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Apollonius
De Tyane, Le théurge, L’autre Christ

Données générales

PériodeLieu
GénéralIGrèce
Naissance? -3Tyane (Anatolie, Grèce ; ajd. Kemerhisar, Turquie)
Décès? 97 (? 100 ans)? Éphèse (Grèce)
? Inde
Cause
Inhumation
? Éphèse
? Inde

DomaineCourantOrdre
Thaumaturgie
Théurgie
Prophétisme
Pythagorisme

RelationsNom
Entourage
AdversaireEuphratès le Stoïcien
AmiDamis
Influence
ParPythagore
DiscipleDamis
SurÉvangiles apocryphes
Apulée
Éliphas Lévi
Geber
Critiqué parJean Chrysostome

Repères biographiques

■ De lui, on ne sait guère que ce que Philostrate a bien voulu nous indiquer dans sa biographie apologétique et paradoxographique. Cette œuvre fut probablement commandée par Julia Domna (fille de Julius Bassianus, grand prêtre d’Élagabal en Syrie) et prends peut-être pour base une biographie précédente de Damis, élève d’Apollonius, désormais perdue.

► Ses parents étaient d’aisés commerçants de Tyane et il a donc profité d’une bonne éducation, au carrefour de la Grèce et de l’orient. Adolescent, il se rends à Égée où il est initié au pythagorisme puis il se plie à la règle ascétique et se dédie à Asclépios. À 20 ans, il renonce à son héritage à la mort de son père, puis aura en outre beaucoup voyagé : Italie, Syrie, Éthiopie et Philostrate ajoute, certainement de façon symbolique, jusqu’en Inde afin d’y rencontrer les gymnosophistes. Mystique, il est aussi attiré par les phénomènes naturels et marque un intérêt pour les religions solaires. Son nom peut être compris comme une évocation de l’androgynat, dans une contraction d’Apollon et de Diane, cultes qui eurent vraisemblablement une grande influence sur lui. De son vivant, il jouissait déjà d’une grande popularité et nombre de dirigeants politiques eurent recours à ses conseils.

► Végétarien, évitant les fèves et l’alcool, vraisemblablement contre les sacrifices, il n’a laissé derrière lui aucun successeur ni aucune école même si l’influence pythagoricienne est chez lui manifeste. Nombre d’écrits lui sont attribués mais la plupart sont perdus en plus d’être d’attribution douteuse.

↪ On a souvent comparé sa vie à celle du Christ, puisqu’elle comporte en effet des similitudes avec celles de Jésus notamment son arrestation et son procès. Comme il se mêlait de politique, il fut inquiété par Néron et Domitien : il est emprisonné, mais parvient à s’échapper. À sa mort, il laisse un tombeau vide et son sanctuaire de Tyane resta un lieu de pèlerinage jusque Constantin qui le fit fermer. On lui attribue également un certain nombre de pouvoirs : glossolalie, évocations (comme celle des mânes d’Achille racontée par Philostrate) et exorcismes, thaumaturgie ou prophétisme et il est possible que l’on transféra certains miracles d’Apollonius pour en attribuer le bénéfice à Jésus comme sa résurrection d’une jeune fille romaine devenu l’épisode de la Fille de Jaïre des Évangiles synoptiques. Il aura vraisemblablement inspiré d’une façon ou d’une autre, les rédacteurs des évangiles apocryphes. La légende lui donne également une longévité exceptionnelle de 100 ou 130 ans ou bien qu’il fut ravi au ciel et se réincarna en la personne d’Arthéphius.

■ Son nom arabisé donne "Balînoûs Toûânî" or c’est aussi l’auteur à qui l’on attribue la Table d’émeraude retranscrit en appendice dans le Livre du secret de la Création {Kitāb Sirr al-khalīqa} traité arabe du VI, lui-même tiré du Livre des causes qui est inspiré sinon tiré de Proclus et des hermetica comme le Pymandre. Le texte de la Table semble spécifiquement tiré d’une traduction grecque ou syriaque du corps jabirien (Second livre de l’élément de la fondation). Le folklore égyptien raconte qu’il aurait récupéré la Table dans les tombes bordant le Nil, mais plusieurs versions de la légende existent et certaines placent le lieu de l’action à Tyane même, au pied d’une statue d’Hermès. Apollonius creuse sous la statue, parvient à une caverne et s’y endort. Le Dieu le contact alors et lui donne accès à la fameuse table d’émeraude.

■ Quoiqu’il en soit, on retrouve le nom de Balînoûs Toûânî associé non seulement à Hermès mais aussi à d’autres ouvrages traitant d’alchimie ou de talismanie comme le Livre des sept idoles transmis par Al-Jaldaki. En effet, le souvenir d’Appolonius se maintint longtemps dans le christianisme orthodoxe de Constantinople et en conséquence, battu en brèche par Jean Chrysostome, il a ensuite jouit d’une grande popularité dans le monde de l’occultisme arabo-byzantin où son nom fait autorité. Le personnage continue d’être associé à l’art notoire au moyen-page puis à la Renaissance dans le Comte de Gabalis : Quand on vous diroit par exemple que le divin Apollonius Thianeus fut conçeu sans l’opération d’aucun homme, et qu’un des plus hauts Salamandres descendit pour s’immortaliser avec sa mère : vous diriez que ce Salamandre estoit un Démon, et vous donneriez la gloire au Diable, de la génération d’un des plus grands hommes qui soient sortis de nos mariages Philosophes. Il refit surface dans le néo-occultisme, lorsque Éliphas Lévi affirma avoir procédé à l’évocation de son fantôme et grâce à ses indications, retrouvé dans un manuscrit un ouvrage d’astrologie qu’il publia sous le nom de Nuctéméron, renseignant sur sept génies pour douze heures, d’où Papus (1:1) et Haven (7:1) tirèrent leurs pseudonymes.

Modèle du mystagogue et du sage païen pour Porphyre ou Hiéroclès, son aura irradie même jusque dans un christianisme sensible aux vertus païennes puisque Sidoine Apollinaire voit en lui dans ses Lettres un modèle philosophique tout à fait acceptable pour un lecteur chrétien., modéré dans ses mœurs et ses passions mais prompt à chercher la gnose.

𝕍 Apollonius de Tyane, sa vie, ses voyages, ses prodiges, Philostrate (Trad. A. Chassang), 1862. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France

Œuvres choisies

  • 95 lettres lui sont attribuées néanmoins l’authenticité de certaines est mise en cause.
  • Sur les sacrifices,
  • Sur les figures coniques,
  • Le Nuctéméron,

Citations

Je prie pour que la justice règne, et les lois soient respectées ; pour que les sages soient pauvres et les autres riches par des moyens honnêtes.
Pythagore dit que 1’art le plus divin est celui de guérir. Si l’art de guérir est si divin, il doit s’occuper de l’âme autant que du corps, car nul être n’est sain, lorsque ce qu’il y a de supérieur en lui est malade.
Lettre adressée à Criton
Si quelqu’un se dit mon disciple, qu’il ne fréquente pas les lieux publics, qu’il ne tue aucun être vivant ; qu’il ne mange pas de viande, qu’il soit délivré de l’envie, de la malignité, de la haine, de la calomnie, du ressentiment, et qu’il ait son nom inscrit parmi les noms de ceux qui ont obtenu la libération.
Lettre adressée à Criton
Il n’est pas possible à l’homme de ne pas commettre d’erreurs, seul un caractère noble reconnaît en avoir commis.