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Ânkh

Données générales

Date de stabilisationLieu de la stabilisationLieu d’utilisation principalÉquivalents approximatifsÉléments d’ensemble
-3000 (Période thinite)ÉgypteBassin levantin Aither
Chrisme
Miroir de Vénus
Signe de Tanit
Soleil ailé
Croix
Cercle

Descriptions

Introduction

► La célébrissime croix ansée (Gardiner S34), élément iconographique maintes fois employé en Égypte est un tau surmonté d’une boucle. Assimilable à un anneau chen, il figure comme chacun le sait, un symbole de vie, de vie dans son essence, mais aussi de vie spirituelle éternelle.

↳ Il représente en conséquence la clef de la vie et de la mort, la méthode hiéroglyphique, le serment à observer pour ouvrir les portes de l’éternité.

↳ Son nom latinisé vient de ˁnḫ (ɑːnx) qui signifie "être en vie", "plein de vitalité", "venir à la vie" ou "revivre" (ntm. à la vie spirituelle).

↪ Puissance magique d’origine transcendante qui est et qui mène à la vie véritable toute la nature, son action est irrépressible et perpétuelle, souffle universel dont le mouvement détruit pour conserver. De la nature même des dieux, l’ânkh est symbole de l’aither, centre et âme du monde en action, cristallisé dans un objet de pouvoir par la force focalisée d’une volonté divine. Il permet une résurrection déificatrice des êtres, l’émergence d’une puissance spécifiée en fonction de celui qui l’utilise, de la couleur qu’il prend.

↳ On voit avec l’ânkh, l’idée que rendre sacré, c’est mettre en contact avec un mouvement vital transcendant. Celui-ci à l’effet de sublimer, de déverrouiller ce qui est consacré, et finalement de le faire passer sur un plan supérieur.

Graphisme

► Graphiquement, la boucle figure l’âme, l’utérus ou le cosmos, l’idée d’une totalité éternelle.

► Le tau quant à lui, représente l’Homme, le phallus ou bien encore la terre c’est-à-dire l’idée d’un travail, d’un mouvement. Ces deux axes sont ainsi reliés dans le symbole qui exprime le lien et la dynamique entre le manifestant et le manifesté, la mère et l’enfant, le macrocosme et le microcosme, l’actif et le passif. Les contraires sont ainsi unis comme dans la Semat-Taouy {Ligature des deux terres} et représentent finalement l’humain lui-même, corps, bras étendus et tête disproportionnée, tête qui est l’origine d’où il s’est déployé.

↳ L’ânkh indique ainsi que le travail opératif de gestation transformatif est nécessaire à la formation d’une totalité circulaire et que cette totalité circulaire est elle-même nécessaire au travail opératif, tout comme l’attache de sandale est nécessaire à la marche, liant les deux forces dans un concept totalisant.

↪ La barre horizontale du tau peut autrement indiquer l’idée d’une coupure, d’une séparation, d’un distinguo, d’un parallélisme, d’un passage. Et, toujours dans la même idée que précédemment, cette barre montre que la linéarité des objets apparents se résous en une éternelle circularité lorsqu’ils changent de forme, qu’ils s’abstraient sur le plan idéal et que cette transition est également valable dans le sens inverse.

↳ Vu ainsi, le symbole peut représenter une fiole maintenue sur un promontoire à l’image des vases à parfum découverts dans la tombe de Toutânkhamon et symbolisant le dieu-enfant Somtous.

Tyet

↪ Si l’axe de croisement est représenté équilibré et droit, libéré et épanoui avec l’ânkh il est figuré vertical, recroquevillé et noué avec le tyet, indiquant qu’un travail n’est pas en cours, qu’un choix n’a pas été fait, qu’une ligne différenciant nettement épais du subtil, bien et mal, n’a pas été tracée.

↳ Comme le signale sa double épaisseur et sa couleur rouge, un nœud, un obscurcissement subsiste, bloquant, ligaturant et protégeant, concentrant pour une future explosion aussi, ce qui serait le cœur ou la gorge dans le cadre d’une interprétation humanoïde. Isis maintient alors dans la vie corporelle, dans le monde magique et illusoire des apparences qui finissent par se dénouer à la mort ou bien, garde en elle les forces symboliques qui se libèrent à l’expiration du verbe.

Le Nil

↪ Celle que l’on désigne aussi par la croix de vie signe encore la notion de fertilité, prend la forme de ce qui évoque une clef et en conséquence prend aussi le nom de clef de vie ou même plus métaphoriquement, clef du Nil, désignant par là les deux Égyptes. Le fleuve sacré entre en crue lorsque Osiris et Isis s’unissent, lorsque la tige virile et transcendante s’unit à l’œuf du monde contenant toute potentialité, vertèbre de taureau tournoyant comme pilon dans mortier, colonne vertébrale dans le cerveau, alpha dans l’oméga.

↳ Cette interaction permet alors de chasser la force constrictrice et asséchante de Seth, de faire apparaître Horus. s’il est clef du Nil c’est aussi par sa vertu à faire traverser sans encombre le fleuve purgatoire, à passer du monde oriental des vivants à celui occidental des morts, comme le soleil qui survole Chrysonoas.

↳ Si le pharaon et son épouse tiennent également l’ânkh, c’est outre pour signifier leur qualité d’initié, afin de souligner le pouvoir temporel dont ils sont dépositaires : quiconque le porte détient une baguette magique permettant de conserver, activer ou briser la force vitale d’autrui et son lien avec les autres : de lier et de délier.

