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Proclus
Le Diadoque

Portrait inexistant

Données générales

PériodeLieu
GénéralVGrèce
Naissance? 7 8 février 412Constantinople, Empire byzantin (ajd. Istanbul, Turquie)
Décès17 avril 485 ( 73 ans)Athènes, Grèce
Cause
Inhumation
Langueur
Mont Lycabette, Athènes, Grèce

DomaineCourantOrdre
Philosophie
Théologie
Théurgie
NéoplatonismeÉcole néoplatonicienne d’Athènes 🎓

RelationsNom
Entourage
CondiscipleHiéroclès d’Alexandrie
Influence
MaîtreAsclépigénie
Olympiodore l’Ancien
Plutarque d’Athènes
Syrianos
ParMystères grecs
Stoïcisme
Aristote
Jamblique
Platon
Plotin
DiscipleAmmonios (Hermiae)
Marinos de Néapolis
SurAl-Kindi
André-Jean Festugière
Damascius
Gémiste Pléthon
Maître Eckhart
Marsile Ficin
Pseudo-Denys l’Aréopagite
Nicolas de Cues
Sohrawardi

Repères biographiques

► C’est par la biographie rédigée par Marinos de Néapolis, disciple et successeur de Proclus que l’on connaît principalement sa vie. Il naît dans une riche famille de notables byzantins. D’abord dédié à suivre la carrière de son père, il étudie le droit, la rhétorique et les mathématiques à Alexandrie. C’est suite à une vision d’Athéna qu’il se dédie à la philosophie. Il étudie d’abord auprès d’Olympiodore l’Ancien. À 19 ans, il se rend à l’école néoplatonicienne d’Athènes dont il prendra finalement la direction en 438 suite à la mort des deux précédents scolarques : Plutarque d’Athènes et Syrianos, maître et ami principal de Proclus.

↳ Dès lors, il partagera sa vie entre l’école (Ioannis Meliades estime avoir retrouvé les ruines de l’école en 1955, 𝕍 la notice in Les auditoria dans le monde romain, Michèle Villetard, 2017) et la politique de sa cité. Il a travaillé à améliorer l’éducation à Athènes et aura composé plusieurs traités d’histoire, d’astronomie et de physique. Se rattachant à la pensée de Jamblique et gagné à la cause de l’hellénisme, c’est en outre, un critique virulent du christianisme alors religion d’état et ses positions lui vaudront un an d’exil en Lydie. Il est au contraire ouvert à l’influence des systèmes orientaux. Conformément à ses désirs, il sera enterré dans la même tombe que Syrianos.

■ Proclus avait une vie disciplinée, ascétique et studieuse, on l’estimait fort pieu et doué d’une excellente mémoire. Il ne se mariera pas. Il se pensait la réincarnation de Nicomaque de Gérase. On le disait doué de pouvoirs extraordinaire, on l’aura par exemple vu en lévitation.

◆ Proclus synthétisa de nombreux systèmes philosophiques et mystiques de la Grèce et sera l’un des derniers représentants du néo-platonisme historique en même temps que l’un des premiers représentants de l’ésotérisme occidental proprement dit en formulant le concept de corps pneumatique intermédiaire permettant la mise en œuvre d’une pensée analogique et dynamique. En se reposant sur les mythes qu’il interprète par le biais de l’analogie, il énonce une théogonie et une cosmogonie. L’un est constitué du semblable et du dissemblable qui s’entre-nourrissent mutuellement. Ses conceptions à cet égard, s’inspirent d’Héraclite et annoncent bien en amont la théosophie de Böhme, en substituant le dualisme statique par une dynamique des pôles opposés : chaos et lumière sont tout deux des manifestations du bien. Suivant Jamblique, il ne repousse pas la nature et la matière comme Plotin puisqu’elles émanent de l’un qui interpénètre tout ; Et en conséquence, il s’attache moins à la catharsis de l’âme qu’à transfiguration du sensible par la saisie de sa lumière occulte, cette prise de conscience qui est possible lorsqu’on se conforme au bien, débouche sur l’extraction d’un ὄχημα (ókhêma) {véhicule (spirituel)} qui est à la fois de nature spirituel et matériel.

