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Émile-Jules Grillot de Givry
Emile-Angelo Grillot de Givry

Données générales

PériodeLieu
GénéralXIX XXFrance
Naissance5 Août 1874 Paris, France
Décès16 février 1929 (54 ans)
Cause
Inhumation

DomaineCourantOrdre
Hermésisme
Alchimie
Catholicisme Memphis et Misraïm 🎓

RelationsNom
Entourage
AmiJoris Huysmans
Léon Bloy
Papus
René Guénon
René Philippon
CondiscipleRené Philippon
RencontreJoséphin Péladan
Influence
ParGuillaume Postel
Heinrich Khunrath
John Dee
Paracelse
Thomas d’Aquin

Repères biographiques

► Élevé parmi les jésuites de Passy, il fait ses études à Paris, se penche sur les langues orientales et est d’abord intéressé par les arts, la musique surtout au travers du piano et de l’orgue. Il fréquente les milieux occultistes suite à la lecture de Là-Bas de Huysmans, se penche sur l’hermétisme ainsi que sur la liturgie chrétienne.

Bibliophile fort d’une collection de cinq mille ouvrages et latiniste confirmé, il se met d’abord à traduire des textes pour la Bibliothèque Rosicrucienne de son confrère à Memphis-Misraïm, René Philippon avant de produire ses propres études. Il se pencha d’abord sur les villes initiatiques et finit par publier une étude sur Lourdes. Il se concentra enfin sur l’alchimie et l’hermésisme.

■ Il aura traduit de nombreux ouvrages dont L’ordre des frères prêcheurs de d’Aquin, La Monade Hiéroglyphique de Dee, le Traité des trois essences de Paracelse, l’Amphithéatre de la sagesse éternelle de Khunrath ou encore les Aphorismes Basiliens d’Hapelius.

Œuvres choisies

  • Le Grand Œuvre, 1907. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Anthologie de l’occultisme, 1922.
  • Musée de sorciers, mages et alchimistes, 1929.
  • Lourdes, publ. in Lourdes, ville initiatique in La tour Saint-Jacques, 13-14 (Janvier-Avril 1958), pp. 101-120.
  • La doctrine secrète, XX.

