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Constant Alphonse-Louis
Éliphas Lévi Zahed, Le rénovateur de l’occultisme

Données générales

PériodeLieu
GénéralXIXFrance
Naissance8 Février 1810 Paris, France
Décès31 Mai 1875 (65 ans)Paris, France
Cause
Inhumation
Bronchite

DomaineCourantOrdre
Occultisme
Ésotérisme
Qabale
Hermétisme
Alchimie
Théurgie
Néo-occultisme Rose du parfait silence 🎓
Fraternitas Rose-Croix d’Europe ? 🎓
Ordre Hermétique de la Rose-Croix Universelle 🎓

RelationsNom
Entourage
AmiAdolphe Desbarolles
Alphonse Esquiros
Edward Bulwer-Lytton
RencontreEugène Vintras
Honoré de Balzac
Jacques Migne
Jean-Marie Ragon
Josef Wronski
Victor Hugo
Influence
DiscipleFernand Rozier
Kenneth Mac Kenzie
Nicolas-Joseph Spédalieri
ParAntoine Fabre d’Olivet
Apollonius de Tyane
Emanuel Swedenborg
Josef Wronski
Christian Knorr von Rosenroth
Louis-Claude de Saint-Martin
Madame Guyon
Simon Ganneau
Théodore de Tschudy
SurSurréalisme
Aleister Crowley
Joséphin Péladan
Madame Blavatsky
Papus
Paschal Randolph
Stanislas de Guaita
Victor-Émile Michelet

Repères biographiques

► Fils d’un cordonnier du quartier Saint-Sulpice et rapidement orphelin, il sera envoyé grâce à sa paroisse à une école libre de l’île Saint-Louis où enfant rêveur et studieux, il recevra une éducation religieuse. Ayant vécu dans la pauvreté mais se révélant fort pieu, c’est à 20 ans qu’il rentre au petit puis grand séminaire, tenu par les sulspiciens. Là, il est orienté vers l’ésotérisme par l’abbé Colonna, féru de magnétisme animal. Il est ordonné diacre à 25 ans en 1835, mais abandonne avant son ordination.

↳ Il en effet est séduit par une certaine Adèle en qui il voit une réincarnation de la sainte Vierge et qui le quitte peu après : Dieu récompensa la sincérité de mon zèle en m’envoyant ce que les dévots sans charité appelleraient "une tentation" et que j’appelle, moi, "une initiation à la vie". Il quitte donc le séminaire en 1836 et connaît une vie erratique, révoltée et miséreuse, désespérée, sa mère se suicide. Il établi ensuite une liaison orageuse avec la vésuvienne Flora Tristan ce qui l’amène dans les milieux littéraires "de gauche" où il rencontre Balzac et Esquiros, se révèle assidu aux salons de Delphine de Girardin.

► Se croyant destiné à la vie monastique, il se rend à l’abbaye de Solesme en 1839. Cherchant la science universelle et analogique des signes, il y étudie le gnosticisme et les mystiques comme Guyon, les Pères et les ascètes comme Cassien. Il n’y reste qu’une année, se brouillant avec l’abbé Prosper Guéranger. Il parvient ensuite à se faire engager comme surveillant d’internat en rédige en cachette sa Bible de la Liberté qui lui vaut en 1841 une peine d’emprisonnement de onze mois. Il découvre dans la bibliothèque de la prison l’œuvre de Swedenborg. À sa sortie, il subsiste par le dessin, la peinture (il décorera l’église de Choisy-le-Roi) et la composition de chansons. L’écriture de La Mère de Dieu en 1844 lui fera perdre l’appui de son mécène d’alors, l’évêque d’Évreux.

► En 1845, il fréquente les bibliothèques où il découvre l’hermétisme et se tourne définitivement vers l’ésotérisme. Il adjoint à ses réflexions, une théurgie et une pratique magique dont il prend note dans son carnet (Ms Encausse 7 bs. Bibliothèque municipale de Lyon). Il entre en contact en outre, avec des idées alors dans en vogue, le fouriérisme et le saint-simonisme. Il fréquente également les clubs politiques républicains. En 1846, il a 36 ans et fréquente Noémie Cadiot qui a alors 18 ans, la relation se sait et il doit se marier avec elle. Mais la jeune fille est infidèle et le mariage est annulé par le clergé, faisant officiellement de Levi un défroqué. Ils se séparent en 1854.

