🔍
Bouton_Accueil

Athéna
Pallás


-660 -650
Culture crétoise (Gortyne)

-570 -560
Culture hellénistique (athénienne)

-525
attr. Oltos

-500 -490
Onésimos

-490 -480
attr. Peintre de Brygos

-475 -450
attr. Douris

-470 -457
attr. Maître d’Olympie

-460
attr. Maître d’Olympie

-460
Culture hellénistique (Athènes)

-447 -433
Phidias

-420 -410
Aison

-420 -400
attr. Peintre de Meidias

-360
Peintre de Nazzano

-197 -159
attr. Culture hellénistique (Pergame)

I (orig. -440 -420)
Pyrrhos

I
Culture romaine

f.II (orig. -350 -340)
Culture romaine

pm.III (orig. -438)
Culture romaine

III
Culture romaine

sm.IV
Culture romaine
Contexte
Religion Polythéisme hellénistique
Premières traces -XI (Tablettes mycéniennes)
Date de stabilisation VIII (Illiade)
Zone de vénération Grèce hellénistique
Hauts lieux de culteParthénon, Athènes
Alea, Argolis
Tegea, Tripoli
Fêtes consacréesArrhephoria
Khalkeia
Lampadophoria
Panathenaea
Plynteria
Proteleia
Procharisteria
Quinquatria
Skiraphoria
Jours FastesJuin
Solstice d’été
Œuvres choisies
où mentionnées
Illiade (Homère)
Odyssée (Homère)
La Théogonie (Hésiode)
Hymnes homériques
La Bibliothèque (Pseudo-Apollodore)
Les Métamorphoses (Ovide)
Emprunts ● Déesse de tribus matriarcales pré-helléniques
P.Min. : ? Atano
Rapprochements
Hin. :➧ Durgâ
Sarasvati
Mzd. :Fravashi
P.Arb. :Al-Lat
P.Akk. : Ishtar
P.Can. :Anat
P.Cel. :Brigit
➧ Sulis
P.Ela. :Nané
P.Égy. :Neith
P.Étr. :Menrva
P.Grc. : Aphaïa
P.Min. : Déesse aux serpents
P.Myc. : Potinija
P.Rom. :Minerve [Identification]
P.Scn. :Hlin
Valkyries
Zor. :Anāhitā
Statut
Ordre Dieu
Type Mercuriel
Polarité Féminin
Qualité Sagesse
Demeure Olympe
Physique ➧ Haute stature, physionomie masculine
➧ Visage majestueux, attitude contemplative
➧ Habillement militaire (Chiton masculin, péplos, parfois chlamyde)
Attributs
Animal :➧ Coq
➧ Corbeau
➧ Corneille
Chouette chevêche
➧ Dragon
➧ Serpent
Végétal :➧ Figiuer
➧ Sarment
Olivier
Objets :➧ Ailes (parfois)
➧ Chariot
➧ Quenouille
➧ Niké
Équipement :➧ Bouclier argien poli
➧ Casque corinthien ou parfois pòlos
Égide
Gorgonéion {Collier de Serpents}
➧ Lance
Groupes Olympiens
Relations
Père : Brontès (Scholies à l’Iliade)
Cécrops (évhémérisme)
Héphaïstos
Itonius (Tzétzès)
Pallas le Géant
Poséidon (Hérodote)
Zeus
Mère : Métis
Polyphê (Suidas)
Tritonis
Époux : Héphaïstos
Fils : Apollon Lychnus
Érichthonios
➧ Lychnus
Protégés :Achille
Héraclès
Ulysse
Caractéristiques
Calligraphie localeGrc. : Ἀθηνᾶ, Ἀθήνη
Romanisation ➧ Athéna
➧ Athéné
Athānā
Transcription littéraleGrc. : Celle qui est imprégné de l’esprit de Dieu {a theonoa}
Grc. : Celle qui connaît les lois divines {ta theia noousa}
Fonctions ➧ Personnification de l’éther
➧ Parangon de l’ingéniosité technique et de l’inventivité, de l’intelligence et de la sagesse
➧ Détentrice et gardienne des secrets de l’artisanat (ntm. agriculture, poterie, fonderie d’art, cuisine et tissage)
➧ Protectrice des activités artistiques (stt. littérature et philosophie)
➧ Détient les arcanes de la guerre stratégique et prudente, défensive et juste
➧ Veille à la sécurité des citadelles, murailles, frontières, villes et ports, de la santé humaine en général
➧ Incarne l’ordre, la raison, la mesure et la justice
➧ Guide des héros et psychopompe
➧ Veille sur les jeunes filles
Caractères ➧ Savoir Sagesse Raison
➧ Chasteté Vertu Intangibilité
Épithètes
Grc. :Ἀμβουλία (Amboulia) {Celle qui repousse la mort}
ϒλανκώπις (Glaukôpis) {Celle aux yeux brillants}
Ἀνεμῶτις (Anemôtis) {Maîtrise les Vents Cardinaux}
Ἀτρυτώνης (Atrytônés) {Invincible}
Ἀλαλκομενηίς (Alalkomenís) {Virile Gardienne}
ἀλέα (Alea) {Intouchable ou Immaculée}
Formes
Épiclèses
Grc. :Aithya {La mouette} [Mégaride]
Amboulia {Conseillère} [Sparte]
Anémotis {Qui apaise les vents} [Messénie]
Aréia {Martiale} [Béotie]
Axiopoinos {Qui châtie justement} [Sparte]
Chalinitis {Au mors} [Corinthe]
Ergané {Industrieuse} [Grèce]
Hippia {à cheval} [Athènes]
Ἰτωνία (Itonia)
{Commande à l’Hades et sur les champs de bataille} [Grèce]
Machanitis {Inventrice} [Arcadie]
Mèter {Mère} [Elis]
Νίκη (Niké) {Qui octroie la victoire} [Grèce]
Ophtalmitis {Voyante} [Sparte]
Suite ⇩ Fermer la liste ⇪
Oxyderkès {Au regard perçant} [Argos]
Paionia {Guérisseuse} [Orope]
Παλλάς (Pallás) {Protectrice des Arts}
Παρθένος (Parthenos) {Vierge} [Athènes]
Πρόμαχος (Promakhos) {Celle qui combat en première ligne} [Athènes]
Pronoia {Prévoyante} [Delphes]
Salpinx {Trompette} [Argos]
Soteira {Libératrice} [Grèce]
Sthénias {La forte} [Argolide]
➧ Tritogénie {Née de Triton} [Grèce]
Xenia {Hospitalière} [Sparte]
Zostéria {Qui se ceint} [Attique]

