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Joseph Paul Oswald Wirth
Le célèbre inconnu

Données générales

PériodeLieu
GénéralXIX XXSuisse
France
Naissance5 août 1860, 9h Brienz, Suisse
Décès9 mars 1943, 11h (82 ans)Kedarnath, Inde
Cause
Inhumation

DomaineCourantOrdre
Magnétisme
Symbolisme
Hermétisme
Astrologie
Alchimie
Néo-occultisme
Franc-maçonnerie ésotérique
La Bienfaisance Châlonnaise 🎓
Les Amis triomphants 🎓
Travail et Vrais Amis Fidèles 🎓

RelationsNom
Entourage
AmiStanislas de Guaita
CollaborationAlbert Lantoine
Joannes Corneloup
Marius Lepage
Piobb
EmployeurStanislas de Guaita
RencontreAlexandre Saint-Yves d’Alveydre
Influence
ParThéodore de Tschudy
CritiqueJules Boucher

Repères biographiques

► Archiviste au ministère des finances et secrétaire de Stanislas de Guaita dès 1887, ce dernier lui a appris le français car Wirth est d’origine suisse alémanique. Il a poursuivi le dernier livre de son employeur et ami alors inachevé, Le problème du mal, ouvrage qui fut achevé par Marius Lepage. Il est initié en 1884 à la loge La Bienfaisance Châlonnaise. Il écrit pour les revues maçonniques L’Acacia et La Lumière et fut en 1912, le fondateur de sa propre revue maçonnique, Le symbolisme qu’il dirigea jusqu’en 1940, forte de 244 numéros. Elle se poursuivit sous la direction de Joannes Corneloup puis de Marius Lepage jusqu’en 1970, Albert Lantoine participera à la rédaction d’articles.

◆ Il s’est fait connaître par sa volonté de réformation de la maçonnerie qu’il jugeait peu spirituelle et trop éloignée des rituels traditionnels, ainsi que par ses études sur le symbolisme dont il reste une des grandes figures. Dans l’un et l’autre domaine, il écrit des ouvrages concis et pénétrants qui sont estimés comme des classiques. En outre, à la demande de Guaita, il créa en 1889 le tarot dit des Imagiers du Moyen-âge 🗎⮵.

■ Magnétiseur opératif, il finit sa vie sur une chaise roulante, conséquence supposée d’une utilisation abusive de l’agent magnétique.

Œuvres choisies

  • La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes (3T, chacun voué à un degré de la loge bleue), 1894.
  • L’imposition des mains et la médecine philosophale, 1897.
  • Le symbolisme hermétique dans ses rapports avec l’Alchimie et la Franc-maçonnerie, 1910. (𝕍 Théories et symboles de la Philosophie Hermétique)
  • Le poème d’Ishtar, 1922
  • Le Tarot des imagiers du moyen-âge, 1926.
  • L’idéal initiatique, 1923 (aug. 1927).
  • Les mystères de l’art royal - Rituel de l’adepte, 1932.
  • Le serpent vert, 1935 (Conte symbolique de Goethe traduit et commenté par Oswald Wirth).
  • Le symbolisme astrologique, 1937.

