une étude “conportementaliste” et psycholinguistique sérieuse. Le recollage de son propre cas et du mien s’agrémentaient pour les scientifiques concernés, d’un apprentissage et d’une acceptation obligés du mode de vie polynésien que Mérétuini maintenait dans son espace.

L’océan et ses îles envahirent l’Association, tandis que m’envahissait celle qui m’attirait pour mieux m’étudier. Dans ses filets, bien formés, me semblait-il, je me débattais courageusement, conscient d’avoir à protéger l’enjeu unique et intellectuel de notre fréquentation. Très platoniquement, - mot difficile à comprendre en Polynésie - , nous promenions avec Mérétuini notre étude réciproque en des lieux communs, dans la forêt de Brochéliante toute proche… et toute hérissée des pierres phalliques dressées là par des Celtes avertis. En déambulant, je parlais, en suivant, elle traduisait. Et cela devenait une cour galante, un vol nuptial, tant nos deux parlers identiques révélaient une poésie qui nous unissait, nous emmêlait, nous attachait en effaçant le le temps. Sur les “trois tons”, tour à tour se présentaient la force des guerres, la douceur des odes issues de la terre Kara’ea, la grande terre rouge, l’envolée des cœurs dialoguant avec leur surnature. L’émotion nous volait l’un à l’autre, elle nous mettait ailleurs, elle nous préparait déjà à un départ qui ne serait qu’un retour à notre nature, une migration constructrice, notre avenir.

A cette date, mes Amis allaient au gré de leurs expériences en laboratoire, vers un monde de découvertes flagrantes et successives de plus en plus multi-directionnelles. Au “centre” apparaissaient les fondements répétitifs et euristiques, d’un positionnement par delà les aspects euclidiens de l’ordinaire, qui venait comme une sorte de porte tangible, disposant du domaine quantique. Ce passage, pour son étude, sous-entendait l’abord d’une psychologie adaptée très inhabituelle. Celui qui aurait eu conscience et utilisé de tels phénomènes, liés à une pratique de l’espace-temps, l’aurait immanquablement somatisé dans son comportement et en ces outils humains les plus essentiels que restent les moyens de communiquer. Et Mérétuini, chaque jour, se révélait “coller” de plus en plus aux modèles que nous supposions les plus adaptés. Elle devint positivement un sujet d’étude qui fréquenta les laboratoires de l’Association.

La prise en charge par les autres du travail de recherche qu’elle générait, me laissa la liberté de voir enfin en elle la Femme qui rayonnait, et tout aussi ravis que par l’intellect, nous nous connûmes plus naturellement encore. N’était-ce pas normal, puisque nous semblions destinés l’un à l’autre par 33 années d’une vie séparée ?

L’autre hiver à Rennes, il fut vécu bien “douillettement”, au deuxième sens du terme…

Avec Mérétuini, nous en étions à profiter des hypothèses émises par les chercheurs de l’Association, segmentant par des procédés dérivés de la génétique et des mathématiques, rigidifiant, puis pondérant des tracés pétroglyphés ou des boustrophédons. Peu à peu s’établissait la proposition d’un code de translation bruitée, qui faisait apparaître les bases d’une communication littérale certaine mais aussi conceptuelle au travers de ce qui s’avérait alors des écrits d’un autre type. La grande difficulté surmontée dans ces décryptages, restait le fait de n’être qu’en présence de mots descriptifs de situations ou d’éléments qui ne prenaient des liens et des valeurs ordonnés qu’après connaissance globale de la phrase. Les pavés de mots ne faisaient office d’une phraséologie à postulat d’unique verbe et celui-ci devenait totalement conceptuel dans un premier temps, précurseur de l’entendement, autant que capable ensuite d’un syncrétisme de résumé final, dernier lieu associé aux mots de la phrase. Les mots n’étaient pas figés, seulement constitués de racines amalgamées pour une description figurative. Mérétuini excellait dans la préhension de ces phénomènes qu’elle connaissait déjà. Par contre, elle butait sur d’anciennes consonances qu’elle savait avoir appartenu à sa langue, mais dont elle ne connaissait plus les significations exactes.

Malgré quelques “blancs”, je m’émerveillais de la cohérence des textes tracés dans le temps qui réapparaissaient si jeunes et si vivants auprès de ma compagne. Mérétuini s’émouvait de leur contenu, d’une histoire qu’ils lui restituaient, de dernières navigations qu’ils commentaient. Par transfert, nous semblions préparés à reprendre le chemin de ceux qui nous avaient dans un monde oublié et qui nous laissaient leur livre transparent. Nous insistâmes auprès des scientifiques qui nous avaient tant aidés pour que soit trouvée une solution à notre fait.

Mais, il fallait une rationalité à l’irrationnel d’une renaissance d’entre quelques êtres seulement.