Mythes principaux

I. La naissance de la déesse aux yeux pairs

► Il existe un grand nombre de mythe rendant compte de différentes ascendances à Athéna. Hésiode (Théogonie) a propagé la version la plus connue et nous narre les circonstances singulières ayant précédé sa naissance. Athéna, fille de Zeus et de Métis la plus sage d’entre les Immortels et les hommes mortels, est, avant sa naissance, avalée avec sa mère par Zeus. Si Brontios prit cette décision, c’est parce que Gaïa et Ouranos le mirent en garde : si Métis devait enfanter, le fils de cette dernière détrônerait Zeus. Ce faisant, Zeus, devenu hermaphrodite par assimilation, obtint la connaissance du bien et du mal. Coup du destin précise Apollodore (I:2,1) : il avala celle-là même qui lui donna le breuvage ayant fait régurgiter Cronos, cet acte met donc ainsi fin aux parricides caractérisant sa lignée.

↪ Cependant, Apollodore poursuit (I:3,6) : prit de douleurs au chef près du lac Triton en Libye antique(1), Zeus demande à Prométhée(2) de lui fendre le crâne. De cette blessure jaillit Athéna, toute armée, résurrection de Métis. Homère (Hymnes) ajoute qu’à cette naissance la terre en poussa de grands cris, la mer se troubla, ses vagues profondes furent soulevées, l’onde amère resta suspendue. Le fils brillant d’Hypérion arrêta pendant longtemps ses coursiers fougueux, jusqu’à ce que Pallas eût rejeté de ses épaules les armes divines. Strabon (XIV) ajoute que suite à cet évènement, une pluie d’or tomba à Rhodes. Un mythe crétois la fait par ailleurs simplement créée par Zeus à partir des nuages qu’il frappe de sa tête.

Élaborée dans le sein de son père, c’est la favorite de la cour de Zeus et sa plus proche conseillère. Arès lui-même fait ce reproche à Brontios : Nous sommes tous irrités contre toi, Jupiter, qui as mis au monde cette fille insensée et funeste qui médite sans cesse les plus affreux desseins. Les dieux de l’Olympe t’obéissent et sont soumis à tes ordres ; cependant tu n’emploies ni paroles ni châtiment pour retenir Minerve dans de justes limites : bien plus, excitée par toi, père de cette odieuse furie, elle pousse le fier Diomède à s’attaquer aux immortels eux-mêmes ! (Illiade, Chant V).

