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Alessandro de Cagliostro
Balsamo Bacconieri, Giuseppe Balsamo

Données générales

PériodeLieu
GénéralXVIIIItalie
France
Naissance2 Juin 1743
27 Mai 1748
Palerme (Sicile, Italie)
Médine (Arabie Saoudite)
Malte (Italie, ajd. République de Malte)
Décès26 Août 1795 (51 ans)Forteresse de San Leo (près de Urbino)
Cause
Inhumation
Accident vasculaire cérébral
? assassinat
Mont de San Leo (San Leo, Italie)

DomaineCourantOrdre
Occultisme
Ésotérisme
RenaissanceNoblesse 🎓
Haute Maçonnerie Égyptienne (1781) 🎓
Sagesse Triomphante (1784) 🎓

RelationsNom
Entourage
AmiCardinal de Rohan
Kaspar Lavater
Luigi d’Aquino
Rencontre? Casanova
Goethe
Jean-Baptiste Willermoz
Influence
Maître? Comte de Saint-Germain
Hayyim Falk
ParParacelse
Agrippa
DiscipleCardinal de Rohan
BiographeCatulle Mendès

Repères biographiques

► Cagliostro est probablement né de parents obscurs et vraisemblablement d’origine modeste (son père était ? drapier). D’abord destiné à une carrière ecclésiastique, il est aide apothicaire au couvent des Frères de la Charité de Caltagirone, cette place n’a pu qu’aider à former sa réputation ultérieure d’alchimiste. Il s’enfuit du couvent et semble avoir gravité durant sa jeunesse, dans le milieu du petit banditisme avant d’être recueilli par un grand oncle maternel, intendant du prince du Villafranca. Il voyage en Europe et commence à faire parler de lui à Naples en 1775 où il instaure son rite maçonnique se réclamant de l’antiquité égyptienne.

Grand voyageur et aventurier, probablement plaisantin ou mythomane, on le voyait endosser des rôles variés et tenir des propos extravagants sur son âge ou son ascendance. Il disait détenir de grands secrets spagyriques autant que magiques. Il affirma avoir été initié à l’alchimie par un arménien ou un grec nommé Althotas, à Messine en 1763 et 1764. Ce dernier l’aurait introduit à un groupe d’alchimistes de l’Ordre de Malte. Plus vraisemblablement, il aurait rencontré Manoel Pinto da Fonseca à Malte en 1766, qui l’aurait initié à l’alchimie et fait chevalier de Malte. Il affirme en outre avoir voyagé en Égypte, en Arabie et en Perse où il aurait reçu des enseignements occultes.

↪ Il se ensuite fait connaître à Londres, où il confectionne des onguents de jouvence et on lui impute de nombreuses guérisons ainsi que d’avoir trouvé les numéros gagnants de la loterie royale d’Angleterre en 1777, la même année il est initié à la loge de l’Espérence, liée au rite de la stricte observance templière. À Rome en 1778, il se marie avec la fille d’un fondeur de bronze, Lorenza Feliciani. Âgé de 38 ans en 1780, il s’octroie le titre de professeur d’occultisme et ouvre un cabinet à Strasbourg, alors haut lieu du mysticisme, où il pratique la médecine gratuitement, et qui aura un franc succès. Accueilli par l’archevêque à son arrivée, il devient rapidement la coqueluche de la société alsacienne.

◆ Il est un précurseur du rite égyptien (comportant pourtant peu de symboles égyptiens) en franc-maçonnerie où il s’octroie le titre de Grand Cophte. Il instaure une branche de ce rite de hauts grades à Lyon (Loge "Sagesse Triomphante" le 26 décembre 1784), ville où on raconte qu’il évoqua les morts. Il ne parvient néanmoins pas à convaincre Willermoz qui lui ferme l’accès à la loge "Bienfaisance". Il essaime son rite à Varsovie où il était alors de passage. L’objet de ce rite était de favoriser la régénération de l’âme et l’émergence de pouvoirs thaumaturgiques. Ce système, qui a été peu pratiqué, était proche de celui des Élus Coens et des Frères initiés d’Asie si ce n’est qu’il acceptait les femmes et pratiquait la divination à l’aide de jeunes enfants. La maçonnerie égyptienne actuelle, si elle reconnaît son rôle fondateur, à connu des développements différents.

↪ En 1785 il est à Paris et organise un conseil supérieur de son rite où les dirigeants sont des personnes influentes (le grand maître est le prince du Luxembourg). Son but était vraisemblablement de réunir beaucoup sinon toutes les loges à son obédience afin de réconcilier la maçonnerie avec l’Église. Lorenza, qui s’est entre temps renommée Serafina, crée à Paris la loge féminine Isis qui reçoit l’aristocratie parisienne.

Mené à la Cour de France par l’un de ses puissants protecteurs, le Cardinal de Rohan (Cagliostro le couvrit de joyaux et d’or si l’on croit le témoignage des Mémoires de la baronne d’Oberkirch), il mène grand train et organise à son hôtel, des séances de spiritisme. Il raconte à ses soupers, ses souvenirs de l’Égypte et de la Chaldée et on dit qu’il faisait apparaître Sémiramis et Cléopâtre parmi ses convives. Mais sa situation très favorable subit un revers spectaculaire : il est inculpé dans l’affaire du collier de la reine de France. Acquitté en 1786 grâce à une habile défense et acclamé par la foule, il est pourtant forcé à l’exil par la cour qui lui est désormais hostile. Il tente de se réfugier à Londres, mais il est instrumentalisé par la presse anti-française. Il part un moment à Bâle, mais il est convaincu par sa femme de revenir à Rome, où il est dénoncé par cette dernière et est accusé d’hérésie et de magie en 1789 par le tribunal papal.

