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Jérôme Cardan

Données générales

PériodeLieu
GénéralXVItalie
Naissance24 Septembre 1501, 18h29 Pavie, Italie
Décès21 Septembre 1576 (74 ans)Rome, Italie
Cause
Inhumation
Milan

DomaineCourantOrdre
Astrologie
Mathématiques
Médecine
Philosophie
Magie
Philosophie naturelle
Renaissance italienne

RelationsNom
Entourage
RencontreAgrippa de Nettesheim
Paracelse
CollaborateurJohn Dee
ContradicteurJules Scaliger
RivalNiccolo Tartaglia
Influence
ParAlkindi
Aristote
Jean Pic de la Mirandole
Pomponazzi
Ptolémée
CritiqueAristote

Repères biographiques

► Fils illégitime d’un géomètre ami de Léonard de Vinci 👁, il est dit-on très précoce mais son enfance est difficile car l’enfant est d’une santé fragile. Il fera ses études de médecine à Pavie puis à Padoue obtenant son doctorat en 1526. Il exerce d’abord comme médecin de campagne, vivant de peu. Il se marie en 1532 et après moult vicissitudes, il fut nommé professeur de mathématiques puis de médecine à Milan, Pavie et Padoue. Il se distinguera dans les deux domaines. En Écosse, il devient le médecin de l’Archevèque de Saint-André. Il se rend ensuite à Milan où il exerce la médecine et l’astrologie. En 1545 il publie son Ars Magna et atteint la célébrité mais novateur, il est critiqué de toute part (en particulier par Jules Scaliger dans son De subtilitate, ad Cardanum).

► À 69 ans il est accusé d’hérésie pour avoir établi l’horoscope de Jésus-Christ, pensant expliquer sa crucifixion par une conjonction particulière de planètes. On lui reprochait aussi d’avoir loué Néron, de considérer les trois religions du Livre comme étant égales, de nier les miracles et de douter de l’utilité du dogme de l’immortalité de l’âme. Il est emprisonné, sommé de se rétracter et de verser une amende et enfin radié de l’université de Bologne où il donnait alors des conférences.

► À la fin de sa vie sur les conseils de son accusateur, il parvient à rentrer dans les grâce du Pape Grégoire XIII. Alors qu’il aura refusé vingt ans plus tôt et par deux fois, d’entrer au service du pape Paul III (le prédécesseur de Grégoire XIII). Il se voit donc octroyé une pension. Dans la même période il aura par ailleurs également refusé d’entrer au service du Roi du Danemark, Christian III.

■ C’est un grand joueur de cartes, de dés et d’échecs, on le disait d’un tempérament irascible, extravagant et prétentieux. Il s’habillait de façon somptueuse et portait à son cou une émeraude qu’il portait en bouche lorsqu’il apprenait une mauvaise nouvelle. Ayant constamment peur d’être empoisonné, il se déplaçait toujours avec des goûteurs. Il aura crée une polémique tant avec l’administration qu’avec les personnes, comme avec le mathématicien Niccolo Fontana Tartaglia, ce dernier arguant qu’il lui avait volé la méthode de résolution de l’équation du troisième degré. Sa vie sera émaillée de problèmes familiaux : l’un de ses fils empoisonne sa seconde femme meurtre pour lequel il sera condamné à mort, tandis que le second le cambriole. Son ouvrage Ma vie (publié par Naudé en 1643) est considéré comme une des premières autobiographies en occident.

Savant prolifique et éclectique, il écrit aussi bien sur la médecine et la morale que sur l’astrologie et la divination. On lui attribue certaines découvertes en mathématiques : il aura écrit le premier traité de probabilités et esquisse ainsi la statistique et aura trouvé la solution des cubes ainsi qu’exposé la résolution d’équations au troisième et quatrième degré dans son Ars Magna. Mais aussi en physique ou en mécanique où le gyroscope Cardan est encore utilisé par les marins et encore cryptographie ou en chimie. Il met au point un langage des signes pour les sourds. Il aura écrit près de 300 ouvrages mais détruisit presque la moitié qu’il jugeait raté.