Qui, à l’origine, avait été le modèle comportemental de Mérétuini . Indubitablement, son Père, Teraimaeva Make, qu’elle suivit pas à pas dans sa Nature jusqu’à l’âge de 20 ans. D’où Teraimaeva tenait-il son expression ? Comment avait-il réalisé ce type de Connaissance ? Avant d’aller plus loin, une enquête formelle sur le Père s’imposait. Mais, pour support d’un éventuel missionnement, il n’y avait que sa Fille: sur elle, se jugerait la crédibilité de la continuation de nos recherches.

On emmena donc Mérétuini à la Sorbonne, afin d’obtenir l’avis autorisé d’un ténor de la linguistique française, le professeur Maurice Ross. Un accueil assez peu intéressé fut réservé entre deux portes aux hypothèses trop avancées. Une référence de la linguistique canadienne, le professeur Jean Beaudot, se déplaça ensuite spécialement à Rennes pour émettre son opinion. La rencontre n’était pas chronométrée comme celle à Paris et l’interview d’étude durant trois jours. On déboucha sur une reconnaissance positive: feu vert fut donné pour que soit bouclé le dossier de recherche assujetti à notre départ vers l’Ile de Rapa où séjournait Teraimaeva Make.

Je devenais un vacataire officiel de l’Association, subventionné pendant un an, chargé de poursuivre l’Etude et la Femme que j’aimais jusqu’auprès d’un Père qui comprendrait encore mieux le langage de cette union.

Mérétuini, quant à elle, donnait une voie royale à son retour: La Présidence de la République et le Vice-Président de Tahiti, Francis Sanford, la rapatriaient…

Nous prîmes le même avion et arrivâmes sur Rapa, fin avril 82.

La rencontre du Patriarche des Make, -dernier des trois Rapa de sa génération à avoir voulu parcourir l’ancienne valeur culturelle-, fut à la hauteur de notre voyage, déjà pour tous les sentiments qu’y s’y exprimaient, ensuite pour la certitude qui apparaissait du bien fondé de l’étude de cet homme. Peu de temps après, pourtant, à la suite d’une séance de comparaison symbolique de nos conceptions communes, le Sage décida de couper court à toutes recherches à ces côtés, disant qu’il fallait fermer là un monde inaccessible de par les difficultés de son accès.

Sous l’impact de ce que je pensais alors représenter un véritable suicide intellectuel, je tentai avec l’aide sur le terrain d’une Mérétuini qui revivait comme un poisson revenu à son bocal, de retrouver des compétences aussi spécifiques que celles entrevues chez Téraimaeva, dont la haute capacité d’un langage “résurgeant”. Ce fut l’échec ! De plus, mes tentatives d’interprétations linguistiques soulevaient dans le milieu à cette époque très fermée de Rapa, les rumeurs… d’un dialogue avec les anciens et leur esprit. Domaine sensible où s’exerce facilement tout rejet d’éradication. Comment pouvait-on parler d’une même langue que les ancêtres morts sans avoir vécu parmi ceux-ci ? Qui était le popa’a ? Danger du retour en fils prodigue. Je fus mis sur un bateau quasi manu militari sous l’unique prétexte de l’inconnu forcément étranger. Si, sur le moment très isolé, je vécus douloureusement la situation, je sais que j’eus ainsi la proposition d’une chance par les Rapa. Celle de revenir, satisfaire à l’épreuve de force traditionnelle qui permet d’être admis comme participant dans un milieu dont l’équilibre fragile doit se gérer. L’autre chance, la plus grande, fut que Mérétuini choisit de me suivre dans cet exil momentané. Elle s’avouait mon épouse devant sa Communauté et cela se traduisit par le mariage, dernier et premier de l’année 82, le 31 décembre, dès notre retour sur l’île.

Si la première fois, je m’étais présenté comme accueilli par la famille Make, à cette deuxième arrivée, j’étais nanti d’une autorisation officielle de recherche délivrée par le haut-commissariat, ce qui me paraissait tout de même superflu pour interroger ma propre femme. Mais, j’attendais qu’on me demanda la production de ces papiers qui validaient une situation bien étrange à mes yeux cette fois-ci. Il n’en fut rien, l’accueil était familial, j’avais satisfait airs cérémonies du test d’opiniâtreté et de résistance qui me permettraient de vivre la Communauté insulaire.

Avec Mérétuini, notre position n’était pourtant pas “claire”: un obligation d’immersion et de retour partiel aux conditions de vie des ancêtres colonisateurs de Rapa, — principe prévu par nos Amis expérimentalistes de Rennes —, nous décalait d’une société devenue villageoise. Durant six mois, aux côtés d’une Mérétuini radieuse de revivre sa saine enfance, je dépéris de ne manger que racines et coeurs de fougères, poissons encore vivants déchirés avec les dents, akaikai frémissants sous la dent, bananes vertes salées à l’eau de mer… Je n’acquis pas la stature d’un homme de chez elle, mais, Mérétuini me considéra comme une Mère, dès lors qu’elle dût me soigner de mes inanitions de plus en plus fréquentes.