↪ Ce dernier voulu faire du procès de Cagliostro celui de la franc-maçonnerie et de la Révolution. Le procès, évidemment truqué lorsqu’on lit les comptes-rendus, aboutira à sa condamnation à mort puis à la prison à vie. Il mourut dans sa cellule dans des circonstances troubles alors que l’armée française approchait de la Forteresse de San Leo où il était emprisonné suite à son transfert du Château Saint-Ange. On a rapporté que sa sépulture aurait été profanée, en tout état de cause, sa tombe est introuvable.

■ Cagliostro dispose d’une aura de mystère, tantôt escroc si on l’identifie à Joseph Balsamo, tantôt authentique initié si on prend en compte d’autres sources. Tout dans la biographie de Cagliostro est sujet à caution. Elle est en tout cas émaillée d’anecdotes hautes en couleurs et les témoins font état tant de sa richesse mystérieuse et inépuisable ainsi que de ses capacités thaumaturgiques. Il aura toute sa vie durant, parcouru l’Europe, séduisant les puissants en Allemagne et en Russie : au sommet de sa gloire, il inspire les artistes et son nom est associé à bien des superlatifs. Certains auront estimé qu’il conspirait afin de faire chuter la royauté. La liste des pseudonymes qu’il a endossé est longue : Comte Harat, Comte Fénis, Marquis d’Anna, Giuseppe Balsamo, Pellegrini, Mélissa, Belmonte, Tischio. Son vrai nom pourrait être Balsamo Bacconieri, il aurait pris le nom Cagliostro qui appartenait à sa marraine en y ajoutant une particule.

↳ Quoiqu’il en soit son personnage aura marqué les esprits : le Sarastro de la Flûte enchantée de Mozart et le comte de Rostro du Grand Cophte de Goethe sont inspirés de lui et Schiller (Le Visionnaire) Nerval (Les Illuminés) ou Dumas (Joseph Balsamo) contribueront à sa popularité.

Catulle Mendès et Richard Lesclides feront paraître en 1881 La Divine aventure, réédité Les véritables mémoires de Cagliostro qui est tantôt considéré comme une œuvre originale teintée de recherches historiques, tantôt comme la transmission de l’authentique biographie du magicien. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France Elle vient s’opposer à la Vie de Joseph Balsamo (1791) qui reflète la position de l’Église d’alors à son sujet Lien vers l’œuvre sur Internet Archive. Reste aussi le Maître inconnu (1912) de Haven, qui se veut plus neutre Lien vers l’œuvre sur Internet Archive.

𝕍 Le comte de Cagliostro, Denyse Dalbian, 1983.

Œuvres choisies

  • Rituel de la Maçonnerie égyptienne, 1784.
  • Statuts et Règlements de la R.L. de La Sagesse Triomphante, 24 décembre 1784.
  • Lettre au peuple français… écrite par M. le comte de Cagliostro, de Londres, le 20 juin 1786, 1789.
  • Mémoire pour le comte de Cagliostro accusé contre M. le Procureur général, accusateur, 1786. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Les petits mystères de la destinée, 1861.

Citations

J’ai toujours vu la justice de Dieu se manifester tôt ou tard et les méchants finir misérablement.
Un maçon qui a besoin d’un médecin n’est pas un vrai maçon.
N’ayant ni le temps ni la volonté d’écrire des volumes, je n’entrerai pas dans les détails des voyages que j’ai faits dans tous les Royaumes de l’Europe ; je me contenterais de citer les personnes que j’ai connu. La plupart vivent encore. J’invoque hautement leur témoignage. Qu’elles disent si jamais j’ai commis une seule action indigne d’un homme d’honneur ; qu’elles disent si jamais j’ai sollicité une seule grâce ; si jamais j’ai mendié la protection des Souverains qui ont été curieux de me connaître ; qu’elles disent enfin si, en tout temps et en tous lieux, j’ai fait autre chose que guérir gratuitement les malades, et soulager les pauvres.
Mémoire pour le comte de Gagliostro
Empirique ! Je me rappelle d’avoir souvent entendu ce mot dans la bouche de certaines personnes ; mais ne n’ai jamais pu savoir au juste ce qu’il signifiait. Aurait-on voulu par là dénigrer un homme qui, sans être Docteur, a des connaissance en Médecines, qui va voir les malades, et ne fait point payer ses visites, qui guérit les pauvres comme les riches, et ne reçoit d’argent de personne : en ce cas j’en conviens, j’ai l’honneur d’être Empirique.
Mémoire pour le comte de Gagliostro
L’ignorance porte préjudice à l’Homme ; on peut le voir par l’utilité que nous retirons de la connaissance de tout ce que nous voyons et entendons dans toutes les branches des sciences et des arts.
Les petits mystères de la destinée
Je ne suis d’aucune époque ni d’aucun lieu ; en dehors du temps et de l’espace, mon être spirituel vit son éternelle existence et, si je plonge dans ma pensée en remontant le cours des âges, si j’étends mon esprit vers un mode d’existence éloigné de celui que vous percevez, je deviens celui que je désire. Participant consciemment à l’Etre absolu, je règle mon action selon le milieu qui m’entoure.
Discours prononcé à son procès