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Emanuel Swedenborg (Svedberg)
Le Léonard de Vinci du Nord, l’Aristote de Suède, Le voyant du nord, Le Bouddha du nord

Données générales

PériodeLieu
GénéralXVII XVIIISuède
Naissance29 janvier 1688, 5h45 Stockholm, Suède
Décès29 mars 1772 (84 ans)Londres, Angleterre
Cause
Inhumation
Accident vasculaire cérébral Église suédoise d’Ulrique Éléonor puis Cathédrale d’Uppsala (Uppsala, Suède)

DomaineCourantOrdre
Divination
Mysticisme
Théologie
Science
Théosophie
Luthéranisme

RelationsNom
Entourage
Rencontre? Hayyim Falk
? Isaac Newton
Influence
ParKabbale chrétienne
Néoplatonisme
Charles de Saint-Georges de Marsais
Christian Knorr von Rosenroth
Jakob Böhme
SurRomantisme allemand
Romantisme français
Symbolisme français
Antoine-Joseph Pernety
Antoine Fabre d’Olivet
August Strindberg
Bénédict Chastanier
Bucura Dumbravă
Carl Gustav Jung
Charles Baudelaire
Daisetz Teitaro Suzuki
Éliphas Lévi
Friedrich Oetinger
Gérard de Nerval
Honoré de Balzac
Johann Jung-Stilling
Johann von Goethe
Louis-Claude de Saint-Martin
Martinès de Pasqually
Nordenskiöld August
Oscar de Lubicz Milosz
William Blake 👁

Repères biographiques

► Son père était évêque (puis évêque) luthérien, recteur de l’université d’Upsal. Élevé selon les principes de l’humanisme suédois traditionnel dans une Suède au faîte de sa puissance, il poursuit des études de philosophie jusqu’au rang de docteur qu’il obtient à 21 ans. Organiste, il joue souvent à la cathédrale d’Uppsala. À partir de ses 22 ans il voyage en Angleterre, France ou Pays-Bas où il réunit des vastes connaissances dans des domaines variés comme la linguistique des langues mortes, la physique et les mathématiques, l’histoire naturelle (notamment la minéralogie) et l’optique ou encore la mécanique et l’horlogerie.

► Il revient en Suède à 27 ans, publie quelques poésies et rend compte de diverses inventions dans le domaine de l’ingénierie, exécutant les plans d’un avion et d’un sous-marin avant l’heure, travaillant sur une arme automatique ou une machine pour composer de la musique. En 1718, il met au point un engin de transport terrestre des vaisseaux de guerre dans le cadre de la Grande guerre du Nord. Membre des académies de Stockholm et de Saint-Pétersbourg, ami de Christopher Polhem, il publie avec lui en 1715, ce qui peut être considéré comme la première revue scientifique suédoise : le Dédale Hyperboréen. Il devient également assesseur au Collège des Mines et dirige avec Polhem différents grands chantiers en Suède, place qu’il conservera durant trente ans.

↳ Ainsi, d’abord scientifique et génie universel, cartésien et rationaliste, ses publications connaissent le succès et lui valurent une grande renommée (Il obtient son titre de noblesse à 30 ans, en 1719, grâce à la reine Eleonora, changeant son nom de Svedberg à Swedenborg) tant :

● Dans le domaine de l’arithmétique, introduisant en Suède le calcul infinitésimal,

● Dans celui de la physique, étant le premier à évoquer l’hypothèse du système solaire, une théorie moderne de l’atome et préfigurant la théorie ondulatoire de la lumière,

● Dans l’anatomie, écrivant des ouvrages sur le cœur et le cerveau, dont il isola des fonctions et pressentira le rôle du cortex. Dans ces études, il essaie d’élucider le rapport existant en le corps et l’esprit.

► Dès 1736, il est déjà sujet à des ravissements mystiques spontanés qui lui font entrevoir des esprits. En 1740, son traité de physique naturelle Œconomia regni animalis contient de spéculations cosmogoniques, l’idée d’analogie entre microcosme et macrocosme et le principe voulant qu’un principe spirituel anime la matière. En 1743 il est gravement malade, fait état d’une "respiration tacite", puis commence à consigner dans son journal des rêves prémonitoires et symboliques. En voyage à Londres, il est frappé à 55 ans, en 1744, par une vision mystique. Il vit lors d’un repas, dans une sorte de brouillard, des animaux rampants hideux et un homme le mettre en garde sur le fait qu’il mangeait trop. Effrayé par cette expérience, elle se renouvelle la nuit suivant où l’homme reparut et Swedenborg pu, selon ses dires, visiter, de façon éveillée, l’au-delà et converser avec anges et esprits. Déjà précédemment, lors de l’élaboration de ses inventions, il rendait compte de découverte intuitives par le biais du rêve.