↪ Engagé politiquement à gauche, utopiste conquis par les idées humanitaires, il est orateur républicain et participe à la presse d’opposition libérale. Il sera de nouveau emprisonné à plusieurs reprises à cause de ses écrits révolutionnaires (Doctrines religieuses et sociales et La Voix de la famine). De plus, il fonde une revue extrémiste, Le Tribun du peuple, un club politique, Le Club de la montagne et essaie en vain de se faire élire député. Il abandonne néanmoins cette orientation après avoir frôlé la mort aux barricades et suite à l’échec de la Révolution de Février 1848.

► Il rencontre Wronski en 1852 qui le canalise définitivement (ainsi que le messianisme polonais de Mickiewcz et Towianki), puis, il étudie les grands théosophes du XVII-XVIII comme Saint-Martin et Böhme. Il est encouragé par Jean-Marie Ragon et Desbarolles à publier son Dogme et rituel qu’il commence à rédiger dès 1852 et qui obtient le succès lors de sa publication en 1856.

↪ Il est par ailleurs initié en Angleterre au rosicrucisme par Bulwer-Lytton en 1854 avec qui il se livre à des évocations, obtenant l’apparition de deux entités : un certain Joannès et Apollonius de Tyane. De ces communications, il en délivrera une partie sous forme d’enseignements dans ses livres à venir, l’autre partie étant réservée à ses rares disciples, une petite dizaine.

► En 1854, Levi habite la rive gauche de la Seine, qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort. La publication de l’Histoire de la Magie lui apporte ensuite la notoriété et attire à lui confrères comme Delaage ou Rozier et admirateurs comme Spedalieri. Il fonde une éphémère Revue philosophique et religieuse et obtient de ses ouvrages des rentes. Il se produit dans les salons littéraires et donne des cours sur l’ésotérisme, pratique des expériences alchimiques, donne des consultations de Tarot et de chiromancie et pratique le magnétisme curatif. Il se fait par ailleurs initié à la maçonnerie en 1861, obtient le grade de maître mais quitte la loge six mois plus tard. Sa santé décline vers 1870, il faillit mourir de faim lors de la guerre franco-prussienne qui le coupa de ses disciples, et il meurt en 1875. Nombre de ses manuscrits ne furent jamais publiés.

Considéré comme le rénovateur de l’occultisme il agit en tout cas comme son élaborateur et son promoteur et tente de produire une large synthèse qu’il décrira avec une plume remarquable, souvent lyrique et parfois excessive, dans de nombreux ouvrages aujourd’hui classiques. Touche-à-tout, il connaît le latin, le grec et l’hébreu, quoique d’une façon souvent aussi hésitante que peuvent l’être ses compilations malhabiles. Visionnaire romantique et érudit, il est doté d’une habile pénétration symbolique et par son œuvre, Levi demeure un chaînon essentiel entre l’ésotérisme et le spiritisme. Déjà en son temps, il acquière une forte influence dans les milieux ésotériques et spiritualistes, faisant de lui le représentant de l’ésotérisme tant en France qu’aux États-Unis. Cette influence s’amplifiera suite à sa mort et atteindra son paroxysme à la Belle Époque.

◆ À cause de sa popularité, on a été tenté d’attribuer à Levi la forge du substantif "occultisme". L’adjectif occultus date du XII et l’expression science ou philosophie occulte est déjà employée au XVII. Les termes afférents ne sont pas inconnus peu avant Levi, en témoigne Des Sciences occultes (1829) d’Eusèbe de Salverte, qui pour les besoins de son essai, répertorie des articles de journaux parus sous l’Empire relatifs à divers expériences surnaturelles. Mentionnons aussi, plus directement et bien que ne soit pas équivalent du point de vu du sens, l’entrée "occultisme" (et les autres dérivés de "occulte") p.332 dans Dictionnaire de mots nouveaux (1842) de De Radonvilliers. Quoi qu’il en soit Levi, aura grandement contribué à la confusion de ce terme avec celui de "ésotérisme", interpénétration de sens que l’on verra se poursuivre jusqu’au XX avec Amadou, pour qui "occultisme" est synonyme de "ésotérisme".

↳ C’est un novateur dans beaucoup de domaines de la discipline, comme l’orientation bénéfique et maléfique du pentagramme. Certains de ses dessins comme le Pentagramme et le Baphomet parus dans son Dogme et rituel sont encore au XXI, fort célèbres.