Débarrassé de la dysenterie, regonflé à la popoi, ce fut une nouvelle tentative pour comprendre la vieille condition Rapa. Finit le squat des grottes humides du littoral que nous tapissions d’herbe pour le couchage. Nous nous attaquâmes durant un an à la vie des “forts”, des Pare propres à Rapa dont les reliefs tournementent encore les pitons de l’île.

Toujours aussi épanouie, Mérétuini m’y appris l’importance du portage obligé de la moindre des choses, du bois et de l’eau, des feuilles indispensables et des nourritures toujours en surcharge. Elle m’apprit que le vide n’existait pas quand il ne fallait choisir que des chemins verticaux. Les quelques Rapa qui nous croisèrent dans nos incessants déplacements sommitaux, s’ils ne disaient pas leur admiration évidente pour le retour aux sources de mon épouse, ne manquaient pas des discuter avec elle du kopitoro tangata, l’homme araignée qui la suivait: je pratiquais en effet assez souvent la marche à quatre pattes, sujet au vertige et effondré sous le portage imposé.

Nous avions notre établissement dans les ruines, d’une station météo en altitude accolée au fort de Tevaitau. La présence des nuages autour de nous, irradiés par les soleils montants et descendants donnait à nos efforts continus de survivance, la récompense d’un paradis mérité. Mais, le paradis, il restait dans la vallée, à nos pieds: le village y étendait la quiétude de ses taches partagées, l’attirance de rencontres qu’on ne faisait plus au ciel, quand celui-ci paraissait dépeuplé avec ses “forteresses” vides. Comme beaucoup d’anges, la chute nous tenta.

Quand nous revenions sporadiquement de nos "expérimentations", l’accueil généreux que nous prodiguaient depuis le début Daniel, notre tia’au, et le reste de la famille Make qu’il assemblait, restait la source de départs de plus en plus difficiles.

Avec l’aide de Daniel, j’obtins en 1983 un poste de secrétariat de mairie qui nous sédentarisa vite. La naissance de nos enfants fixa définitivement cette position villageoise, et durant sept ans, j’appris les arcanes et les règles du jeu de la vie communautaire à Rapa.

Le poste “charnière” que j’occupais me permis de vivre plus lentement, mais avec des résultats de plus en plus probants, l’espèce de queste dont j’accompagne encore aujourd’hui Mérétuini.

Maintenant, je sais qu’il nous faudra bientôt repartir.

J’ai la sensation d’avoir assimilé le message tout en non-dits laissé par Téraimaeva et vécu jusqu’à celui-ci, -au-delà de nos morts qui ne nous sépareront pas-, la lecture d’une autre histoire que ses descendants directs prolongent déjà.

En somme, je dois suivre Mérétuini et les siens, nous sommes sur le front de la plus belle aventure que l’on puisse espérer… dans tous les domaines… » L’indigène se tut.

Le journaliste qui écoutait depuis longtemps, fit suite à cette fin rêveuse d’une histoire si personnelle, hasardeuse et pourtant si logiquement familiale.

- « Le navire repart demain, en une nuit, ne voudrais-tu pas me faire comprendre cette génération Make, peut-être simplement de Rapa, à laquelle tu donnes tant de qualités, même à l’insu de certains de ses intéressés ? »

L’indigène continuait le rêve des découvertes, le besoin de partager, de rapporter.

Il répondit son accord sans autre forme: le magnétophone n’existait plus devant lui, les dernières réticences avaient disparu.

- « De toutes façons, la lune a toujours été l’amie des connaissances. » dit-il. Il paraissait reposé par son précédent discours, allégé, rassuré par la libération de ses premières confidences.

Et le récit dans la nuit commença pour tous les deux, ils devinrent des haerepo malgré eux…

Marc LIBLIN
Rapa iti, îles Australes



1. 𝕍 tout de suite après L’Indigène. Une nouvelle de Polynésie in Tahiti-Pacifique magazine, 47, 1995.

2. 𝕍 Les Hommes sacrés de Rapa in Tahiti-Pacifique magazine, 65, 1996.

3. Typique des mystères rapa.


🙟 1950   


🙟 1975   


🙟 Autres   

■ Pour les personnalités tardives (décédées après 2000), incertaines ou fautives, 𝕍 la Liste des exclus.

■ Pour les personnalités se réclamant d’une démarche universitaire (une bonne partie sont du XX), 𝕍 les Personnalités universitaires.