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Raymond Lulle
L’arabe chrétien, Docteur illuminé, Docteur ermite, Procureur des Infidèles, Barbefleurie, Phantasticus

Données générales

PériodeLieu
GénéralXIII XIVEspagne
Naissance1232Majorque, Espagne
Décès29 Juin 1315 (83 ans)? Mer méditerranée, Espagne
Bougie, Kabylie (ajd. Algérie)
Cause
Inhumation
Noyade ou lapidation

DomaineCourantOrdre
Théologie
Philosophie
Alchimie
Littérature
Mysticisme
CatholicismeBéatification
Tiers-Ordre franciscain 🎓

RelationsNom
Entourage
Rencontre Arnaud de Villeneuve
Influence
Maître? Arnaud de Villeneuve
ParAl-Fârâbî
Augustin d’Hippone
Avicenne
Bonaventure de Bagnoregio
Roger Bacon
CritiqueAverroès
SurAgrippa de Nettesheim
George Ripley
Giordano Bruno
Gottfried Leibniz
Nicolas de Cues
Nostradamus
Pic de la Mirandole
Pierre Gassendi

Repères biographiques

► Né d’une famille noble catalane, la première partie de sa vie fut dédiée à la cour du roi de Majorque, Jacques I de Catalogne. Il fut sénéchal et précepteur de l’héritier au trône, baignant dans la chevalerie et cherchant la compagnie des troubadours. Après une vie sociale et mondaine assez dissolue, Lulle se convertit franciscain vers 30 ans, à la suite de plusieurs visions mystiques où il entre en contact avec le divin. Il vendit ses biens et en fit don à sa femme — Blanca Picany, avec qui il s’était marié en 1256 — et à ses deux fils. À partir de 1262 il théorise sur l’évangélisation, estimant qu’il faut d’un coté l’imposer par la force et de l’autre, par la proposition. Il étudie la théologie et obtient le grade de maître es art à la Sorbonne.

► D’un coté, Lulle apprit donc divers langues orientales dont l’arabe et l’hébreu et ce, de façon presque autodidacte, afin de convertir par le dialogue et non les armes, les musulmans et les juifs. Il tient particulièrement à évangéliser les premiers, en les convainquant de la validité de le dogme de la trinité. À son époque les arabes paraissent en effet être une menace socio-religieuse pour le Royaume de Majorque et également une menace intellectuelle pour l’occident, au travers de l’essor donné à Paris à l’averroïsme latin. Il se rendra d’ailleurs à la Sorbonne en qualité de magister à partir de 1286, et aura l’opportunité de disputer avec les averroïstes. À l’aide du Roi, il fonda un couvent franciscain à Miramar en 1276 où il enseigna l’arabe et la philosophie pendant dix ans dans le but de former des missionnaires.

► D’un autre coté, Lulle voyagea en Europe, rencontrant les papes, rois et les princes, faisant des conférences. Il essaya de lancer de nouvelles croisades, des écoles de langues orientales sur le modèle de celle de Miramar, des missions évangéliques, et de réformer l’Église (Notamment au travers le projet Rex Bellator ayant pour but d’unifier les ordres militaires). Ses efforts de ce point de vu, furent vain pour la plus grande partie car même s’il su retenir l’attention, les dirigeants ne purent lui accorder tout le soutient qu’il aurait souhaité.

► Dans un but prosélyte, il voyage également à Tunis (1292), Bougie et Alger (1309) puis de nouveau Tunis (1314), bataillant avec les théologiens musulmans. Lapidé par les habitants de Bougie ou de Tunis lors de son dernier voyage il fut recueillit par un vaisseau génois qui le conduisit à Majorque, son lieu de naissance, où il mourut peu après.