Grillot de Givry in Anthologie de l’ésotérisme indique que Eliphas Lévi est le pseudonyme de l’abbé Alphonse Constant, d’abord prêtre de l’Eglise Romaine, puis philosophe hermétique lorsqu’il fut retiré des ordres. On lui doit un Dictionnaire de Littérature chrétienne, qui est de premier ordre, et de nombreux ouvrages de vulgarisation de l’Occultisme. Ces derniers, quelquefois un peu fantaisistes et trop rapidement écrits, contiennent par fois des doctrines originales et élevées ; en tout cas on lui doit incontestablement d’avoir attiré l’attention sur des auteurs et des ouvrages totalement méprisés avant lui, et d’avoir rénové les études des sciences occultes depuis longtemps abandonnées.

𝕍 Éliphas Lévi, Paul Chacornac, 1926.

𝕍 Éliphas Lévi, Alain Mercier, 1974.

Œuvres choisies

Citations

Faut-il parler plus clairement ? Plus vous serez doux et calme, plus votre colère aura de puissance plus vous serez énergique, plus votre douceur aura de prix plus vous serez habile, mieux vous profiterez de votre intelligence, et même de vos vertus ; plus vous serez indifférent, plus il vous sera facile de vous faire aimer. Ceci est d’expérience dans l’ordre moral et se réalise rigoureusement dans la sphère de l’action. Les passions humaines produisent fatalement, lorsqu’elles ne sont pas dirigées, les effets contraires à leur désir effréné. L’amour excessif produit l’antipathie ; la haine aveugle s’annule et se punit elle-même la vanité conduit à l’abaissement et aux plus cruelles humiliations. Le grand maître révélait donc un mystère de la science magique positive lorsqu’il a dit : Voulez-vous accumuler des charbons ardents sur la tête de celui qui vous a fait du mal, pardonnez-lui et faites-lui du bien. On dira peut-être qu’un semblable pardon est une hypocrisie et ressemble fort à une vengeance raffinée. Mais il faut se rappeler que le mage est souverain. Or un souverain ne se venge jamais, puisqu’il a le droit de punir. Lorsqu’il exerce ce droit il fait son devoir, et il est implacable comme la justice. Remarquons bien d’ailleurs, pour que personne ne se méprenne au sens de mes paroles, qu’il s’agit de châtier le mal par le bien et d’opposer la douceur à la violence. Si l’exercice de la vertu est une flagellation pour le vice, personne n’a droit de demander qu’on la lui épargne ou qu’on prenne pitié de ses hontes et de ses douleurs.
Mais, s’il est quelque chose au monde d’essentiellement libre et d’inviolable, c’est la croyance. Il faut, par la science et par la persuasion, détourner de l’absurde les imaginations dévoyées ; mais ce serait donner à leurs erreurs toute la dignité et toute la vérité du martyre que de les menacer ou de les contraindre. La foi n’est qu’une superstition et une folie si elle n’a la raison pour base, et l’on ne peut supposer ce qu’on ignore que par analogie avec ce qu’on sait. Définir ce qu’on ne sait pas, c’est une ignorance présomptueuse ; Affirmer positivement ce qu’on ignore, c’est mentir. Aussi la foi est-elle une aspiration et un désir. Ainsi soit-il, je désire qu’il en soit ainsi, tel est le dernier mot de toutes les professions de foi. La foi, l’espérance et la charité sont trois sœurs tellement inséparables, qu’on peut les prendre l’une pour l’autre. Ainsi, en religion, orthodoxie universelle et hiérarchique, restauration de temples dans toute leur splendeur, rétablissement de toutes les cérémonies dans leur pompe primitive, enseignement hiérarchique du symbole, mystères, miracles, légendes pour les enfants, lumière pour les hommes faits qui se garderont bien de scandaliser les petits dans la simplicité de leur croyance. Voilà en religion toute notre utopie, et c’est aussi le désir et le besoin de l’humanité.
L’emploi alterné des forces contraires, le chaud après le froid, la douceur après la sévérité, l’amour après la colère, etc., est le secret du mouvement perpétuel et de la prolongation de la puissance c’est ce que sentent instinctivement les coquettes, qui font passer leurs adorateurs de l’espérance à la crainte et de la joie à la tristesse. Agir toujours dans le même sens et de la même manière, c’est surcharger un seul plateau d’une balance, et il en résultera bientôt la destruction absolue de l’équilibre. La perpétuité des caresses engendre vite la satiété, le dégoût et l’antipathie, de même qu’une froideur on une sévérité constante éloigne à la longue et décourage l’affection. En alchimie un feu toujours le même et continuellement ardent calcine la matière première et fait parfois éclater le vase hermétique ; il faut substituer, à des intervalles réglés, à la chaleur du feu celle de la chaux ou du fumier minéral. C’est ainsi qu’il faut, en magie, tempérer les œuvres de colère ou de rigueur par des opérations de bienfaisance et d’amour, et que, si l’opérateur tient sa volonté toujours tendue de la même manière et dans le même sens, il en résultera pour lui une grande fatigue et bientôt une sorte d’impuissance morale.
