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Croix chrétienne

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Données générales

Date de stabilisationLieu de la stabilisationLieu d’utilisation principalÉquivalents approximatifsÉléments d’ensemble
I (Christianisme en Égypte)ÉgypteÉgypte Ankh Croix
Triangle

Descriptions

Généralités

► Le christianisme s’est approprié le symbole fondamental de la croix et l’a considérablement enrichi au cours des siècles en l’associant à l’un des épisodes centraux de sa foi : la Passion du Christ. Bien que le crucifix ne soit pas commun à toutes les formes du christianisme, la croix en elle-même est le symbole fondamental de cette religion et demeure l’un des points communs des différentes branches, soulignant par là l’unité du christianisme. Instrument de la passion et du salut, elle est célébrée lors des fêtes de la Croix qui sont - excluant les différences de dates - également communes aux différents rites.

L’Évangile de Nicodème (XIX), via La Légende dorée qui le développe, à popularisé le mythe voulant que la croix fut taillée dans l’arbre servant à marquer la tombe d’Adam, arbre qui fut un rameau de l’arbre de vie.

↳ Extrait et manufacturé par Salomon pour en faire du bois d’œuvre, il l’enterre sur les prédictions de la reine de Saba, mais elle est retrouvée et réutilisée au moment de la Passion.

↳ Jetée dans un fossé et recouverte de pierres, elle est retrouvée par sainte Hélène lors d’un pèlerinage puis volée par les Perses mais reprise par Héraclius Ier lors de sa croisade du d.q.VII. La croix est enfin ramenée à Jérusalem et exaltée.

↳ Cette légende populaire parmi les franciscains est figurée par les fresques de La Légende de la Vraie Croix du tq.XV de Piero della Francesca à la Basilique Saint-François d’Arezzo.

Individualités

► Il existe un nombre considérable de variations du motif de la croix. Bien des ordres religieux ou militaires liés de près ou de loin au christianisme ont apporté leurs propres modifications, l’héraldisme à également multiplié les représentations.

↳ On peut en effet y ajouter une ou des traverses horizontales ou diagonales à quelque endroit de l’axe vertical, faire différer la longueur ou multiplier, épater ou angulariser plus ou moins les bras, enfin, ajouter des stylisations et divers autres éléments de charge. Les ajouts qu’on associe à la croix permettent de lui donner un aspect centré ou allongé, fixe ou spiralé, d’accentuer, réduire ou complexifier son symbolisme de base.

Croix copte

► Variation chrétienne de l’ankh, la croix copte est le témoin symbolique de la transfusion du christianisme au peuple égyptien. Elle représente les douze Apôtres à ses quatre fleurons ou boutons et beaucoup de coptes se la tatouent au poignet droit. Elle est pour ainsi dire la croix des églises copte dans la mesure où l’Église copte orthodoxe, évangélisée par saint Marc, est la première église du continent africain, elle est en effet également employée en Éthiopie.

► Les autres églises des trois conciles, la syriaque (Croix de Saint-Thomas, VI) et l’arménienne (que l’on retrouve sur les khatchkar) utilisent des croix proches mais non identiques, qui se réfèrent plutôt la résurrection du Christ et se rapprochent plus encore du symbole de l’arbre de vie, la syriaque est de plus perronnée, afin de figurer le Golgotha.

► La croix d’Anuradhapura originaire du Sri Lanka au VI, possède également une forme proche et à symbolisme floral. Signalons aussi sa proximité morphique avec la croix occitane (sm.XII) et la croix de Saint-Maurice (XIV) qui tirent probablement leur origine de la croix copte et avec qui elles partagent le sens symbolique.

Croix en tau (Croix de saint Antoine)

► Déjà présente dans l’Ancien testament, la croix en tau qui possède une traverse au sommet d’une ligne verticale, tire son nom de la lettre grecque ou hébraïque (ת trouvant certainement son origine dans le Gardiner Z9) éponyme, il est fréquemment stylisé comme le serpent d’airain fixé à un pieu, allusion au Nehustan.

► Vraisemblablement la forme historique de la croix du calvaire, signe fétiche de François d’Assise et en conséquence, symbole des franciscains, elle représente le pêché et la mort vaincus par la pénitence et le sacrifice, c’est à dire la victoire du bien sur le mal par la disponibilité à ce que Dieu nous vienne en aide.

↳ Aussi, lié au baptême et à l’adoration du verbe, Saint François le tient pour le symbole qui marque le front des élus chez Ézéchiel (9:4) et dans l’Apocalypse (7:3) bien qu’il soit plus probable qu’il s’agisse en fait d’un tav paléo-hébraïque (Croix de saint André). Quoiqu’il en soit, cette pratique talismanique est déjà attestée par Tertullien (De la couronne, III) qui évoquait le fait de se signer comme déjà répandu à son époque.

