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Arbres de vie

Données générales

Date de stabilisationLieu de la stabilisationLieu d’utilisation principalÉquivalents approximatifsÉléments d’ensemble
NéolithiqueUniverselUniversel Centre du monde
Totalité cosmique
Nourriture d'immortalité
= Être Humain
Arbre
Cosmographie
Entités

Descriptions

Significations

► Trouvant ses principales expressions dans l’arbre de vie et l’arbre-monde, essence et forme du symbole, l’arbre est un mythème fondamental de l’humanité que l’on retrouve dans de nombreuses cultures sans distinction de temps et d’espace. Partout présent, son apparence imposante et majestueuse ainsi que sa longévité confinant à l’immortalité, permet à l’arbre, croix plantée au sommet du Golgotha, de figurer le sacré et la divinité, de marquer un lieu en faisant office de centre. Il est un 神籬 (himorogi) {espace sacré} auprès duquel l’Homme régénère et obtient la connaissance en mangeant sa sève et ses fruits, nourriture d’immortalité.

↳ Aussi l’arbre est mystiquement le chêne creux de la fontaine de jouvence et alchimiquement l’athanor permettant la gestation.

↳ Il est cycle cosmique qui fait descendre par la connaissance divisante, remonter par la vie unificatrice : palmette flanquée des deux esses lyriques adossées en gardien, affrontés en caducée, il est union entre ce qui est deux et un, discontinu et continu. Ainsi que l’a poétisé Ibn Arabi : Je suis l’arbre universel de la totalité et de l’identité. Mes racines sont profondes et mes branches élevées. La main de l’Un m’a planté dans le jardin de l’éternité, aussi suis-je protégé des vicissitudes du Temps. Je suis esprit et corps. Mon fruit est cueilli sans qu’aucune main ne me touche. Et ces fruits portent plus de sciences et de connaissances que n’en peuvent porter les intellects sans faiblesse et l’intime des centres subtils. […] (𝕍 Le livre de l’arbre et des quatre oiseaux, Ibn Arabi in Annales Islamologiques (N°17, pp. 53-111), Denis Gril, 1981).

Cosmos déployé

Expression de la cosmographie métaphysique, il permet par les nombreuses analogies qu’il propose eu égard à son apparence et à sa connexion avec la nature, de figurer la notion d’axe d’une façon plus complexe que ne le suppose une simple droite comme peuvent en témoigner ses fertiles adaptations folkloriques que l’on peut lire dans les contes européens de Jack et le Haricot magique, Raiponce ou L’arbre qui touche le ciel.

↳ L’arbre est ainsi fondamentalement une représentation du cosmos vivant : d’abord par son déploiement et sa faculté à s’élancer dans les hauteurs, ensuite par son cycle de vie, se dépouillant de ses atours pour les régénérer, et enfin, par sa stupéfiante maturation à partir d’une simple graine. Il est en somme, la combinaison d’un cercle et d’un triangle projeté dans le temps et l’espace, tentant de percer la voûte céleste de sa cime alors qu’il est puissamment ancré dans la rotation universelle (Ô Vanaspati [ici, Agni], les saints ministres du sacrifice répandent sur toi leur miel divin. Deviens ici même notre bienfaiteur, soit que tu lèves ta tête superbe, soit que tu reposes au sein de ta mère in Rig Véda III, 1, II.1).

Vitalité sacrée

↪ Comme tel il est un symbole de vie, de fertilité suprême, inaltérable, capable de repousser la dégénérescence et la stérilité ; en conséquence l’arbre est un efficace en soi :

Talisman en Iran, les femmes se tatouaient sa figuration du sexe aux seins.

↳ Conjurateur, dans les cultures méditerranéennes et indiennes on attachait des mouchoirs rouges auprès des arbres jouxtant les sources, les transformant en arbres votifs.

Amulette encore, car dans plusieurs sociétés traditionnelles on en plantait un à la naissance d’un enfant,

↳ Et on se mariait symboliquement à eux chez les Sioux ainsi qu’en Inde du sud et en Afrique du sud,

↳ Alors qu’on recherchait simplement leur bénédiction lorsque en Europe on usait d’arbres à mariage comme le Tilleul aux épousailles de Lucheux.

