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Thomas d’Aquin
Docteur angélique

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Données générales

PériodeLieu
GénéralXIIItalie
Naissance1225Château de Roccasecca, Italie
Décès1274 ( 49 ans)Abbaye de Fossanova, Italie
Cause
Inhumation
Ensemble conventuel des Jacobins (Toulouse, France)

DomaineCourantOrdre
Théologie
Philosophie
Aristotélisme
Thomisme 🎓
Canonisation 🎓
Docteur de l’Église
Frères prêcheurs 🎓

RelationsNom
Entourage
Rencontre Arnaud de Villeneuve
Influence
MaîtreAlbert le Grand
ParAristote
Augustin d’Hippone
Boèce
Moïse Maïmonide
Pierre Lombard
Pseudo-Denys l’Aréopagite
Critique deSalomon ibn Gabirol
SurDante
Émile-Jules Grillot de Givry
Francisco Suárez
Jean Pic de la Mirandole
Maître Eckhart
Marsile Ficin

Repères biographiques

► Issu d’une famille importante de la petite noblesse napolitaine, il commence ses études à cinq ans comme oblat à l’abbaye du Mont-Cassin alors haut lieu religion et politique. Il les poursuivra à Naples à partir de 1239, s’engageant chez les dominicains en 1243 au grand dam de sa famille qui le fait même ramener chez lui de force par ses frères. Faisant valoir son engagement à force d’une patience qui lui vaudra plus tard le surnom "d’angélique", il poursuit ses études à Rome puis Cologne où il rencontre son maître Albert le Grand et enfin Paris. Albert, lui transmet ses idées et son aristotélisme devient alors le fondement de la pensée d’Aquin. En 1252, le Docteur universel le recommande comme enseignant dans la capitale. Taciturne et d’une stature imposante, ses camarades le surnommaient "Le bœuf muet de Sicile". Albert ajoutera néanmoins : Les mugissement de ce bœuf retentiront dans tout l’univers.

Il restera toute sa vie dans le milieu universitaire, enseignant à Paris deux fois, Cologne, Rome et Naples. Il partage son temps entre exégèse, disputatio et prédications comme il était d’usage dans ces milieux à l’époque. Il écrira également des commentaires d’Aristote, Boèce et sur les Sentences de Lombard, ainsi que des travaux théologiques, ses deux Sommes (Contre les gentils et Théologique) constituant ses œuvres les plus importantes. Il mourra alors qu’il était appelé au IIème Concile de Lyon par Grégoire X.

◆ Il est considéré comme le professeur par excellence et l’un des plus grands théologiens catholiques : jouissant d’une grande réputation, sa Chaîne d’or et sa Somme Théologique (inachevée) demeurent des monuments voir le pilier central de la théologie occidentale. Il réussit à s’imposer face aux enseignements de Jean Scot et Guillaume d’Occam et jouira lors de la seconde scolastique, de nombreux commentateurs. Aquin, commentera et christianisera Aristote (qu’il utilise contre l’averroïsme et le franciscanisme), développera comme nul avant lui un rationalisme sur Dieu ainsi que la spéculation morale et psychologique. L’axe de sa pensée repose sur une confiance dans la raison et dans une observation de la nature. Elle est orientée vers un intellectualisme qui affirme sa capacité à appréhender Dieu et la préséance de l’intelligence sur la volonté. Aquin tente ainsi de concilier foi et raison, subordonnant la seconde à la première, ce qui suscita encore après sa mort des controverses et des interprétations variées parmi ses pairs. Préfigurant l’utilisation du raisonnement déductif comme comme outil principal de la recherche spirituelle, Aquin préfigure Descartes et imprime une direction à la scolastique. Quatre mois avant sa mort, il cesse d’écrire et déclare : Mes écrits sont terminés car il m’a été révélé que ce que j’ai écrit et enseigné apparaît insignifiant.

Concernant la mystique, il prolonge et précise la pensée d’Augustin. Aquin déclare que le monde et l’Homme sont d’origine divine et qu’en conséquence, ils ne peuvent que revenir à terme, à leur créateur. L’homme sage désire rencontrer Dieu dans le monde naturel, mais cette rencontre ne peut être opérée que par Dieu lui-même. Aussi, l’Homme ne peut que préparer cette rencontre, par une ascèse régénératrice et purificatoire qui passe par la vie contemplative. Cette contemplation permet au mystique de devenir amoureux du beau. Ce retour à Dieu s’effectue par la dynamique d’amour et de la connaissance qui ensemble procurent la beatitudo. Tout Homme peut prétendre à cette rencontre, qui est une préparation dans la vie au véritable mystère qui ne peut être vécu que dans la mort. Cette contemplation peut être perpétuelle par la charité qui est son principe et sa fin.