Iconographie

► Si on fait figurer l’ânkh dans les mains des dieux et des pharaons pour indiquer leur statut d’immortels, on le met aussi tel des lanternes dans celles des morts lors de leur traversée sur la barque solaire et ce jusque au Jugement de l’âme afin de signifier leur attente d’obtenir la lumière intérieure et définitive. Dans l’iconographie, on représente les dieux égyptiens tendant l’ânkh aux mortels, en la saisissant par l’anse ou en la tenant par l’extrémité.

● Dans le premier cas, dans un contexte plus spécifiquement funéraire, le symbole se fait clef, déverrouille le tombeau pour lui permettre de déboucher sur les Champs d’Ialou, déverrouille encore le corps momifié lui-même pour permettre à l’âme de s’en échapper comme lors du rituel de l’ouverture de la bouche, déverrouille encore l’âme même pour la rendre permissive à la lumière divine.

↳ En somme, par Khentamentiou, Anubis et Oupouaout, l’ânkh déverrouille la mort elle-même pour permettre à l’âme de s’éveiller au jour. Plus encore, dirigée vers le front, elle ouvre la perception, donne la clairvoyance, signe la marque d’un initié. Mais dirigée vers la bouche elle indique alors le scellement, l’enceinte sacrée où l’enseignement doit être tenu secret sous peine de se voir dispersé dans le néant, retourné à sa source et ne plus être au travail intérieur.

● Dans le second cas, l’ânkh est proposé de telle façon que les mortels puissent alors s’en saisir, ou bien tourné vers le nez ou bouche, qu’ils avalent ou hument ce qui parait alors être une fleur de lotus ou un fruit sortant d’un papyrus. Il est alors tel un bouton porteur d’un élixir de guérison, d’un souffle d’immortalité, de liberté et de puissance qui provient d’une tige dont l’axe central, boucle concentrée de force vitale, produit un jaillissement.

↳ Sur certaines figurations comme on peut le voir à plusieurs reprises à Karnak ou au temple de Kalabsha, les dieux envoient des bénédictions sur le pharaon avec un courant d’ânkh qui le nettoient, le purifient, le régénèrent et le baptisent, renforçant le lien du symbole avec les idées d’eaux originelles, virginales et cosmiques.

↳ A partir du nouvel empire, il est associé au culte d’Amon puis dans l’art amarnien sous la réforme d’Akhénathon, des ânkhs sont tenus par les mains des rayons solaires qui distribuent ainsi la force de vie, bénissant d’une chaleur surnaturelle 🗎⮵.

Sens général

► Pour sa force vivifiante, les anciens égyptiens l’employaient sous forme d’amulette et il fut ainsi fréquemment associé avec wedja {Prospérité}, seneb {Santé}, djed {Stabilité} et ouas {Pouvoir}, combinant les grâces comme sur le bâton de Ptah.

► L’ânkh était en outre, au début de l’époque copte, utilisé comme le symbole de la vie éternelle que le sauveur à donné à l’humanité en échange de son sacrifice, il se substituait ou s’accompagnait alors du chrisme et aujourd’hui il subsiste dans la croix copte. L’ânkh est alors dans ce contexte considéré comme un signe précurseur de la venue du Christ qui naît de l’anse comme son nom flotte de l’Ichthus, comme le fravashi émerge du Faravahar.

Comparaisons

↪ Des symboles proches voir identiques furent retrouvés principalement dans les côtes du bassin Levantin et sur divers supports :

↳ Célestes, comme en Phrygie et en Palestine sur le sceau royal d’Ézéchias accompagné d’un soleil ailé, mais aussi lunaires comme en Crète avec la civilisation minoenne combinant le labrys et le nœud sacré.

↳ Puis encore en Mésopotamie à l’époque babylonienne comme à Dur-Sharrukin ou sur la Plaque Burney. On l’associe ainsi indirectement à la Déesse serpent ou bien à Ishtar, déesses chthoniennes.

↳ Hormis la présence du symbole sur les cotes de la Libye antique et jusqu’en Sardaigne où on ne négligera pas de voir sa ressemblance avec le signe de Tanit.

↳ On peut en outre le rapprocher de ceux des arbres axiaux, particulièrement deux d’entre eux : celui de la Mésoamérique avec l’arbre-monde et l’Allemagne avec l’Irminsul qui tout deux les figurent sous forme d’un tau surplombé par un ou plusieurs oiseaux.

↳ On ne manquera pas enfin, d'une part, de souligner sa proximité symbolique avec les entités ouvreuses comme Cybèle, Janus, Mithra léontocéphale et saint-Pierre tous pourvus d’une ou deux clefs, et d'autre part, sa ressemblance graphique avec le symbole de Vénus et celui du Mjölnir, qui est également puissance céleste fécondante.

Conclusion

↪ Ces différentes indications montrent que le symbole est à la fois féminin, ouranien et guerrier car il est question ici de l’eau céleste, de la sève osiriaque, du lait émanant des seins maternels. En somme il est une représentation de la nourriture d’immortalité qui sustente l’âme et permet la croissance des formes par un feu occulte, feu qui peu aussi perdre et détruire.

↪ En Égypte, l’ânkh est particulièrement associé aux déesses Maât, Sekhmet et surtout Isis qui le portent plus fréquemment que les autres déités dès la période thinite. Uræus enfin, en tant que porteuse de la force magique divine peut être considéré comme sa force active, ayant puisé son agitation dans les puissances chthoniennes. Il est en outre étroitement associé au miroir à partir du Moyen Empire, portail magique vers le monde occulte qui est un reflet du monde physique et qui permet d’exercer la divination en piégeant la lumière céleste grâce à la vertu d’Hator dont le fluide fixe et condense les étoiles.