↪ Cette expérience vocationnelle l’incite alors à quitter son emploi et à se livrer à des explorations spirituelles au travers de la psychologie, de la philosophie et surtout de la théologie. Il apprend également l’hébreu (polyglotte, il parlera une dizaine de langues dont l’araméen), devient végétarien et considère dès lors la magie comme la haute science par excellence. À partir de cette période jusqu’à la fin de sa vie, il cultive cet état où il estime être à la fois dans le monde naturel et le monde spirituel, ouvrant progressivement ses sens à la réalité subtile tout en tentant de donner un compte rendu rationnel de ses expérimentations. Il rompt donc avec sa fonction gouvernementale et publie divers ouvrages spirituels et théosophiques parlant de ses échanges avec Dieu et ses anges et divers esprits bons ou mauvais (dont Virgile, Paul de Tarse, Luther…) ainsi que ses explorations des mondes spirituels. Il prend note de ces interactions et explorations dans un journal qui sera l’une des sources de ses écrits. Il s’entoura en outre de quelques disciples, quoiqu’il ne fonda lui-même aucun mouvement.

↪ Chez Swedenborg, la seconde vue n’est pas que prophétique, elle est aussi médiumnique. Il fit montre d’étonnantes capacités lors de l’épisode d’un incendie à Stockholm en 1756 qu’il décrit à distance et sous contrôle de témoin. L’anecdote est relatée dans une lettre de Kant à Charlotte de Knobloch (sur sa relation quoique finalement équivoque, avec les enseignements de Swedenborg, 𝕍 tout de même son décevant Träume eines Geistersehers de 1766, 𝕍 Trad. Ang. et lettre en question en annexe II Lien vers l’œuvre sur Internet Archive). Probablement du fait de sa notoriété scientifique et de l’originalité de ses positions théologiques, on remit en cause son orthodoxie, l’accusant de socinianisme ; Puis on s’attaqua à sa santé mentale mais aucune suite ne fut donnée à ces accusations probablement grâce à la protection de Charles XIII.

◆ Son œuvre abondante et riche se divise en quatre thèmes principaux : 1° Une exégèse de la Bible (surtout de l’Ancien Testament) avec son premier ouvrage important, Arcanes célestes (1749), exégèse qu’il adosse au principe des correspondances dont il développe les principes dans son premier ouvrage, synthèse théologico-théosophique : Traité des représentations et des correspondances (1741). 2° Les fondamentaux de sa nouvelle religion puisqu’il s’estime missionné par Dieu à cette cause. 3° Une morale individuelle et civique. 4° Et enfin une description minutieuse des mondes spirituels. Il affirme en effet, qu’un monde invisible se tient derrière le visible, mais qu’il n’est pas moins réel. Il agit vis à vis des réalités qu’il perçoit de façon analytique plus que mystique et se présente en géographe descriptif voir réaliste, des sphères célestes qu’il présente comme connectée à la sphère terrestre.

● Il divise l’univers en trois niveaux, correspondant à l’amour, l’intelligence et la force. Au plus élevé, on voit Dieu en face, au second on le perçoit médiatement comme la lune par rapport au soleil et dans le dernier où l’humanité réside, on ne perçoit Dieu que voilé derrière des signes et des emblèmes. Le cosmos, reflet de Dieu empli de lumière est le grand homme : sa tête est le monde céleste, du cou aux genoux s’étend sa partie spirituelle et les membres inférieurs sont le royaume souterrain. Cette image hominale est idéale et est projetée analogiquement sur tous les plans : du corps Humain où chaque cellule est un représentant, jusqu’au corps social et Dieu lui-même. L’humain est ainsi la suprême dignité, dignité qui s’exalte dans le couple, l’adultère est ainsi le pire des péchés.

Les esprits qui vivent dans les deux royaumes supérieurs aux Hommes, ont une vie communautaire ressemblant à la vie terrestre (ils se nourrissent, se vêtissent, se logent) et sont des êtres pondérés et bonhommes. Chaque esprit y prend l’apparence de son être véritable. Les autres planètes du système solaire sont également habitées.