↳ Bien des auteurs ont pu discourir sur les vertus universelles qu’on accordait au signe. Clément fait quant à lui remarquer dans ses Stromates (XI), que 318 (τιη) est le chiffre du Sauveur sur la croix où 300 (T) représente la croix elle-même, symbole du Seigneur.

► Cette crux commissa rappelle aussi par sa forme le marteau de Thor qui est également porté en amulette préservative contre le mal et focalisatrice de fertilité.

► En outre on appelle encore le tau, la croix de saint Antoine, puisque a partir du moyen-âge on représente l’ermite avec une cape noire et un tau bleu (ainsi parfois qu’une canne dont le pommeau arbore la même forme). Cet accoutrement est repris par l’Ordre hospitalier de Saint-Antoine, qui fut le fer de lance des avancées médicales relatives au traitement de l’ergotisme.

Croix grecque

► Plus simple des croix que l’on peut aisément faire remonter au pétroglyphes paléolithiques, il s’agit de deux segments de taille égale se croisant en leur milieu. Cette croix équilatérale, crux quadrata, est utilisée pour plans des fondations des églises byzantine puis orthodoxe dite "à croix inscrite". Elle peut en effet s’inscrire d’une part dans un carré et révèle d’autre part quatre triangles rectangles lorsqu’on relie ses extrémités.

► Cette croix à donné lieu à maintes dérivations comme la croix baptismale qui symbolisant la régénération, est représentée par une croix grecque surimposée sur un khi ou encore la croix Macédonienne qui est une croix grecque bouclée, surimposée sur un carré.

Croix de saint André

↪ Lorsqu’elle est diagonalisée elle devient croix de saint André, le Protoclet, crux decussata, forme que la tradition orale rapporte comme étant celle du martyr du frère de Pierre et qui fut popularisée à partir du XII.

↳ Elle symbolise la radiance formelle plutôt que l’axe producteur de la lumière et ainsi, l’idée d’une ouverture à l’extérieur ou d’une fermeture recroquevillée sur soi percutant un obstacle selon que le tracé est orienté à l’extérieur du centre ou vers l’intérieur, à la manière d’un cadenas.

↳ On retrouve cette forme qui unit deux forces opposées dans l’écroulement ou la dilatation, dans certaines sépultures préhistoriques, comme sautoir dans des figurations remontant à la Mésopotamie ou dans la symbolique maçonnique avec les tibias et le crâne.

Croix latine et Crucifix

► La croix latine, crux immissa, possède une traverse aux trois quart d’une ligne verticale et évoque la forme de l’Homme, bras tendus. C’est la forme utilisée pour le plan des fondations des édifices religieux occidentaux.

↳ Elle possède évidemment des significations variées dans la mesure où de nombreux auteurs ont pu apporter leur interprétation, mais dans le contexte chrétien, elle demeure indéfectiblement lié à la Passion.

► Les quatre branches représentent donc tant les éléments et les quatre directions de l’univers que le tétramorphe ou les vertus Humaines. L’axe vertical indique la montée transmutative vers les états supérieurs et l’espérance, tandis que l’axe horizontal figure le déploiement des possibilités et la charité, rappelant alors immanquablement le symbolisme de l’arbre de vie et sa figuration évocatrice sur les bas-reliefs du Temple de la Croix Foliée à Palenque.

↪ Antérieurement parfois utilisée pour représenter le sceptre d’Apollon, la croix latine est d’abord crux dissimulata chez les premiers chrétiens depuis am.II et figurée sous des formes variées (principalement ancre, trident et croix diverses).

↳ Lorsqu’elle est adoptée par Constantin au IV son culte se répands rapidement dans l’empire et elle devient directement associée au Christ crucifié au V VI.

↳ La forme de la croix latine donna alors de célèbres chefs-d’œuvre de l’artisanat comme les crux gemmata de l’époque romane dont les exemples les plus significatifs sont la Croix des Anges (d.IX), la Croix de la Victoire (d.X), la Croix impériale (d.X), la Croix de Lothaire (f.X) et la Croix de Cong (d.XII).

► Elle est le support privilégié du corps du Christ devenant alors un crucifix. Cette représentation qui n’est que symbolique et substitue au corps Humain l’agneau mystique (𝕍 l’Ancre et l’Agneau du II dans les Catacombe de Saint-Calixte et dans un autre registre, l’âne avec le Graffito d’Alexamenos), doit attendre la Crucifixion de la porte de sainte Sabine en 430 et l’Ampoule de Monza au VI pour être timidement utilisée, la crucifixion étant infamante. Elle se répandra à partir de la décision Concile in Trullo (691-692) d’écarter les figurations animales du Christ.

