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Álfar
Fylgja


1850
Nils Johan Olsson Blommér

1866
August Malmström

Contexte
Religion Polythéisme Nordique
Premières traces av.VI (Animisme nordique)
Date de stabilisation XIII (Edda poétique)
Zone de vénération Scandinavie
Hauts lieux de culte ➧ Forêts
➧ Sépultures
Fêtes consacréesÁlfablót (Solstice d’hiver)
Jól (Noël)
Œuvres choisies
où mentionnées
Helgakviða Hjörvarðssonar
Heimskringla
Saga des Völsung (Islande)
Edda prosaïque (Snorri Sturluson)
Emprunts ● Animisme germanique
InfluenceChr. : Anges
Rapprochements
P.Egy. :Akhou
Heka, Shout, Ka, Ba
P.Grc. :Daímones
P.Irl. :Sluagh
Banshee
Mzd. :Fravashi
Statut
Ordre Esprit
Type Céleste
Polarité Variable
Qualité Psychopompe
DemeureÁlfheim
Svartalfheim
Gimlé
Physique ➧ Le plus souvent invisible
➧ Humanoïdes fin, sveltes et très blanc (Ljósálfar)
➧ Peuvent désigner la dépouille des morts enterrés (Svartálfar)
➧ Parfois représentés par des abeilles
AttributsArc, Flèches
Sous-groupesLjósálfar {Elfes Lumineux}
➧ Landvaettir {dieux tutélaires du sol}
Dökkálfar {Elfes Sombres} (confondu avec les Dvergar)
Svartálfar {Elfes Noires} (confondu avec les Dvergar)
Relations
Compagnons :Ases
Maître :Freyr
Hreiðmarr
Caractéristiques
Calligraphie localeNor. : Álfar
Romanisation ➧ Alfes
➧ Elfes
Transcription
littérale
P.Nor. Albar {Blanc}
Caractères ➧ Gloire Chance Savoir
➧ Mort Destin Mémoire
➧ Air Guide Protection
Fonctions ➧ Détiennent le savoirs des ancêtres
➧ Protègent l’homme honorable (Hymingja)
➧ Véhicule les esprits d’une vie à une autre
Épithètes
P.Nor. : Fylgja {Guides, Gardiens}
Vardøger {Protecteurs}

Notes

Culte des morts

► Pour comprendre la nature des alfes, il faut appréhender l’idée de la métempsycose telle que largement admise par les anciens peuple germanique et européens.
Les álfar (alfes ou elfes) apparaissent sous plusieurs angles, soit :

● Comme étant l’esprit d’un mort, on parle alors de ljósálfar {alfes lumineux}
● Comme le corps du mort reposant dans une sépulture, on parle alors de dökkálfar {alfes sombres} ou de svartálfar {alfes noires}
● Comme la gloire d’un ancêtre dont un vivant se reconnaît en lui et s’approprie ou se réapproprie cette gloire, ou hymingja {honneur/chance divine}

Sturlusson décrit les ljósálfar comme étant plus clair que le soleil et les svartálfar comme plus terne que la poix, il y a ainsi une opposition extrême entre les deux entités bien qu’elles soient toutes les deux considérées comme des álfar {blancs} (issu du proto-germanique albaz en relation avec le préfixe proto-indo-européen alba- "blanc"). L’on pense, s’agissant des morts, que le blanc était considéré comme la couleur la plus pur, et qu’ainsi les morts étaient qualifiés d’esprits purifiés, c’est à dire d’ancêtres dont seul les traits et actes les plus respectueux sont retenus au fil du temps. C’est peut-être pour cette raison que l’on revêtissait le mort d’un drap blanc.

Dökkálfar signifie étymologiquement "blanc sombres". Ici la noirceur désigne l’oubli, les ténèbres envahissant la mémoire des hommes et la matière morte. Ainsi l’alfe sombre est la part matérielle du mort en cours de putréfaction qui est restée sur terre, ou plus précisément sous terre, à Svartálfheim, ou Niðavellir, la demeure des dvergar (les nains), gardiens des richesses souterraines et détenteur des plus vieux secrets du monde. La sépulture du mort contenant le cadavre mais aussi les biens les plus précieux de la personne est donc gardée par les très sages dvergar.

► À l’inverse ljosalfar signifie "blanc lumineux". La lumière étant l’émanation du divin, on comprend ainsi qu’il s’agit de la part divine et spirituelle du mort, c’est à dire son esprit, résidant à Alfheim, ou règne Freyr l’ase de la vie et de la paix. Ainsi l’esprit du mort continue à subsister en reposant dans le doux royaume de Freyr.

► L’alfe noir (la mémoire) et l’alfe blanc (l’esprit) sont alors totalement séparés l’un de l’autre, jusqu’au réveil de l’alfe blanc qui resurgit dans une nouvelle vie humaine. L’homme réincarné, aura comme devoir, par son intuition (c’est à dire l’impulsion de son esprit, son alfe) de se reconnaître, de retrouver sa mémoire, parmi les personnages des histoires contés par les sages racontant la gloire des siens. S’il s’est assurément reconnu, il s’apprêtera alors à contacter les dvergar avec l’idée de leur prouver son identité par une initiation et/ou en leur délivrant le mot de passe dont il devait se souvenir. Si l’opération réussi, l’homme peut ainsi ouvrir la tombe de l’ancêtre qui est désormais considéré comme lui-même, retrouver sa mémoire spirituelle (l’alfe noire) au travers des objets ou du squelette conservés.

► L’alfe noir et l’alfe blanc étant de nouveau réunis, l’homme reprend ainsi son destin en main. Il marche de nouveau sous l’hymingja, c’est à dire sous la protection des ases qui le reconnaissent comme homme illustre. Ce concept d’hymingja peut être comparé au akh des anciens égyptiens

► Nous pouvons ici faire une analogie avec la doctrine alchimique et la symbolique qu’elle véhicule au travers des trois couleurs du grand-œuvre : le noir, le blanc, le rouge.

● L’œuvre au noir, la putréfaction ou gel de la matière,
● L’œuvre au blanc, la purification de l’esprit,
● L’œuvre au rouge, la réincrudation de la matière par l’esprit.