Favorisée donc, elle sait même manier le foudre. Eschyle dans ses Euménides lui fait dire : Jupiter m’aime aussi. Que te dirai-je encor ? / Seule parmi les dieux, j’ai les clefs du trésor / Où sous l’auguste sceau la foudre dort cachée. Et Callimaque dans ses Hymnes ajoute : car à Minerve, seule d’entre ses filles, Jupiter a communiqué les attributs qui distinguent son pouvoir. Dans sa forme étrusque, elle est d’ailleurs associé à l’éclair et l’orage. Du reste cette spécificité reste encore visible dans l’analyse de ses épithètes et ses caractéristiques tant symboliques qu’allégoriques. Homère précise cependant qu’Athéna ne possède aucune arme et que si elle doit combattre, elle les emprunte à Zeus.

Homère précise dans ses Hymnes (VIII) que cette naissance avait contrarié Héra qui : dans son indignation contre Jupiter lorsqu’il conçut dans son cerveau l’illustre Minerve, engendra à son tour, seule, Typhon. Mais pour Hésiode dans sa Théogonie, il s’agit plutôt d’Héphaïstos.

► Dans son De la nature des dieux (III:23), Cicéron distingue cinq Minerve : La première Minerve est celle dont nous avons dit plus haut qu’elle est la mère d’Apollon ; la seconde est née du Nil et les Égyptiens de Saïs lui rendent un culte ; la troisième est celle dont nous avons dit plus haut que Jupiter l’avait engendrée ; la quatrième est fille de Jupiter et de Coryphé, elle-même fille d’Océanus : les Arcadiens l’appellent Koria et lui attribuent l’invention des quadriges. La cinquième est fille de Pallas et elle passe pour avoir tué son père qui voulait lui ravir sa virginité : on la représente avec des talonnières ailées.

II. Le décès accidentel de Pallas

► Apollodore (III:12,3) nous raconte que suite à sa naissance, la jeune Athéna fut confiée à Triton(3). Élevée aux cotés de Pallas, fille de Triton dans les arts du combat, elle tue accidentellement sa sœur par adoption lors d’un duel d’entraînement. Zeus en effet, voulant protéger sa fille, stupéfait Pallas avec l’Égide, sorte de cuirasse en peau de chèvre(4). Aussi, Pallas n’évite pas une attaque rudimentaire et se fait transpercer par la lance d’Athéna. Regrettant son geste involontaire et afin d’honorer sa défunte sœur, Athéna fabrique le palladium, simulacre en bois représentant Pallas, fixe l’Égide dessus puis la place à coté de Zeus. Ce dernier précipitera le palladium en même temps que la Pléiade Électre sur Terre(5). Elle fut ensuite trouvée ou obtenue par Ilos, fondateur éponyme de Troie (anciennement Ilion).

↪ Ce mythe explique pourquoi Athéna porte l’épiclèse de "Pallas" et fait du Palladium un bétyle aérolithe(6). Notons que chez Apollodore, Pallas est un des deux géant qu’Athéna tua — l’autre étant Encelade qu’elle écrase avec la Sicile — durant la Gigantomachie et dont elle se fit une cuirasse avec la peau. Chez Cicéron encore, Pallas est un géant, père d’Athéna, qu’elle tue (passage livré plus haut).

III. Éducatrice des Hommes et conseillère des héros

► Athéna partage avec Héphaïstos la domination sur les ouvrages ingénieux, même si elle est plus volontiers associée aux domaines féminins. Plus encore, c’est elle, tout d’abord, qui anima l’Homme formé par Prométhée du limon de la terre. Et c’est elle aussi qui apprit à l’Homme à maîtriser le feu que Prométhée lui apporta. Elle est ensuite l’inventrice du mors, du timon et du quadrige ainsi que de l’araire et du râteau. Elle invente encore les chiffres, la navigation, supervise également la construction du massif Argo et enseigne le dressage des animaux(7) comme l’agriculture(8). Elle invente également la fabrication de l’huile d’olive et conçoit la salpinx ainsi que le aulos (instruments militaires) en imitant sur un roseau (ou un os de cerf) les gémissements des deux gorgones immortelles Euryale et Sthéno (pour d’autres c’est le râle de Méduse). Elle est également tenue pour être la créatrice de l’aréopage(9). D’une façon générale, elle patronne les arts et les sciences qui, en temps de paix, se développent dans la cité et sont également, par le biais de la prospérité, le meilleur soutien de la paix.