Variantes

↪ Des variantes mineures de cette croix existent, ajoutant à l’axe vertical deux ou trois traverses qui bien qu’elles puissent être disposées symétriquement et de longueur égales, sont dans le contexte religieux, installées en haut de la barre verticale et de la plus grande à la plus petite. Elles ont outre leur signification symbolique, une signification hiérarchique.

↳ En effet la croix patriarcale ou croix de Lorraine est portée par les archevêques et ajoute la figuration du titulum. Elle représente à la fois le monde spirituel et psychique.

↳ Lorsqu’elle détient trois traverses comme dans la croix papale, elle indique à l’instar de la tiare papale, les trois mondes : ajoutant au spirituel et au psychique celui de la matière.

↳ La croix à une seule traverse est portée par les évêques. Lorsqu’elle est magnifiée, la croix latine est aussi le symbole de la résurrection du christ, de la victoire eschatologique de l’esprit sur la matière et finalement de la gloire spirituelle.

↪ La croix de saint Pierre est une variation de la croix latine puisqu’elle est figurée inversée. Si on en croit les Actes de Pierre via Origène puis la Légende dorée, c’est la position dans laquelle l’apôtre fut crucifié après qu’il en fut retourné à Rome suite au célèbre Quo Vadis Domine ? {Où vas-tu Seigneur ?}, cette position à un sens mystique et est lié à l’acte créateur ainsi que l’explique Pierre (37 et 38).

↪ La rose croix est une forme spécifique de croix latine comprenant une rose en son centre. Elle est utilisée pour représenter le rosicrucisme ainsi que de manière général, l’ésotérisme chrétien. Elle symbolise en propre, l’initié chrétien parfait, initié secret et pourtant exalté, à la vie mystique mature et aux connaissances ésotériques ayant donc, obtenu le corps de gloire ou la pierre philosophale.

↳ On la trouve comme blason de nombreuses organisations initiatiques comme la Fraternité Rosicrucienne d’Heindel ou l’Ancien et mystique ordre de la Rose-Croix de Lewis.

Croix nimbée (Croix Celtique, Croix solaire)

► Les croix nimbées que l’on fait remonter au d.VIII avec les hautes croix d’Irlande, sont d’abord inscrite dans un cercle dans leur représentations les plus antérieures que l’on trouve notamment dans les cimetières. Elles sont alors encore héritières des croix solaires néolithiques qui étaient et sont encore utilisées dans des aires géographiques variées pour représenter les dieu célestes et guerriers et plus particulièrement leur œil brillant dans les cieux : Óðinn, Taranis et Shamash chez qui la croix est dédoublée, Assur, Tengri ou encore Vairocana. On en trouve encore bien des exemples sur le continent américain.

Typiques des îles bretonnes et du christianisme celtique, les croix nimbées acquièrent rapidement la caractéristique de faire traverser leurs branches du cercle les circonscrivant et elles combinent alors le symbole de la croix et du cercle. À mesure que leur apparence évolue, elle réduisent l’épaisseur du leur cercle afin de mettre en avant la croix elle-même, l’axe l’emportant alors sur le rayonnement, renforçant ainsi l’idée de centre et de transformation cyclique transpercé par l’axe invariable.

↳ Apparues à partir du VI, les croix nimbées sont un symbole d’universalité et d’éternité par la nimbe qui est vraisemblablement une héritière des entrelacs et rappelle celle dont est orné le Christ. Elles peuvent encore signaler la superposition de la croix solaire sur le halo lunaire et signifier alors l’éclipse et l’union des contraires : les transformations infinies sur l’axe incorruptible. Ces croix nimbées trouvent leur expression la plus aboutie dans les Hautes croix abondamment gravées comme la Croix de Muiredach 🗎⮵, on les retrouve évidemment dans les croix presbytériennes.

Croix orthodoxe

► Cette croix comporte des éléments supplémentaires vis à vis de la croix latine, détaillant le processus extatique et psychostasique de l’âme quittant le corps. Tout d’abord, elle dispose d’une traverse supplémentaire figurant le titulum et d’une autre qui prend son origine dans la croix byzantine qui représentait alors le sedile. Sa fonction est de faire reposer les pieds du Christ et si cette alèse est penchée à partir du X c’est afin d’illustrer une balance figurant les destins post-mortem du bon et du mauvais larron. Ensuite plusieurs éléments symboliques peuvent être ajoutés et varier selon que le crucifix est popovtsy (vieux rite) ou bezpopovtsy {sans prêtres} (nouveau rite). Nous décrivons les principaux attributs sur un crucifix popovtsy.