● Il ajoute que les Hommes ont commerce avec des groupes d’entités spirituelles, qu’ils en aient conscience ou non. Ces esprits essaient continuellement d’influencer les Hommes dont la volonté et la pensée sont oblitérés. Il ajoute qu’en mourant, l’Homme s’éveille simplement à la réalité supérieure. Chez Swedenborg, matériel et spirituel sont ainsi interpénétrés l’Homme est continuellement traversé d’influx spirituels qui se substituent à ses affects et sa volonté, car en effet lorsque le corps périt, l’esprit est libéré et c’est cet esprit qui est effectivement pourvu de perceptions.

◆ Il dit encore et en conséquence, que toute chose recèle un sens caché, une cause sur le plan spirituel et tend comme dit Œtinger, à son geistleiblichkeit {corps spirituel} dont le Christ est l’archétype, que ce soit les Écritures ou la nature et qu’on peut approcher ce sens notamment par l’analogie. Rien en ce monde est isolé ou issu du hasard et toute chose reflète, représente, correspond, de façon certes plus ou moins déformée et imparfaite, à Dieu, et cela au travers d’une chaîne hiérarchique manifestatoire dont chaque niveau ascendant et de plus en plus spirituel symbolise le précédent au travers d’une apparence de plus en plus dérivée.

Dieu n’est ni juge, ni geôlier, ni bourreau et l’enfer, vers lequel les âmes condamnées se dirigent de leur plein gré pour se vautrer dans leurs vices, n’est pas éternel. Il y a une solidarité organique entre la vie terrestre et le destin post-mortem, car l’incarnation est un possible pouvant mener à la rédemption : le bien et l’entendement, analogiques à l’amour et la foi, au cœur et au poumon, aux royaumes célestes et spirituels rapprochent de Dieu et permettent l’élaboration du geistleiblichkeit en captant l’influx lumineux du Christ. Le mal vient de l’Homme qui s’est détourné de Dieu et est égaré par ses sens, dans sa chute progressive au travers des âges. L’Homme pour se convertir spirituellement, doit substituer à sa volonté personnelle, pervertie par les esprits mauvais, celle de Dieu. Nul ne le sauvera et il doit développer lui-même sa volonté, par un mode de vie régulier et un mental ouvert, grimpant les échelons de la spiritualité : le Seigneur apparaît à chacun selon la qualité de réception de chacun. Il professe une doctrine de la régénération tant de l’Homme que des institutions qui obéissent à des cycles où après avoir donné leur maximum, elles disparaissent pour laisser place à de meilleures institutions.

↳ Il resta fidèle au luthéranisme toute sa vie durant et ses écrits bien que personnels, ne sont pas incompatibles avec la foi chrétienne tant de nombreux thèmes sont en commun. Il voulait réformer le catholicisme envers lequel il est assez hostile, on trouve ses propositions dans sa Jérusalem Céleste. Il rejette la trinité qui est selon lui, métaphysiquement apparue à l’incarnation du Christ, centre des centres, qui est venu sur Terre rétablir l’équilibre entre le paradis et l’enfer en établissant leur interpénétration et leur réciprocité dynamique par le biais de son influx. Mais des péchés ayant depuis été commis, il devra revenir établir un nouveau jugement. Il estime le dogme trinitaire par trop polythéiste et voué à disparaître puisque depuis 1757, il dit l’Humanité entrée dans une nouvelle ère qui verra un allègement du culte et une compréhension nouvelle de l’Écriture. Il est aussi hostile à la "foi seule justifiante" de Mélanchton. Dans son utopie eschatologique, l’humanité entrera dans un âge d’or, où chaque membre de la société sera solidaire de l’autre, à sa place et heureux.

■ Si à son époque, l’église luthérienne et ses confrères scientifiques le trouvaient embarrassant et en faisait un sujet de moqueries, les enseignement du théosophe auront par la suite une fortune considérable, fortune qui concourra à disséminer dans un large public l’idée de correspondances universelles. Bien que s’exprimant dans un style coloré mais plat, il exercera comme nul autre théosophe, une influence notable sur le romantisme et sa littérature ainsi que sur et les loges franc-maçonnes. Ainsi, au travers du travail de traduction de Le Boys des Guays, il inspire des auteurs comme Balzac, Nerval ou Baudelaire. Si il est peu goûté par les autres grands théosophes qui estiment sa christologie douteuse, Dom Pernety créera tout de même à Avignon un rite swedenborgien, les Illuminés d’Avignon. Il eut un impact significatif sur la société anglaise plus que sur la suédoise puisque en 1783 se forme une société théosophique swedenborgienne basée sur ses écrits qui devint l’Église de la Nouvelle Jérusalem en 1787. Toujours en activité, elle s’appelle aujourd’hui La nouvelle église.