◆ Écrivain prolifique, fort d’une œuvre de quelque 250 ouvrages (beaucoup sont restés manuscrits), Lulle a pratiqué de nombreux styles de vie, des styles littéraires variés, tout aussi variés que les domaines de connaissance qu’il a abordé (théologie et philosophie, littérature et poésie, pédagogie et mystique). Cette notoriété a donné lieu à bon nombre d’apocryphes (Lenglet Du Fresnoy indique en 464 : Lulle avoit fait plus de cinq cens volumes sur la science hermétique. […] Il suffit qu’un grand auteur ait réussit sur un sujet pour le voir chargé de productions […] je ne conseillerois […] que ceux qui sont dans le Manget). Sa pensée, postulant le caractère unitaire de la sagesse chrétienne, essaie de concilier raison et foi, entendement et amour, théologie et philosophie, logique et métaphysique. De plus, il traite les sujets savants en catalan et non en latin comme c’était d’usage à l’époque. Le catalan va ainsi pouvoir acquérir plus prestement que d’autres langues profanes la capacité lexicale et syntactique d’exprimer des raisonnements scientifiques.

Sa mystique, méthodique, progressive et cataphatique est l’un des sommets du franciscanisme. Elle atteint son sommet avec le final de son Blanquerne : le Livre de l’Ami et de l’Aimé. Ce dernier est inspiré du Cantique des Cantiques et de la poésie soufie. Dans cet ouvrage, après des phases purificatoires, l’Homme s’unit à Dieu tout en restant distinct de lui. Cet ouvrage aura à l’époque un grand succès. Son Livre de la contemplation de Dieu livre quant à lui, un itinéraire indiquant comment orienter les puissances de l’âme et les sens spirituels en vue de l’union avec Dieu. Ainsi à la volonté, l’entendement et la mémoire, s’ajoutent la ferveur, la conscience, la subtilité, la pensée réfléchie et la perception. Ces sens sont infusés par la science spirituelle que Dieu envoie par l’intermédiaire de la foi qui elle, se développe grâce aux ascèses et oraisons. La mystique de Lulle prend appui sur les attributs et dignités divines dont l’incarnation représente le centre. Pour lui, les perfections divines, présentes dans la nature, se manifestent dans les créatures et aident l’Homme de bonne volonté à se connaître et à rejoindre Dieu comme autant d’échelons dans son cheminement.

↳ Lulle ne rejette ni la science ni la raison et pensait pouvoir s’élever plus rapidement à Dieu avec le concours de l’intelligence, la logique et Dieu sont chez lui en dialectique et participent d’un tout organique. Il estime qu’il est possible de rendre accessible à tous les mystères de la foi. Il inventa ce qu’il nomma le grand art, système logico-ontologique dont le procédé consiste à combiner de façon structurel des noms et des formes géométriques exprimant des concepts ayant traits au rapport entre les trois plans de l’Homme, de Dieu et de la Nature. Il se fondait sur un rationalisme mystique et abolissait la distinction entre naturel et surnaturel. Outre les applications médicales de son système qu’il dégage dans son Tractatus de astronomia (1297), son objet était d’abord de permettre l’atteinte de la vérité par la raison et non par la simple foi ou la dogmatique en mettant en relief les fondements rationnels et universels de la foi. Il s’adosse à cette fin et en ayant recours à l’analogie universelle, sur des théories communes aux religions abrahamiques. Il s’agit de celles relatives aux éléments et à l’astral d’une part, et d’autre part les dignitates dei, c’est-à-dire ses noms-attributs, qu’il étudie avec les causes premières tout en les liant aux lettres de l’alphabet.

↳ Ce système, teinté de néoplatonisme médiéval c’est-à-dire érigénien et bien que comportant d’importantes distinctions, se rapproche ainsi de la qabale qui se développe alors en Espagne, en parallèle de l’activité lullienne. Ce rapprochement permet à l’œuvre de Lulle d’inspirer les qabalistes chrétiens de la renaissance. En outre, il influencera l’ésotérisme en général, qu’il intéresse d’abord par son universalisme, la multiplicité des approches qu’il ménage et son concordisme religieux, ensuite par sa volonté d’élaborer, en faisant coïcider les opposés, une structure absolue de la création, enfin par l’importance qu’il accorde à la connaissance et à l’analogie, qu’il utilise afin de ramifier le savoir dans un arbre des sciences, tout unique.