↪ L’arbre est finalement un adjuvant magique et fait office de soutien : lors de son initiation le chaman sibérien escalade le bouleau, se lie à la force vitale d’un arbre en la partageant avec lui.

Magique il est aussi sacré : ritualisé comme lors du rite du sapin de Noël ou de l’arbre de mai, bien des personnages emblématiques obtiennent l’accomplissement au pied d’un arbre : Bouddha sous la bodhi, saint Augustin entends son Tolle, lege au pied d’un figuier et Lancelot à une vision à celui d’un peuplier, tous sont dans ce milieu d’où s’élève un axe vertical qui porte prières et pensées, transperce, cueille et reçoit rêve et réalité.

Plus métaphysiquement encore, touchant l’univers et alors arbre de mort, Thot comme Azraël, attendent que tombent les feuilles du sycomore inscrites des noms de chaque Humain pour extirper leurs âmes des corps mourants.

Constitution

Macrocosme

► Si son mouvement est analogue à celui du cosmos, la forme qu’il prend une fois déployé est pareillement associée à l’universel : par ses branches et ses racines unissant monde visible et invisible, l’un et le multiple, il ramifie ses routes, détermine ses régions ainsi que leurs habitants. Ces trois plans, racines, tronc et branches, permettent de figurer les trois mondes, souterrain, terrestre et céleste comme l’indique la célèbre inscription du XII de Phimeanakas (Angkor Thom) qui attribue respectivement chaque partie de l’arbre de la Bodhi à Brahma, Ishvara et Vishnu.

► En l’arbre, se combine également les éléments : la terre dans ses racines, l’air dans ses feuilles, l’eau dans sa sève et le feu dans son écorce, mais aussi la lumière dans sa verticalité, l’ombre dans son feuillage.

► Si quatre fleuves se séparent de l’Arbre de vie, du centre de l’Eden, dans la Genèse, c’est pour mettre en exergue sa place quintessentielle parmi les éléments, cette place il la possède encore chez Jean lorsqu’il se voit producteur de douze fruits, douze soleils permettant de racheter les nations et autant d’hypostases du courant de vie central que représente l’arbre.

► Chez les Sumériens, le kishkanu noir, l’arbre primordial, soutenait les étages du ciel et il était entouré de la mer primordiale qui baignait totalement la Terre. Cette mer originelle, l’arbre y a accès comme Babylone est construite sur la bâb-apsu et le rocher du temple de Jérusalem plonge dans la bouche de tehôm et en conséquence, sa sève est eau capturée par la terre, transmutée par le feu et résolu en fruits par l’air, ces derniers sont alors quintessenciés comme peut l’être pour l’Homme, la tête.

Microcosme

↪ De même, comme l’illustrent nombre de légendes indo-européennes qui estiment que l’Homme descend de l’arbre, sa forme rappelle un être humanoïde : ses jambes sont ses racines, ses bras sont les branches, un tronc central les relie comme la colonne vertébrale est une route faisant le lien entre toutes les parties du corps et du cosmos.

↪ Fatalement, Homme primordial, sa fonction est de même semblable à celle de l’Homme :

↳ L’arbre par l’extension de ses branches et la solidité de ses racines semble maintenir le ciel et de fait, la création entière. De plus, puisant ses forces dans le sol et l’eau, il grandit par la transmutation des forces infernales en forces célestes. Ensuite, microcosme dans le macrocosme, il est un tout enchâssé dans un tout plus grand, la Nature elle-même, Moi-même à moi-même offert dit le Hávamál.

↳ Tout inversement, une fois retourné, il devient celui qui, force d’émanation, dispense les forces du ciel dans lequel il était graine et plonge maintenant ses racines. Cette représentation figure l’infinie division de la forme qui apporta la gnose à Odin.

↳ Enfin, ses entrelas, ses branches garnies de feuilles, les nombreuses espèces qu’il habite et ses passages noueux le rendent riche et complexe, indépendant et dépendant, parfois contradictoire mais toujours dans une même unité, comme le figure l’arbre du bien et du mal du Livre Fleuri de Gand 🗎⮵.