L’homme qui regarde une femme avec un désir impur profane cette femme, adit le grand Maître. Ce qu’on veut avec persévérance, on le fait. Toute volonté réelle se confirme par des actes toute volonté confirmée par un acte est une action. Toute action est soumise à un jugement, et ce jugement est éternel. Ce sont là des dogmes et des principes. D’après ces principes et ces dogmes, le bien ou le mal que vous voulez, soit à vous-même, soit aux autres, dans l’étendue de votre vouloir et dans la sphère de votre action, arrivera infailliblement, soit aux autres, soit à vous ; si vous confirmez votre volonté et si vous arrêtez votre détermination par des actes. Les actes doivent être analogues à la volonté. La volonté de nuire ou de se faire aimer doit être confirmée, pour être efficace, par des actes de haine on d’amour. Tout ce qui porte l’empreinte d’une âme humaine appartient à cette âme tout ce que l’homme s’est approprié d’une manière quelconque devient son corps, dans l’acception la plus large du mot, et tout ce qu’on fait au corps d’un homme est ressenti, soit médiatement, soit immédiatement, par son âme.
Vous êtes besacier et vous voulez faire de l’or mettez-vous à l’œuvre et ne cessez plus. Je vous promets au nom de la science tous les trésors de Flamel et de Raymond Lulle. Que faut-il faire d’abord ? Il faut croire que vous pouvez, puis agir. Agir comment? Vous lever tous les jours à la même heure et de bonne heure; vous laver en toute saison avant le jour à une fontaine, ne porter jamais de vêtements sales, et pour cela les nettoyer vous-même s’il le faut ; vous exercer aux privations volontaires, pour mieux supporter les involontaires ; puis imposer silence à tout désir qui n’est pas celui de l’accomplissement du grand-œuvre. Quoi en me lavant tous les jours à une fontaine, je ferai de l’or ? Vous travaillerez pour en faire. C’est une moquerie. Non, c’est un arcane. Comment puis-je me servir d’un arcane que je ne saurais comprendre ? Croyez et faites ; vous comprendrez ensuite.
Exercer une grande puissance sans être parfaitement libre, c’est se vouer à une grande fatalité. C’est pour cela qu’un sorcier ne peut guère se repentir et qu’il est nécessairement damné. La puissance du mage et celle du sorcier sont la même en nature ; seulement le mage se tient à l’arbre lorsqu’il coupe la branche, et le sorcier est suspendu à la branche même qu’il veut couper. Disposer des forces exceptionnelles de la nature, c’est se mettre hors la loi. C’est par conséquent se soumettre au martyre si l’on est juste, et si on ne l’est pas, à un légitime supplice.
Le Grand arcane
Oh ! le grand sorcier que celui-là qui désarmait les graves sorbonistes en les forçant à rire, qui défonçait l’esprit à pleins tonneaux, lavait les pleurs du monde avec du vin, tirait des oracles des flancs arrondis de la dive bouteille ; sobre d’ailleurs lui-même et buveur d’eau, car celui-là seul trouve la vérité dans le vin qui la fait dire aux buveurs, et pour sa part ne s’enivre jamais. Aussi, avait-il pour devise cette sentence profonde qui est un des grands arcanes de la magie et du magnétisme : Noli ire, fac venire. Ne vas pas, fais qu’on vienne. Oh ! la belle et sage formule ! N’est-ce pas en deux mots toute la philosophie de Socrate, qui ne sut pas bien toutefois en accomplir le mirifique programme, car il ne fit pas venir Anitus à la raison et fut lui-même forcé d’aller à la mort. Rien en ce monde ne se fait avec l’empressement et la précipitation, et le grand œuvre des alchimistes n’est pas le secret d’aller chercher de l’or, mais bien d’en faire tout bellement et tout doucettement venir. Voyez le soleil, se tourmente-t-il et sort-il de son axe pour aller chercher, l’un après l’autre, nos deux hémisphères ? Non, il les attire par sa chaleur aimantée, il les rend amoureux de sa lumière, et tour à tour ils viennent se faire caresser par lui.
Le Sorcier de Meudon