🔍
Bouton_Accueil

Alexandre Saint-Yves d’Alveydre

👁

Données générales

PériodeLieu
GénéralXIX XXFrance
Naissance26 mars 1842, 1h Paris, France
Décès5 février 1909 (65 ans)Pau, France
Cause
Inhumation
Cimetière de Notre-Dame à Versailles

DomaineCourantOrdre
ÉsotérismeNéo-OccultismeNoblesse 🎓
Franc-maçonnerie
? Rose-Croix

RelationsNom
Entourage
AmiPapus
Stanislas de Guaita
RencontreJoséphin Péladan
Oswald Wirth
Victor Hugo
Influence
ParAntoine Fabre d’Olivet
Louis de Bonald
Joseph de Maistre
SurÉdouard Schuré
Émile Dantinne
Monsieur Philippe
Papus
René Schwaller de Lubicz
Stanislas de Guaita
Victor Blanchard
Victor-Émile Michelet

Repères biographiques

► Saint-Yves donne une courte autobiographie dans sa Mission des Français. Parce qu’il fut jugé un enfant peu discipliné, il fut contraint par son père, médecin aliéniste, d’aller à la Colonie agricole et pénitentiaire de Mettray. Doué d’une mémoire considérable et promis à une grande érudition, il su se faire apprécier du directeur de Mettray, qui l’initiera aux œuvres d’Hugo, Louis de Bonald, De Maistre et Olivet, lui permettant de faire ses premières armes en ésotérisme. Il sert ensuite dans la marine française où il étudie la médecine sans toutefois obtenir son diplôme et participe à la guerre franco-prussienne.

➧ Lors d’un séjour à Jersey alors qu’il est atteint de la variole noire, il fut mis en relation avec des réfugiés politiques exilés par Napoléon III. Il fit la connaissance de Madame Faure, amante du défunt Olivet qui lui remit des manuscrits inédits. Dès lors, il s’astreint à étudier son œuvre dans une perspective chrétienne.

► De retour en France après la défaite, Saint-Yves est pauvre et doit gagner misérablement sa vie dans des besognes fastidieuse mais il parvient à trouver un emploi subalterne aux archives du ministère de l’intérieur. Il rencontre cependant en 1873 la comtesse Keller qu’il épouse en 1877 et qui lui apporte amour, fortune et titre de noblesse (la comtesse lui obtient en 1880 un marquisat pontifical). Il est dès lors mis en contact avec la bonne société et les savants car sa femme, que l’on disait morganatiquement apparentée au tsar, était du cercle des proches de l’impératrice Eugénie. Libéré des contraintes matérielles, il vit très confortablement, élabore une riche bibliothèque et se consacre principalement à amplifier et orienter politiquement la pensée d’Olivet.

► En 1885, Saint-Yves entre en communication avec de mystérieux orientaux (dont un afghan, le prince Hardjij Scharipf) mandatés par le gouvernement universel occulte de l’humanité et dont la mission aurait été de l’informer de l’existence et de l’organisation de l’Agartha, cité située quelque part dans l’Himalaya. Il rédige alors sa Mission de l’Inde qu’il dédie Au souverain Pontife qui porte la tiare aux sept couronnes au Brahatmah actuel de l’antique Paradésa du Cycle de l’Agneau et du Bélier. À peine furent-ils sortis de presse qu’il voulu détruire les ouvrages car il estimait donner des perles aux pourceaux, mais un exemplaire ayant échappé à la destruction, il put être réimprimé par Dorbon-Aîné en 1910. Ossendowski (Bêtes, hommes et dieux) et Guénon (Le Roi du Monde) s’en inspireront.

► Sa femme meurt en 1895 et Saint-Yves, qui lui vouait une grande adoration en fut profondément affecté. Il transforma sa chambre en chapelle ardente où il allait régulièrement se recueillir. Lui-même décède en 1905 après avoir finalement travaillé sur sa dernière œuvre : L’Archéomètre.

Chrétien mais individualiste, poète que les commentateurs estiment médiocre, Saint-Yves est surtout un érudit féru d’analyses historico-sociales et de sciences. Il est producteur d’une œuvre complexe et synthétique, souvent lyrique, parfois inégale.

↳ Dans ses Mission, il critique la société moderne, ses travers engendrés par un renversement des valeurs et un bouleversement de l’ordre social, donnant la prérogative au pouvoir temporel contre l’autorité spirituelle. Il y développe le concept de synarchie, organisation trinitaire harmonieuse de la vie sociale. Justice, enseignement et économie disposent de trois chambres législatives élues au suffrage universel. Des corps politiques correspondants se chargent de faire appliquer ces lois. Il tentera, par une série de conférences données dans toute l’Europe, de transmettre cette vision politique, sans succès. Il affirmera en revanche que l’Agartha, qu’il explore "par des moyens psychiques", appliquerait la synarchie depuis toujours. Sa notoriété prend également source dans son archéomètre, instrument de mesure des principes premiers dira Michelet.

Papus qui l’estimait son Maître intellectuel concourra à sa notoriété qui s’exercera sur les néo-occultistes parisiens comme Guaita, Sédir ou Michelet mais Saint-Yves lui-même, affirma ne jamais s’être impliqué dans aucune organisation initiatique de l’époque.

𝕍 A propos de Saint-Yves d’Alveydre in Études traditionnelles (N°195, pp.108-113), Anonyme, 1936.

Œuvres choisies

  • Testament lyrique, 1877. [Poésie] Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France 🔖 La Naissance
  • Mission des Souverains par l’un d’eux, 1882. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Mission des Ouvriers, 1882. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Mission des Juifs, 1884.
  • Mission de l’Inde eu Europe, 1886. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • La France vraie ou la Mission des Français, 1887.
  • Les États-généraux du suffrage universel, 1888. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Les Saints Successeurs des Dieux, 1907.
  • Théogonie des Patriarches, 1909 ⚱️.
  • L’Archéomètre, 1910 ⚱️. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France

Citations

La science dit avec Jésus : Fiat volontas tua {Que ta volonté soit faite}, devant l’auteur des faits soumis à ses expérimentations. Le philosophe, l’inconscient mental dit toujours, comme le soi-disant magicien quabaliste, "Fiat volontas mea" {Que ma volonté soit faite}, et il n’en résulte que le néant.
Ainsi par cette puissance aux deux aspects inversement proportionnels qui est la Nature, l’Ordre divin se naturalise par ses lois dans l’ordre physique, et ce dernier à son tour, se naturalise dans le premier par obédience à ces mêmes lois. C’est ce point central de la Psychogonie, ce point nodal, qui a donné lieu aux confusions panthéistiques et autres à partir de la division des langues savantes et de l’oubli de la parole Schématique du Verbe.
Dieu seul est le Savant, Dieu seul est l’Artiste, comme il est le seul Vivant. L’Homme n’a pouvoir que de prendre connaissance de la Science, de l’Art, et de la Vie, et de se les assimiler par similitude, c’est à dire par Obédience à la Volonté de Dieu en toutes choses, par l’Observance des Lois de son Verbe et de sa Parole, en tout fait que ce soit.