► Puissante et vaillante autant que sage et prudente, généreuse et douce autant que constante et opportune, mais aussi inflexible dans ses décisions quoique clémente dans ses jugements, Athéna intervient de façon appuyée et propice auprès de plusieurs héros car, fidèle aux Hommes vertueux épris de justice à qui elle offre le courage, l’habileté et le charisme, elle abandonne les insolents et les scélérats. Son soutien apporte invariablement la victoire car les décisions de la fille de Zeus sont irrévocables et sa victoire face à l’adversité, irrémédiable.

Elle est proche d’Héraclès qu’elle arme dès qu’il entreprend ses Travaux. Elle le protège durant la bataille, lui confie les cymbales d’airain dont le son pu effrayer les oiseaux du lac Stymphale et l’aide même à soutenir le monde lors de son onzième travail. D’ailleurs, il lui offre les Pommes d’Or des Hespérides lorsque Eurysthée les restitue au héros et elle-même, rendra ces pommes, propriété d’Héra, aux nymphes. Elle l’escorte même dans l’Hadès pour son dernier travail et l’accueille finalement lors de son apothéose. En retour de sa bienveillance, le héros combat aux cotés d’Athéna durant la gigantomachie.

Elle est également proche d’Ulysse qu’elle aide à rentrer à Ithaque par des conseils et une assistance qu’elle assure de nombreuses fois dans l’Odysée : elle envoie par exemple des songes à Nausicaa pour lui inspirer une rencontre opportune avec Ulysse ou intercède auprès de Zeus pour libérer son protégé de Callisto. Elle est aussi proche de son fils Télémaque : elle prend l’apparence de plusieurs Mentès (Chant I) puis Mentor (dès le Chant II). Elle aide enfin les deux hommes à prendre le palais d’Ithaque (Chant XXII) en repoussant les attaques et en terrorisant les adversaires avec l’Égide.

Elle apporte de même son appui à Persée en lui donnant le bouclier poli qu’elle garde ensuite dans certaines versions pour y placer la tête de Gorgone, trophée dont le héros lui fait don. Elle guide également le bras de Persée et pour certaines traditions, c’est Athéna elle-même qui tue Méduse dans son sommeil(10). Elle aide encore Bellérophon, à qui elle parle de Pégase et lui remet la bride d’or.

Chez Apollonius de Rhodes comme chez Flaccus ou dans la version orphique, elle suggère à Jason la construction de l’Argo et supervise sa construction. Elle place à la proue le fameux bois de chêne parlant qui fut coupé dans la forêt de Dodone et par lequel elle dispense ses conseils.

Elle aide Cadmos à fonder Thèbes : la déesse lui conseille de semer les dents du dragon d’Arès qu’il avait vaincu, ce qui engendre les Spartes.

Dans l’Illiade, elle apporte son appui à Achille également, qu’elle empêche de frapper Agamemnon en le saisissant par les cheveux(11), elle l’aide en outre à tuer Hector. Chez Pindare (Xème Ode Néméenne), elle rend aussi immortel Diomède après l’avoir protégé nombre de fois durant la Guerre de Troie et même, dirigé son arme afin qu’il puisse blesser Arès lui-même. Cette protection elle l’accorde également à Ménélas contre la flèche qu’elle fit décocher par Pandare : Elle la détourna comme une mère chasse une mouche loin de son enfant enveloppé par le doux sommeil (Rhapsodie IV). Chez Homère, Athéna est en effet du coté des achéens puisqu’elle est hostile aux troyens depuis que Pâris lui a refusé la victoire durant son choix sur l’Ida. Elle inspire d’ailleurs l’idée du cheval de bois. Dans une légende rapportée par Pausanias (VIII:29), elle maudit Teuthis (ou Ornytos) et son peuple pour avoir refusé de prendre part aux affrontements : Athéna, ayant pris l’apparence d’un mortel, tenta de convaincre Teuthis de renoncer à son dessein mais celui-ci frappa la déesse à la cuisse de sa lance. Cependant, juste mais impartiale, une fois Troie conquise, elle imposa plusieurs malheurs aux achéens : ces derniers n’avaient pas puni Ajax fils d’Oïlée pour le viol de Cassandre qu’il arracha au temple d’Athéna (il ne prit pas cette peine pour accomplir son méfait selon certains).