◆ La légende, datant vraisemblablement 1370, l’estime alchimiste de renom, il tenta d’obtenir la pierre par la voie humide et la distillation. Comme le mentionne Roch Le Baillif dans son introduction du Demosterion où il annonce une litanie d’auteurs alchimiques, on dit que Lulle réussit et transforma des tonnes de cuivre en or pour le compte du Roi d’Angleterre, les pièces tirées de ce trésor hypothétique sont nommées "raymondines". Quoi qu’il en soit, le corpus alchimique pseudo-lullien est fort d’une centaine d’ouvrage et débute avec le Testament puis le Livre des secrets de la nature (empruntant largement à Roquetaillade mais tributaires aussi de Villeneuve et Bacon). Dans ces derniers l’ars magna de Lulle et ses moyens mnémotechniques se combinent aux pratiques alchimiques. En chimie, on attribue à Lulle la découverte du bicarbonate de potassium et de l’acétone.

■ Lulle manifestant son ardeur affective et sa contemplation active dans la propagation de la foi, ses discours étaient fort exaltés. Sa vie aventureuse à laissée derrière lui un sillage d’anecdotes et de légendes. En conséquence, les jugements à son endroit sont contradictoires et même fantaisistes : on l’a considéré tantôt comme un saint illuminé et tantôt comme un fou. Il fut présent aux trois sessions du Concile de Vienne dont l’objet était l’avenir de l’Ordre du Temple. On ne connaît pas ses positions à ce sujet mais en tant que franciscain, il aura probablement été modéré. Au concile, il obtient que soit crée des chaires de langues orientales dans les grandes universités européennes. Il sera béatifié en 1847 par Pie IX.

Grillot de Givry in Anthologie de l’ésotérisme écrit : Le personnage le plus extraordinaire du Moyen-Age fut, sans contredit, Raymond Lulle, surnommé le Docteur Illuminé, qui, par ses voyages, ses aventures, l’étendue de ses connaissances, et encore plus par la singularité de la méthode qu’il proposa pour l’étude des sciences, sut acquérir une renommée universelle. Ce théologien, qui fut une sorte de moine libre, tantôt errant, tantôt vivant en ermite, enseigna à Paris et à Montpellier, alla plusieurs fois en Terre-Sainte, en Egypte et en Barbarie ; il apprit la langue arabe et entreprit d’amener les Musulmans à la foi chrétienne. Ses nombreux ouvrages, réunis en dix volumes in-folio, sont tous inspirés d’une méthode qu’il appela Ars Magna, et qui tient à la fois de l’algèbre, de la mnémotechnie et de la logique aristotélicienne. Il remplaça les dix catégories d’Aristote par d’autres catégories d’un ordre plus élevé ; et il entreprit la tâche démesurée de classifier toutes les connaissances humaines et de les placer chacune dans une sorte de casier désigné par une lettre. Il se flattait de pouvoir raisonner ainsi sur des choses inconnues, de la même manière que les algébristes donnent le résultat généralisé d’un problème sans en connaître les données numériques. L’aspect fantastique des pages de l’Ars Magna, toutes constellées de signes mystérieux, fit donner à la philosophie de Raymond Lulle le nom de Kabbale, bien qu’il ne se soit jamais occupé de cette science ; on a même publié de lui un petit traité intitulé de Auditu Kabbalistico, dont le titre a trompé bien des chercheurs de mystère, et qui, en réalité, ne traite que de la classification des notions humaines, suivant la méthode des catégories. L’art lulliste passa, pendant plusieurs siècles, pour diabolique, d’autant mieux que Raymond Lulle ne manqua pas, par ailleurs, de s’adonner à l’étude de l’alchimie et de l’astrologie. Les procédés compliqués de sa métaphysique […] (sont) totalement inconnus aujourd’hui, bien que le souvenir de sa personnalité soit demeuré prestigieux […] il considère (le chaos) comme une sorte de composé parfait, l’agent essentiel, selon lui, de la génération des êtres.

