🔍
Bouton_Accueil

Écriture logographique - Égyptien

Données générales

Date de stabilisationLieu de la stabilisationLieu d’utilisation principalÉquivalents approximatifsÉléments d’ensemble
-2700 (Ancien empire)ÉgypteÉgypte Cunéiforme
Écriture alphabétique - Hébreu
Concepts

Descriptions

► Ces symboles ont tous été portés en amulette, soit par les vivants soit accompagnant les défunts et étaient constitués la plupart du temps de faïence bleue voir de lapis-lazuli.

■ Nous avons regroupé ci-après les fiches concernant le symbolisme des hiéroglyphes égyptiens traités. Étant donné sa longueur, l’ânkh dispose d’une fiche individuelle.

Djed

Description

► Le djed (Gardiner R11) est une colonne évasé à sa base et dont l’extrémité supérieure est constituée de quatre plateaux, c’est un symbole ancien ( Ière dynastie) et répandu figurant le maintient de la voûte céleste. La signification exacte du hiéroglyphe demeure cependant mystérieuse.

↳ La plupart des chercheurs (Suivant Faulkner et Gardiner) y voient un symbolisme floral issu d’un culte agraire de la fertilité, en l’espèce d’un arbre émondé ou d’un tronc entaillé à la manière des poteaux rituels chamaniques, voir même un simple pieu auquel on aurait attaché des gerbes de céréales ou même une gerbe de roseaux.

↳ D’autres proposent encore une colonne vertébrale surplombée par quatre vertèbres cervicales, rapprochement qui devient évident au Nouvel Empire où il est colonne vertébrale d’Osiris.

↳ Quoiqu’il en soit, il est évidemment proche de la signification du menhir, lié au symbolisme de l’axe présentant plusieurs niveaux d’être par l’adjonction du symbolisme des plateaux superposés.

Histoire

↪ Le djed est originaire de Memphis à la période thinite et en relation avec le culte de Sokaris puis de Ptah (𝕍 son ouas-djed-ankh) qui l’absorbe et surtout d’Osiris qui absorbe à son tour Ptah au Nouvel Empire et que le djed personnifie (? avant même les Textes des pyramides) : Ton dos est à toi, immobile de cœur, il est placé auprès de toi. Je te rends l’humidité qui fait ton salut. Je t’apporte le tat [djed] qui fait ta joie. (Livre pour sortir au jour, 155 :1).

↪ Il avait de plus sa place dans le mythe osiriaque rapporté par Plutarque in Sur Isis et Osiris et prenait la fonction d’une matrice végétale pour le cercueil du dieu jeté dans le Nil par Seth. On trouve le djed alors parfois associé au corps du dieu momifié de façon plus ou moins stylisée (parfois ne subsistent que les bras tenant Héqa et Nekhekh ainsi que les Oudjat) et accompagné de plusieurs attributs dont les plus notables sont les cornes et plumes d’Amon, un disque solaire et deux uræus qui surmontent le pilier, le rapprochant alors de Khnum.

Significations

↪ Fétiche de stabilité, de durée et de permanence, il représente la communication avec le cosmos, le passage privilégié de la force vitale isiaque jusqu’à l’être spécifié, la fixation de cette force permettant à l’âme de se river au corps, en témoigne ses fréquentes représentations avec le tyet.

↳ En conséquence, il figure la protection de la force vitale et il est ainsi utilisée en amulette comme préservatif, tant sur les morts pour leur assurer la survie ou plutôt leur renaissance, leur fleurissement, post-mortem que pour les vivant, pour les préserver du mauvais sort. Le djed était enfin mis à l’honneur lors d’un culte d’érection officié par le pharaon qui avait lieu lors de la fameuse Fête-Sed.

Ouas

Présentation

► Le sceptre wꜣs (Ouas) (Gardiner S40), symbole de puissance, d’autorité et de domination, est un attribut royal du pharaon parfois figuré comme borne et soutien de l’univers et dont les premières occurrences datent de la première dynastie (peigne en ivoire de Ouadji). Surmonté d’une tête de canidé, parfois spiralé et évoquant la foudre, il est associé aux divinités cynocéphales, en particulier Anubis et Seth mais peut être porté par n’importe quelle divinité pourvu qu’on veuille la représenter en position de pouvoir. Un porteur notable est Shou, préservateur de l’univers que l’on voit soulever Nout, créant ainsi l’espace, dans la célèbre scène représentée sur le Papyrus Greenfield.

► Il est fréquemment représenté porté avec un ânkh, formant alors la dualité complémentaire sceptre/talisman que l’on retrouve avec des correspondances transversales dans le christianisme sous la forme du sceptre et du globe crucifère et dans le vajrayana sous la forme vajra et gantha.

Signification

↪ A l’origine le ouas représente un bâton fourchu destiné à immobiliser et capturer les serpents, instrument toujours employé de nos jours par les herpétologistes, mais il peut aussi évoquer un arbre dont les racines en forme de crochet s’ancrent au sol et qui se déploie dans le ciel, conduisant la sève fluidique de haut en bas.

↳ Quoiqu’il en soit, il signifie, la capacité à maîtriser le chaos et le mal, à l’immobiliser, le transmuter, le rendre inopérant ou le détruire. Le symbole est également porté en amulette puisqu’il est considéré comme magique, capable d’affronter les démons, d’attirer la chance et de préserver la vie.

Oudjat

► Apparaissant d’abord au moyen Empire, l’œil oudjat (Gardiner D10), combinaison entre un œil Humain fardé au khôl et un œil de faucon dans sa partie supérieure, représente l’œil d’Horus.

Le mythe s’y rapportant est bien connu grâce à Plutarque : Horus perd son œil gauche dans un combat contre Seth qui le découpe en plusieurs parties et le jette dans le Nil. Thot (ou Hathor, dont on trouve des représentations avec l’oudjat en guise d’œil) le reconstitue mais ne parvenant pas à réunir tout les morceaux, il ajoute un fragment magique pour qu’il fonctionne de nouveau.

↪ Aussi, oudjat est étroitement lié aux divinités féminines dans leurs attributs enveloppants et protecteurs, il est en outre personnifié par l’entité Ouadjet. Fonctionnellement proche du symbolisme afférant à l’Œil de Rê dont il est la contrepartie lunaire, clignotante, phasique et aqueuse, c’est un symbole unificateur de puissance royale et de victoire du bien sur le mal par le sacrifice. C’est en outre un signe de protection de la santé par sa capacité à maintenir l’intégrité et la plénitude des êtres, là où l’Œil de Rê est avant tout créateur. Déployant une force lumineuse d’une lune pleine, c’est ainsi un préservatif contre le mal et un moyen d’obtenir la connaissance, de pratiquer la divination.

↳ En conséquence, on l’a fréquemment retrouvé sous forme d’amulette, notamment dans les sépultures afin de garantir au défunt une psychostasie heureuse ou les sarcophages afin qu’ils puissent voir dans le monde des vivants. On l’a encore trouvé peint sur la proue des navires pour éviter les naufrages et arriver à bon port, pratique encore en usage au Liban.

► Remarquons enfin que l’œil protecteur bleu nous rappellera immanquablement le khasma d’Afrique du Nord ou le nazar boncuk turc qui partagent une apparence et des fonctions très semblables. L’œil d’Horus est également le symbole de celui qui acquière la connaissance ou la double vue par une épreuve violente, ce qui nous fera penser au borgne Odin.