◆ Son traité De la subtilité commente la physique d’Aristote, qu’il admire autant qu’il critique. Il estime que toute chose recèle une subtilité, i.e. une propriété secrète qui fait sa spécificité et qu’on peut découvrir par l’analogie. Sa philosophie était imprégnée de naturalisme et d’animisme. Pour lui la philosophie occulte n’est pas un résidu de la science, pas plus qu’une concession faite aux superstitions. Son œuvre, qui prolonge à cet égard Pic de la Mirandole et Pomponazzi aura contribué à l’émergence de la philosophie naturelle. Il s’est penché en plus de l’astrologie sur la magie naturelle et les arts divinatoires (il codifie la métoposcopie), on dit qu’il pu prévoir sa mort au jour près (l’hypothèse du suicide est envisagée par certains commentateurs). Il disait également avoir un don de divination et posséder un génie familier. Il fut par ailleurs obligé par l’inquisition, de détruire nombre de ses traités. Lui-même estimait que son savoir et ses découvertes viennent de son splendor, capacité intuitive à comprendre les signes et les présages.

Œuvres choisies

  • La science du monde, ou la sagesse civile {Arcana politica, sive de prudentia civili liber}, 1544. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • De la sagesse {De sapientia}, 1544.
  • De la subtilité et subtiles inventions, ensemble les causes occultes, et raisons d’icelles {De subtilitate}, 1547. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France ou Lien vers l’œuvre
  • Commentaire sur l’astrologie judiciaire de Ptolémée {Commentariorum in Ptolemaeum de Astrorum judiciis libri}, 1552.
  • De la variété des choses {De rerum varietate}, 1557.
  • De la métoposcopie {De metoposcopia}, 1558. Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France

Citations

Efforce-toi de faire que ton livre remplisse un besoin et que cette utilité t’améliore. Ainsi seulement, il est achevé.
Il n’est pas difficile d’admettre que les lois doivent favoriser les malheureux et les pauvres, si nous voulons respecter la parole de Dieu, la justice et l’équité. En effet le but du prince excellent est que tous vivent dans les meilleures conditions possibles ; aussi est-il évident que les lois doivent soulager ceux qui souffrent, conforter les pauvres et certes pas les puissants, qui n’en ont assurément aucun besoin.
Quel est donc le devoir d’un seigneur ou d’un juge équitable et juste ? Il est de secourir les pauvres, de protéger et soutenir les affligés. Pour cette raison, celui qui observe les lois selon les instructions reçues n’est pas juste mais cruel.
Juste est celui qui ramène la loi à l’esprit du législateur, non celui qui la ramène à la lettre. L’intention du législateur tient compte non seulement du fait en soi, mais encore de la cause du fait, de la nature de celui qui commet une faute, tout autant que de la nature de ses acolytes. Juste est le juge toujours enclin à la sentence la plus clémente […] ; son inclination joue en faveur du coupable quand il prend en considération les injustices que ce dernier a subies, les vexations qu’il a essuyées de la part de celui qu’il a tué, ses interminables angoisses, le péril de sa vie, son jeune âge, son peu de maturité, les sollicitations des autres, son repentir pour le méfait, sa vertu […].
Réfléchis, homme inique, qui condamne un de tes semblables, aux graves fautes que tu as toi-même commises : quelle punition ne mériterais-tu pas si la rouerie ne couvrait pas tes actes et si ton pouvoir exorbitant ne te protégeait ? Qui se comporte avec cruauté envers des faibles ne peut être pardonné, parce qu’il s’est rendu sciemment coupable. Qui condamne les hommes au nom de la loi se comporte rarement avec honnêteté.
Encomium Neronis
Quand tu veux te laver, prépare d’abord la serviette pour t’essuyer.
Ma vie