🕮 Bosc, ref. "Raymond Lulle" (p. 65) : Ce fécond auteur a beaucoup écrit, mais pas les cinq cents volumes qu’on lui a attribué sur la science hermétique. Seulement ces attributions donnent un gros travail aux bibliographes et créent une confusion très difficile à éclaircir. […] nous signalerons à nos lecteurs parmi les nombreuses biographies écrites sur Lulle, les deux suivantes peu connues : celle de Perroquet 1 vol, in-8° Vendôme 1667 et celle du P. Jean Marie de Vernon, du Tiers-ordre de saint François, 1 vol. in-12n Paris, 1668. Guillaume Colletet, les Bollandistes, etc., ont également écrit sur la vie de Raymond Lulle. (Bosc livre ensuite une bibliographie de Lulle et du pseudo-Lulle de 139 entrées)

🕮 Jouin, ref.42 (Pour Opuscules sur Alchimie) :

Raymond Lulle (1235-1315), après une jeunesse assez dissipée, se convertit vers l’âge de trente ans et fit à Palma, lieu de sa naissance, pendant neuf années, des études approfondies, particulièrement sur la langue et la littérature arabes, dans le but de convertir les Mahométans. La science cabalistique, les subtilités des philosophes arabes, l’emploi exagéré des distinctions scholastiques et son désir de convaincre les infidèles par le raisonnement lui firent concevoir d’abord son système Théologique et philosophique développé dans son Grand Art, puis son ouvrage sur les sciences naturelles et l’alchimie, et enfin ses livres ou dissertations mystiques qui lui valurent le titre de "docteur illuminé". Toutes les sources bibliographiques sur Raymond Lulle se trouvent dans Ulysse Chevalier, Bio-Bibliogr., II, col. 3891, et sa vie est détaillée clans les Bollandistes, avec le catalogue d’une grande partie de ses œuvres, Acta Sanctorum, Jun., VII, 581-676, Paris, Palma, 1867.

Son système, fort compliqué d’ailleurs, expliquait par la raison toutes les vérités de la foi, même le mystère de la Sainte Trinité. De ce fait, Raymond Lulle fut souvent attaqué, traité de fou par les uns et d’hérétique par les autres. Les Sarrasins ne se convertirent guère, et à son dernier voyage, il mourut des coups do pierre et des mauvais traitements qu’ils lui firent subir. On l’honore comme martyr à Palma. Ses défenseurs prétendent, non sans raison, que ses ouvrages furent interpolés, et même que les livres d’alchimie, qui le firent accuser de sorcellerie, lui sont faussement attribués.
Quoi qu’il en soit, les occultistes le réclament pour l’un des leurs, comme Albert le Grand. Lenglet du Fresnoy, Hist. de la Phil. hermét., III, 380, revendique plus de 150 ouvrages hermétiques de Raymond Lulle. Il est difficile de savoir ceux que veut désigner Peeters sous le titre trop vague : De Alchimia opuscula.

On trouve dans Lenglet du Fresnoy, p. 212, un Liber de Alchimia et quidem Apertorium, in-8°, Noremberg, 1546 ; et, p.214, une Clavicula et Apertorium, in qur omnia, quæ in opere Alchimiæ requiruntur, venuste declarantur (in Theatro Chimico). Lenglet ajoute : « Raymond Lulle assure lui-même que ce traité est nécessaire pour bien entendre ce qu’il écrit sur la philosophie hermétique ; cependant, quand on l’a lu, on n’en sait pas beaucoup plus qu’auparavant. Encore à Nuremberg, en 1546, une Magia naturalisa in-8° (p. 212). Enfin (p. 223), le titre suivant qui doit correspondre, sauf la date, à celui de Peeters : Raymundi Lullii, Opuscula Chimica, id est Apertorium. — Magia naturalis. — De Secretis Naturae seu de Quinta Essentia. — Tertia distinctio de transmutatione Metallorum, in-4°, Norimbergæ, 1546 ; ce qui concorde avec les Bollandistes (L.c, p. 649), dans lesquels nous lisons : « Liber dictus Apertorium. Incipit : Sapientes asserunt. Hic cum Magia, et De secretis naturæ ; de quibus statim editus fuit Norimbergæ, MDCLVI, in-4°, per Joannem Petreium. ».