Athéna enfin, est celle qui, selon une version du mythe, parvient à sauver le cœur de Dionysos enfant, alors démembré et consommé mi-cuit par les Titans qui l’enlevèrent sur l’intrigue d’Héra. Zeus poursuivant la théophagie, fait ensuite manger ledit cœur à Sémélé, la fécondant ainsi du second Dionysos.

IV. La dispute pour l’Attique

Athéna et Poséidon se disputèrent le patronage de l’Attique en général et de la cité-État d’Athènes en particulier. Les olympiens arbitrèrent le conflit (ou Zeus désigne Cécrops et Cranaos) et édictèrent que celui qui donnerait la chose la plus utile à la cité en prendrait le contrôle. Poséidon grâce à son trident, fournit un lac salé (ou un cheval) et Athéna planta un olivier(12). La majestueuse Athéna remporta la victoire car selon Cécrops, elle fut la première à agir. Dès lors, les athéniens rendirent à la déesse un culte quasi exclusif dont il reste aujourd’hui une puissante trace archéologique avec le Parthénon {Demeure des vierges} de l’Acropole construit au m.-V. Athéna était fort populaire et aussi vénérée en Grèce ntm. à Thèbes, Corinthe, Delphes et Épidaure, jusqu’à Sparte, Olympie ou Agrigente.

V. Une déesse inaccessible aux passions

► En tant qu’eau céleste, personnification de l’éther(13), Athéna est vierge et austère(14), de nature pudique(15) et civilisée(16), pour ainsi dire inviolable(17). Certaines occasions pourtant font, d’une façon certes bornée, exception à ces caractéristiques.

↪ La déesse eut un fils. Apollodore (III,14,6) explique, que, voulant se procurer des armes, la déesse se rendit chez Héphaïstos mais le dieu, abandonné par Aphrodite, conçut un violent désir pour elle. Il la poursuit de ses avances, mais elle se refusa à lui. Cependant, il mouilla sa jambe et de dégoût, Athéna s’essuya avec de la laine qu’elle jeta sur le sol. De Gaïa fécondée naquit ainsi Érichthonios qu’Athéna considéra néanmoins comme son fils. Elle éleva l’enfant dans le secret et projeta de le rendre immortel. Sous la garde d’un serpent (ou doté d’un corps à moitié ophidien), elle l’enferma dans une corbeille qu’elle confia aux trois filles de Cécrops, autochtone et premier roi légendaire d’Attique (dont le corps est également à moitié ophidien). Malgré l’interdiction d’Athéna, deux des filles, curieuses, ouvrirent la corbeille. Un corbeau rapporta cette traîtrise à Athéna et en punition, elle rendit ces deux filles folles pour les punir et elles se jetèrent du haut de l’Acropole. Érichthonios devint par la suite roi d’Athènes en chassant Amphictyon, érigeât sur l’Acropole la statue de bois d’Athéna et institua la fête des Panathénées. Il se marie à la naïade Praxithée et leur fils, Pandion, succède à son père.

↪ Apollodore nous rapporte (III:6,7) via Phérécyde de Léros l’une des versions expliquant la cécité de Tirésias : Cette déesse aimait beaucoup Chariclo (Nymphe, mère de Tirésias) : Tirésias étant survenu, [comme elles étaient au bain ensemble] vit la déesse absolument nue. Minerve alors lui mit les mains sur les yeux, et le rendit aveugle sur-le-champ. Chariclo la pria de lui rendre la vue ; mais la déesse ne le pouvant pas, lui nettoya l’ouïe de manière à ce qu’il entendit le langage des oiseaux, et elle lui donna un bâton de cormier, avec lequel il se conduisait aussi sûrement que ceux qui voyaient.

