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Anubis

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-XXIV
Vème dynastie (Abousir)

-XV
XVIIIème dynastie (Deir-El-Bahari)

-XIII
XVIIIème dynastie (Abydos)

-XII
XVIIIème dynastie (Tombe de Toutânkhamon)

Contexte
Religion Polythéisme égyptien
Premières traces -4000 (Pierre funéraire du roi Hor-Aha)
Date de stabilisation -XXVI (Textes des Pyramides)
Zone de vénération Égypte
Haut lieux de culteCynopolis
Lycopolis
Œuvres choisies
où mentionnées
Textes des Pyramides
Livre des Morts
Textes des Sarcophages
Emprunts
P.Egy. :Dounanouy (assimilation)
Rapprochements
P.Egy. :Hermanubis [ Hermès]
P.Egy. :Horus-Anubis [ Horus]
P.Grc. :Cerbère
P.Irl. :Chien de Culann
P.Scn. :Geri et Freki
Statut
Ordre Dieu
Type Mercuriel
Polarité Masculin
Qualité Funéraire
DemeureMaât
➧ Nécropoles
Physique ➧ Chacal noir
➧ Cynocéphalie
AttributsAnkh, Ouas
Chien, Chacal, Loup, Occident
Noir
Groupes
Ennéade d’Héliopolis
Dieux funéraires canins : Anubis
Khentyimentiou
Sed
Oupouaout
Relations
● Père :
Osiris
● Mère : Hésat
Nephtys
● Frère :Bata
● Parèdre :Anubet
● Fille :Qébéhout (Eau lustrale)
Caractéristiques
Calligraphie locale
𓇋
𓈖
𓊪
𓅱
𓁢
Romanisation ● Hannig : ἰnpw {Inepou}, Anoubis
Transcription littérale ? Onomatopée du cri du loup
Fonctions ➧ Thanatopracteur
➧ Gardien des arcanes divins
➧ Résurrecteur
➧ Peseur des Âmes
➧ Protecteur du bétail
➧ Purificateur
Caractères ➧ Mort Connaissance Ancien
➧ Spirituel Mystère Plan Éveil
➧ Initiative Solitude Sacrifice
Épithètes
Egy. : ➧ (inpou) {L’enfant Sacré}
➧ (Oupiou) {L’Ainé, l’Ouvreur}
➧ (Sheta) {Le Secret}
➧ (hrj-sstȝ) {Maître des secrets}
➧ {aux formes mystérieuses}
➧ (imy-out) {Celui qui embaume et ressuscite}
➧ (tepy djouef) {Celui qui se tient sur sa montagne}
➧ (khenty ta djeser) {Celui qui préside dans l’Au-delà}
➧ (hntj sh ntr) {Celui qui préside au pavillon divin}
Suite➧ (khenty imentyou) {Celui qui préside en Occident}
➧ (jmy wt) {Celui qui est dans la place d'embaumement}
➧ (nbtȝ djsr) {Seigneur de la nécropole}
➧ (sr-dȝdȝt) {Juge du tribunal}
➧ {Qui compte les cœurs}
Harendotès {Horus qui prend soin de son père}
➧ {Gardien des troupeaux}
➧ {Seigneur des vaches laitières}
➧ {Chef des bouchers}

Notes

Fonctions

► Anubis est l’un des dieux égyptiens les plus anciens. Ses fonctions sont fondamentalement funéraires, juridiques mais aussi pastorales. Il est le responsable de l’au-delà et le gardien des tombes et nécropoles. À l’origine il est la seule divinité que l’on faisait figurer à l’entrée des mastabas. Il veille sur les métamorphoses des défunts et il est en outre chargé de leur approvisionnement. Il est aussi les gardien des mystères de la momification et assiste en cela les embaumeurs et les prêtres. Il perd néanmoins la primauté sur le secteur de la mort et est supplanté par Osiris (qui absorbe dans le même temps Khentyamentiou) dans les formules d’offrande à la fin de la V dynastie. Sa fonction juridique se révèle particulièrement lors de la pesée du cœur où il annonce et officie. De plus, en tant que fils aîné, il est celui qui offre des funérailles à Osiris. Ses fonctions pastorales sont moins connues, mais il ne faut pas oublier qu’il est parfois fils d’Hésat. On trouve trace de ces fonctions dans les Textes des pyramides mais aussi à Kom Ombo, Dendérah ou Edfou.

Le canidé, gardien des morts

► Anubis est le dieu occupant la première place dans la préservation de la mémoire (ou âme) des occidentaux, c’est à dire de ceux qui ont péri, des morts et par définition des ancêtres. Il est ainsi le principal gardien des nécropoles, défiant les hommes osant troubler le repos des morts. Symboliquement il est le patron des embaumeurs, préparant les morts à naviguer au dessus de l’océan de l’oubli, sur la barque d’Osiris.

