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Soleil ailé

Données générales

Date de stabilisationLieu de la stabilisationLieu d’utilisation principalÉquivalents approximatifsÉléments d’ensemble
-2550 (Cartouche royal de Snéfrou)ÉgypteProche-Orient ancien Faravahar
Œil de providence
Aile
Caducée
Soleil

Descriptions

Présentation

► Combinant le disque solaire et les ailes, le "soleil ailé" est le symbole indo-européen qui a connu grande fortune dans le proche-orient ancien. Il représente le soleil spirituel, c’est-à-dire mercuriel, dans ses acceptations de divinité et de royauté. Lumineux et généreux il représente à la fois l’éternité et la vie.

↪ Il est en ce sens, porteur de puissance et de protection car ses ailes s’étendent dans la totalité de l’univers manifesté. Il est également détenteur des notions de loi, de liens et de justice.

↳ Il véhicule l’idée de l’ascension de l’âme Humaine vers le plan divin ainsi que sa libération dans le dit plan, au dessus des contingences matérielles lorsqu’il s’unit aux arcanes spirituelles et que la personnalité Humaine fusionne avec sa part spirituelle, opérant ainsi une résurrection initiatique.

↪ C’est en somme, une représentation de la spiritualité, de sa suprématie et de sa capacité protectrice et gardienne tant de l’ordre cosmique que de la personne Humaine qui s’y livre puisqu’elle se met alors au diapason des forces naturelles.

↳ Pour ces raisons tant esthétiques que symboliques, il est lié au griffon, à Maat et Nekhbet ainsi qu’aux génies protecteurs. D’abord ceux la Mésopotamie ainsi qu’aux protecteurs du Pharaon dont la vertu est réactualisée lors de la fête-Sed puis bien sur aux anges du christianisme.

↪ Ces caractéristiques font que le soleil ailé est la représentation privilégiée du pouvoir royal. Dans l’orient ancien, le dirigeant est un roi-prêtre qui pour le peuple, est supérieur et protecteur, il établi les lois et exécute la justice. En somme, il maintient le lien entre eux et les dieux par l’instauration de la paix, la préservation du mal et de tout ce qui est obscur.

Histoire

► Il est difficile de déterminer s’il s’agit d’abord d’un symbole mésopotamien ou égyptien. Il est peut-être issu simultanément des deux cultures qui se sont ensuite communiqué certains aspects de leur symbolisme respectif tout en s’essaimant en Anatolie et en Syrie.

↳ On le trouve en effet d’une part en Assyrie vers -2500 où il figure sur plusieurs tablettes cunéiformes et bas-reliefs et où il est assimilé à Anzû. Il figure ensuite dans l’iconographie de Shamash et d’Assur, où dans les deux cas le dieu en émerge, annonçant la représentation zoroastrienne. Chez Shamash, les ailes font place à une émanation radiante et aqueuse reprenant les figurations présentes sur l’étoile d’Ishtar

↳ Le symbole se simplifiera plus encore en Géorgie avec le borjgali où il ne reste que l'émanation accompagnée d'un arbre de vie puis en Arménie avec l’arevakhach où seules demeurent les émanations. Il est alors le "soleil spiralé", bénévolent et équitable donneur de vie se rapprochant de la svastika.

Égypte

► Le soleil est pourvu d’ailes de faucon dans le polythéisme égyptien et est en outre, fréquemment représenté accompagné d’un uræus centré ou par deux uræus flanqués et ce à partir de Snéfrou (également -2500) où il figure sur un cartouche royal. D’abord représentation symbolique d’Horbehedety, soleil céleste à son apogée, il est ensuite fusionné avec Rê en Rê-Horakhty et par suite se rapproche de Khépri.

↪ Dans la mesure où il se substitue à l’oudjat, il est aussi assimilé à Hathor et sa forme courroucée Sekhmet. En ce sens, il devient par la suite une amulette protectrice populaire durant l’époque ptolémaïque.

Pour de plus amples développements, 𝕍 The royal hittite title "my sun" and the winged sun disk in Actes du Congrès International des Études Asianiques et Nord-Aficaines (N°38), Danièle Michaud-Colombot, 2008. (𝕍 en outre sa note sur le site de l’Association soleil ailé à propos de leur logo Lien vers l’œuvre. Cette association basée dans le Loiret se propose de promouvoir la connaissance sur l’Égypte antique).