↪ Ces caractéristiques font de lui, à l’instar de l’Homme, un intermédiaire, un transmutateur, un chaos unifié qui dispute aux enflammements de l’émotion la rigidité de la pensée, à la régénération cyclique, la transcendante linéarité, à la source de vie centrifuge, la connaissance centripète.

Chemins

↪ Néanmoins Ask et Embla, dépourvu de tête unique et centrée, plus proche de la nature et de l’hermaphrodite primordial, l’arbre est à la fois le modèle de ce qui fut accomplit, la source et la quintessence de la sagesse naturelle, et le piédestal d’un nouveau point de départ à partir duquel l’Homme, mûrissement de la graine produite par Dendron, peut conquérir de nouvelles limites.

↳ L’arbre est ainsi détenteur de sagesse, il est l’ancêtre, le porteur du lignage, comme peut l’être pour le Christ, l’arbre de Jessé qui trouve son aboutissement dans Marie portant l’enfant Jésus. On tient la croix de la passion pour être faite du bois de l’arbre de connaissance et en conséquence on représente fréquemment la croix comme étant feuillue, fourchée en Y.

↪ Les considérations précédentes permettent de voir l’ambivalence de l’arbre comme symbole de mort et de vie, Peridexion de puissance, de transformation et de salut, comme facteur montrant la voie plus que l’accomplissant, comme indiquant la divinité tout en protégeant. Se faisant parfois vecteur de ses messages comme ont pu le faire les chênes oraculaires de Dodone, il est aussi guérisseur lorsqu’il absorbe les effluves des morts dans les cimetières ou fixe rituéliquement les maladies (On le dit alors arbre à clous ou à loques).

↪ L’arbre est un chemin fournissant dons, figurant paroles divines, offrant vie, savoir et pouvoir, équilibrant ses énergies dans une harmonie intégrant l’apocatastase et maintenant l’ordre universel en absorbant le mal pour un bien supérieur, faisant de lui le miroir de l’Homme : un symbole dans toute son acceptation.

Représentants

Exemples

Exemples d’arbres sacrés (1)
Afrique australe Aztèque Bouddhisme Christianisme Germains Gaule Grèce Incas Islam Judaïsme Mésopotamie
Naturels Baobab Figuier des pagodes Acacia
Cèdre
Pin Cyprès
Olivier
Pommier Palo santo Palmier
Symboliques Yaxche Arbre de la Bodhi Arbre de vie Chêne de Thor
Irminsul
Hakikat Arbre séphirothique Kishkanu

Exemples d’arbres sacrés (2)
Hindouisme Lituanienne Magyar Maya Scandinavie Shintoïsme Sibérie Tengrisme Wuisme Zoroastrisme
Naturels Figuier des banians Ceiba Tilleul
Frêne
Bouleau
Mélèze
Symboliques Açvattha Jieveras Világfa Yggdrasil Himorogi Ak Ana Jian-Mu Gaokerena

Yggdrasil

► L’Yggdrasil {Destrier d’Odin/Odin marcheur}, l’éternellement vert, confondu avec le Mímameiðr et peut-être personnification de Heimdall, est avec l’arbre de vie kabbalistique, le plus célèbre Arbre-monde et demeure relativement complet d’un point de vu symbolique et iconographique, ce malgré le peu de sources dont on dispose.

↳ Elles se trouvent dans des poèmes mythologiques de l’Edda poétique et de l’Edda en prose, en particulier dans le Grímnismál {Dit de Grimnir} et le Gylfaginning {La tromperie de Gylfi}. Ce gargantuesque frêne cosmique, qui plonge ses racines dans trois sources (esprit, matière et chaos), est composé de neuf royaumes, surface d’existence qu’il relie via les parties de son corps et abrite en outre plusieurs créatures qui s’agitent en lui.

↳ Les orientations respectives des royaumes les uns par rapport aux autres varient selon les sources et ils ne sont du reste pas énumérés tous ensembles, néanmoins puisqu’ils sont essentiellement faits d’oppositions, on peut en déduire des paires. Certaines relations cosmographiques sont également floues et varient quelque peu selon les sources.