Citations

Ces adeptes de la science dite occulte nous choquent tout d’abord par le dédain qu’ils affichent à l’endroit de la science pure et simple, en raison de la modestie qui lui interdit de prétendre déchiffrer toutes les énigmes. Avoir réponse à tout, c’est faire preuve à nos yeux, non d’initiation, mais de fort sotte et prétentieuse ignorance profane. Se sont-ils inclinés devant la Papesse, ces occultistes pour qui n’existe plus rien d’occulte ? S’assimilant une fois pour toutes une synthèse, clef du Savoir universel, ces novices impatients négligent l’effort des lentes études méthodiques pour dogmatiser avec assurance, imperturbablement confiants en l’infaillibilité de leur pénétration intuitive. Ce ne sont, hélas, que les victimes d’une imagination indisciplinée qu’ils se gardent bien de dompter, aussi leur fait-elle envisager comme vraie tout fantasmagorie conforme au système de leur école. Fascinés par leur foi en des doctrines qui ont eu le don de les séduire, ils jurent au nom de Maître dont ils n’ont pas saisi la pensée profonde et qu’ils érigent en Pères de leur église occultiste. Les maîtres traditionnels de la Science occulte jouissent d’un tel prestige que nul n’ose s’attaquer à leur dogme. Crus sur parole, ils restent incompris, faut d’avoir été "tués" par les disciples qui prétendent leur succéder.
Le tarot des imagiers du moyen-âge
Les symboles ne s’imposent pas à l’esprit à la manière des textes : ils font penser, et, comme le champ de la pensée est infini, ils n’ont jamais tout suggéré. Le symbolisme est le stimulateur le plus puissant de la pensée autonome, puisée en soi-même. Les symboles étant muets ne prêchent rien, tout en sollicitant la réflexion. Antérieure à la parole, la pensée vient naturellement à qui réfléchit contemplativement, elle se traduit alors en vision de rêve qui illumine l’esprit.
Le symbolisme hermétique
Finalement, le trésor suprême de l’art résulte de l’harmonisation parfaite de l’Esprit et de l’Ame. Toute la difficulté consiste à réaliser l’harmonie en soi-même, afin de participer ainsi à l’harmonie universelle ; mais une fois cette harmonie individuelle réalisée, une cristallisation s’effectue autour du cube parfait initial et l’adepte accomplit dans son milieu la mission de transmutateur qui lui incombe. Il exerce une action de présence, et, par la vertu même de son harmonie personnelle, harmonise autour de lui en répandant sa lumière et en amenant autrui à s’adapter à sa norme. Tel est l’idéal du vrai Sage, dont l’œuvre est d’autant plus efficace qu’elle reste secrète. Il passe inaperçu au milieu de ses contemporains, qui ne se doutent pas de quoi ils lui sont redevables. La prudence d’ailleurs lui recommande d’agir en secret, car tout adepte qui se trahit soulève des haines dangereuses.
Le symbolisme hermétique
On n’est pas initié par la vertu d’un cérémonial, pas plus que par l’assimilation de certaines doctrines ignorées par le plus grand nombre. Chacun s’initie lui-même, en travaillant de l’esprit, afin de déchiffrer la grande énigme que nous propose l’objectivité. […] Pour découvrir celle-ci, descendons en nous-même, jusqu’au fond du puits symbolique, où se cache pudiquement, en sa nudité, la chaste divinité du penseur ! Mais l’absorption en soi n’est qu’un exercice transitoire, non une fin. Après être entré en soi, il faut en sortir, afin de s’élever au-dessus des choses, pour revenir à elles, préparé à les apprécier pour ce qu’elles valent.
Le symbolisme hermétique
Les résultats parlent. Ils démontrent que ce qui est imaginaire n’est pas forcément illusoire. L’imagination Humaine ne s’exerce pas dans le vide ; elle est créatrice d’images qui prennent vie à leur façon. En imaginant avec persistance que les astres exercent une influence, nous déterminons, nourrissons et fortifions cette influence qui opère dans le domaine imaginatif ou psychique. La seule croyance en l’Astronomie est donc génératrice de courants avec lesquels il est judicieux de compter.
Le symbolisme astrologique
Or, lorsqu’une tradition a cessé d’être comprise, elle ne vit plus dans les esprits. En tant qu’observance servile, elle peut se maintenir transitoirement ; mais ce qui manque de cohésion rationnelle ne tarde pas à se disloquer, car tout cadavre tend à se décomposer… Ces formes creuses dont l’esprit s’est retiré, ces écorces mortes, mais persistantes en raison même de leur dessèchement, figurent ce qui se maintient à l’état cadavérique, en tant que superstition, au sens étymologique du mot. Il convient, en effet, d’appeler superstitieux tout ce qui tient debout sans justification logique, comme, par exemple, les rites perpétués par habitude ou par respect du passé, alors que nul ne sait plus à quoi ils correspondent. Hiram est l’intelligence qui anime la tradition maçonnique : il revit en nous dès que nous comprenons tout le mystère de la Maçonnerie, en nous rendant exactement compte de la raison d’être de ses usages symboliques.
Le Livre du Maître