On trouve certains de ses écrits sur Livres-mystiques.

L’Association Swedenborg propose à la consultation des compilations de ses textes.

Œuvres choisies

  • Traité des représentations et des correspondances, 1741. Lien vers l’œuvre 𝕍 La clef hiéroglyphique des arcanes naturels et spirituels, 1784. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Arcanes célestes {Arcana Coelestia}, 1749 1796. Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive Lien vers l’œuvre sur Internet Archive
  • Doctrine de la nouvelle Jérusalem {De Nova Hierosolyma et Ejus Doctrina Coelesti}, 1758. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Des terres dans notre monde solaire {De Telluribus in Mundo Nostro Solari}, 1758. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Du Ciel et de ses merveilles et de l’Enfer, d’après ce qui a été entendu et vu {De Coelo et ejus Mirabilibus, et de Inferno, ex Auditis et Visis}, 1758. Lien vers l’œuvre sur Internet Archive
  • L’Apocalypse expliquée selon le sens spirituel {Apocalypsis Revelata}, 1766. | Trad. Le Boys des Guays Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Traité curieux des Charmes de l’amour conjugal dans ce monde et dans l’autre, {Deliciae Sapientiae de Amore Conjugiali} 1784. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Du commerce de l’âme avec le corps {De Commercio Animae et Corporis}, 1785. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France