Citations

Pour bien des gens qui ne l’ont pas étudiée, l’alchimie n’est qu’un amas de rêveries et de divagations, résultant d’une vaine tentative des hommes pour faire de l’or artificiel, à laquelle ils étaient poussés, soit par une cupidité sordide, soit par une folie orgueilleuse de vouloir s’égaler au Créateur. Cependant, ceux qui étudient l’alchimie en dehors de ces préoccupations inférieures ne tardent pas à y découvrir un charme dont la suavité ne saurait être décrite ; et, dans l’édifice ténébreux des sciences du Moyen Âge, celle-ci irradie comme ces rosés géantes, silencieuses et immobiles qui, loin des vulgarités de la vie, baignent d’une lumière ineffable le transept des cathédrales endormies. Une des premières notions précises que l’on recueille de la lecture des auteurs ayant traité de l’alchimie, c’est que cette science repose sur un secret qui n’est réservé qu’à un petit nombre d’adeptes privilégiés possédant les qualités intellectuelles et morales requises pour l’obtenir. Difficile et étroite est la voie, et nombreux sont ceux qui s’y fourvoient dans des sentiers erronés où ils ne trouveront que déception, erreur, mensonge, ce qui leur fera dépenser en pure perte des sommes considérables.
La doctrine secrète
La grande, la seule objection qu’on puisse faire contre l’authenticité du livre de saint Thomas, n’est basée sur aucun fait, aucun acte, aucun anachronisme, aucune contradiction constituant une preuve valable en paléographie ou en bibliographie. Elle se résume ainsi : "l’alchimie étant (d’après l’opinion des critiques modernes) une œuvre du démon, ou du moins une pitoyable rêverie, un saint, un génie puissant et fort comme le fut saint Thomas d’Aquin, n’a pu y ajouter foi."
Traité de saint Thomas d’Aquin
Toute foule est méprisables par elle-même ; c’est un vain tourbillon, qui se vautre dans l’ignoble et se perd dans la mort ; et cependant la foi est la régénération des foules et peut les hausser au niveau d’une personnalité. La foule éprise du mystère émet un courant de perfection qui, s’emparant de chacun de ses membres, les unit en un même espoir et une même croyance : alors ainsi transformée, elle offre le spectacle d’un ordre et d’une harmonie parfaite.
Musée de sorciers, mages et alchimistes
Enveloppe-toi d’indifférence comme d’un manteau ; voilà la clef de la vie magique. Libère-toi des contingences. Délivre-toi de toute hylophilie. Enferme-toi dans ta pensée et dans ta science. Sois le solitaire, le vrai ; construis-toi une cellule dans ton propre cœur. Accepter une vie obscure lorsqu’on est affamé de gloire, c’est le summum de la perfection alchimique ; ainsi, rigoureusement, les Saints ont accompli le Grand Œuvre.
Sois pur, car c’est ta vertu elle-même que tu dois projeter sur l’athanor pour l’animer. Évite les actes indifférents en eux-mêmes. Que ton regard n’erre jamais sur les objets qui ne valent pas un instant de ton attention ; c’est une parcelle de ton être que tu perdrais sans jamais la pouvoir récupérer. Puis, libéré alors du fardeau des inutilités, recueille précieusement ce que tu veux conserver de forces vives, et dirige-les sur l’OEuvre avec véhémence. Observe avec attention les couleurs du Magistère, et fais converger, vers le but final, tes moindres actes. D’aucuns te diront que la puissance miraculaire s’acquiert et se transmet par un souffle, un mot murmuré kabbalistiquement à l’oreille, une lecture de quelques pages en un grimoire ou la confection d’une baguette. Apprends, au contraire, qu’un tel pouvoir ne te sera conféré que par une laborieuse et lente culture des forces psychiques subsistant en toi à l’état latent.
Si tu choisis une compagne, le lien qui t’attache à elle doit être indissoluble, puisque tous deux, un jour, vous contemplerez l’Absolu face à face. Avec elle tu dois partager les joies éternelles. Ses pensées, comme les tiennes, doivent donc converger toutes, vers la possession de l’Absolu. Tu ne peux vivre qu’auprès de celle qui chemine, la main dans la main, avec toi dans la Voie, qui recherche avec toi la chose à trois angles, et t’adjure au Grand Œuvre. L’épouse de l’alchimiste, c’est Pernelle, discrète et savante, portant au doigt l’anneau du souverain lien, reflétant toutes les pensées du maître, et veillant à son tour sur l’athanor lorsque l’heure l’exige. Si tu as mal choisi, jette un dernier regard sur ce mystère qui ne t’est pas destiné ; emplis tes yeux de sa clarté, et ferme ce livre. Tu peux quitter la Voie de l’Absolu, auquel jamais tu ne parviendras. Descends vers la géhenne, malheureux ! avec l’être inutile que tu as attaché à ta chair, avec l’écorce vide que tu traînes avec toi, et rentre dans la voie de la médiocrité qui est désormais tienne, et d’où jamais tu n’aurais dû sortir. Mais si ta compagne orne vraiment ta vie, continue avec elle la progression contemplative vers l’Absolu. Elle doit tirer - la merveilleuse ! - le même fruit que toi des présentes méditations. Mais n’oublie pas que sa voie de perfectionnabilité, malgré l’homoéomérie du but final, est différente de la tienne, ce que tu connaîtras en étudiant avec soin sa constitution microcos-mique. Paracelse l’enseigne expressément : Archoeus alius in, viro, alius in foemina. C’est de toi qu’elle doit recevoir l’initiation, comme tu la reçois toi-même de la Divinité. Retiens ce point essentiel, et garde-toi de l’orien-ter dans une voie qui n’est pas la sienne. Place la pomme d’or dans l’une de ses mains et le flambeau allumé dans l’autre.