D’ailleurs Lenglet Du Fresnoy ajoute à ce catalogue: « Je n’ai pas lu tous les ouvrages de Raymond Lulle ; j’en serais bien fâché ; ainsi je ne puis pas désigner ceux qui me paraissent supposés. Ce sera l’affaire de ceux qui auront besoin de les savoir. J’ai tiré une partie de cette liste de la Bibliothèque de Pierre Borel, mais je l’ai rectifiée sur la Bibliothèque d’Espagne de Nicolas Antonio et sur celle des Bollandistes. Ainsi, après ce détail, on ne doit pas être surpris d’apprendre que Raymond Lulle avait fait plus de cinq cents volumes sur la Science hermétique. Je ne doute pas néanmoins que dans le nombre qui lui est attribué, il n’y en ait quelques-uns de supposés, cela ne saurait être autrement. Il suffit qu’un grand auteur ait réussi, sur un sujet, pour se voir chargé de productions, auxquelles souvent il n’a pas pensé. Mais si j’en étais cru, je ne conseillerais dans la lecture de Raymond Lulle, que ceux qui sont dans le Manget. » Cf. G. Naudé, Apologie pour les grands hommes soupçonnés de magie p. 265 ; Morin, Dict. de Phil. et de theol. scholastiques, art. Raymond Lulle ; Migne, t. II, col. 693-700.

𝕍 QuisEstLullus Lien vers le site, site fort complet dédié à Raymond Lulle et géré par l’Université de Barcelone.

Œuvres choisies

  • Livre de la contemplation de Dieu {Llibre de contemplació en Déu}, 1272.
  • Le Grand art : découverte concise de la vérité {Ars magna : compendiosa inventendi veritam}, 1272.
  • Livre du Gentil et des trois sages, 1274. Lien vers le catalogue Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Blanquerne (contenant son fameux Livre de l’ami et de l’aimé), 1282 1286. [Roman] Lien vers le catalogue Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • L’Art Bref {Ars brevis}, 1308. Lien vers le catalogue Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • Les Douze Principes de la philosophie {Duodecim principia philosophiae}, 1310.
  • La Vie contemporaine {Vita coetanea}, 1311. [Autobiographie]

  • attr. Le Livre des secrets de la nature {Liber de secretis naturae seu de quinta essentia}, 1498.
  • attr. Images de vie, 1506.
  • attr. De l’Audition kabbalistique (Pietro Mainardi), 1518.
  • attr. Testament de l’art chimique universel, ecr. ? 1332, publ. 1566.
  • attr. La Clavicule in Le Chemin du chemin. La Clavicule, 1579. Lien vers le catalogue Lien vers l’œuvre sur la Bibliothèque Nationale de France
  • attr. Cabale Chimique, (? Franz Krell) 1658.

Citations

Vous voyez, Seigneur, que je ne puis vaincre la chair ni m’efforcer à la vertu; c’est pour cela que je prie que vous m’aidiez, afin d’obtenir victoire sur moi-même et de pouvoir ainsi faire pénitence des grands péchés que j’ai commis contre vous. Mais le secours que j’appelle est que vous me regardiez avec des yeux de pitié, faisant que je vous aime plus que tout…
Le Livre de la contemplation de Dieu
La volonté de l’Ami voulut monter bien haut pour pouvoir aimer beaucoup son Aimé et elle ordonna à l’entendement de monter de tout son pouvoir ; l’entendement donna ce même ordre à la mémoire, et tous trois montèrent contempler l’Aimé en ses vertus… Ami, où as-tu trouvé ton Aimé ? Page, j’ai trouvé mon aimé dans ma mémoire, mon entendement et mon amour.
Le Livre de l’ami et de l’aimé
L’amour illumina le nuage qui était entre l’Ami et l’Aimé et le fit aussi lumineux et resplendissant que la lune dans la nuit, l’étoile dans le matin, le soleil dans le jour et l’entendement dans la volonté. Et par ce nuage si lumineux l’Ami et l’Aimé se parlaient.
Le Livre de l’ami et de l’aimé
Plus étroites sont les voies qui conduisent l’Ami vers son Aimé, plus larges sont ses amours. Et plus ses amours sont étroites, plus les voies deviennent larges. Aussi, de toutes manières, l’Ami a pour son Aimé, des amours et des travaux et des langueurs et des plaisirs et des consolations.
Le Livre de l’ami et de l’aimé
Les sages virent les arbres au plaisant aspect, virent la dame aux traits agréables, allèrent à la fontaine et dévotement saluèrent la dame. Gracieusement, la dame les salua à son tour. Les sages lui demandèrent quel était son nom, et elle leur dit qu’elle était l’intelligence.
Le Livre du Gentil et des trois sages