● Au-dessus du titulum, on figure le Père et deux anges serviteurs tenant des linges entourant la colombe du Saint-Esprit, sous eux, l’abréviation Ц[А]РЬ СЛ[А]ВЫ {Roi glorieux}.

● Aux bras du crucifié, on figure солнца {soleil} et la луна {lune} accompagné des inscriptions Сынъ Божіи {Fils de Dieu} au dessus des bras et en dessous : Nous nous prosternons devant Ta Croix, Seigneur / Et nous glorifions ta Sainte Résurrection. Sur les icônes, les luminaires sont remplacés par Jean et Marie.

● Au dessus de l’alèse est écrit НИКА (NIKA) {Victoire} et derrière elle on trouve une représentation de la vue de Jérusalem depuis le Golgotha. À la base de la croix, sont inscrites l’acronyme МЛРБ i.e. Место лобное рай бысть {Le lieu du crâne est devenu paradis}. Sous les pied du crucifié on trouve le crâne d’Adam et tout en bas, une jeune pousse.

● On peut également ajouter des arma christi (Fréquemment la lance et l’éponge) autour de la croix. Certains crucifix ajoutent des lettres supplémentaires afin d’annoter la figure en indiquant la première lettre des symboles. Derrière les crucifix popovtsy est fréquemment gravé un commentaire explicatif de la figure. La croix orthodoxe est officialisée dans le culture orthodoxe russe en 1652 lors du raskol nikonien.

Croix potencée (Croix teutonique) et Croix de malte, Croix pattée, Croix Huguenotte

► Tout comme la croix grecque, la croix potencée à des bras égaux et se termine par quatre croix en tau, raison pour laquelle on la nomme également "croix puissante". Ses bras étant terminés par des barres verticales, elle représente la perfection. Évolution finale de la croix nimbée, elle est le point d’équilibre entre le déploiement maximum et la potentialité nouvelle comme le laps de temps entre deux mouvements respiratoires, la manifestation simultanée sur le plan spirituel et corporel ce qui équivaut à un clignotement, une rayonnance lumineuse dans le plan des apparences et à un mouvement paradoxal et transfiguratoire.

↳ Il s’agit d’une croix fort ancienne, puisqu’elle figure avec la croix recroisetée dans les pétroglyphes néolithiques comme par exemple sur les nombreux sites alpins et dans le vaste ensemble de Valcamonica.

↳ Résolument solaire, il est par ailleurs notable qu’il s’agit de ce caractère qui est utilisé pour écrire maguš {Mage} en vieux perse et (myag) {Chaman} dans l’écriture ossécaille du vieux chinois et qui représenterait une main tenant un objet de pouvoir. Il s’agit donc du plus ancien symbole des magiciens entendus comme des prêtres du feu. Par ailleurs le glyphe est composé des radicaux (gong) {Travail} et (cong) {Deux Hommes} ce qui évoque cette double action dans le plan matériel et spirituel autour d’un axe, union des opposés qui revient à la racine du symbolisme de la croix et du soleil.

↪ Quoiqu’il en soit, elle fut utilisée par l’Ordre Teutonique et par Godefroy de Bouillon qui la plaça dans les armoiries du Royaume de Jérusalem, elle est alors dite croix de Jérusalem et accompagnée de croisettes aux cantons. Cette croix de la terre sainte est encore aujourd’hui le symbole par la Custodie franciscaine de Terre sainte qui y voit une représentation des plaies du Christ et est également utilisé dans la liturgie chrétienne afin de marquer les cierges pascal, les espace latéraux servant à écrire le monogramme du christ ou simplement la date de fabrication du cierge.

↪ En outre, Jacques Sevin utilisa la croix potencée pour être le symbole du scoutisme belge et son utilisation se répandit ensuite au scoutisme en général, croix à laquelle on adjoignit une fleur de lys.

► La croix de Malte ou croix de saint Jean ainsi que la croix pattée, emblème des chrétiens d’orient à partir du XII et respectivement des Frères hospitaliers (officialisée en 1496) et de l’Ordre du Temple en sont les deux variations les plus importantes. Symboliquement elles sont à un stade intermédiaire entre la croix nimbée et la croix potencée.

► La croix huguenotte enfin, élaborée dans le sud de la France au f.XVII d.XVIII et portée par les protestants français, représente la résurrection du Christ. Elle est composée d’une croix de Malte boutonnée à laquelle on adjoint d’abord des fleurs de lys et ensuite une colombe du Saint-Esprit afin d’indiquer sa foi dans le roi et Dieu, d’illustrer la descente de la grâce depuis la transcendance christique.