◆ Producteur d’une œuvre abondante dont la notoriété s’étend d’Occident (Augustin aura pu avoir accès à son œuvre par l’intermédiaire de la traduction latine de Marius Victorinus) en Orient, il commente Platon (Cratyle, Timée, Parménide, République et Alcibiade I) mais aussi Ptolémée et Euclide mais c’est sur la théologie païenne qu’il se distingue particulièrement, rédigeant des hymnes, poèmes et essais, notablement ses Éléments et sa Théologie. Nous avons malheureusement perdu ses scholies sur les Chants orphiques et les Oracles chaldaïques.

↳ Son ontologie hiérarchique émanationiste basée sur un système trinitaire est tirée l’herméneutique du Parménide pensée à la lumière de l’angélologie zoroastrienne. Elle suppose un grand nombre d’intermédiaires (des hénades qui génèrent l’intellect lui-même tripartite). Son mouvement lui-même divisé en trois opérations (monè, proodos, epistrophè) aboutissement finalement dans une réintégration dans l’un. Il parait avoir été pour la majeure partie, reprise sur Syrianus. Il donne à sa synthèse et à la dialectique platonicienne une forme systématique ce qui permet sa transmission jusqu’au moyen-âge notamment par l’intermédiaire du Livre des Causes qui semble commenter ses Éléments puis par Psellos et Pléthon, il influencera Pic.

𝕍 d’abord les trois ouvrages de Trouillard : sa traduction des Éléments de Théologie (1965), puis L’Un et l’Âme selon Proclos (1972) et La Mystagogie de Proclos, 1982. On consultera aussi les traductions de Festugière : Commentaires sur le Timée et Commentaires sur la République.

Documents en rapport avec Proclus :

Proclus, exposition de sa doctrine, Adolphe Berger, 1840. Lien vers l’œuvre sur Internet Archive

Réflexions sur l’ὄχημα dans les Eléments de Théologie de Proclus in Revue des Études Grecques (T°70, F°329-330, pp. 102-107), Jean Trouillard, 1957. Lien vers l’œuvre sur Persée

Le sens des médiations proclusiennes in Revue Philosophique de Louvain (S°3, T°55, N°47, pp. 331-342), Jean Trouillard, 1957. Lien vers l’œuvre sur Persée

La causalité selon Proclus in Revue des sciences religieuses (T°32, F°4, pp. 347-357), Jean Trouillard, 1958. Lien vers l’œuvre sur Persée

La monadologie de Proclus in Revue Philosophique de Louvain (S°3, T°57, N°55, pp. 309-320), Jean Trouillard, 1959. Lien vers l’œuvre sur Persée

Note sur προούσιος et πρόνοια chez Proclus in Revue des Études Grecques ( T°73, F°344-346, pp. 80-87), Jean Trouillard, 1960. Lien vers l’œuvre sur Persée

Proclus et la religion traditionnelle, in Mélanges d’archéologie et d’histoire offerts à André Piganiol (pp. 1581-1590) André-Jean Festugière, 1966.

Contemplation philosophique et art théurgique chez Proclus in Études de Philosophie Grecque (pp. 585-596), André-Jean Festugière, 1971.

Réminiscence et procession de l’âme selon Proclos in Revue Philosophique de Louvain (S°4, T°69, N°2, pp. 177-189), Jean Trouillard, 1971. Lien vers l’œuvre sur Persée

La Théologie de Proclus in Revue des Études Grecques (T°88, F°419-423, pp. 220-223), Pierre Hadot, 1975. Lien vers l’œuvre sur Persée

Le symbolisme chez Proclos in Dialogues d’histoire ancienne (V°7, pp. 297-308), Jean Trouillard, 1981. Lien vers l’œuvre sur Persée

Le danger du néant et la négation selon Proclus in Revue Philosophique de Louvain (S°4, T°83, N°59, pp. 331-354), Christian Guérard, 1985. Lien vers l’œuvre sur Persée

La synthèse la plus achevée de l’hellénisme in Revue des Études Grecques (T°112, pp. 734-739), Luc Brisson, 1999. Lien vers l’œuvre sur Persée

La figure du Kronos orphique chez Proclus in Revue de l’histoire des religions (T°219, N°4, pp. 435-458), Luc Brisson, 2002. Lien vers l’œuvre sur Persée

La réalisation de l’idéal de l’homme divin chez Proclus in Dialogues d’histoire ancienne (V°29, N°2, pp. 125-147), Yvan Bubloz, 2003. Lien vers l’œuvre sur Persée

Proclus et le statut ontologique de l’âme plotinienne in Études platoniciennes (N°3, pp. 195-207), Jan Opsomer, 2006. Lien vers l’œuvre sur OpenEditions