Œil de providence

► Passant au judaïsme, il figure sur les armes du royaume de Juda au -VIII, notablement dans le sceau royal d’Ézéchias où il figure avec l’ankh. Son utilisation s’épuise au VI, mais il demeure présent en occident en figurant au sommet du caducée, rappelant la présence du disque solaire au sommet de l’arbre de vie dans l’iconographie mésopotamienne.

↪ Il trouve son expression finale dans son transvasement vers christianisme où il prend la forme de l’œil de providence dans l’iconographie artistique à partir du XVI où il est encadré par un triangle. Il symbolise d’une manière générale, l’omniscience de Dieu et son unicité, vigilance inflexible que l’on retrouve dans l’absence de paupière, puissance qui s’exprime dans La conscience d’Hugo qui séduira le caodaïsme.

↪ On le retrouve par la suite dans le symbolisme maçonnique tant sous la forme de l’œil que dans celui du soleil dans les rites égyptiens, œil et soleil étant des symboles pouvant aisément se substituer l’un à l’autre comme on peut le voir dans l’occhio alato de Leon Alberti, il commente : Rien n’est plus puissant, rien n’est plus rapide, rien n’est plus digne que l’œil. Que dire de plus ? Il est le premier, le principal, le roi ; il est comme un dieu parmi les membres. […] il voit tout ce que nous faisons et tout ce que nous pensons. (Anuli, in Intercenales). Renaissant et néoplatonicien, peut-être s’inspirait-il d’Horapollon : Pour signifier Dieu, ils dessinent un œil parce que l’œil voit et regarde ce qui est devant lui : dieu voit, considère et connaît toutes choses. (Les Hiéroglyphes)

Faravahar

► Le symbole à évolué dans le zoroastrisme à partir du -VI, devenant le faravahar représentation graphique d’Ahura Mazda. Composé d’un disque solaire ailé duquel émerge un Homme couronné, il symbolise l’envol exalté et progressif de l’âme vers le plan spirituel paradisiaque qui est vérité suprême.

Ce personnage tantôt assimilé à Ahura Mazda, tantôt à un fravashi représente la sagesse des temps qui comme l’âme sont éternels et dont l’objet est de maintenir la cohésion du cosmos.

● Il tend une main paume vers le ciel afin d’orienter par bénédiction la direction qui est imprimée à l’âme s’empreignant du fravarane {Credo} zoroastrien : Humata Hukhta Huvarshta et qui est représentée par les trois rangées de plumes dont sont pourvue les ailes.

● Ces rangées sont parfois accompagnées de deux rangées supérieures permettant aux plumes d’obtenir cinq étages représentant alors les cinq jzhirums {lumières archétypes}. L’empennage marque inversement l’infériorité des mauvaises pensées, paroles et actions repoussées sous le cercle central et qui sont entourées par deux spirales figurant la dualité de la nature Humaine que l’Homme doit surmonter ou bien le choix qu’il doit faire entre Spenta Mainyu {Esprit saint} et Angra Mainyu {Esprit mauvais}, attendu qu’une des spirales tourne le dos au personnage.

● La seconde main de ce dernier tient un anneau représentant le lien entre l’Homme et la loi cosmique et dont la substance est l’amour ce qui pousse certains iconographes à y voir un anneau de fiançailles véhiculant les idées d’honneur et de fidélité.

↪ Il est en somme le symbole de la grâce, c’est-à-dire de la puissance transfiguratrice et lumineuse, invincible et inaltérable qui résulte du choix individuel de l’Homme de suivre ce qui est bon et juste.

↳ Ce choix voit ses conséquences premières par l’incarnation progressive du fravashi dans le corps physique et les secondes dans la mort, lorsque l’individualité Humaine s’unit à son fravashi ou se voit expurgé du cercle de la vie, coupant le lien qui les reliait jusque là. Plusieurs degrés existent entre ces deux extrêmes et sanctionnent l’évolution spirituelle du sujet.