Citations

Ceux qui croient que, par les biens qu’ils font, ils méritent le ciel, font les biens d’après eux-mêmes et non d’après le Seigneur.
De la charité
Si tu rassembles toutes les choses que tu connais, et que tu les places sous l’intuition de ton mental, et que dans une certaine élévation de l’esprit tu recherches ce que c’est que l’universel de toutes choses, tu ne pourras faire autrement que de conclure que c’est l’Amour et la Sagesse, car ce sont là les deux essentiels de toutes les choses de la vie de l’homme ; tout son Civil, tout son Moral et tout son Spirituel dépendent de ces deux, et sans ces deux ils ne sont rien…
La sagesse angélique sur le divin amour et sur la divine sagesse
De ce que la Divine Essence même est l’Amour et la Sagesse, il résulte que l’Univers et toutes les choses qu’il renferme, tant vivantes que non vivantes, subsistent d’après la Chaleur et la Lumière car la Chaleur correspond à l’amour et la Lumière correspond à la Sagesse.
La sagesse angélique sur le divin amour et sur la divine sagesse
L’homme a été ainsi créé qu’il est à la fois dans le monde naturel et dans le monde spirituel. Le monde spirituel est celui dans lequel sont les anges, et le monde naturel, celui dans lequel sont les hommes ; et comme l’homme a été ainsi créé, il lui a été donné un interne et un externe ; un interne par lequel il est dans le monde spirituel et un externe, par lequel il est dans le monde naturel. Son interne est ce qui est appelé l’homme interne, et son externe, ce qui est appelé l’homme externe.
Doctrine de la nouvelle Jérusalem
Il y a un monde spirituel, et […] ce Monde est distinct du Monde naturel ; car entre les Spirituels et les Naturels, il y a les Correspondances, et les choses qui existent par les Spirituels dans les Naturels sont des Représentations ; il est dit Correspondances parce que les Naturels et les Spirituels correspondent, et Représentations parce que ces choses représentent. […] Quand les choses qui appartiennent à l’Homme interne sont effigiées dans l’Homme externe, alors celles qui se font voir dans l’Externe sont des Représentatifs de l’Interne, et celles qui concordent sont des Correspondants.
Arcanes célestes
Quant les Anges s’entretiennent sur les connaissances et sur les idées, et aussi sur l’influx, alors, dans le monde des esprits, il apparaît comme des oiseaux, dont la forme est en rapport avec le sujet de leur conversation ; de là vient que les oiseaux, dans la Parole, signifient les rationnels ou les choses qui appartiennent à la pensée.
Arcanes célestes
On me montra aussi que la respiration interne des hommes de la Très-Ancienne Église, qui partait de l’ombilic vers la région intérieure de la poitrine, avait été changée par succession de temps, c’est-a-dire chez leurs descendants, et s’était retirée davantage vers la région dorsale et vers l’abdomen, par conséquent davantage en arrière et en bas, et qu’enfin dans la dernière postérité de cette Église, postérite qui existait immédiatement avant le déluge, il était a peine reste quelque chose de la respiration interne, et qu’ils furent suffoqués d’eux-mêmes, quand enfin celle de la poitrine devint nulle ; mais qu’alors il commença à y avoir dans quelques hommes une respiration externe, et avec cette respiration un son articulé ou un langage de mots. Ainsi les respirations chez les hommes, avant le déluge, furent subordonnées a leur état d’amour et de foi, et enfin quand l’amour et la foi furent annulés et remplacés par la persuasion du faux, la respiration interne cessa, et dès lors il n’y eut plus ni communication immédiate avec les Anges ni perception.
Arcanes célestes (ch.1120)
L’Esprit de celui qui est dans la correspondance, c’est-à-dire, chez qui l’homme Externe correspond à l’homme Interne, est resplendissant et beau, tel qu’est l’amour céleste dans une forme ; au contraire, l’Esprit de celui qui est dans l’opposé, c’est-à-dire, chez qui l’homme Externe est opposé à l’homme Interne, quelque ressemblable qu’il ait quant à l’externe avec l’autre, est noir et difforme, tel qu’est l’amour de soi et du monde, c’est-à-dire, tel qu’est le mépris pour les autres et telle qu’est la haine, dans une forme.
Arcanes célestes (ch.3425)
La conscience est la présence de Dieu dans l’homme.
attr. (? tiré de Arcanes célestes, Exode:22)
Il sera dit ce que c’est que la correspondance. Tout le Monde naturel correspond au Monde spirituel, et non seulement le Monde naturel dans le commun, mais encore dans chacune des choses qui le composent. C’est pourquoi chaque chose qui, dans le Monde naturel, existe d’après une chose spirituelle est dite correspondante. Il faut qu’on sache que le Monde naturel existe et subsiste d’après le Monde spirituel, absolument comme l’effet d’après sa cause efficiente. On nomme Monde naturel toute cette étendue qui est sous un Soleil et reçoit de lui la chaleur et la lumière, et à ce Monde appartiennent toutes les choses qui de là subsistent ; mais le Monde spirituel est le Ciel, et à ce monde appartient tout ce qui est dans les Cieux.
Du Ciel et de l’Enfer (ch.89)
[…] Si l’homme, alors esprit, a reçu dans le monde des instructions sur de semblables choses, mais qu’il les a niées ou méprisées dans son cœur, alors après quelques entretiens avec eux, il désire leur départ et cherche aussi à les quitter. Or, dès que les anges s’en aperçoivent, ils le laisse, et lui, après quelques rencontres avec d’autres, s’associe enfin à ceux qui sont dans un mal semblable au sien. Quand cela arrive, il se détourne du Seigneur et tourne sa face vers l’enfer auquel il avait été adjoint dans le monde, et où résident ceux qui sont dans un semblable amour du mal. Il est évident que le Seigneur attire à Lui tout esprit, par des anges et aussi par l’influx du Ciel. Mais les esprits qui sont dans le mal, résistent de toute leur force, ils se détachent du Seigneur, et sont entraînés par leur mal, ainsi par l’enfer, comme par une corde. Comme ils sont ainsi entraînés et que d’après l’amour du mal ils veulent l’être, il est évident qu’ils se jettent d’eux- mêmes librement dans l’enfer. D’après l’idée qu’on se fait de l’enfer dans le Monde, on ne peut croire qu’il en soit ainsi. Bien plus, cela ne paraît pas être autrement dans l’autre vie, aux yeux de ceux qui sont hors de l’enfer. Mais il n’en est pas de même pour ceux qui s’y jettent, car ils y entrent de leur plein gré. Ceux qui entrent d’après un ardent amour du mal, apparaissent comme s’ils étaient précipités la tête en bas et les pieds en haut ; d’après cette apparence, ils semblent être précipités par une force Divine. D’après cela on peut voir que le Seigneur ne précipite personne dans l’enfer, mais que chacun s’y précipite, non seulement pendant qu’il vit dans le monde, mais aussi après la mort quand il vient parmi les esprits.
Du Ciel et de l’Enfer (ch.548)