► Son apparence de canidé peut-être comprise comme étant une figuration du chien de garde, gardien des nécropoles, à l’image du cerbère grec gardien de l’Hadès. Ce choix iconographique est aussi renforcé par le caractère lunaire et nocturne (phase de mort) des canidés, en particulier des chacals, dont les égyptiens ont remarqué leur habitude à ensevelir les restes de leurs proies dans le but de les consommer ultérieurement. Ce phénomène suggère par correspondance que le mort et ses biens pouvaient éventuellement être déterrés sous certaines conditions. Une autre caractéristique des canidés est leur habitude à flairer les personnes, ce qui correspond parfaitement à Anubis, celui qui pèse le cœur des âmes.

➧ Nous pouvons faire aussi un rapprochement avec l’anecdote présente dans la mythologie irlandaise racontant l’exploit du jeune Sétanta {Le Chemin}.

↳ Le père de ce dernier, Conchobar est invité à rejoindre le banquet du grand forgeron Culann. Fier de la force de son fils il propose à Sétanta de venir participer à la fête, mais arrivé au portes du domaine, le robuste chien du forgeron s’en prend férocement à l’enfant qui, se défendant vaillamment, fini par l’achever. Culann est effondré par la perte de son chien de guerre à la force d’une armée mais Sétanta se propose de le remplacer comme gardien jusqu’à ce qu’un nouveau chien aussi valeureux soit trouvé. Impressionné par son exploit, le druide mentor de l’enfant, Cathbad, renomme Sétanta Cú Chulainn {le chien/gardien de Culann}.

► Nous devinons ici la dimension initiatique qui apparaît par le changement de nom suite à l’accomplissement d’un haut fait face à un canidé. La conséquence de cet acte est un lien qui s’établit entre l’initié et le forgeron, celui-ci étant par définition un détenteur de toutes sortes de bien précieux. On peut alors tout à fait supposer que Cú Chulainn à pu bénéficier des richesses ainsi surtout qu’accéder aux secrets de fabrication du forgeron, il reçoit même le nom de celui-ci. Il est alors habilité à succéder Culann dans ses œuvres.
Le forgeron est l’ancêtre ou le mort qui attend patiemment l’homme valeureux qui lui succédera en venant à bout du gardien de la nécropole. Anubis, qui ici n’est pas un simple animal mais un dieu, n’attends pas qu’on le terrasse mais que l’on convainc. L’homme heureux est alors autorisé à récupérer toute les richesses et vertus de l’ancêtre.

► Ce passage initiatique peut-être symbolisé par la pesée du cœur dans la Salle des deux Maât (Ordre, Vérité), décrit dans le Sortir au Jour (soit le livre qui permet de retrouver la vie/gloire). Anubis est ici chargé d’appliquer méthodiquement un rituel afin de connaître la pureté/légèreté du cœur (i.e. le degré de vérité et du justesse du prétendant).
La Salle des deux Maât, implique la notion d’une rencontre de deux entités, soit la Maât du prétendant vivant (symbolisé par son cœur, moteur de la vie) et la Maât de l’ancêtre (symbolisé par la plume, objet aérien et donc immatériel, désincarné). La balance n’indique ici pas tant qu’un équilibre entre les deux Maât, mais de leur parfaite adéquation qui sous entends que les deux font un.

➧ Un passage du textes des sarcophages est particulièrement éloquent :

Salut à vous, tribunal des dieux qui aura à juger [Nom de la personne] que voici sur ce qu’il a dit étant ignorant, étant jeune, étant heureux, n’étant pas encore souffrant. […] Que l’Osiris [Nom de la personne] soit proclamé juste devant Geb, prince des dieux par ce juge qui le juge conformément à ce qu’il sait, après qu’il a comparu à la barre, sa plume sur sa tête, sa Maât à son front. Ses ennemis sont dans l’affliction car il a repris possession de tous ses biens, étant proclamé juste.

➧ Nous pouvons comprendre ici que la personne jugée, ou plutôt sondée par les dieux (flairée par Anubis), est un enfant, ou du moins un jeune homme, donc bien vivant. Et que son double "Osiris" est la mémoire ou âme de l’ancêtre mort auquel s’est identifié le prétendant sous les yeux de Geb, le dieu de la terre et de la mémoire du tout, celui qui sait tout. L’enfant ayant été initié avec succès, a maintenant la plume sur la tête, i.e. qu’il s’est approprié définitivement l’âme de l’ancêtre, qu’il à réuni les deux Maât. Il peut légitimement prendre les biens matériels présents dans la tombe correspondante : sa propre tombe antérieure.