Redoutable pour les mortels impies, bienveillante et pleine de sagesse pour les hommes de bien (Hymnes orphiques, XXXI), elle ne se met en colère que dans le mythe d’Arachné d’abord mis en scène par Ovide (Métamorphoses, VI:1-145). Arachné est une tisseuse douée, qui refuse de reconnaître le patronage d’Athéna en la matière et provoque même la divinité. Athéna, estimée sur l’Olympe comme la meilleure tisseuse(18), la met au défi de se mesurer à elle dans un concours pour la meilleure tapisserie. Aucun défaut ne parait dans l’ouvrage d’Arachné et pleine d’insolence, elle représente les adultères de Zeus. Athéna, excédée, déchire la tapisserie et frappe Arachné qui décide de se pendre. Mais Athéna l’empêche d’accomplir ce geste et la change plutôt en araignée. Athéna, cependant est toujours prête à défendre les fileuses qui sont ses protégées : elle fait perdre la raison à Alcinoé qui après un an de travail, refusa de payer une de ces femmes, Nicandra qui pria Athéna de la venger. Alcinoé quitta alors sa famille pour rejoindre l’objet de sa passion, un étranger nommé Xanthos, mais prise de remords, elle met fin à ses jours en se jetant dans la mer.

Notes

◆ Durant les lampadophories athéniennes qui avaient lieu trois fois par an, Héphaïstos, Prométhée et Athéna faisaient autel commun(19). On portait allumait multitude de lampes, puisque le premier dieu apporta la métallurgie, le second le feu et la dernière l’huile. On faisait aussi une course au flambeau. Chez les romains, Minerve fait parti de la Triade capitoline, avec Jupiter et Junon.

◆ Dans son D’Isis et Osiris Plutarque nous apprend que À Sais, on lisait sur le temple de Minerve, qu’on croit être la même qu’Isis, l’inscription suivante : Je suis tout ce qui a été, qui est et qui sera. Nul mortel n’a pu lever jusqu’ici le voile qui me couvre.

Représentations postérieures


1410 1414
attr. Maître de la Cité des Dames

1482
Sandro Botticelli

1506
Bartholomeus Spranger

1512
Benvenuto Tisi

1564
Giorgio Vasari

1591
Girolamo Genga

1598 1602
Jan Harmensz Müller

1611
Joachim von Sandrart

1644
Hendrick Goltzius

1655
Rembrandt van Rijn

1698
René-Antoine Houasse

f.XVII d.XVIII
René-Antoine Houasse

sm.XVIII d.XIX
Tommaso Conca

1771
Joseph-Benoît Suvée

1775
Louis Jean François Lagrenée

1898
Gustav Klimt

1920
Richard Borrmeister
👁
1990 (orig. -438)
William Crawford Smith


1. Pour d’autres, signale Pausanias en IX:33, près d’un torrent du même nom mais en Béotie ; Le fait qu’il y avait beaucoup de fleuves qui portèrent ce nom afin de s’attribuer le lieu de naissance de la déesse.

2. Pour d’autres le maïeuticien est Héphaïstos, Hermès voir Palamaon.

3. Pour d’autres elle sera confiée à Alalcoménée, autochtone de Béotie et premier homme engendré par Gaïa.

4. ? Amalthée, pour Euripide in Ion:989-993 il s’agit de la peau de Gorgone.

5. Une autre version estime que c’est Athéna elle-même qui le fit.

6. Il est dit qu’Athéna, déesse céleste, figurant l’intelligence universelle dispensée par le ciel, est venue des cieux.

7. Bœufs et chevaux afin de les employer avec des outils.

8. Elle passe pour avoir introduit en Grèce l’olivier et le figuier et du reste, Athéna liée à la fonction fécondante de la rosée céleste.

9. Et en cas d’égalité des voix, elle intime de rendre le jugement en faveur de l’accusé comme lors du jugement d’Oreste pour le meurtre de Clytemnestre.

10. Pétri de propriétés magico-médicales, elle fera don du sang de sa victime à Asclépios ou à Erichthonios.

11. Je viens des cieux pour apaiser ta colère, si toutefois tu veux m’écouter. […] Termine ces débats, et n’arme plus ta main du glaive. […] Mais contiens ta colère, et obéis-nous (Rhapsodie I).

12. On disait que celui-ci était encore visible au temps de Périclès.

13. Sous sa forme fulgurante, fulgurance incarnée par son regard perçant et lumineux.

14. Quoique capable et habituée à la polymorphie, stt. en oiseaux.

15. La déesse est dans son iconographie primitive, toujours figurée habillée et les monstrations de ses effigies l’étaient tout autant.

16. Liée au bon gouvernement et protectrice du droit, elle s’oppose en cela à Artémis.

17. Elle résiste même au pouvoir de subjugation d’Aphrodite.

18. Elle a d’ailleurs tissé le voile d’Héra et apprit cet art à Pandore.

19. Quoique chaque lampadophorie était plus spécialement dédiée à l’un d’entre eux.