Cosmos et ὄχημα selon Proclus, Emmanuelle Métrailler, 2012. Lien vers l’œuvre

Œuvres choisies

Citations

Tout est donc plein de dieux, la terre est pleine de dieux célestes, le ciel de dieux supracélestes ; chaque série procède, s’accroissant en nombre, jusqu’à ses termes derniers. En effet, ce qui existait dans l’unité avant toutes choses est manifesté dans tous les membres de la série. D’où les organisations des âmes, dépendantes celles-ci d’un dieu, celles-là d’un autre. D’où encore, par exemple, le grand nombre des animaux héliaques, tels que le lion et le coq, qui eux aussi participent au divin selon le rang qu’ils occupent.
Faut-il donc prendre l’âme qui dirige le mouvement des corps comme ce qui a la puissance d’engendrer par elle-même la lumière ? Sans doute elle engendre aussi la lumière, mais pas cependant primairement : car elle est pluralité, et la lumière est la manifestation d’une hypostase simple et uniforme. Sera-ce donc la raison, cause de l’âme, (qui sera la source de la lumière) ? Mais la raison est très intimement unie à l’âme, et n’est pas encore le principe suprême et premier. Il reste donc que ce soit l’un de cette raison, son hyparxis et pour ainsi dire sa fleur, qui soit le premier principe et le principe de cette lumière. Car le véritable soleil qui règne dans le monde visible est le fils du Bien. Toute hénade vient de là, et toute divinité vient de l’hénade des hénades et de la source des Dieux. Et de même que celle là est pour les intelligibles le principe de la lumière intelligible, de même l’hénade de l’ordre héliaque est pour les choses visibles le principe de la lumière d’ici-bas : de sorte que s’il faut concevoir la cause une et le principe un de toute la lumière encosmique, c’est cette hénade qu’il faut prendre, parce qu’elle est analogue à l’un, qu’elle est fondée selon un mode secret et caché en lui, et qu’elle est inséparable de lui. Comme cette hénade est placée selon son rang avant la raison héliaque, il y a aussi dans la raison en tant que raison, l’un participé par elle, sorte de semence jetée en elle, et par l’intermédiaire de laquelle elle est rattachée à cette hénade, et ce n’est pas seulement en elle (la raison) qu’est cet un : il est aussi dans l’âme héliaque ; — car cette âme aussi, par la vertu de son un propre, remonte à cette hénade par l’intermédiaire de l’un qui est dans la raison. De même encore dans le corps héliaque, il y a nécessairement une sorte d’écho de cette hénade ; car il faut que ce corps participe des choses qui sont au-dessus de lui : de l’âme, selon la vie qui a été semée en lui ; de la raison, selon l’espèce ; de l’hénade, selon l’un, puisque l’âme participe de la raison et de cette hénade, et que les participations sont différentes selon les différents participés, et l’on pourrait dire que cet un est la cause immédiate de la lumière solaire, qui le possède par la participation de cette hénade. De même si l’on cherchait la racine, si on peut la nommer ainsi, de tous les corps, d’où ont poussé les corps qui sont dans le ciel et ceux qui sont au-dessous de la lune, soit les touts, soit les parties, ce ne serait pas sans raison vraisemblable que nous dirions que c’est cette nature qui est le principe pour tous les corps du mouvement et du repos, et qu’elle a son fondement en eux, soit qu’ils se meuvent soit qu’ils soient en repos. Et j’appelle nature cette vie une, située au-dessus de tout le Cosmos, et qui, placée après la raison et l’âme, par l’intermédiaire de la raison et de l’âme, participe de la génération ; c’est elle qui, plutôt que l’un quelconque des plusieurs ou des choses particulières, est principe : mais néanmoins elle, non plus, n’est pas au sens propre, principe : car elle a une pluralité de forces, et emploie des forces différentes pour bien diriger les parties différentes du tout. Mais nous, nous cherchons pour le moment le principe un et commun de tout et non les principes distincts, divisés et plusieurs. Si donc nous devons découvrir le principe un et unique, il nous faut remontera ce qu’il y a de plus un dans la nature et à sa fleur, en tant que même la nature est Dieu, qui est suspendu à sa source propre, qui conserve dans son essence et unit le Tout et le fait sympathique à lui-même : c’est cet un là, qui est le principe de toute génération et pour la pluralité des puissances de la nature et pour les natures particulières et en un mot pour toutes les choses gouvernées par la nature.
Commentaire sur le Parménide