■ On lui attribue plusieurs traités alchimiques dont les deux plus connus sont Le lever de l’Aurore et le Traité sur la Pierre Philosophale.

■ Il a été canonisé le 18 Juillet 1323, puis à obtenu le titre de Docteur de l’Église en 1567. Il est également devenu le patron des universités et écoles catholiques en 1880.

Site très complet de l’Institut Docteur Angélique contenant toutes les œuvres de l’auteur.

Œuvres choisies

  • L’être et l’essence {De ente et essentia}, 1254 1256.
  • Questions Quodlibétiques {Quodlibets}, 1258.
  • Les raisons de la foi {De rationibus Fidei}, 1261 1264.
  • Les articles de la foi et les sacrements {De articulis Fidei}, 1261 1268.
  • Somme théologique, 1264 1266.
  • Commentaire sur Aristote, 1265 1273.
  • La perfection de la vie spirituelle {De perfectione spiritualis vitae}, 1269
  • Sur L’éternité du Monde les erreurs des philosophes {De aeternitate mundi, contra murmurantes}, 1270
  • attr. Le lever de l’Aurore, 1420.

Citations

Ce qu’on retranche à la perfection des créatures, c’est à la perfection même de Dieu qu’on le retranche.
Opera Omnia
Les passions ne sont en elles-mêmes ni bonnes ni mauvaises.
Si nous résolvons les problèmes de la foi par seule voie d’autorité, nous posséderons certes la vérité mais dans une tête vide !
La grâce ne fait pas disparaître la nature mais l’achève.
Je vous reçois, ô salut de mon âme. C’est par amour de vous que j’ai étudié, veillé des nuits entières et que je me suis épuisé ; c’est vous que j’ai prêché et enseigné. Jamais je n’ai dit un mot contre Vous. Je ne m’attache pas non plus obstinément à mon propre sens ; mais si jamais je me suis mal exprimé sur ce sacrement, je me soumets au jugement de la sainte Église romaine dans l’obéissance de laquelle je meurs.
Citation attribuée, derniers mots
En effet, il est plus beau d’éclairer que de briller seulement ; de même est-il plus beau de transmettre aux autres ce qu’on a contemplé que de contempler seulement.
Somme Théologique
Tout ce que l’homme veut ou désire, il est nécessaire que ce soit pour sa fin ultime.
Le but de la philosophie n’est pas de savoir ce que les hommes ont pensé, mais bien quelle est la vérité des choses.
Il y a une autre faculté de connaître qui n’est pas l’acte d’un organe et n’est unie en aucune manière à la matière corporelle : c’est l’intellect angélique.
Il faut un minimum de confort pour pratiquer la vertu.
Opera Omnia
Or un défaut qui porte sur la substance de la chose vendue ne rend pas une vente illicite ; ainsi par exemple, si quelqu'un vend, comme étant véritables, de l'argent ou de l'or fabriqué par les alchimistes, qui peuvent servir à tous les usages pour lesquels l'or et l'argent sont nécessaires, comme des vases ou d'autres objets. Donc, beaucoup moins encore la vente sera-t-elle rendue illicite pour des défauts accessoires. […] Ce qui fait la cherté de l'or et de l'argent, ce n'est pas seulement l'utilité des objets qu'ils servent à fabriquer ou les autres usages auxquels on les emploie ; mais aussi la noblesse et la pureté de leur substance. C'est pourquoi si l'or ou l'argent issu du creuset des alchimistes n'a pas la substance véritable de l’or ou de l'argent, la vente en est frauduleuse et injuste : et surtout parce que l'or et l'argent servent, par leurs propriétés naturelles, à certains usages auxquels l'or artificiel des alchimistes ne peut servir ; comme, par exemple, pour dissiper certaines humeurs tristes et servir de remède contre certaines maladies. En outre, l'or naturel peut servir à des emplois plus fréquents et conserve plus longtemps sa pureté que l’or fabriqué. - Mais si l’alchimiste parvenait à faire de l’or véritable, il ne serait pas illicite de le vendre pour tel ; car rien n'interdit à un artisan de se servir de certaines causes naturelles pour produire des effets naturels et vrais ; […]
Somme théologique (IIb,77)