↳ Lorsque galdraföðr se pendit à l’une de ses branches, synthétisant en une fois sa perception de la constitution de l’arbre, il pu acquérir la connaissance des runes, leur nombre, forme et signification et ainsi leur utilité.

Cosmographie

Plans supérieurs :

Asaheim (Ásgard), royaume des ases, des valkyries et des einherjar. Idavoll est son cœur où les ases tiennent leur thing. C’est aussi ici que trône le Valhalla avec à son sommet la chèvre Heidrun et le cerf Eiktyjner qui vivent en symbiose avec l’arbre : ils mangent des feuilles mais fournissent respectivement lait aux einherjar et eau à Hvergelmir. Une des racines d’Yggdrasil plonge dans le puits d’Urd, qui est gardé par les trois Nornes, Urd, Verdandi et Skuld et qui blanchit tout ce qui entre en contact avec son eau, au sein de laquelle on trouve par ailleurs deux cygnes. Les trois sœurs enduisent l’arbre de glaise blanche pour l’entretenir.

Vanaheim, est le monde des vanes. Peu d’informations sont apportées à son sujet et il est malaisé de le différencier d’Asaheim.

Álfheim (Ljösalfheim), est le monde des ljósálfar et le territoire de Freyr.

↪ Au sommet de l’arbre est perché un aigle, omniscient, capable de fixer la lune et le soleil qui gravitent autour de l’arbre. Sur son propre bec est à son tour perché le faucon Veðrfölnir.

Plans intermédiaires :

Mannheim (Midgard), est le monde des Hommes et est disposé au centre l’arbre. Ceint par Jörmungand qui se mord la queue, il est néanmoins relié à Asgard par le Bifrost où Heimdall monte la garde depuis son Himinbjorg.

Jötunheim, est le monde où les ases repoussèrent les jötnar, là où était le ginnungagap. Ils y sont dirigés par Thrymr et vivent la forteresse d’Utgard. L’Yggdrasil un plonge une de ses racines dans la Mimirsbrunn où Odin sacrifia un œil pour obtenir la sagesse.

Svartalfheim, est le monde des dökkalfar, on le confond parfois avec Nidavellir, royaume des nains dirigé par le sorcier Hreidmar puisqu’il est également situé près de Nilfheim.

↪ À ce niveau intermédiaire, on peut également voir les quatre daims Dain, Dvalin, Duneyr et Durathror qui parcourent les branches et se nourrissent des bourgeons, de leurs ramures tombe la hunangthan {rosée de miel} et les abeilles en récoltent pour fabriquer du miel qui doit être combiné au lait d’Heidrun pour fabriquer l’hydromel. On pourra également croiser Ratatosk qui parcourt l’arbre de haut en bas afin de colporter les insultes entre Vedrfölnir et Nidhogg.

Plans inférieurs :

Muspellheim, est le royaume primordial du feu et de la lave. C’est le domaine du géant Surt et de sa femme Sinmore.

Helheim, est le royaume des morts où sont envoyés ceux qui ont péri de façon indigne (maladie, vieillesse), pour l’atteindre on doit traverser le pont Gjallarbru gardé par la géante Modgud et qui une fois traversé, interdisait tout retour. Il s’agit du royaume de Hel et on le confond parfois avec Niflheim dans la mesure où il partage froid et brume, mais ce dernier est une partie encore inférieure puisqu’au plus profond d’Helheim, Garm, enfermé dans Gnipahellir garde l’entrée de Niflheim.

Niflheim (Nibelheim), est le royaume primordial de glace et de la brume qui trouve son origine dans la source Hvergelmir, d’où jaillissent les douze rivières Élivagar et où Yggdrasil plonge une de ses racines. Nidhogg et plusieurs de ses complices draconiques ainsi que des serpents ou vers qui jaillissent d’Hvergelmir, dévorent les cadavres pour survivre et rongent la racine d’Yggdrasil qui est connectée à ce monde et contre lequel il a haine farouche.